Algérie

Estimant qu’Emmanuel Macron était « quelqu’un de très honnête » susceptible de contribuer à un climat d’apaisement, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré, samedi, 4 juillet, attendre des excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie. A la chaîne de TV, France 24, sur d’éventuelles excuses de Paris, il a répondu : « On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas […] On le souhaite ». Tout est dit ! Les propos du chef de l'Etat algérien auraient pu être prononcés par n'importe quel autre chef d'Etat d'Afrique noire francophone. Autant dire que le problème du passé colonial français en Afrique est très sérieux et conditionne l'image de la France en Afrique et les relations véritables que ce pays devra avoir avec ses anciennes colonies. En évitant cette question ou en disant que c'est du passé, les élites françaises qui tiennent ce langage, ne rendent pas service aux deux parties et ne font que repousser un éventuel partenariat véritable (égal égal et gagnant gagnant), à la fois, sain et mutuellement bénéfique entre la France et les pays africains concernés.

Les crânes de 24 résistants à l'invasion française au 19e siècle sont revenus en Algérie. Ils reposaient depuis au Musée d'histoire naturelle de Paris. Bachir Senouci, initiateur d’une pétition pour la restitution de ces restes mortuaires, envisage de lancer de nouvelles actions pour la récupération du patrimoine algérien situé en France. On en arrive, maintenant, à faire des pétitions car l'idée du président, Emmanuel Macron, de faire voter une loi qui favorise le retour des patrimoines culturels pillés en Afrique pendant la colonisation française est presque jetée aux oubliettes. Le contexte politique actuel dans lequel se débat le jeune président, fait qu'un tel dossier ne fait plus partie des priorités à moins de deux années d'une réélection très (très) incertaine. Conséquence : il faudra que chaque pays africain se débatte comme il pourra pour récupérer ses objets culturels en France. L'Algérie vient de montrer l'exemple à suivre.

La mort du vétéran d'Al-Qaïda, Abdelmalek Droukdal, connu sous le nom de guerre, Abou Moussab Abdelwadoud, par l'armée française au Mali, est comparable à celle de Abou Bakr al-Baghdadi, le 26 octobre 2019, dans le gouvernorat d'Idleb, en Syrie. Elle est plus symbolique qu’autre chose. Autrement dit, elle ne changera rien sur le terrain. Mais, soyons honnêtes : les symboles ont leur force et c’est tout de même une victoire pour l’armée française. C'est, surtout, excellent pour le moral des troupes.

Le ballet diplomatique s’est accéléré après l’annonce par la Turquie d’envoi de troupes en soutien au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, suscitant des craintes d’une « nouvelle Syrie ».

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a nommé, deux semaines exactement après son entrée en fonction, son premier gouvernement, composé de 39 membres. On dirait du Bouteflika sans Bouteflika.

Sur le devant de la scène après avoir arraché en avril la démission du président, Abdelaziz Bouteflika, le général, Ahmed Gaïd Salah, était le visage du haut commandement militaire. Un homme autant vilipendé, haï que puissant.

Les Algériens ont un nouveau président. Abdelmadjid Tebboune, un ex-fidèle du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, a été élu pour lui succéder à la tête de l'Algérie. L'ancien premier ministre a recueilli 58,15% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, a annoncé, vendredi, 13 décembre, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), au lendemain d'un scrutin massivement boudé par la population.

Une foule immense a défilé à Alger contre le pouvoir, lors du dernier vendredi, 6 décembre, avant la présidentielle du 12 décembre, rejetant, massivement, ce scrutin que le régime persiste à vouloir organiser. La mobilisation, impossible à évaluer précisément faute notamment de comptage officiel, semblait comparable à celle du 1er novembre --65e anniversaire du début de la guerre d'indépendance-- et à celles des plus grandes manifestations de mars, avril et mai.

Au moins, 30 personnes manifestant contre la tenue de l'élection présidentielle en Algérie prévue le 12 décembre, ont été arrêtées, à Tiaret (Centre), a rapporté, samedi, 23 novembre, le Comité national de libération des détenus (CNLD). Cette association recense et défend les personnes arrêtées ces derniers mois dans le cadre du «Hirak», le mouvement populaire et inédit de contestation du régime qui agite l'Algérie depuis février. La contestation bat son plein et il n'est pas certain que l'élection présidentielle du 12 décembre, puisse se tenir, dans des conditions qui permettront que cesse, par la suite, le Hirak.

A 48 heures de l'ouverture de la campagne présidentielle du 12 décembre, les Algériens sont à nouveau descendus massivement dans la rue, vendredi, 15 novembre, pour dire non à un scrutin destiné selon eux à régénérer un « système » dont ils veulent se débarrasser. Après avoir dégagé ceux qui bloquaient son bon fonctionnement, à commencer par le président, Abdelaziz Bouteflika, lui-même, les manifestants vont, dans les jours qui suivent, s'en prendre au général, Gaïd Salah, le vrai homme fort du pays. S'il ne dégage pas de son poste avant la tenue de l'élection présidentielle, celle-ci sera, fortement, perturbée, si jamais, elle a lieu. En effet, l'objectif des manifestants est d'empêcher la tenue de l'élection.

Les autorités tunisiennes ont indiqué, lundi, 21 octobre, qu'un dirigeant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) abattu, dimanche, 20 octobre, était de nationalité algérienne et que son frère avait, lui aussi, été chef de la branche locale d'Aqmi.

A l’invitation de son homologue, Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire, le professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur de la République togolaise, a effectué une visite officielle, à Alger, les 18 et 19 septembre 2019. Au cours de cette visite, il a été reçu en audience par le président par intérim, Abdelkader Bensallah. Il a, également, eu une séance de travail avec son homologue algérien au cours de laquelle les deux ministres ont abordé des questions d’intérêt commun, notamment, la coopération entre les deux pays. Une coopération qui existe bien depuis les années 80, mais, dont le résultat sur le terrain, ne reflète pas, encore, le potentiel affiché par les deux pays. Cette situation va être corrigée.

Toutes les conditions "propices" à la tenue de la présidentielle dans la transparence sont réunies. Véritable homme fort du pays, le général 4 étoiles, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) a affirmé, mercredi, 18 septembre, à Tamanrasset, que toutes les conditions "propices" à la tenue de l'élection présidentielle dans "un climat de confiance et de transparence ont été réunies", confirmant la décision du président par intérim, Abdelkader Bensalah, prise deux jours plus tôt de convoquer le corps électoral le 12 décembre prochain. Les manifestants ne l'entendent pas de cette oreille, d'où un potentiel risque de conflit en devenir.

Le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense nationale, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a suggéré, lundi, 2 septembre, qu’il est « opportun » de convoquer le corps électoral le 15 septembre prochain, pour des élections avant la fin de l’année. Le corps électoral est, en effet, convoqué 90 jours avant le jour du scrutin. Dans le cas d’une convocation le 15 septembre, l’élection présidentielle aurait lieu autour du 15 décembre. En faisant cette suggestion, Ahmed Gaïd Salah réfute l'idée d'un dialogue national avant l'élection présidentielle que le président par intérim, Abdelkader Bensalah, avait appelé de ses vœux, début juillet dernier. La guerre de leadership entre les deux hautes personnalités est, désormais, sur la place publique.

Pour ceux qui en doutaient, voilà une preuve supplémentaire que l'Algérie est en train de prendre la voie de la démocratie. La ministre de la Culture, Meriem Merdaci, a démissionné, samedi, 24 août, au surlendemain de la mort de cinq jeunes dans une bousculade à l'entrée d'un concert du rappeur Soolking, a annoncé la présidence algérienne. Du temps d'Abdelaziz Bouteflika, la ministre aurait tout simplement dit : « Circulez, y a rien à voir ». Mais, comme dans une véritable démocratie occidentale, la ministre a tiré les conséquences de ce qui est arrivé, et a préféré jeter l'éponge. L'Algérie prend un bon chemin. Pourvu que cela se confirme dans le choix d'un président de la République élu de façon libre et démocratique.

Le modèle de résolution de la crise soudanaise va-t-il faire école ? Le Front des forces socialistes (FFS) algérien, doyen des partis d'opposition, a appelé, lundi, 19 août, les autorités et l'armée algériennes à s'inspirer de l'exemple soudanais et ouvrir des négociations sur une «transition démocratique» pour résoudre la crise politique en Algérie. Prise un peu de court par cette demande, l'armée, principale concernée dans la mesure où c'est elle qui tient réellement les rênes du pays, n'a pas, encore, réagi, pas plus que le président par intérim.

Le président par intérim, Abdelkader Bensalah, a annoncé jeudi, 25 juillet, la création d’une commission de six membres, chargée de superviser un dialogue national et d’organiser la prochaine élection présidentielle, destinée à mettre un terme à des mois de remous politiques. On ne sait pas comment la rue (qui se réunit tous les vendredis) prendra cette proposition présidentielle d'autant plus qu'elle n'est pas représentée dans les Six.

Le roi Mohammed VI du Maroc a eu la réaction d'un grand sportif. Même si, politiquement, les relations entre son pays et l'Algérie, sont loin d'être au beau fixe, il n'a pas hésité à adresser un message de félicitations au chef de l'Etat algérien par intérim, Abdelkader Bensalah, après que la sélection algérienne de football, les Fennecs, aient remporté la Coupe d'Afrique des Nations (CAN-2019) en Egypte, en battant les Lions de la Teranga du Sénégal par un but à zéro. Le roi fait ce geste alors que la sélection marocaine, les Lions de l'Atlas, qui étaient, souvent, cités comme possibles vainqueurs de cette CAN organisée en Egypte, ont été défaits en huitième de finale, par les « modestes » Ecureuils du Bénin. Visiblement, les animaux de la forêt africaine ignorent toute forme de hiérarchie. L'Algérie a gagné parce qu'elle a fait le pari d'un sélectionneur algérien, Djamel Belmadi, alors que le Maroc, pays modernement extraverti (?) a préféré faire le pari d'un sélectionneur européen qu'il payait à prix d'or : 80.000 euros par mois. La haute inspiration royale fera-t-elle changer la Fédération marocaine de football de position afin qu'elle confie, enfin, les Lions de l'Atlas à un sélectionneur marocain ?

Candidat à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron avait, fortement, condamné les crimes coloniaux, « crimes contre l'humanité » comme il les avait qualifiés, et appelé à leurs réparations. Deux années après son entrée en fonction, les pays africains commencent à poser des actes qui l'interpellent, alors qu'il semble avoir oublié cette promesse de campagne. Têtes de pont de cette nouvelle vague de pays contestataires, l'Algérie et la Tunisie, en attendant, certainement, d'autres, se rappellent à son bon souvenir.

Le président du Forum civil pour le changement (FCPC), Abderrahmane Arar, a dévoilé, mercredi, 17 juillet, une liste composée de treize personnalités nationales, connues pour leur "neutralité", pour conduire le dialogue, qui mènerait vers une sortie de crise en Algérie.