alternance

« Le chef qui fait trembler est comme une grosse pierre qui barre une piste. Les voyageurs l’évitent, la contournent, puis un jour, ils s’aperçoivent que le chemin serait moins long s’il n’y avait pas la pierre. Alors, ils viennent en grand nombre et la déplacent. La force ne crée pas un chef mais un adversaire à abattre », écrit joliment et justement le Malien Seydou Badian dans “Sous l’orage”, un des romans africains qui abordent de fort belle manière le conflit entre tradition et modernité.

Alassane Ouattara n'a fait que du Alassane Ouattara : rouler son aîné Henri Konan Bédié dans la farine. Il a attendu son deuxième et dernier mandat pour sortir le grand jeu. Après avoir montré son vrai visage à Mabri Toikeusse et Gnaniem Konan en les excluant (autoritairement) du RHDP (dont le président est Henri Konan Bédié), ainsi que, leurs formations politiques, il passe, aujourd'hui, à la vitesse supérieure devant un Henri Konan Bédié, totalement, politiquement, affaibli. Ce dernier était resté sourd, muet, aveugle, dans le passé, aux appels à la vigilance lancés par certains de ses cadres face au double visage du président de la République que tout le monde connaît. Bédié, en tout bon naïf, est en train de se faire avoir pour la deuxième fois par Ouattara, la première fois, c'est quand ce dernier l'avait, doctement, chassé du pouvoir en décembre 1999 par un coup d'état militaire, avant d'installer, provisoirement, à sa place, le général, Robert Gueï, qui venait de nulle part. Un pouvoir que Bédié cherche, toujours et encore, à reconquérir, de son vivant, alors que l'alternance en 2020, vu le comportement de son allié Ouattara, n'est pas à l'ordre du jour pour le PDCI-RDA. On peut se demander si Henri Konan Bédié est, réellement, le président qu'il faut au PDCI-RDA de Félix Houphouët-Boigny ?

Ciao, Pantin ! Tel est le titre du film (s'il en était un) qu'on aurait pu donner, pour caractériser la façon dont l'Afrique voit le départ de Barack Obama de la Maison Blanche.

CONGO-BRAZZAVILLE : L'alternance à la tête de l'Etat est en marche
Denis Sassou-Nguesso est-il aux abois ? Là où il n'a vu que 3.000 manifestants, les observateurs indépendants en ont décompté dix fois plus.