Aminata Sow Fall

Il y a des romans qui vous tiennent en haleine jusqu’à la dernière ligne parce qu’ils mêlent avec bonheur humour et gravité. C’est le cas de “La Grève des Bàttu” publié en 1979 par la Sénégalaise, Aminata Sow Fall, aux Nouvelles éditions africaines. « Bàttu » est un mot wolof qui signifie “calebasse’’ ou sébile. Au Sénégal et dans les autres pays où l’islam est la religion dominante, des hommes et des femmes utilisent la sébile pour mendier leur nourriture. Parmi ces mendiants, on trouve des lépreux, des estropiés, des aveugles, des manchots, mais aussi, les talibés dont l’âge varie entre 3 et 15 ans et qui sont confiés à des marabouts censés leur enseigner le coran. Où mendient-ils ? Un peu partout dans la ville (dans ce roman, on songe tout de suite à Dakar mais il pourrait bien s’agir de Kaolack, de Thiès ou de Louga), c’est-à-dire, devant les mosquées, aux carrefours, aux feux tricolores. Pourquoi mendient-ils ? Parce que c’est la seule façon pour eux de s’en sortir.

Le roman d'Aminata Sow Fall, édité en 1979, aux Nouvelles éditions africaines (NEA) est d'actualité. Son récit s'adapte à la lutte que mènent les Africains pour créer une monnaie, authentiquement, africaine, différente du F CFA d'aujourd'hui, mais aussi, au procès Gbagbo dont l'emprisonnement à La Haye a bloqué la réconciliation en Côte d'Ivoire.