André Okombi Salissa

A moins qu'il soit un « Anté-Christ » haut de gamme, on voit très mal comment le dictateur aurait le sommeil aisé, aujourd'hui, aux côtés d'Antoinette, lui, le général 5 étoiles en tueries. Avant la présidentielle de mars 2016, l'opposant, André Okombi Salissa, lui avait fait une offre restée lettre morte. Le dictateur avait choisi de conserver son pouvoir. Mais, cette offre prend toute son importance, aujourd'hui, où il est, largement, épinglé pour ses crimes de « génocide ». D'abord et avant tout par ses propres compatriotes et non par les seules organisations internationales des droits de l'homme comme on le voit souvent ailleurs.

Le président, Sassou Nguesso, en tant que président du Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la Libye, convoquera un Sommet sur la Libye, le 25 janvier, à Brazzaville, soit, la veille du Sommet de l'UA, à Addis Abeba. Il compte tenir cette rencontre internationale dans un pays qu'il maintient en état d'urgence, notamment, au Pool (région de Brazzaville) où il a déployé plus de 10.000 militaires pour y déloger le pasteur Ntoumi accusé de lui tenir tête. Dans une dictature où il n'y a aucune contestation possible, le pasteur Ntoumi est considéré par les Congolais comme un héros. Au vu et au su de tous, le dictateur met, un à un, tous ceux qui peuvent lui apporter contradiction aux arrêts. Après Paulin Makaya (dont l'emprisonnement l'a empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2016 et Jean-Marie Michel Mokoko et beaucoup d'autres, il vient, coup sur coup, en moins d'une semaine, d'arrêter le député, André Okombi Salissa (AOS), ancien candidat à la présidentielle, alors qu'il bénéficie de l'immunité parlementaire. Depuis cinq jours, AOS est embastillé à la DGST (police politique), menotté (notre photo), comme un vulgaire délinquant, alors que son écharpe tricolore lui confère des prérogatives que seule la loi peut enlever. Depuis hier, c'est notre confrère, patron de Thalassa, Ghys Fortuné Dombé, qui croupit dans les geôles de la même DGST. Juste parce qu'il a déclaré que des individus comme le général, Jean François Ndengué, directeur général de la police, après avoir atteint la limite d'âge, ne devraient plus émarger dans la fonction publique comme agents de l'Etat. Conclusion : Sassou est au-dessus de la loi quand il n'est pas lui-même la loi. Il a dépassé les Congolais, mais aussi, le monde entier.
Il y a quelques semaines, Afrique Education avait réussi à joindre AOS de son refuge à Brazzaville. Il nous avait accordé une interview (parue dans le numéro 447 d'Afrique Education) qui avait fait perdre le sommeil au dictateur. Cette interview (à lire ci-après) a permis de sauver la vie à Okombi. Car le dictateur avait organisé son assassinat. Purement et simplement. Maintenant, AOS est sous sa « protection » directe. Si quelque chose lui arrive, on saura à qui demander les comptes. C'est-à-dire à Sassou-Nguesso himself.

Alors que le « Congo-Brazzaville est un pays en crise » comme l'a souligné, l'ancien candidat à la présidentielle, André Okombi Salissa, dans le numéro 447 d'Afrique Education (actuellement chez les marchands de journaux), le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, préfère s'occuper des crises des pays voisins. Il en est, par exemple, de celles du Centrafrique et de la République démocratique du Congo. Alors que chez lui, au Congo-Brazzaville, un département, le Pool, est en feu et ce, depuis plusieurs mois.

André Okombi Salissa fait la couverture du numéro 447 d'Afrique Education sous le titre : « Le Congo-Brazzaville est en crise ». Dans cette interview exclusive, il dresse l'état de la situation politique au Congo et annonce la couleur des actions politiques à venir. Une interview à lire absolument car elle redonne espoir.