Angela Merkel

La chancelière allemande, Angela Merkel, vit des moments pas faciles dans le cadre de sa coalition gouvernementale où on compte des « anti-immigration » notoires. Elle est obligée d'en tenir compte sous peine de la voir implosée car les désaccords sur cette question sont importants. C'est la raison principale de sa visite en Algérie où elle a demandé le retour des immigrés algériens dans le cadre d'un accord avec Alger. Seule condition posée par les autorités algériennes : utiliser la compagnie nationale, Lufthansa, pour rapatrier (dignement) ces Algériens et non des vols charters, spécialement, aménagés pour eux. On croit savoir qu'il s'agit, ici, d'une question de dignité.

Après l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme, les puissances étrangères continuent à être les bienvenues en Afrique pour piller les ressources avec la complicité de nos gouvernants, mais, paradoxalement, les Africains qui sont chez eux font l’objet de traitements inhumains : assassinats, détentions en prison parfois injustes, déportations, etc… le cas des milliers de Sénégalais en Allemagne en est une illustration éloquente.

Comme on pouvait s'y attendre (afriqueeducation.com l'avait prédit), le Mini-Sommet sur l'immigration des Huit (puis des Seize), de dimanche, 24 mars, à Bruxelles, est une montagne qui a accouché d'une souris. L'Union européenne (UE) est en train de, véritablement, imploser à cause des problèmes d'immigration. Pour sauver les meubles, la France et l'Allemagne ont, immédiatement, appelé à des accords à plusieurs pays sur les défis migratoires pour contourner l'absence de consensus. L'UE se voile la face car les accords à plusieurs pays que demandent la France et l'Allemagne, ne résisteront pas à la réalité. Car ils essaient de contourner le problème en évitant, soigneusement, de l'attaquer de face pour le résoudre. Et pour le résoudre, il faut poser les questions qui fâchent, et qui sont au centre des relations entre certains pays européens et les pays africains exportateurs de migrants dont beaucoup se situent en Afrique d'expression française. Afriqueeducation.com demande aux dirigeants de l'UE, en l'occurrence, la chancelière, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, de s'attaquer à la question de la mal-gouvernance en Afrique où certains dirigeants confisquent le pouvoir en modifiant la constitution ou n'assurent leur réélection qu'avec le concours de certaines capitales européennes comme Paris. La question de fond est là, que certains appellent « Françafrique ». Sans sa résolution, l'Europe, malgré des barrières de dix mètres de hauteur, verra, toujours, la déferlante migratoire africaine sur son sol. Car les Africains fuient avant tout la misère et la pauvreté chez eux. Rien d'autre.

A Bamako, on est très loin des efforts que l'on attendait de la France. Le budget de la Force a, enfin, été précisée. Sur les 423 millions d'euros que vont coûter les 5000 à 5.250 hommes de cette Force, près du quart pourra être mobilisé d'ici la fin de cette année. Et encore ! Les Américains avaient senti le piège, à l'avance, en refusant de payer pour les autres. C'est pourquoi en homme d'affaire avisé, Donald Trump avait demandé et obtenu que le financement de cette Force ne repose pas sur les Nations-Unies car il savait que l'essentiel du budget allait dépendre des Etats-Unis alors que les bénéfices politiques allaient revenir à la France.

Chaque pays fait la politique de ses moyens et en fonction de ses (seuls) intérêts. Le premier ministre tunisien, Youssef Chahed, l'a rappelé à son homologue allemande, Angela Merkel, qui lui reproche de faire perso en ne coopérant pas suffisamment, avec ses partenaires occidentaux, pour faire face au terrorisme.

La chancelière a commencé la campagne en vue de sa réélection, l'année prochaine, par l'Afrique dans sa partie la plus pauvre, la zone sahélo-sahélienne. Depuis dimanche, 9 octobre, elle est en tournée préélectorale au Mali, au Niger et en Ethiopie.

L'Allemagne décide d'augmenter son aide humanitaire au Niger. Contrepartie immédiate : trois centres d'accueil (ou centres de rétention) de migrants vont être construits, bientôt, avant l'implantation d'autres sur l'ensemble du Niger. Le Niger va jouer en Afrique le rôle que joue la Turquie en Europe ?