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Arabie Saoudite

C'est ce jeudi, 29 novembre, matin, que le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, et la première dame, Sylvia Bongo Ondimba, sont arrivés, à Rabat, au Maroc, pour un séjour de convalescence et de rééducation. La survenue du couple présidentiel à Rabat est la réponse donnée à une requête expresse du roi, Mohammed VI, qui est le frère du président, Ali Bongo Ondimba.

Le journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, a été tué par "strangulation" et son corps "démembré" au consulat de son pays à Istanbul d'une manière préméditée. Voilà ce que révèle, le parquet turc, ce mercredi, 31 octobre, mettant en exécution les menaces du président, Recep Tayyip Erdogan, qui avait juré de tout mettre en public si le pouvoir saoudien, commanditaire de l'assassinat, ne se mettait pas à table. Cela dit, Ankara regrette, toujours, un manque de coopération de Riyad dans cette enquête. Mais, déjà, le secret est éventré : on sait, par exemple, que notre confrère saoudien a subi de pires atrocités de la part des barbares envoyés par Riyad et qu'une fois assassiné dans ces pires conditions, il aurait été, tout simplement, décapité. On soupçonne même que certaines parties de son corps se seraient retrouvées hors de Turquie, les commanditaires ayant du mal à montrer le lieu où ses restes ont été ensevelis. Sa famille n'est pas prête à faire le deuil dans ces conditions.

L'Arabie saoudite n'est pas un pays philanthrope. Loin de là. Elle a un double intérêt à aider, financièrement, la Force conjointe du G5 Sahel : le nouveau régime a le souci de contrecarrer les accusations de financement du terrorisme, qui lui colle à la peau (avec raison) comme du chewing-gum, tout en consolidant son influence au Sahel, une région dans laquelle il investit depuis de longues années, mais où il commençait à être, sérieusement, devancé par son éternel rival, le Qatar. Le futur jeune roi, Mohammed ben Salmane (MBS), ne veut pas laisser le champ libre au jeune émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, son rival, dans les pays comme le Mali où le père de ce dernier aimait venir chasser des oiseaux rares.

Le Qatar a été, fortement, indexé, d'abord, par Donald Trump, puis, par l'Arabie Saoudite et par plusieurs pays arabes dont les Emirats arabes, Barheïn et l'Egypte, de financer les Frères musulmans, l'Etat islamique, Al-Qaïda, et autres, qui sont en train de mettre, à travers, leurs actes de terrorisme, de guerre et de barbarie généralisée, le monde entier sens dessus-dessous. Pour montrer sa volonté de mettre fin à cette activité déstabilisatrice, le Qatar, à la demande de l'Arabie Saoudite, doit prendre 13 mesures fortes ci-dessous, sous 10 jours, sinon, le conflit gravirait une étape supérieure.

La famille des Saoud ne fait pas les choses à moitié. Après avoir rompu les relations diplomatiques entre l'Arabie Saoudite et le Qatar avec effet immédiat, Riyad vient d'interdire tout port de maillot (quel qu'il soit et quelle qu'en soit la discipline sportive) contenant la mention « Qatar ». Conséquence immédiate : les maillots du FC Barcelone et du Paris Saint-Germain sont retirés des rayons des magasins. Les publicités mentionnant le Qatar ne sont plus diffusées. Le Paris Saint-Germain, club emblématique de l'émir du Qatar, est, aussi, persona non grata dans le royaume.

Après le coup de pied de Donald Trump dans la fourmilière (des bailleurs de fonds et soutiens logistiques du terrorisme international), les caméléons commencent à changer de couleur. On assiste à un branle-bas des relations entre pays qui entretiennent directement ou non des relations incestueuses avec les milieux internationaux du djihadisme. C'est ainsi que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, craignant pour l'intégrité du Qatar (en tant qu'Etat principal bras financier du terrorisme), va y envoyer des troupes d'élite pour parer à toute éventualité. Le monde n'a encore rien vu. On n'est qu'au début du processus, Trump n'étant pas Obama, l'homme grâce à qui le terrorisme international a connu une expansion sans précédent dans le monde.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, a pris la bonne décision en rompant, avec effet immédiat, ses relations diplomatiques avec le Qatar. Il est conséquent avec lui-même car la Mauritanie vit, très mal, l'activité des djihadistes dans le Nord du pays et dans les pays voisins, notamment, le Mali et le Niger. Une fois ce pas franchi, on attend que les présidents Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Macky Sall du Sénégal, Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Idriss Déby Itno du Tchad, Muhammadu Buhari du Nigeria, et tous les autres présidents africains dont la main est au-dessous de celle du Qatar qui leur donne quelques financements, rompent, à leur tour, les relations diplomatiques avec Doha. Au nom de la lutte contre le djihadisme que finance, largement, le Qatar et qui provoque tant de dégâts dans leurs pays.

La trop grande richesse fait-elle perdre le bon sens ? Cette question peut se poser pour le Qatar. Avec, seulement, 2,6 millions d'habitants et un colossal budget de 62 milliards de dollars en 2015 provenant, essentiellement, de la vente du gaz liquéfié dont il est l'un des plus grands producteurs du monde, le Qatar (dont la superficie ne dépasse guère 12.000 km²) a de quoi devenir fou. Et ils sont devenus fous à Doha. Tenez : organisation de la coupe du monde, en 2022, sur des terrains de football climatisés, achat des plus grands palaces dans les plus grandes capitales occidentales, prises de participation dans les plus grandes entreprises des plus grandes places boursières internationales, etc., puis, puis, financement des mouvements djihadistes les plus radicaux (Etat islamique, Al Qaïda, Frères musulmans) qui créent la désolation de par le monde, déstabilisation d'un pays jadis stable et prospère, en l'occurrence, la Libye du colonel Mu'ammar al Kadhafi, le seul leader africain et arabe qui donnait à ses homologues africains sans compter, etc. Bref, si le monde était juste, le jeune émir du Qatar et tous les dirigeants qui l'entourent croupiraient dans des cellules non climatisées de la CPI (Cour pénale internationale).

D'un bilan officiel de 769 morts, les autorités saoudiennes évaluent maintenant à près de 2.000 morts, le bilan de la bousculade au pèlerinage de La Mecque 2015.