Bénin

L’ex-conseiller spécial du regretté président français, François Mitterrand, s’intéresse à l’Afrique ; j’ai lu quelques-uns de ses ouvrages et davantage de ses articles dans des journaux ; celui intitulé « Les Africains ont inventé l’ordinateur numérique bien avant qu’on le découvre » m’a passionné, voire, rouvert les yeux sur des atouts de l’Afrique qu’à force de jacasser, de contester en ignorant tout de ce dont ils palabrent, des Africains laissent ceux qu’ils critiquent leur damer le pion là où ils pourraient ou devraient être Maîtres.

La Cour constitutionnelle du Bénin est la référence en matière de juridictions constitutionnelles en Afrique francophone. Créée en 1993 suite à la Conférence nationale souveraine de février 1990, elle a, immédiatement, suscité respect et considération. Son actuel président, le professeur agrégé en droit constitutionnel, Théodore Holo, qui a succédé au professeur, Robert Dossou, qu'on ne présente plus dans l'univers des grands constitutionnalistes francophones, a su préserver la totale indépendance de cette institution, que sa première présidente, Elisabeth Pognon, avait su acquérir, sous la présidence de Nicéphore Dieudonné Soglo. Aujourd'hui, le Bénin, dans ce domaine, comme dans celui de la démocratie, est un modèle à suivre sur le continent. L'application de la démocratie n'y est pas à géométrie variable comme on le voit, parfois, au Sénégal,qui est un autre bon élève de la démocratie en Afrique francophone.

Il y a toujours une fin pour chaque chose. Rien n'est éternel ici bas. Il en est de même pour les biens culturels africains qui meublent les galeries d'art et musées de l'Hexagone alors que leur place est bien dans les musées des pays d'où ils ont été spoliés. Que le jeune président français, Emmanuel Macron, qui ne connaît pas la colonisation, ait décidé de changer la politique française dans ce domaine précis, pour remettre un peu de loyauté et d'équité dans cette relation entre la France et les pays africains concernés, on ne peut que dire que dire, honneur à lui. L'Afrique s'en souviendra. En bien.

Le jeune président français veut faire différemment les choses. Lors de sa première tournée africaine, à Ouagadougou, il a annoncé « un retour du patrimoine africain à l'Afrique ». C'est une bataille rangée, depuis des années, entre la France où plusieurs musées gardent par devers leurs collections, un tel patrimoine et les pays africains concernés. Arrivé au pouvoir en 2016, le président du Bénin, Patrice Talon, par exemple, en a fait sa priorité : le retour au Bénin des objets culturels béninois logés en France. Ce n'est pas une chose simple. Mais, avec la décision d'Emmanuel Macron, Patrice Talon sera, désormais, soutenu par la volonté politique de l'Etat français. Le retour au Bénin, après des siècles d'exportation, des objets d'art africain, sera facilité. Cela dit, entre dire et faire, il y a un monde quand on sait que ce patrimoine fait vivre des musées et centres culturels en France et créent des emplois.

Que se passe-t-il au Bénin où le président élu, Patrice Talon, en fonction depuis l'année dernière, avait annoncé qu'il ne ferait qu'un seul et unique mandat à la tête du pays alors que la constitution lui donne la possibilité d'en faire deux ? Connaissait-il l'ampleur des mécontentements que sa politique allait entraîner avant de ne vouloir faire qu'un seul mandat ? Patrice Talon bouscule tout sur son passage, et Léhady Soglo n'échappe pas à ce tsunami, y compris, dans son propre parti, la Renaissance du Bénin, où il a, récemment, été suspendu de ses fonctions de président national.

Le président du Bénin, Patrice Talon, serait-il, à son tour, atteint par l'ivresse du pouvoir et de ses dérives ? La question se pose au fur et à mesure qu'il côtoie les dictateurs africains dans le cadre de sa fonction. La façon dont il a envoyé les forces de l'ordre et de sécurité s'introduire dans la résidence du maire de Cotonou, Lehady Soglo (que le pouvoir accuse de vouloir détruire les documents financiers et comptables de sa mairie de 2013 et 2014), sans mandat de perquisitionner, dans un Etat de droit (comme le Bénin), pousse à s'interroger : Où va le Bénin ? Après avoir voulu (sans succès) détruire la carrière politique de Sébastien Ajavon (qui l'avait pourtant soutenu au deuxième tour de la présidentielle où il était sorti troisième), pour une fausse affaire de drogue cachée dans un container au port de Cotonou, voilà que le président, Patrice Talon, met le grapin sur le jeune maire, Lehady Soglo, convaincu qu'il sera un adversaire de taille, à la prochaine élection présidentielle, à laquelle, lui, Patrice Talon sera candidat, après avoir dit et redit au monde entier qu'il n'était à la tête du Bénin que pour un seul et unique mandat de cinq ans. L'ivresse du pouvoir ! Dans le texte qui suit, notre ami, Olympe Bhêly-Quénum, qu'on ne présente plus, a pris sa plume pour dire tout le mal qu'il pense de cette dérive dictatoriale des autorités béninoises. On sent Olympe en colère.

Fondé par l'ancienne première dame, Rosine Vieyra Soglo, l'épouse de l'ancien président, Nicéphore Dieudonné Soglo, le parti, Renaissance du Bénin, n'est plus présidé par leur fils aîné, Léhady Vinagnon Soglo. Ecarté de la présidence, le 21 mai, par le Bureau national du parti, le fils Soglo a, définitivement, été remplacé, dimanche, 25 juin, à Abomey, par l'ancien garde des Sceaux et ancien président de la Cour suprême, Abraham Zinzindohoué. Les Soglo ne l'entendent pas de cette oreille. Père du Bénin moderne, celui de l'ère post-Conférence nationale, Nicéphore Soglo est une voix qui compte au Bénin, pour avoir réussi à mettre le pays sur la voie de sa transformation socio-économique, après l'aventure calamiteuse du marxisme-léninisme, qui l'avait plongé dans la faillite. Pendant la présidentielle de 2016, le fils et actuel maire de Cotonou, Léhady Soglo, n'avait pas soutenu le même candidat que ses parents, ce dernier ayant jeté son dévolu sur Lionel Zinsou, à l'époque, premier ministre du Bénin et candidat du président, Yayi Boni, que Rosine Soglo avait taxé de « Franco-Béninois », avant de préciser : « Un Blanc ne viendra pas diriger le Bénin ». Pour beaucoup, Léhady paie ce choix non concerté pendant la présidentielle.

Le dictateur a envoyé, en catastrophe, son ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, à Cotonou, pour porter un message de sympathie et de prompt rétablissement au chef de l'Etat, Patrice Talon, après ses deux opérations subies à Paris. Le président congolais n'a agi ni au hasard, ni par simple humanisme. Il sait d'où il vient. Surtout, il sait où il va.

Le président du Bénin, Patrice Talon, a, plutôt, bonne allure. Après avoir subi deux interventions chirurgicales à Paris. Le pays n'a pas connu de vacance de pouvoir ; la constitution du Bénin est l'une des plus solides de l'Afrique, et en homme politique avisé, Patrice Talon avait fait ce qu'il fallait avant de s'absenter. Le pays n'en a pas beaucoup souffert. Revenu à Cotonou, dimanche, 18 juin, il a repris ses activités, ce lundi, 19 juin, avec la tenue d'un conseil de ministres extraordinaire. Le conseil des ministres ordinaire se tiendra, mercredi, 21 juin.

Homme d'affaires milliardaire, ancien faiseur de président, Patrice Talon s'est, finalement, résolu à devenir, lui-même, calife. Vu son entregent et l'étendue de son réseau d'amitié, il n'a pas eu du mal à gagner ce pari ambitieux car il n'apprenait pas le job. Depuis mai, il est, confortablement, installé dans le Palais de la Marina. Mais, si son accession au pouvoir a bouleversé les habitudes, Patrice Talon a, aussi, surpris par son programme de gouvernement étalé sur un seul et unique mandat alors que la constitution lui donne la possibilité d'en faire deux. Lui veut en faire un seul et souhaite que le mandat unique soit inscrit dans la constitution. Mal vu, mal compris, mal expliqué, son projet passe, difficilement, dans l'opinion.

Pour aller faire ses courses au célèbre marché Dantokpa de Cotonou, on n'aura plus besoin de passer par la case Consulat du Bénin. Il en est de même si on veut découvrir les trésors du vodoun béninois. Patrice Talon ouvre son pays aux Africains, sans attendre la réciprocité. Une belle leçon d'intégration africaine.

Notre ami, Olympe Bhêly-Quénum, a réagi à la publication de la politique culturelle du président du Bénin, Patrice Talon. Il le fait sans arrières-pensées (politiques) comme il l'a, toujours, fait, en France, son pays d'accueil, où il vient d'écrire au candidat socialiste, Benoît Hamon, exactement, pour le même problème.

Le constat est unanime. Depuis son arrivée aux affaires, en avril, on ne refuse rien au président, Patrice Talon. A l'Assemblée nationale où le fait de placer la virgule au mauvais endroit peut faire bloquer les travaux pendant une semaine, les députés viennent de voter son budget 2017 comme une lettre à la poste. A 100%. Pas un seul d'entre eux ne s'est opposé à celui-ci alors qu'il est en augmentation de plus de 40% par rapport au budget de l'année dernière. Autant dire que le crédit fait à Patrice Talon est immense. Pourra-t-il le garder durant tout son mandat ?

Le Bénin a adhéré à l'Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale (IDEA). Le président, Patrice Talon, fait, ainsi, de ce pays, une démocratie grandeur nature reconnue comme telle au sein de la communauté internationale.

Le président de la Cour constitutionnelle du Bénin, Théodore Holo, a appelé, mardi, 29 novembre, depuis Cotonou, la capitale économique béninoise, les peuples africains à s'opposer à toute révision opportuniste de leur constitution.

Sitôt libéré, après plus de sept jours d'interpellation, le milliardaire et ancien candidat à l'élection présidentielle, Sébastien Ajavon, a, embarqué, dimanche, 6 novembre, à bord d'un avion d'une compagnie européenne, pour se rendre en France. Il met, actuellement, son séjour à profit pour faire son check up médical.

L'homme d'affaires béninois, Sébastien Ajavon, arrêté dans une affaire de trafic de cocaïne, a été relaxé, vendredi, 4 novembre, soir, pour "insuffisance de preuve" et "au bénéfice du doute". Des qualificatifs qui ne veulent pas dire grand-chose car, au fond, l'homme d'affaires n'avait rien à se reprocher et même ceux qui voulaient le salir ont eu quelque peu honte.

Tout homme a droit à la présomption d'innocence, dit le code pénal. C'est le cas de l'ancien candidat à l'élection présidentielle et milliardaire, Sébastien Ajavon, qui, dans la vie de tous les jours, est considéré comme un homme hors de tout soupçon. Les faits sont, pourtant, là : il en est à sa quatrième nuit passée à la gendarmerie, pour trafic de drogue supposé, ce qui donne lieu à toutes sortes de commentaires.

Président, démocratiquement, élu du Bénin, pendant deux mandats successifs, de 2006 à 2016, le docteur, Yayi Boni, a pris du recul par rapport à la politique, en attendant d'occuper des fonctions internationales. Il vient d'être sollicité par la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) pour coordonner la Mission d'observation de cette institution à l'élection présidentielle du Cap-Vert.

Le président, Patrice Talon, a juré qu'il était au pouvoir pour faire un seul et unique mandat de cinq ans. Objectif : (re)mettre le Bénin en ordre de marche. Ca ne blague plus dans le pays du vaudou. Son président fait ce qu'il dit. Cette fois, le curseur s'est arrêté chez les maires, qui sont limogés à tour de rôle pour leur mauvaise gestion.