Bénin

Ancien président de la République du Bénin, Nicéphore-Dieudonné Soglo s'était prononcé après sa deuxième rencontre avec le président Patrice Talon, le 29 mars 2019.
La révélation, c'est la déclaration de Nicéphore-Dieudonné Soglo, ancien président de la République du Bénin, après sa deuxième rencontre avec l'actuel président du Bénin.
Boulimie de lecture, prodigieuse connaissance de l'histoire ancienne et moderne de son pays et de tout pays auquel il s'intéresse aussi, il est difficile de le contourner. Bref, la citation ci-dessous de Patrice Talon mérite d'être connue urbi et orbi : « Ce qui permet à un président en exercice d’être réélu, c’est sa capacité à soumettre, à avoir à sa solde tout le monde : députés, maires, élus locaux, commerçants, partis politiques. C’est la manière dont personne n’est capable de lui tenir tête, d’être compétiteur contre lui. Si vous n’avez pas de compétiteur, vous avez beau être mauvais vous serez réélu » fin de citation.

C'est ainsi qu'on devient dictateur. A force de grignoter des pans de liberté qui vous dérangent alors que vous vous en serviez quand vous cherchiez à arriver au pouvoir, on fait régresser la démocratie. Et quoi qu'on dise, la démocratie et l'état de droit reculent au Bénin, depuis l'arrivée du milliardaire et homme d'affaires, Patrice Talon, à la tête du Bénin.

Le 15 avril 1960 paraît : « Un piège sans fin » un roman d’Olympe BHELY- QUENUM. Soixante ans plus tard, ce roman demeure l’une des œuvres majeures et le chef-d’œuvre génial de l’auteur. « Un piège sans fin » est traduit dans plusieurs langues étrangères (1) et il suscite en soixante ans des travaux d’interprétation de tous genres dans les milieux universitaires.

L'étudiant, Djaho Théophile, peu ou prou contestataire, a été abattu par la police parce qu'il réclamait la fermeture de l'Université Abomey-Calavi (UAC) et  des écoles afin qu'étudiants et élèves fussent protégés de la pandémie en observant le confinement. Ulcéré par ce crime odieux qui ne devrait plus arriver au Bénin, pays où la Conférence nationale de février 1990 avait défini le comportement que doivent avoir les forces de défense et de sécurité, règles qui, par la suite, ont été reprises par la constitution, l'ancien président, Nicéphore Dieudonné Soglo, a poussé un cri de colère qui est arrivé à notre rédaction. Nous publions sa déclaration du 26 mars, qui nous est parvenue avec quelque retard, et qui est une condamnation ferme du silence coupable de la classe politique, mais aussi, un hommage à l'illustre étudiant disparu.

Ministre des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, a signé, lundi, 23 décembre, à Grand-Popo (frontière Togo-Bénin), un accord-cadre de coopération transfrontalière et un mémorandum de coopération sécuritaire avec le Bénin. Précisons juste que les relations entre les deux pays sont excellentes et qu'il s'agit d'ailleurs d'un même peuple qui vit des deux côtés de la frontière, et qui a, injustement, été séparé par l'ancien colonisateur dont le but a, toujours, été le même : diviser pour mieux régner.

Lorsque je pris connaissance du décès, à presque 90 ans, d’Albert Tévoédjrè, je repensai, tout d’abord, à son engagement au sein de la puissante Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), qui se battait pour la décolonisation du continent africain. Tévoédjrè joua un important rôle dans ce mouvement. Par exemple, c’est sous sa présidence que la FEANF organisa, en 1954, à Toulouse, les journées dites anticolonialistes. Ces journées, qui rencontrèrent un franc succès auprès des participants, n’avaient pas d’autre but que de faire comprendre à la France qu’il était temps qu’elle se retire de ses colonies et qu’elle laisse les Africains se prendre en charge.

Eu égard à l'évidence de fait du prince qu'est ce procès (qui a rendu inéligible Lionel Zinsou pendant cinq ans, ndlr), je m'étais exprimé le 20 juillet 2019 dans un bref qu'on peut lire à la fin de ce texte ; le terme inéligibilité - pétard mouillé dans le marigot de vanités des crocodiles infatués - m'a fait pouffe ; je me demande même si ces alligators ont quelques mérites. Zinsou est mis hors course de la présidentielle de 2021, après Sébastien Ajavon, sorti troisième à l'élection présidentielle de 2016. Conséquence : Talon veut s'octroyer un deuxième mandat en 2021 sans adversaires de taille.

L'opposant béninois, Lionel Zinsou, arrivé second à la dernière élection présidentielle, a été condamné, vendredi, 2 août, à Cotonou, à cinq ans d'inéligibilité et six mois d'emprisonnement avec sursis pour usage de faux documents, a-t-on appris de source judiciaire. Lionel Zinsou, ancien premier ministre qui vit en France, a été condamné «à cinq ans d'inéligibilité pour toutes les élections à venir en République du Bénin, à six mois d'emprisonnement assorti de sursis», a déclaré une source du tribunal de Cotonou qui l'a jugé. Autrement dit, il ne pourra pas participer à l'élection présidentielle d'avril 2021, pas plus que Sébastien Ajavon, qui était sorti troisième à la présidentielle de 2016, avant d'appeler à voter Patrice Talon. En guise de récompense, l'actuel président du Bénin lui a collé une affaire de drogue qui l'a contraint à fuir le Bénin et à résider en France d'où il suit le piteux spectacle démocratique qui y a cours. Conséquence : Ayant éliminé les candidats sortis deuxième et troisième de la dernière présidentielle, après avoir pris soin de pousser d'autres opposants à l'exil, Patrice Talon prépare d'ores et déjà sa réélection comme tout bon dictateur des tropiques dont il n'avait pas l'air quand il se présentait au suffrage des Béninois en 2016. Il a jeté son masque, faisant reculer la démocratie béninoise de cinquante ans en arrière. Pour preuve : il a exclu des dernières élections législatives, les principaux partis d'opposition dirigés par les anciens présidents Nicéphore Soglo et Yayi Boni, allant jusqu'à mettre ce dernier en résidence surveillée pendant deux mois, malgré le tollé général suscité dans le pays et dans la sous-région.

Le président indien, Ram Nath Kovind, a entrepris une visite d'une dizaine de jours qui doit le conduire, tour à tour, au Bénin, en Gambie et en Guinée. Ce n'est pas tous les jours que l'Afrique reçoit la visite d'un chef d'Etat indien. C'est pourquoi quand celle-ci est programmée, les Africains s'attendent à ce qu'elle soit marquante. Est-ce le cas au Bénin où le président indien vient de passer deux jours ? Pour être courtois à l'endroit de son excellence, Ram Nath Kovind, on dira, courtoisement : peut (nettement) mieux faire.

L’équipe de football du Bénin, les Ecureuils, s’est qualifiée, le 5 juillet, pour les quarts de finale de la CAN Egypte 2019. Et pourtant, avant le match, personne ne vendait cher sa peau. En effet, on la disait inférieure à celle du Maroc qui, en plus d’avoir participé plusieurs fois à la compétition, possède plus d’infrastructures et de moyens que le Bénin. On croyait la cause entendue, on était convaincu qu'il n'y aurait pas match, que le Maroc ne ferait qu'une bouchée de Stéphane Sessègnon et de ses camarades, etc.

Le Bénin laissé en paix par Boni Yayi après dix ans d'une gouvernance (plutôt) paisible est en train de sombrer dans la violence, premier pas vers la dictature. C'est une situation signée Patrice Talon, milliardaire arrivé un peu par hasard à la tête de cet Etat qu'il confond avec ses entreprises privées. Hier, samedi, 15 juin, on a dénombré deux morts par balles des forces de défense et de sécurité. Une situation inquiétante d'autant plus que les troubles sont récurrents. Partout, dans le pays, les populations commencent à se révolter, pour défendre leur liberté confisquée par un homme d'affaire (devenu chef d'Etat) qui ne se soucie que de son intérêt personnel.

Ce titre insolite fait la Une du numéro 476 de mai du magazine Afrique Education. Non-professionnel de la politique devenu chef de l'Etat du Bénin en remportant démocratiquement la présidentielle d'avril 2016, Patrice Talon surprend les Béninois, les Africains et la communauté internationale, en ramenant le Bénin de trente années en arrière sur le plan de la démocratie et des droits de l'homme. Le magazine explique pourquoi et comment il est devenu le bon élève de la classe du dictateur congolais, Denis Sassou-Nguesso, son inspirateur et modèle en politique. Une situation ubuesque susceptible de faire retourner (jusqu'à) Mathieu Kérékou dans sa tombe.

Majoritairement de l'Afrique de l'Ouest, région à laquelle appartient le Bénin, des universitaires et écrivains ont envoyé une lettre au président du Bénin, Patrice Talon, dans laquelle ils condamnent, fermement, l'exclusion de plusieurs partis de l'opposition du processus électoral, et l'invitent, fortement, à organiser d'autres élections législatives, cette fois, inclusives.

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient été enlevés le 1er mai dernier. Ils viennent d'être libérés après dix jours de captivité. Mais l'opération bien que réussie ne s'est pas déroulée sans dommage. Malheureusement. Deux militaires français ont été tués au cours de celle-ci. L'Elysée et la ministre des Armées, Florence Parly, ont salué la mémoire de ces deux militaires morts pour la France. Un hommage sera organisé Aux Invalides dès le rapatriement de leurs dépouilles.

L'identité des deux touristes français disparus est connue, après qu'elle ait été authentifiée par leurs proches. Les recherches se poursuivent pour les retrouver, maintenant qu'il y a de fortes chances qu'ils soient entre les griffes des djihadistes qui font la pluie et le beau temps dans la zone frontalière entre le Bénin (lieu de leur kidnapping) et le Burkina Faso. Leur rapt a eu le 1er mai.

Des centaines d'opposants béninois sont redescendus dans les rues de Cotonou, jeudi, 2 mai, où ils ont érigé des barricades enflammées pour défier les forces de l'ordre dans un climat de tension après des législatives boycottées par l'opposition qui en avait été évincée. Une personne est morte et deux autres ont été, grièvement, blessées dont une par balles depuis le début des violences, qui ont éclaté, mercredi, 1er mai, après-midi, après le déploiement des forces de sécurité autour du domicile de l'ancien président, Boni Yayi, dans la capitale économique. Jadis, laboratoire de la démocratie ayant organisé la toute première Conférence nationale souveraine, en février 1990, le Bénin (Ex-Dahomey) vient de connaître un bond de 30 ans en arrière en matière de démocratie.

Le Bénin, pays réputé pour être un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest, a voté, dimanche, 28 avril, pour élire ses députés lors d'un scrutin historique où l’opposition n’a pas été autorisée à présenter de candidats, marquant pour beaucoup d’observateurs un tournant autoritaire du président Patrice Talon. C'est une situation qui se passe de commentaire quand on sait d'où vient l'actuel président, qui avait, justement, passé près de trois ans en exil, entre la France et la Belgique, pour fuir l'arbitraire. Une fois au pouvoir, aujourd'hui, il plonge, lui aussi, dans un arbitraire qui est plus grave, car il ramène tout le pays à l'ère du « marxisme-béninisme » de feu Mathieu Kérékou (avant conférence nationale souveraine). Finalement, que doit-on penser de la démocratie en Afrique si on ne doit même plus faire confiance à un non-professionnel de la politique (comme Patrice Talon) qui accède au pouvoir et dont on aurait pu attendre une autre manière de faire de la politique ?

Le Bénin, laboratoire de la démocratie du Golfe de Guinée, est-il en panne sèche de démocratie ? Après la tenue de la toute première conférence nationale souveraine organisée en février 1990, à Cotonou, et qui avait réuni toutes les forces vives de la nation, le Bénin va organiser des élections législatives comme au temps du parti unique, le PRPB, de Mathieu Kérékou, c'est-à-dire, sans l'opposition. Les torts sont certainement partagés, l'opposition n'étant pas exempte de tout reproche. Cela dit, on regardera, beaucoup plus, du côté du pouvoir politique qui contrôle l'actuelle majorité au parlement pour savoir pourquoi des mesures n'ont pas été prises pour empêcher une situation qui est loin d'honorer le Bénin. Et qui à coup sûr va engendrer des troubles dans le pays.

Des milliers de personnes ont manifesté, lundi, 11 mars, à Cotonou, à l'appel des principaux partis d'opposition béninois pour dénoncer la politique du président, Patrice Talon, accusé d'autoritarisme. Selon les organisateurs, Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de l'ancien président, Thomas Boni Yayi, et l'Union sociale libérale (USL) de l’homme d’affaires, Sébastien Ajavon, près de 20.000 manifestants ont pris part à la marche dans la capitale économique béninoise.

Des antiquités, parfois, vieilles de 5000 ans, pillées en Irak en 2003, après la chute de Saddam Hussein, vont revenir dans leur pays après avoir été identifiées par des experts du British Museum. Un très bon exemple que devrait suivre la France dont les musées refusent le retour des biens culturels africains, spoliés pendant la colonisation et même après, et qui font leur rayonnement actuel.