Biens mal acquis

Nouvel épisode dans la saga des "biens mal acquis": la justice française a ouvert une enquête visant l'entourage du président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, à la suite d'une plainte de l'ONG Sherpa sur l'acquisition de propriétés immobilières à Paris. Djibouti n'a pourtant ni pétrole ni gaz mais rien que son port et sa position stratégique sur la Corne de l'Afrique.

La CORED (Coalition de l'opposition pour la restauration d'un Etat démocratique en Guinée équatoriale) risque de faire parler d'elle, dans les mois qui viennent. Selon certaines rumeurs, elle pourrait jouer le même rôle qui fut astreint au défunt Conseil national de transition (CNT) libyen, autour duquel les Occidentaux organisèrent la descente en enfer du colonel Kadhafi et son régime. En Guinée équatoriale, le président, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, que Paris est loin de porter dans son cœur, risque d'être mangé dans la même sauce.

Il n'est en rien,directement, concerné dans l'affaire des « Biens mal acquis ». C'est son fils, le vice-président de la Guinée équatoriale qui a été attaqué au tribunal. Pas lui directement. Pourtant, c'est lui qui compte, désormais, mener l'offensive contre l'ONG Transparency International, afin qu'elle puisse, elle aussi, répondre de faits de diffamation et autres griefs qui lui seront reprochés et que les avocats ne manqueront pas de trouver. Cette future plainte rappelle celle sur la diffamation faite, en 2000, contre François Xavier Vershave et l'ONG Survie par les présidents du Gabon, Omar Bongo Ondimba, du Congo, Denis Sassou-Nguesso et du Tchad, Idriss Déby Itno. Les trois chefs d'Etat avaient comme avocat unique, Jacques Vergès, qui leur permit d'avoir gain de cause dans cette affaire. Entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la notion même de justice et de droits de l'homme a, beaucoup, évolué de telle sorte que ce qui était possible hier, l'est, nettement, moins de nos jours. Dans tous les cas, la plainte du doyen Obiang va ouvrir une nouvelle page dans cette affaire qui devient juridico-politico-diplomatique.