Biram Dah Abeid

La Mauritanie a aboli l'esclavage en 1991, alors pourquoi criminalise-t-elle les opposants à l'esclavage, se demandent Irwin Cotler et Judith Abitan, deux défenseurs canadiens des droits de l'homme ? La triste vérité est que le pays du général-président (dictateur), Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a pas aboli l’esclavage, mais reste sa dernière place forte.

Entre les militaires de mon pays et moi subsiste un mécompte séculaire, que nous peinons, ensemble, à apurer ; de notre laborieuse insolvabilité à deux, découlent des épanchements de bile et des déglutitions de rancœurs, d’une régularité plus ou moins mesurable.  Leur vaine rébellion contre le temps me conforte et procure de la pitié : gardiens d’une citadelle promise à la ruine, ils s’obstinent, cependant, à la croire inexpugnable. Or, parmi eux, à découvert, sans jamais agir à leur insu, je m’assume fossoyeur de cette bâtisse hideuse que maintient debout et désaltère le sang de mes ancêtres. Chaque jour, j’arrache une brique de l’édifice et défais ainsi un pan de mur ; mieux, désormais, je ne suis solitaire à l’ouvrage.

Très tôt le matin du 07/08/2018, un groupe de policiers ont interpellé Biram Dah Abeid, chez lui, pour l’emmener au Commissariat 1 de Riyadh. Le commissaire, Hamoudi Ould M’Hadi, lui lance : Biram, il ne faut pas politiser cette arrestation car elle ne s’est pas faite à cause de tes opinions politiques et ton activisme des droits de l’homme comme cela était le cas pour tes arrestations passées. Biram a dit être très étonné que le commissaire reconnaisse ce que ses supérieurs et son gouvernement n’avaient, jamais, reconnu auparavant, à savoir, que les différents procès intentés aux dirigeants et militants de l’IRA, l'aient été à cause de leurs opinions et leur activisme.

Nous diffusons, en français, l'intégralité de l'interview du président de IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste), Biram Dah Abeid, réalisée, en langue arabe et publiée, sur le site internet, Nouakchott.com. A peine sorti de prison, Biram Dah Abeid a repris le combat contre l'esclavage et le racisme, qui frappent les Noirs de Mauritanie. Après avoir passé 555 jours en prison, il se trouve, actuellement, aux Etats-Unis, avec Brahim Bilal Ramdhane, à l'invitation du secrétariat d'Etat.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, est fortement interpellé, parce qu'il vient de faire abolir l'esclavage par un texte de loi.