Blaise Compaoré

Afriqueeducation.com n'était pas encore né. Ce média en ligne n'a que deux ans. Ni sa version papier qui a 25 ans d'âge. Mais les journalistes de ce groupe peuvent confirmer que le 15 octobre 1987, fut un jour de deuil pour eux tous, quand ils entendirent les radios internationales annoncer l'assassinat crapuleux du président, Thomas Sankara. La journée fut gâchée pour eux tous, comme si Thomas était un membre de leur famille. Ce président était proche d'eux, par ses idées, ses comportements, son amour pour une Afrique prospère, sans guerre, débarrassée de ses puissances néocoloniales qui l'empêchent d'avancer, d'évoluer. Veuve Mariam Sankara, une femme digne dans la douleur et l'adversité, a montré l'exemple aux Burkinabé et aux Africains comment on doit se tenir, se comporter, dans une telle déchirure. Tôt ou tard, l'Afrique devra célébrer son mari, Thomas, à travers elle, car ce couple fait partie des icônes, avec des grands Africains comme Nelson Mandela, et quelques autres, qui donnent de la fierté à notre beau continent, malgré le ciel qui nous tombe sur la tête.

Hier Burkinabé, né comme tel et travailleur comme tel jusqu'à son arrivée à Abidjan comme « premier ministre » de Félix Houphouët-Boigny avec pour tâche de redresser l'économie du pays, Alassane Ouattara est, aujourd'hui, à Ouagadougou, pour participer au Sommet Côte d'Ivoire/Burkina Faso, non pas comme président du Burkina Faso mais comme président de Côte d'Ivoire. Car entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, celle qui a permis de prendre la Côte d'Ivoire en otage. Notre propos n'est ni d'encourager, ni de féliciter, ni de condamner, cette métamorphose, mais seulement, de rappeler un fait historique que doivent connaître les Africains.

La contre-expertise réalisée sur les restes présumés de l’ancien président burkinabè, Thomas Sankara, tué en 1987, lors d’un coup d’état, n’a permis d’observer "aucun profil génétique", a annoncé, lundi, 19 juin, l’un des avocats de la famille Sankara, Me Bénéwendé Sankara. Cela veut dire que le mystère sur la disparition du jeune révolutionnaire reste entier. Seul Blaise Compaoré et ses amis, sont, réellement, en mesure de dire aux Burkinabè ce qu'ils ont fait du corps de leur ancien camarade.

Blaise Compaoré a fui le Burkina Faso pour se réfugier en Côte d'Ivoire. Il n'est même plus Burkinabé, après avoir présidé aux destinées de ce pays pendant 27 ans. Il a pris la nationalité ivoirienne. On appréciera la grandeur de l'homme. Son dernier gouvernement, celui qui avait affronté la fronde avant la chute, lui, fait face aux juges, à Ouagadougou. Il s'agit de l'ex-premier ministre, Luc Adolphe Tiao, et 34 de ses ministres. Bien que cité comme les autres, Blaise Compaoré, lui, ne comparaît pas. Car il se la coule douce en Abidjan, sous la protection de celui dont il fut le mentor, Alassane Ouattara. Il s'agit d'un retour de l'ascenseur tout à fait inapproprié.

L'ex-président burkinabè, Blaise Compaoré, et son dernier gouvernement seront jugés "probablement au mois de mars" pour leur implication présumée dans la répression de l'insurrection ayant provoqué la chute de Compaoré en octobre 2014, a affirmé mercredi, 15 février, le procureur de la Haute Cour de justice.

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a estimé, samedi, 10 décembre, que les nombreux procès attendus, dont les sensibles dossiers du putsch manqué de septembre 2015 et de l'assassinat du président, Thomas Sankara, constitueront "le point de départ d'une vraie réconciliation" nationale. Il n'est, donc, pas question de les éluder d'autant plus qu'ils sont attendus par tous les Burkinabé et même tous les Africains.

De son exil doré à Abidjan, Blaise Compaoré rêve-t-il de revenir aux affaires à Ouagadougou ? Le parti du président, Roch Marc Christian Kaboré, le pense, sincèrement. Lundi, 24 octobre, il a accusé les pro-Compaoré d'être à l'origine de la nouvelle tentative de coup d'état déjouée, début octobre, et dont les auteurs se recrutaient dans le fameux RSP dissout pendant la transition.

Bientôt deux ans que Blaise Compaoré a abandonné le pouvoir, sous la pression de la rue, pour se réfugier en Côte d'Ivoire, pays qui lui a, récemment, octroyé la nationalité ivoirienne. Les événements ayant donné lieu à son départ, ont fait, au moins, une trentaine de morts. Des morts inutiles pour lesquels ce dernier devrait faire l'objet d'une inculpation en bonne et due forme.

Une petite erreur judiciaire (d'inattention et de précipitation) d'un juge (un peu zélé) ne va pas priver le peuple burkinabé, sinon, le continent africain, tout entier, d'un palpitant procès sur une des affaires les plus cruciales de l'histoire de l'Afrique : l'assassinat de Thomas Sankara et, par extension, la tentative de coup d'état de septembre 2015 pour faire capoter la transition.

Au moment où le président, Alassane Ouattara, voudrait mettre son deuxième et dernier mandat à profit pour relever le défi de la réconciliation nationale, la question de la nationalité ivoirienne offerte à Blaise Compaoré pour échapper à la justice du Burkina Faso, n'est pas de nature à apaiser les tensions à l'intérieur de la Côte d'Ivoire.

Incontestablement, l'exil doré de Blaise Compaoré, à Abidjan, a pris fin avec le lancement d'un mandat d'arrêt international contre lui, par la justice burkinabé. Désormais, le « Beau Blaise » vit dans la tourmente, très peur de ce que demain serait fait.

Le Burkina Faso commémore, le 31 octobre 2015, la chute du président, Blaise Compaoré, chassé par la rue, le 31 octobre 2014.

Comme on s'y attendait, le putschiste, Gilbert Diendéré, est passé à la trappe. Il reste, maintenant, à résoudre le cas de Blaise Compaoré dans un des multiples dossiers à charge, dont l'enquête a déjà abouti : l'assassinat de Thomas Sankara.

BURKINA FASO : Qui est Gilbert Diendéré, le nouvel homme fort de Ouagadougou ?
Gilbert Diendéré s'est fait à l'ombre de Blaise Compaoré. Homme à tout faire de l'ancien président, il est devenu orphelin de « père » après le 30 octobre 2014. D'aucuns se demandent même pourquoi il ne l'a pas volontairement rejoint en exil, en Côte d'Ivoire.