Boko Haram

L'armée du président, Muhammadu Buhari, va-t-elle finir de désespérer les Nigérians, après une dizaine d'années de contre-performance et d'inefficacité, qui ont fini par rendre la secte Boko Haram invincible ? En effet, dix fois l'armée du Nigeria a annoncé avoir décapité la secte et tué son leader, et dix fois les faits ont démenti ses déclarations. En fait, Boko Haram doit sa survie à une seule chose : la faiblesse (notoire) de l'armée nigériane, qui pour certains observateurs, n'en est pas une. La récente sortie de cette dernière est-elle à prendre au sérieux ou à mettre sur la longue liste des déclarations tonitruantes et mensongères que les faits sur le terrain ne vont pas tarder à démentir ?

Le groupe djihadiste nigérian, Boko Haram, a mené de nouvelles attaques meurtrières dans la nuit de jeudi, 21 mars, à vendredi, faisant ...23 morts dans les rangs de l'armée tchadienne au Tchad et 8 parmi des civils au Niger, selon les sources tchadienne et nigérienne. Si les militaires tchadiens ne sont considérés que comme de la chair à canon pour leur chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, cette perte montre qu'à force de disséminer les soldats tchadiens aux quatre coins de l'Afrique (Mali, G5 Sahel, Force multinationale mixte, Nord du Tchad, sécurité des frontières tchadiennes), il n'en reste plus, de suffisamment aguerris, pour mener la première guerre qui soit, vraiment, menaçante pour lui : Boko Haram, qui est aux portes du Tchad. Voilà que les djihadistes nigérians lui apportent la preuve qu'il devrait retourner prendre quelques cours de recyclage à l'Ecole de guerre de Paris. Car les leçons reçues, il y a une trentaine d'années, sont, visiblement, devenues obsolètes.

C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir de Yaoundé qui lutte contre le terrorisme à l'Est (rebelles centrafricains dont des ex-Sélékas et des anti-balakas), au Nord-Est et au Sud-Est contre les Ambazoniens (séparatistes camerounais soutenus par quelques mercenaires du Nigeria au nom de l'internationalisme du crime) et à l'Extrême-Nord (Boko Haram). A l'Est du Cameroun, les rebelles centrafricains sont contenus et ne constituent, réellement, plus une menace. Au Nord-Est et au Sud-Est, l'armée camerounaise n'a pas encore trouvé une parade efficace pour mettre les Ambazoniens hors d'état de nuire juste parce qu'il s'agit, dans leur écrasante majorité, de Camerounais qui n'ont pas de marqueur particulier sur le visage. La difficulté est que, citoyens comme tout un chacun qui vaquent à leurs occupations le jour, la nuit, parfois, ils se transforment en Ambazoniens actifs ou passifs, avant de créer des exactions. Dans l'Extrême-Nord, Boko Haram, qui fait la pluie et le beau temps dans le Nord-Est du Nigeria, est, complètement, contenu au Cameroun où il n'a, jamais, réussi, à prendre un cm² du territoire national. Mieux pour le gouvernement camerounais, voyant qu'ils n'ont aucun avenir à rester enrôlés dans ce mouvement, 200 de ses membres viennent de se rendre, avec armes et bagages, aux autorités camerounaises.

Il faudra un miracle pour que l'actuel président, Muhammadu Buhari, puisse se succéder à lui-même, à la tête du Nigeria. Elu, il y a quatre ans, pour éradiquer, complètement, la corruption et la secte Boko Haram, c'est, justement, cette secte qui est en train de le faire battre, après plusieurs séries d'humiliations qu'elle a fait subir à son armée, sur les terrains militaires. La déconfiture de l'armée nigériane face à Boko Haram est sans nom et se passe de commentaire. Buhari en est sans voix et doit, juste, prier Allah pour que l'irréparable ne survienne pas, provoqué par Boko Haram, avant le 16 février, date de l'élection présidentielle. Mais même si l'irréparable épargnait Buhari, les défaites que son armée subit à longueur de journées, face à des miliciens dopés et requinqués par la drogue et des enjeux divers, peuvent permettre de dire que Muhammadu Buhari va à cette élection avec un moral de « looser ».

« Baba Go Slow » est aux abois. C'est le moins qu'on puisse dire. Il sait qu'il peut perdre, facilement, l'élection présidentielle de février 2019 à cause de sa grande incapacité à éradiquer la secte Boko Haram comme il l'avait promis avant de se faire élire en 2015. De tous les pays qui participent à la lutte contre cette nébuleuse, le Nigeria (avec ses 180 millions d'habitants) est le pays qui aligne l'armée la plus faible, la plus contre-performante, de loin la plus corrompue et la moins bien entraînée. Que peut-on en espérer ? C'est quand même incroyable qu'en quatre années, malgré sa volonté sans cesse réaffirmée de régler son compte à ces djihadistes, Muhammadu Buhari, lui-même, ancien général de l'armée nigériane, n'ait rien pu faire plus que son prédécesseur civil, Goodluck Jonathan, qu'il avait, beaucoup (beaucoup) critiqué pendant la campagne présidentielle de 2015. Muhammadu Buhari aura beaucoup déçu ses homologues de la sous-région : on se rend compte que le Nigeria n'est qu'un géant aux pieds d'argile. Le fait qu'il lance un SOS à la solidarité internationale pour aider les pays du Lac Tchad à éradiquer ce fléau, est une façon de reconnaître son échec personnel.

Le président, Muhammadu Buhari, va porter ses galons de général pour aller défier Boko Haram sur ses terres. Il se rendra, lui-même, mercredi, à Maiduguri, aux avant-postes de la guerre contre le groupe djihadiste Boko Haram dans le Nord-Est du Nigeria, où les attaques d'envergure contre l'armée se sont multipliées ces derniers mois. "Le président Buhari devrait ouvrir la conférence annuelle du Chef d'état-major des armées le 28 novembre (...) à Maiduguri, dans l'Etat de Borno", a annoncé sur Twitter un porte-parole du président, Bashir Ahmad. Il s'agit d'une expédition de la dernière chance. Si après cette escapade (involontaire car dictée par les succès de Boko Haram sur la piètre armée du Nigeria), il n'y a pas de changement dans la guerre menée contre Boko Haram (côté nigérian), il ne faudra pas donner cher de sa peau à l'élection présidentielle de février prochain.

Voilà la question qui commence à tarauder l'esprit de certains bien-pensants au Nigeria. Car il faut se rendre à l'évidence de l'échec patent du général, Muhammadu Buhari, face à ce qui fut l'une de ses deux principales priorités de campagne en 2015 : l'éradication de la secte Boko Haram. Presque cinq années, plus tard, Boko Haram est aussi fort que lors de son accession au pouvoir, sinon, plus fort encore, ce qui constitue un manquement grave pour l'ancien général très respecté des forces armées nigérianes qu'il est. A moins de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, on voit mal comment il pourra inverser une tendance qu'il n'a pas fait bouger pendant toute la durée de son mandat.

Général à la retraite, Muhammadu Buhari a le courage de se représenter à l'élection présidentielle de février 2019. Alors que tout son bilan sonne faux : persistance de la corruption, résurgence de la secte Boko Haram dont il annonçait la disparition, absence de leadership du pays sur le plan continental, santé précaire du chef de l'Etat, etc. Bref, les 4 ans à la tête du Nigeria de Muhammadu Buhari n'ont vraiment pas convaincu les Nigérians, à commencer dans son propre camp où on compte des départs de poids lourds politiques, qui pour se présenter à la présidentielle, qui pour soutenir d'autres candidats à cette élection. Si Buhari veut avoir une quelconque chance de passer, il lui faut inverser, radicalement, la tendance, surtout, dans la lutte contre Boko Haram. Mais son armée en a-t-elle la capacité ? On peut en douter !

Le Nigeria a la clé qui permet la survie ou l'anéantissement de la secte terroriste Boko Haram. Tant que des espaces du territoire du Nigeria seront, encore, confisqués par cette secte, les autres pays qui arrivent à la maîtriser chez eux, à savoir, le Tchad, le Niger et le Cameroun, subiront, toujours, le moment venu, ses assauts au départ des territoires qu'elle contrôle au Nigeria. C'est pourquoi la capacité de l'armée du Nigeria à devenir un réel danger pour Boko Haram, comme le sont les trois autres armées, est une condition nécessaire pour son démantèlement. Boko Haram n'est vraiment pas invincible à condition que l'armée du Nigéria se montre (quelque peu) à la hauteur.

Aide toi et le ciel t'aidera. Elu président du Nigeria, spécialement, pour vaincre la secte terroriste, Boko Haram, Muhammadu Buhari, qui a échoué dans cette mission, s'est-il donné les moyens pour réussir ? Alors que son pays compte l'armée la plus nombreuse du continent, celle-ci est, paradoxalement, la moins efficace sur le terrain dans la guerre qui est menée contre Boko Haram. Les armées des trois autres pays engagées dans la même guerre, à savoir, le Tchad, le Niger et le Cameroun, sont, nettement, plus performantes que celle du Nigeria. Et tant que ce problème fondamental ne sera pas résolu et que Boko Haram continuera à faire des militaires du Nigeria ce que bon lui semble, la sous-région du Lac Tchad ne viendra, jamais, à bout du problème de Boko Haram. Avant l'arrivée de Buhari au pouvoir, les observateurs mettaient cette contre-performance de l'armée sur le fait que le président, Goodluck Jonathan, étant un civil, n'était pas obéi et respecté par les militaires. Mais voilà qu'avec un militaire à la tête du pays, le problème reste entier.

Muhammadu Buhari ne cesse de le répéter depuis son arrivée au pouvoir : Boko Haram est vaincu. Mais l'enlèvement de masse d'une centaine d'adolescentes, en février, a révélé de graves failles sécuritaires, à un an de l'élection présidentielle. Il a finalement demandé pardon aux familles des filles enlevées. Venu au pouvoir parce qu'il avait promis qu'il vaincrait cette secte, on se rend compte, aujourd'hui, que c'est Boko Haram qui l'a vaincu, la faiblesse de l'armée nigériane n'aidant pas à la résolution du problème, même si au Cameroun, au Tchad et au Niger, Boko Haram est, plutôt, tenu en quarantaine, malgré quelques incursions meurtrières.

Bien fait pour lui. Il n'a que ce qu'il mérite. Un des djihadistes du groupe nigérian, Boko Haram, a été condamné à 15 ans de prison pour sa participation à l'enlèvement, en 2014, de plus de 200 jeunes lycéennes à Chibok, dans le Nord-Est du Nigeria.

Les combattants nigériens du groupe islamiste nigérian Boko Haram ont jusqu'au 31 décembre 2017 pour se repentir, a annoncé, dimanche, 15 octobre, le gouverneur de la région de Diffa dans le Sud-Est du Niger proche du Nigeria. Avec la reprise en main de son pays, suite à sa longue maladie par le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, les quatre pays riverains du Lac Tchad (Niger, Nigeria, Tchad et Cameroun) sont en phase terminale de réorganisation, afin de porter l'estocade finale qui affaiblirait, encore plus, la secte Boko Haram, étant entendu qu'aujourd'hui, elle ne dispose plus de moyens pour faire la guerre conventionnelle qu'elle livrait à ses adversaires, il y a deux ans. Maintenant, ce sont des attentats-suicides de jeunes personnes de dix ans dont elle se sert pour mener ses attaques, ce qui montre son niveau d'affaiblissement.

Coup de tonnerre au Niger, précisément, à Diffa, cette localité qui fait, souvent, parler d'elle, à cause des multiples exactions que la secte terroriste, Boko Haram, y mène. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, cette secte prospère, uniquement, parce qu'elle est nourrie, soignée, vêtue, par les commerçants de cette partie du pays. De quoi taper du poing sur la table, ce que les autorités n'ont pas manqué de faire, après avoir pris connaissance de cette triste vérité.

Ce qui devait arriver est en train de l'être. L'affaiblissement de l'Etat islamique (EI) auquel Boko Haram a fait allégeance, est planétaire. Partout où il est implanté, en Irak, en Syrie et même en Libye, l'EI ne devient que l'ombre de lui-même. Il subit défaite sur défaite et abandonne tout derrière lui, dans la fuite. Pouvait-il en être autrement de ses démembrements comme Boko Haram qui risque de subir le même sort, celui de sa future et totale liquidation, ce qui le pousse, sans doute, par anticipation, aujourd'hui, à négocier par dignitaires kanouri interposés.

La lutte contre la secte terroriste, Boko Haram, est une œuvre de longue haleine. Sauf que le gouvernement nigérian a, déjà, à plusieurs reprises, annoncé sa « mort ». Mais, la secte est, toujours, là. Moins pugnace, comme avant, car elle est, rigoureusement, incapable de déployer des moyens militaires d'une armée moderne comme c'était le cas jusqu'à début 2016. Mais, elle s'est orientée vers des attentats-suicide, qui ont fini par créer une véritable psychose au sein des populations.

Annoncée en mars dernier, lors de la visite d'une délégation du Conseil de sécurité dans cette zone, la visite du secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, aura lieu, prochainement, dans la région du Lac Tchad, qui regroupe le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger. En proie au terrorisme de la secte Boko Haram, cette région souffre d'un déficit important de développement qui fait le nid du djihadisme. C'est la raison pour laquelle le secrétaire général de l'ONU sera accompagné des dirigeants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l'Union africaine et de l'Union européenne.

La répression militaire qui s'abat sur la secte Boko Haram, ses divisions internes, ainsi que, l'état de santé du président du Nigeria, ont rendu possible la libération de 82 lycéennes de Chibok kidnappées il y a trois ans, après des semaines d'intenses négociations.

Cent trente combattants nigériens du groupe islamiste Boko Haram ont déposé les armes et se sont rendus aux autorités nigériennes, depuis décembre, dans la région de Diffa (Sud-Est du Niger), a annoncé le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, a annoncé avoir tué l'un de ses membres éminents, accusé de comploter contre lui, dans un climat de divisions et de luttes fratricides au sein du groupe djihadiste nigérian.