Bruno Le Maire

« Nous allons apporter un soutien historique à Air France de sept milliards d'euros », a annoncé urbi et orbi Bruno Le Maire, le ministre français de l'Economie, tandis que de son côté, les Pays-Bas vont allouer une somme de deux à quatre milliards d'euros, pour permettre le redémarrage de la compagnie franco-néerlandaise, Air France/KLM. En matière d'aide, de soutien ou d'allocation, il s'agit, réellement, de prêts garantis par l'Etat dont une partie est octroyée par des banques commerciales (quatre milliards d'euros). Il faudra, donc, rembourser selon un échéancier qui sera établi entre les deux parties.

Le groupe franco-aérien, Air France-KLM, a demandé à l’Etat français plusieurs milliards d’euros de “cash immédiat” afin de pouvoir répondre aux besoins de trésorerie de la compagnie pour les quatre à cinq prochains mois face à la crise provoquée par l’épidémie de coronavirus. En attendant que les Etats français et neérlandais décident de la nationalisation de cette entreprise ou de l'injection massive des fonds pour permettre son redémarrage, les caisses sont, actuellement, vides et demandent vite à être renflouées. Cette situation risque d'être très préjudiciable à l'Afrique où les billets sont, traditionnellement, très élevés.

Le moins que l’on puisse affirmer est que Nathalie Yamb n’y est pas allée avec le dos de la cuillère lors de sa prise de parole à Sotchi (Russie), le 24 octobre 2019. Tantôt demandant la fin du F CFA, qui ne garantit pas d’autre stabilité que celle “de la mauvaise gouvernance, de la pauvreté et de la corruption”, tantôt stigmatisant “les accords de défense bidon qui ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats”, tantôt, décrivant la France comme un pays “qui avance sans bouger, en portant des masques et qui considère toujours le continent africain comme sa propriété”, la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly n’a pas eu de mots assez durs pour attaquer la politique française en Afrique.

Bruno Le Maire et ses homologues africains des Finances de la Zone Franc échangeront, vendredi, 11 octobre, à Bercy, à partir de 8h30, sur les grands enjeux économiques et monétaires d’intérêt commun. C'est une phrase savante qui veut tout dire et rien du tout. En fait, le F CFA est à l'ultime tournant de son existence en tant que (sous)monnaie des anciennes colonies françaises. Mais, au-delà de cet enjeu incontestable que l'opinion africaine suit, désormais, de très près, avec beaucoup d'intérêt, Bruno Le Maire va, aussi, rappeler les fondamentaux qui doivent guider la bonne tenue des économies de la zone. Explication du professeur à ses chers étudiants !?

A l'invitation de Bruno Le Maire, ministre français de l'Economie et des Finances, les ministres africains des Finances se sont retrouvés, à Paris, ce 8 octobre, pour parler des questions ayant trait au F CFA. L'éternel F CFA ! Généralement, les pays utilisant cette monnaie s'accordent, toujours, à la même occasion, à Paris, avant de se retrouver, à Washington, dans le cadre des réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Cette année, les Assemblées annuelles se tiendront du 14 au 20 octobre 2019.