Burkina Faso

Le Burkina Faso commence à être en ébullition à 15 mois d'une élection présidentielle qui paraît, particulièrement, indécise. Candidat à sa succession, l'actuel président, Roch Marc Christian Kaboré, n'a aucune garantie qu'il sera réélu, les attaques répétées des djihadistes et les massacres des populations et des militaires, qui vont avec, constituant l'un des principaux points noirs de sa gouvernance. C'est dans ce contexte d'incertitude que le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) cherche à faire revenir son président d'honneur, Blaise Compaoré, de son exil doré en Côte d'Ivoire.

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se rencontrent, samedi, 14 septembre, à Ouagadougou, pour tenter de trouver une solution aux menaces djihadistes, qui affectent leurs pays. Le terrorisme étant un vrai danger, qui ne connaît pas de frontières, le Sommet sera étendu aux pays non membres de la CEDEAO, qui sont, également, affectés par la gangrène terroriste. Il s'agit du Tchad et de la Mauritanie, qui font partie du G 5 Sahel sans être membres de la CEDEAO et du Cameroun, qui subit, de temps en temps, les assauts de la secte terroriste, Boko Haram, qui est, confortablement, installée dans le Nord-Est du Nigeria.

Au Burkina Faso, un camion de transport a sauté, dimanche, 8 septembre, sur un engin explosif improvisé dans la province du Sanmatenga. Une autre attaque a visé un convoi de vivres sur l'axe Dablo-Kelbo, à une cinquantaine de kilomètres de Barsalogho. Bilan total : 29 morts tous des civils. Cette tuerie massive qui survient au lendemain de la condamnation des généraux, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, n'est-elle pas un message au pouvoir du président, Roch Marc Christian Kaboré, à savoir, les djihadistes ne sont pas d'accord du verdict et le feront savoir, par les moyens qui leur sont propres, c'est-à-dire, des assassinats des militaires et même des civils jusqu'à ce que le pouvoir entende raison ?

Pour l'opposition, Roch Marc Christian Kaboré a bel et bien échoué. Cela dit, elle ne demandera pas sa démission car elle est une opposition républicaine, mais, elle exige celle du gouvernement Dabiré : 24 soldats tués, 7 blessés et 5 disparus, voilà le bilan (pour le moment) de l'attaque, qui a frappé une base militaire dans le Nord du Burkina Faso, lundi, 19 août. La plus meurtrière jamais subie par l'armée burkinabè dans sa confrontation avec les groupes djihadistes depuis 2015. Conséquence, l'opposition réclame - carrément - la démission du gouvernement.

A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, présente un bilan avec des hauts et des bas. S'il n'est pas encore temps d'en faire un, plus exhaustif, on peut tout de même rapidement dire qu'il a réussi à apaiser le pays qui ne recourt plus à des manifestations monstres pour montrer ses multiples désaccords avec le pouvoir comme au temps de Blaise Compaoré. D'autre part, le Burkina Faso est redevenu ce pays « des hommes intègres » qu'il était sous Thomas Sankara, le nouveau pouvoir faisant très attention à la gestion des biens publics. Cela dit, il y a un domaine où il est en train d'échouer : celui de la défense et de la sécurité. Un domaine dans lequel son prédécesseur excellait en savoir-faire. Après trois ans et demi de pouvoir, Roch Marc Christian n'a pas réussi à bâtir une armée capable de défendre les frontières du Burkina Faso contre les nombreuses incursions des djihadistes à défaut de leur offrir le gîte et le couvert pour avoir la paix comme Blaise Compaoré. Un problème de volonté politique car la Mauritanie voisine qui n'est pas plus riche que le Burkina Faso a instauré, elle, une politique qui l'a mise à l'abri des attaques terroristes, ce qui n'est pas le cas du Faso. Au Mali et au Burkina Faso, les dirigeants préfèrent appeler de leurs vœux la montée en force de la Force G5 Sahel que les Occidentaux refusent de financer. La sécurité des Burkinabé est une affaire du président du Faso et non celle de la communauté internationale. Si Roch Marc Christian est incompétent pour assurer cette sécurité à ses compatriotes, il pourrait être sanctionné lors de la prochaine présidentielle car les attaques djihadistes sont le gros point faible de son bilan à la tête de l'Etat.

Coup de tonnerre dans le ciel parisien ! La Cour de cassation française a validé, mardi, 4 juin, l'extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, rejetant le pourvoi déposé par le frère de l'ex-président déchu, mis en cause dans son pays dans l'enquête sur l'assassinat, en 1998, du célèbre journaliste Norbert Zongo. Il va devoir affronter, pour la première fois, la justice du Burkina Faso. Pour être effective, cette extradition doit, encore, être autorisée par un décret du gouvernement français, lui-même, susceptible d'un recours devant le Conseil d'Etat. Ce ne sont que des formalités loin d'être insurmontables à l'exemple du décret du gouvernement. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, entretient, par ailleurs, d'excellentes relations avec son homologue français, Emmanuel Macron, qui avait effectué une visite remarquée, à Ouagadougou, fin 2017, pendant laquelle il rencontra les étudiants dans le grand amphithéâtre de l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. Un échange resté mémorable entre le président français et les étudiants. Macron n'aurait donc aucun intérêt à freiner la procédure. Au contraire même !

La Cour de cassation française s'est penchée, mardi, 21 mai, sur le recours de François Compaoré contre son extradition vers le Burkina Faso où la justice le réclame. Frère de l'ex-président déchu, Blaise Compaoré, il est mis en cause, notamment, dans l'enquête sur l'assassinat, en 1998, du journaliste Norbert Zongo. La disparition de ce dernier avait provoqué un véritable malaise dans le pays où ce genre d'assassinat, généralement, attribué au régime, n'était, jamais, élucidé. Il était mis dans la rubrique « Pertes et Profits ». Très mal en point, Roch Marc Christian Kaboré qui a succédé à Blaise Compaoré et qui compte se représenter, en 2020, alors que son bilan à la tête du pays, n'est pas très élogieux, se doit de tout faire pour calmer certains mécontentements. Les choses vues sous cet angle, l'extradition de ce sbire de l'ancien régime auprès de la justice burkinabé, ne serait pas une très mauvaise affaire pour Roch car le procès qui s'engagerait avant l'élection présidentielle, ne pourrait lui faire que du bien.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a chaud, en ce moment. C'est comme si les djihadistes avaient signé sa perte. En effet, ils ne lui laissent plus un petit espace de respiration, ce qui commence à constituer un vrai problème, quelques mois avant la tenue de l'élection présidentielle de la fin de l'année prochaine.

La Sud-Coréenne secourue en même temps que les otages français dans le Nord du Burkina Faso est une «simple touriste», jure-t-on à l'Ambassade de la Corée du Sud à Paris. Sans rire. Il en serait de même de l'Américaine dont on sait très peu de choses dans la mesure où elle a, immédiatement, été exfiltrée (ni vue ni connue) par les forces américaines venues la récupérer au Burkina Faso. Elle n'avait même pas eu le temps de saluer Roch Marc Christian Kaboré, le président du Burkina Faso, qui avait tenu à rencontrer les otages pour leur communiquer l'affection du peuple burkinabé après cette opération. L'Américaine et la Sud-Coréenne avaient été enlevées alors qu'elles passaient, en voiture, la frontière entre le Bénin et le Burkina Faso. Mais, chose curieuse : les gouvernements américain et sud-coréen n'avaient jamais (jamais) communiqué sur leur rapt (sauf peut-être de façon interne), jusqu'à ce que l'opération des Forces spéciales françaises, vienne faire sauter le couvercle du secret qui entourait cette affaire.

Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient été enlevés le 1er mai dernier. Ils viennent d'être libérés après dix jours de captivité. Mais l'opération bien que réussie ne s'est pas déroulée sans dommage. Malheureusement. Deux militaires français ont été tués au cours de celle-ci. L'Elysée et la ministre des Armées, Florence Parly, ont salué la mémoire de ces deux militaires morts pour la France. Un hommage sera organisé Aux Invalides dès le rapatriement de leurs dépouilles.

Soixante-deux personnes ont été tuées entre dimanche, 31 mars, et mardi, 2 avril, lors d'attaques djihadistes suivies d'affrontements inter-communautaires dans la commune d'Arbinda, dans le Nord du Burkina Faso, à la frontalière du Mali, selon un nouveau bilan annoncé, mercredi soir, par le ministre de l'Administration territoriale. Ce lourd bilan survenu près de deux mois, après la réorganisation de l'armée avec la nomination d'un nouveau chef d'état-major et d'un nouveau ministre de la Défense, montre que d'autres mesures fortes sont nécessaires afin que les djihadistes ne continuent pas, impunément, à semer la terreur au sein des populations de toute cette région. On se rend compte que l'armée burkinabé n'est pas apte à assurer la sécurité de tout le territoire, ce qui risque de déboucher sur le phénomène qu'on observe, aujourd'hui, au Mali où la faiblesse de l'armée et l'absence de l'Etat, au Nord et au Centre du pays, font le nid du djihadisme.

Le référendum constitutionnel devant ouvrir la voie à un régime semi-présidentiel au Burkina Faso et initialement prévu ce dimanche, 24 mars, devra être "reporté sine die", a indiqué mercredi soir une source de la commission électorale.

Le Ministre burkinabè de la Défense, Chérif Sy, a incriminé l'ex-président de l'Assemblée ivoirienne, Guillaume Soro, dans son témoignage, mercredi, 13 mars, au procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso.

Invité d'honneur du 26e Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), le Rwanda était représenté, lors de la cérémonie finale de remise de trophées, samedi, 2 mars, à Ouagadougou, par son président, Paul Kagame. L'ancien président en exercice de l'Union africaine (UA) n'y était pas venu par hasard. Car, avant lui, à l'ouverture du Festival, le président de la Commission de l'UA, le Tchadien, Moussa Faki Mahamat, avait fait entendre la voix de l'organisation panafricaine à travers un soutien financier qu'elle apportera, désormais, au cinéma africain. Il faut dire que si le Fespaco est le plus célèbre et l'un des plus anciens festivals du cinéma en Afrique, on en compte, qui ont, aussi, leur place. C'est, par exemple, les Ecrans Noirs au Cameroun et les Journées cinématographiques de Carthage en Tunisie.
Paul Kagama n'a pas fait le voyage pour rien. Sa présence à Ouagadougou lui a permis de remettre en mains propres, aux côtés de son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, l'Etalon d'Or de Yennenga à son jeune compatriote, Joël Karekezi, pour son film, « The Mercy of the jungle » (La miséricorde de la jungle).

Cet homme de très grande expérience s'appelle Christophe Dabiré. Au départ, ils étaient quatre prétendants pour la primature avant que le président de la République, Roch Marc Christian Kaboré, ne jette son dévolu sur Christophe Dabiré.

Environ, deux mille militaires des forces armées de 33 pays d'Afrique, d'Europe et d'Amérique, ont entamé, lundi, 18 février, à Kamboinssin, près de Ouagadougou, des manœuvres visant à renforcer leurs capacités opérationnelles dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

C'est le quitte ou double du président, Roch Marc Christian Kabore, qui doit montrer sa capacité à pouvoir vaincre la rébellion qui crée pleurs et désolation dans le Nord du pays, alors qu'il prépare une importante échéance électorale, à la fin de 2020. N'ayant pas droit à l'erreur sur le plan de la sécurité qui sera déterminante dans le jugement des électeurs burkinabé, il a procédé à une vaste réorganisation à la tête de l'armée, en nommant une série de nouveaux chefs militaires. Mais, déjà, son armée a connu un grand succès, cette semaine, en « neutralisant » près de 200 djihadistes dans le Nord du pays.

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a nommé, lundi, 21 janvier, un nouveau premier ministre en la personne de Christophe Joseph Marie Dabiré, après la démission du gouvernement, il y a trois jours, au moment où la principale préoccupation du président reste sa réélection fin 2020 pour un deuxième mandat, à la tête de l'Etat. Ancien ministre de Blaise Compaoré, Christophe Dabiré est un homme très posé, très calme, très réfléchi, très pondéré. Sera-t-il l'homme qu'il fallait à cette place ? On l'espère, vivement, pour Roch Marc Christian Kaboré à un moment où il entre dans une dernière ligne droite avant campagne. Homme très expérimenté, rompu à l'école de la performance, Christophe Dabiré connaît (et accepte) sa mission : aider son mentor à gagner la prochaine présidentielle.

A défaut de s'éterniser au pouvoir comme son (illustre) prédécesseur, Blaise Compaoré, aujourd'hui, en exil (in)volontaire en Côte d'Ivoire, le président, Roch Marc Christian Kaboré, souhaite faire, au moins, un deuxième mandat, à la tête du Burkina Faso. La prochaine élection présidentielle devant être organisée, fin 2020, il est temps de s'organiser à cet effet, d'où la démission de l'actuel premier ministre, Paul Kaba Thiéba, qui, après avoir été l'homme de la situation, au lendemain de la victoire de Roch Marc Christian Kaboré, au regard de sa maîtrise des dossiers économiques et sociaux, ne l'est, visiblement, pas dans le domaine de la défense et de la sécurité où le pays présente, énormément, de failles. Or, la prochaine présidentielle risque de se jouer à ce niveau.

Coup de tonnerre dans la salle d'audience du tribunal militaire de Ouagadougou. Accusé d'être le commanditaire du coup d'état de septembre 2015, ce qu'il a, toujours, démenti, totalement, le général, Gilbert Diendéré, a demandé « pardon », ce mercredi, 5 décembre, matin, aux victimes. Est-il traversé par l'esprit saint pour qu'il redescende, ainsi, sur terre, après avoir donné l'impression qu'il était insensible à la douleur des victimes ? Cette question, pour l'heure, demeure sans réponse.