Burundi

Human Rights Watch (HRW) ne passe pas par quatre chemins pour dire que les Imbonerakure sont une organisation criminelle au cœur du pouvoir.

La présidence burundaise a, officiellement, demandé à ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, d'entamer la procédure de retrait des troupes burundaises déployées, en Somalie, dans le cadre de la force de l'Union africaine (Amisom), en raison d'un conflit sur les salaires des soldats.

Pierre Nkurunziza est en train de mettre le Burundi en lambeaux. Un seul chiffre : celui du secteur de l'Education dont le budget a été divisé par trois, en 2017, par rapport à 2016. Il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'Etat.

Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans la tête du petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza ? Après avoir mis les ONG sous contrôle et exigé d'elles qu'elles déclarent leurs devises, après avoir laissé entendre que le peuple lui demandait de modifier la constitution afin qu'il devienne président à vie, le voilà qui interdit la plus ancienne ligue burundaise des droits de l'homme. Où s'arrêtera ce petit despote ?

Le ministre burundais de l'Environnement a été tué par balle, dimanche, 1er janvier, matin, dans la capitale Bujumbura, devenant le premier membre du gouvernement à être assassiné depuis que le Burundi a plongé dans une grave crise politique, il y a près de deux ans. Une crise qui va s'approfondir, Pierre Nkurunziza ayant annoncé la modification de la constitution pour une présidence à vie.

A côté d'un Paul Kagamé et d'un Denis Sassou Nguesso triomphants, parce qu'ils ont bravé les lois de leur pays qu'ils sont supposés faire respecter, le petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, ne pouvait être insensible à une modification de la constitution qui lui donne la latitude de rester au pouvoir autant d'années qu'il le voudra. D'autant plus que la communauté internationale sur laquelle compte l'opposition burundaise compte pour du beurre, comme on l'a vu au Congo-Brazzaville et au Rwanda. Résultat : Pierre Nkurunziza a annoncé ne pas exclure un 4e mandat si le peuple le lui demande. Puis, un 5e, un 6e, un 7e, un 8e, un 9e, un 10e, bref, jusqu'à ce que Dieu le Tout Puissant veuille bien le convoquer, au ciel.

A la demande du petit despote de Bujumbura, Pierre Nkurunziza, l'Assemblée nationale du Burundi a adopté, vendredi, 23 décembre, un projet de loi qui doit permettre au gouvernement de mettre fin "au désordre et la confusion" dans le domaine des ONG internationales, en imposant un contrôle strict de leurs finances et projets. Rares sont les ONG qui accepteront de travailler sous ce régime d'inquisition. Car le Burundi devient un pays, tout simplement, invivable.

Voilà un président, « démocratiquement », élu, en juillet 2015, qui, depuis cette date, a une peur bleue de sortir de son pays, ne serait-ce que pour assister à un sommet international, dans sa sous-région. Pierre Nkurunziza redoute une révolution de palais qui le mettrait, définitivement, hors d'état de nuire au Burundi. Conséquence, il voit le danger partout, alors que les Burundais voudraient passer dans la joie et l'allégresse, la fête de la nativité et de la Saint-Sylvestre.

Les ambassadeurs de l'Union européenne (UE) et de ses Etats membres, qui ont des représentions diplomatiques au Burundi ont été convoqués, jeudi, 15 décembre, pour une demande d'explication après avoir manqué une réunion de travail, du reste, importante pour le pouvoir de Pierre Nkurunziza.

L'ancien président, Benjamin Mkapa, qui a été désigné pour jouer le rôle de facilitateur entre le pouvoir de Pierre Nkurunziza et l'opposition, n'a plus aucun crédit auprès de cette dernière. Après avoir fait preuve de faiblesse en acceptant tous les diktats du pouvoir, il est, finalement, rejeté, purement et simplement, par l'opposition.

Pour le combat politique, que Dieu lui préserve la vie jusqu'à ce qu'il revienne dans le bon chemin. Car, il fait fausse route aux côtés de son maître, Pierre Nkurunziza. On l'aura compris : le responsable de la communication présidentielle du Burundi, Willy Nyamitwe, a échappé, lundi, 28 novembre, soir, à une tentative d'assassinat, première du genre depuis des mois, et signe que ce pays en crise reste, extrêmement, instable.

Le Président du Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies, Choi Kyonglim , a annoncé, mardi, 22 novembre, la nomination des trois membres de la Commission d'enquête sur le Burundi : Fatsah Ouguergouz (Algérie), Reina Alapini Gansu (Bénin) et Francoise Hampson (Royaume-Uni). L'Algérien, Fatsah Ouguergouz, assumera les fonctions de président de cette Commission d'enquête, qui devra travailler sans tenir compte des pressions du pouvoir burundais.

Le régime de Pierre Nkurunziza s'est mis à la marge de la communauté internationale. Ses dernières initiatives ne sont pas de nature à calmer les inquiétudes. Si les dirigeants, grâce aux privilèges de toutes sortes, arrivent à tirer leur épingle du jeu, ce n'est pas le cas du reste de la population, qui souffre, énormément, à l'intérieur du pays, comme en exil.

Après avoir testé la communauté internationale, pendant plus d'un an, et vu qu'elle est comparable à un chien qui aboie mais ne mord pas, le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, passe à la vitesse supérieure. Après avoir formalisé le retrait du Burundi de la CPI (sans dommage), et menacé de retirer ses 5.000 soldats de Somalie si l'Union européenne persiste dans sa décision de vouloir les payer directement, sans passer par le Trésor public du Burundi, le petit despote de Bujumbura vient d'informer Ban Ki-moon que son représentant au Burundi est persona non grata dans le pays. Une forme de chantage qui ne dit pas son nom.

Le Burundi a notifié, formellement, aux Nations-Unies sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé, jeudi, 27octobre, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric. Les choses ne sont, donc, plus au stade de la rumeur.

Ces derniers jours, les autorités burundaises ont procédé à un véritable coup de force, arrêtant des journalistes et censurant plusieurs médias.

Le président burundais, Pierre Nkurunziza, a promulgué, mardi, 18 octobre, la loi prévoyant que son pays se retire de la Cour pénale internationale (CPI), et il ne reste maintenant plus au Burundi qu'à en notifier l'ONU pour lancer, formellement, le processus.

C'est comme si, pour guérir la fièvre qui l'accable, le malade décidait de casser le thermomètre. La fièvre ne va pas disparaître pour autant. Le petit despote de Bujumbura sait qu'il lui sera, impossible, d'échapper aux fourches caudines de la Cour pénale internationale (CPI), après avoir, délibérément, organisé, les massacres des populations civiles burundaises dont il a la charge et dont plus de 350.000 ont préféré fuir le pays. Pour espérer échapper à la sanction, Pierre Nkurunziza organise la sortie du Burundi de la CPI. Mais, c'est trop tard.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies a adopté, vendredi, 30 septembre, une résolution dans laquelle il décide d'établir, pour une période d'un an, une commission chargée de mener une enquête approfondie sur les violations des droits de l'homme commises au Burundi depuis 2015. C'est une première qui énerve au plus haut point Pierre Nkurunziza et son gouvernement.

Pierre Nkurunziza est en train d'être mis sur le ban de la communauté internationale. S'il ne sort plus du Burundi depuis sa réélection contestée, en juillet 2015, c'est parce qu'il se reproche les massacres que son régime a perpétrés sur les populations civiles, et que les Nations-Unies, n'hésitent plus à qualifier de « Génocide » et de « Crimes contre l'humanité ». Ces accusations constituent une première étape de l'envoi de son dossier à la Cour pénale internationale (CPI).