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Burundi

Jusqu'où ira la fuite en avant de Pierre Nkurunziza ? Dernière trouvaille du très illuminé président du Burundi : l'interdiction des motos-taxis dans Bujumbura. Conséquence : les paisibles populations sans moyens pour emprunter des taxis ou minibus devront marcher à pied jusqu'au centre ville.

Le Rwanda a fait part, vendredi, 12 février, de son intention de renvoyer les réfugiés burundais qui sont sur son sol, vers d'autres pays, Kigali étant accusé d'ingérence dans les affaires du Burundi, plongé dans une grave crise politique depuis avril 2015.

La délégation du Conseil de sécurité de l'ONU a étalé son impuissance, en janvier, dernier, devant le président, Pierre Nkurunziza. Au lieu de ruminer cet échec, l'ONU utilise des stratagèmes pour dissimuler ses manquements.

Après l'échec de l'initiative de l'Union africaine (UA) de déployer 5.000 soldats, au Burundi, les Nations-Unies ont pris le relais. Dorénavant, c'est Ban Ki-moon qui gère le dossier. La Belgique se dit prête à intervenir, au Burundi, dans le cadre des Nations-Unies. Bujumbura rétorque que la colonisation est finie et qu'on laisse le Burundi s'occuper, lui-même, de ses affaires.

Au moins, une personne a été tuée et cinq blessées, mercredi, 3 février, à la mi-journée, par l'explosion de trois grenades, en plein centre-ville de Bujumbura. Nkurunziza avait fait dire à la délégation qui le représentait au Sommet de l'Union africaine, que « le pays est sécurisé à 99% ».

Depuis son bunker de Bujumbura d'où il ne sort que très rarement par crainte de coup d'état ou d'attaque armée de son convoi en pleine route, Pierre Nkurunziza a eu un temps de répit. Mais la pression est toujours très forte sur ses maigres épaules.

Un malheur ne vient jamais seul. Après s'être mis à dos l'ensemble de la communauté internationale, le Burundi qui vit, essentiellement, de l'aide étrangère, commence à étouffer. A l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

La vérité finit toujours par triompher. Car elle est plus forte que le mensonge. Le président, Pierre Nkurunziza, bourreau de son propre peuple, est-il, encore, qualifié pour le diriger ? La découverte des fosses communes par Amnesty International devrait être, pour le régime de Bujumbura, le coup de grâce.

Pierre Nkurunziza souhaite un statu quo sur le problème burundais, et surtout, pas d'envoi d'une force africaine de 5.000 hommes, comme l'a proposé l'Union africaine. Pour cela, il compte sur l'Ougandais, Yoweri Museveni, les Congolais, Denis Sassou Nguesso et Joseph Kabila et même, l'Angolais, José Eduardo dos Santos.

Après l'Union africaine, les 15 ambassadeurs du Conseil de sécurité, viennent de se rendre compte qu'il n'y a aucune possibilité de dialogue, chez Pierre Nkurunziza. Avant de venir, ils savaient que Pierre Nkurunziza était inflexible. Il l'est toujours et encore. A force de tourner en rond, le Conseil de sécurité et l'Union africaine, ne vont-ils pas être accusés de non assistance à pauvre population burundaise en danger ?

Pierre Nkurunziza se plaint que la terre entière soit contre son pays. N'est-il pas le principal responsable des malheurs qui arrivent, aujourd'hui, au Burundi ?

Un collectif spontané de journalistes burundais, SOS Média Burundi, assure la continuité de l'information dans le pays, malgré le climat de terreur généralisée et la répression contre les médias. Ses contributeurs, anonymes, témoignent de leur quotidien sur le web et les réseaux sociaux.

Après avoir menti sur sa volonté de briguer un troisième mandat, Pierre Nkurunziza n'arrive pas à contenir la contestation de son pouvoir qu'il n'avait pas prévue, croyant que sa simple réélection en juillet suffirait à restaurer le calme dans le pays. Il se rend compte de son énormissime erreur, d'où sa fuite en avant.

Accusé d'entretenir une rébellion armée (en gestation) au Rwanda, afin de chasser le président, Pierre Nkurunziza, du pouvoir, le chef de l'Etat du Rwanda, Paul Kagame, ne compte pas envoyer des troupes dans le cadre de la Mission de paix de l'Union africaine au Burundi. Ce serait trop dangereux pour ses soldats.

Le compte à rebours vient-il de commencer pour le régime de Pierre Nkurunziza ? Sourd aux appels de la communauté internationale à dialoguer avec son opposition, muet devant les massacres de la population burundaise, le petit dictateur a perdu tout crédit, et ce n'est pas d'un mauvais œil qu'on voit arriver une rébellion qui ambitionne de le chasser du pouvoir.

Après avoir déjà dit non à l'Union africaine (UA), Pierre Nkurunziza reste logique avec lui-même. Son Conseil national de sécurité vient de confirmer le refus du Burundi d'accueillir toute force militaire de l'UA. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies pourrait se saisir de cette affaire.

« Manque d'assistance à peuple burundais en danger », voilà ce qu'on va retenir du génocide montant, au Burundi, où les seuls beaux discours du Conseil de sécurité, de Washington et de Bruxelles, ne suffisent plus. Nkurunziza massacre son peuple. Impunément. N'est-ce pas une honte pour tout le monde de le laisser faire ?

Pierre Nkurunziza vient d'échapper, même s'il n'a pas été directement visé, à une attaque militaire dont le but final, était de le chasser du pouvoir qu'il a arraché par la force militaire, lors d'une élection controversée, en juillet dernier. C'est la deuxième fois qu'il parvient à s'en sortir sans dommage. La troisième fois sera-t-elle la bonne ?

La déception est grande au sein de l'Union européenne où on se rend compte que Pierre Nkurunziza et son régime, sont devenus infréquentables.

C'est certainement une prochaine fois que le président du Bénin, Yayi Boni, rencontrera le dictateur burundais, Pierre Nkurunziza. Le président béninois est chargé de faciliter le dialogue entre le pouvoir et l'opposition du Burundi.

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