Burundi

« Manque d'assistance à peuple burundais en danger », voilà ce qu'on va retenir du génocide montant, au Burundi, où les seuls beaux discours du Conseil de sécurité, de Washington et de Bruxelles, ne suffisent plus. Nkurunziza massacre son peuple. Impunément. N'est-ce pas une honte pour tout le monde de le laisser faire ?

Pierre Nkurunziza vient d'échapper, même s'il n'a pas été directement visé, à une attaque militaire dont le but final, était de le chasser du pouvoir qu'il a arraché par la force militaire, lors d'une élection controversée, en juillet dernier. C'est la deuxième fois qu'il parvient à s'en sortir sans dommage. La troisième fois sera-t-elle la bonne ?

La déception est grande au sein de l'Union européenne où on se rend compte que Pierre Nkurunziza et son régime, sont devenus infréquentables.

C'est certainement une prochaine fois que le président du Bénin, Yayi Boni, rencontrera le dictateur burundais, Pierre Nkurunziza. Le président béninois est chargé de faciliter le dialogue entre le pouvoir et l'opposition du Burundi.

Trois personnes ont été assassinées, par la police, ce vendredi, 4 décembre, à Bujumbura, ce qui porte à plus de 300 morts, par balles, depuis avril. Pierre Nkurunziza, malgré les menaces de la CPI (Cour pénale internationale) continue de faire tuer. Impunément.

Au moins, cinq personnes ont été tuées et neuf blessées, entre hier et aujourd'hui, 2 décembre, soir, au cours de violences distinctes, à Bujumbura, et dans sa province. Seule solution pour sortir de cette impasse, organiser un dialogue et une nouvelle présidentielle à laquelle Pierre Nkurunziza ne serait plus candidat.

Pierre Nkurunziza pensait qu'en se faisant réélire pour un troisième mandat controversé, il avait fait l'essentiel. Erreur ! C'est maintenant que ses ennuis commencent. A moins qu'il arrête tout, qu'il reconnaisse s'être trompé, et qu'il quitte le pouvoir. En est-il capable ?

Pierre Nkurunziza est de plus en plus conscient de mener le Burundi vers la catastrophe. Va-t-il accepter de négocier comme on le lui demande ? La situation s'aggrave de jour en jour avec des morts à la pelle. Les Belges sont appelés à quitter le pays.

Face à des tueries qui continuent de plus belle à Bujumbura, l'Union européenne élève le ton. Le problème est que Nkurunziza s'en moque éperdument. Il se dit "illuminé".

La situation se corse au Burundi où c'est déjà le sauve qui peut. La magie du 3e mandat de Pierre Nkurunziza produit l'effet escompté. A l'envers. Le pays se vide de ses coopérateurs. On va faire comment ?

Après avoir laissé Pierre Nkurunziza, piétiner la constitution et les Accords d'Arusha, la communauté internationale semble, enfin, se mobiliser, très effrayée par le génocide qui se prépare, au Burundi.

Instabilité généralisée, tueries à tous les étages, le « travail » (assassinats ciblés) est bien fait par les forces de Pierre Nkurunziza, accusé de plonger le pays dans la crise à cause d'un troisième mandat dont il n'avait pas droit.

Blaise Célestin Ndihokubwayo, journaliste de 30 ans, est détenu par la police politique de Pierre Nkurunziza, qui lui reproche de continuer de faire son travail de journaliste alors que le pouvoir a fermé sa radio.

Pierre Nkurunziza a joué et est en train de perdre la partie. Son 3e mandat ne marche pas. A lui de savoir tirer les conséquences, pendant qu'il est encore temps, s'il veut éviter la Cour pénale internationale.

Pour la première fois depuis son troisième mandat controversé, Pierre Nkurunziza accepte de faire un pas vers ses adversaires. Entre-temps, Washington a commencé à frapper au portefeuille. Ceci explique sans doute cela.

Le Burundi s'est inscrit dans un cycle d'instabilité depuis la décision très contestée de Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat à la tête du pays, auquel il n'avait pas droit. Lundi, 26 octobre, on a compté plusieurs morts dans la capitale.

Les violences se sont intensifiées depuis que Pierre Nkurunziza a annoncé qu'il briguerait un troisième mandat, que lui interdisent la constitution et les Accords d'Arusha.

Chaque camp accuse l'autre. Le porte-parole de la police dit que la tuerie a commencé avec l'enlèvement de deux policiers mais les habitants parlent plutôt d'une descente punitive de l'API, qui tenait à régler quelques comptes.

BURUNDI : La police de Nkurunziza abat 15 personnes les  3 et 4 octobre
C'est comme si c'est Pierre Nkurunziza, qui, de sa propre main, avait assassiné ces 15 compatriotes à lui. Il faudrait en conclure que pour garder son fauteuil, ce sera au prix d'un bain de sang pendant tout son mandat.
BURUNDI : Nkurunziza tue de plus en plus ses compatriotes
Après s'être fait réélire en fraudant l'élection présidentielle à laquelle il n'avait d'ailleurs pas droit, pour avoir, déjà, effectué ses deux mandats, Pierre Nkurunziza devient tout simplement le bourreau de son peuple.