Côte d'Ivoire

Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, va-t-il mettre sa menace à exécution ? Après avoir indiqué à qui voulait l'entendre qu'il demandait la fin des querelles au sein de la grande famille houphouétiste du RHDP, mais aussi, la mise en place d'un « parti unifié » avant la présidentielle, sinon, il se réservait la possibilité de briguer un troisième mandat, la nouvelle constitution lui donnant cette possibilité, le PDCI que préside son aîné, Henri Konan Bédié ne s'en est pas laissé décontenancer. Pour preuve, il a rejeté, dimanche, 17 juin, la mise en place d'"un parti unifié" avant la présidentielle de 2020, créant une véritable situation de défiance à l'endroit du chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara.

A la lecture de l'article intitulé, « Côte d'Ivoire : Qui pour succéder à Alassane Ouattara ? » paru dans le numéro 464 d'Afrique Education (encore en vente en Côte d'Ivoire pour quelques jours), le sang du président, Alassane Ouattara, n'aurait fait qu'un tour, avant de se mettre dans une colère dont lui seul a le secret. De nature très courtois et sachant mettre à l'aise son interlocuteur (comme tout bon ancien banquier), il a décidé, contre avis, de couper court, une fois de plus (il l'avait déjà fait sur France 24 et RFI l'année dernière) à nos informations en faisant appel cette fois à un autre confrère avec qui il entretient d'excellentes relations. Sans dire plus. Comme quoi, après la lecture d'Afrique Education (magazine que ne rate pas la première dame), il a décidé de tout remettre à plat. Cela dit, plusieurs questions se posent (et il le sait bien) : en fin de règne (de dix ans), a-t-il encore son destin en main ? Ne serait-il pas sage qu'il se borne à bien préparer sa sortie au lieu de continuer à menacer un monde qu'il contrôle de moins en moins ? Alassane Ouattara veut-il (le cas échéant) fausser les prétentions (légitimes) de ses partenaires du PDCI en faisant capoter leur exigence d'alternance ? A ces questions qu'on se pose en Abidjan, Afrique Education, le magazine préféré du couple présidentiel de Côte d'Ivoire, vous en dira plus, dans les prochains mois. Pour l'heure, nous vous proposons l'article sorti dans le numéro 464 de ce magazine, qui a fait sortir le président de Côte d'Ivoire de ses gonds.

Le 4e Congrès extraordinaire du parti au pouvoir, le RDR (Rassemblement des républicains) a clôturé ses travaux, samedi, 5 mai, par un discours du président de la République et président d'honneur du parti, Alassane Ouattara. Après l'annonce de la création du parti politique RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) par Henri Konan Bédié qui en assure, d'ailleurs, la présidence, Alassane Ouattara se devait de rassurer ses militants qui, habitués à gérer le pouvoir depuis 2011, vont devoir le céder, en 2020, à un autre parti membre du RHDP, grâce à une règle tournante non inscrite dans les statuts.

A la suite de leur rencontre, mardi, 10 avril dernier, au palais de la présidence de la République, le président, Alassane Ouattara, et son aîné, Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA et président du présidium du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), ont donné leur accord pour la création du parti unifié dénommé RHDP dont le principe a été adopté, lundi, 16 avril, par les autres présidents des partis membres, c'est-à-dire, l'UDPCI, le MFA, l'UPCI et le PIT. Après avoir signé le document d'accord politique, les six partis concernés devront, maintenant, entrer dans le vif du sujet, en mettant sur pied, un autre parti politique en bonne et due forme (le RHDP) en lieu et place des six partis existants. Un exercice qui est loin, très loin d'être aisé, à deux ans de l'élection présidentielle à laquelle le candidat du PDCI-RDA ambitionne d'être le représentant unique du RHDP.

L'ex-premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, a été élu, jeudi, 5 avril, à Yamoussoukro, à 230 km d'Abidjan, président du Sénat créé pour la première fois au sein du Parlement de la Côte d'Ivoire depuis l'accession du pays à l'indépendance en 1960. Proche parmi les plus proches du président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, Jeannot Ahoussou-Kouadio devient, ainsi, constitutionnellement, le troisième personnage de l'Etat, et ce avant le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro.

L'actuel patron du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, pourrait redevenir le président de la République de Côte d'Ivoire, en 2020, après les deux mandats constitutionnels du président, Alassane Ouattara. Il avait perdu le pouvoir en décembre 1999 à la suite du coup d'état perpétré par le général, Robert Gueï, sous l'instigation de « jeunes gens » (militaires) dont la plupart était manipulée par Alassane Ouattara, à l'époque, ostracisé du fait de ses origines. Le verrou de la limitation d'âge ayant sauté dans l'actuelle constitution (de 2016), il se présentera à cette élection à l'âge de 83 ans. Au sein du PDCI, on s'y prépare déjà.

La Côte d'Ivoire veut mobiliser la somme de 1,2 milliard de dollars (environ 600 milliards de F CFA), sur le marché international des capitaux. Objectif : financer son budget 2018 estimé à 6.756 milliards de F CFA, soit, près de 11 milliards de dollars. Le budget de cette année est financé à près de 50% par les emprunts et apports extérieurs. Le président, Alassane Ouattara, veut doter la Côte d'Ivoire d'infrastructures pour lui permettre de devenir émergente vers 2020, comme il a, toujours, annoncé. D'où cet endettement somme toute maîtrisé.

C'est le dernier combat du président Henri Konan Bédié. Le combat de sa vie. Après avoir perdu le pouvoir, en décembre 1999, de la façon dont tout le monde sait, il organise, avec intelligence et méthode, le retour du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire) au pouvoir, après avoir rempli toutes ses obligations à l'endroit du parti allié, le RDR (Rassemblement des républicains) de son jeune frère, le président, Alassane Ouattara. A deux reprises, il a assuré sa victoire à la tête de l'Etat. Qui dit mieux ? Cette fois, c'est le PDCI qui devrait bénéficier du retour de l'ascenseur. Toutefois, il faut dire que les relations avec certains caciques du RDR ne sont pas simples. C'est, donc, au président de la République de raisonner ses partisans au sein du RDR pour que le RHDP conserve le pouvoir.

Le camp d'une unité d'élite de la police et de la gendarmerie à Bouaké (Nord), épicentre des mutineries de soldats ivoiriens en 2017, a été attaqué et vandalisé par des soldats ivoiriens mécontents du pouvoir, à cause de l'insatisfaction de leurs doléances.

A un peu plus de deux ans de son départ définitif du pouvoir, le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, reste confronté à une sérieuse défiance de son autorité par l'armée. On l'a vu cette première semaine de janvier, les militaires de la caserne de Bouaké attaquant une unité du CCDO (Unité mixte chargée de la sécurité) pour dénoncer à, leurs manières, les propos du chef de l'Etat à l'occasion de ses vœux de fin d'année, mais aussi, et surtout, ceux du ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, et du chef d'état major des armées, le général, Touré Sékou, qui semblaient affirmer urbi et orbi que sur le plan de l'ordre et de la discipline au sein de la « Grande Muette » ivoirienne, 2017 avec sa série de mutineries et de sorties intempestives des forces de défense et de sécurité, ne ressemblerait pour rien au monde à 2018.
Bakayoko et Touré ont dû, rapidement, regretter cette sortie, leurs propos ayant, littéralement, jeté de l'huile sur le feu qui couvait sous la cendre. Maintenant, c'est clair que l'armée ivoirienne, est un sac de nœuds (difficiles à défaire) où le courant ne passe, nullement pas, entre Pro-Ouattara et Pro-Gbagbo, où les Pro-Sorro sont en guerre contre tous ceux qui veulent détruire la carrière politique de l'actuel président de l'Assemblée nationale, et qui se recrutent, essentiellement, dans les entourages politiques du premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, et de Hamed Bakayoko. Dur dur, donc, pour Ouattara qui a annoncé, le 31 décembre 2017, l'avènement d'une « armée républicaine » avant de quitter le pouvoir en octobre 2020. On en est très très loin.

La réconciliation version Alassane Ouattara a du plomb dans l'aile. Aujourd'hui comme hier, ce sont les (seuls) partisans de Laurent Gbagbo qui trinquent. Jamais personne du camp politique d'Alassane Ouattara n'a été jugé, confirmant la justice des vainqueurs dont le pouvoir est accusé. Peut-être que sa stratégie consiste-t-elle à condamner, lourdement, dans un premier temps, les pro-Gbagbo (actuellement sans réelle défense) avant de leur offrir une grâce présidentielle. Le pouvoir se servirait, alors, de cet élargissement pour montrer les bonnes dispositions du chef de l'Etat à réconcilier les Ivoiriens. Il s'agirait d'une tromperie suprême ! Les Ivoiriens ne sont pas dupes. Ils ont vu à l'oeuvre la justice à sens unique de Ouattara qui a envoyé à la CPI (Cour pénale internationale) les prévenus d'un seul camp politique, et qui, en Côte d'Ivoire, a emprisonné les personnes du même côté, et jamais parmi les partisans qui faisaient la guerre, dans la rébellion, aux côtés du chef de l'Etat.

Un millier de militaires ivoiriens ont profité du plan de départ volontaire de l'armée en pleine restructuration pour diminuer ses effectifs pléthoriques. La question est de savoir si ces départs volontaires ne vont pas donner lieu à une augmentation de braquages ?

On ne tardera pas à savoir quelle capitale occidentale a mandaté Alassane Ouattara pour faire savoir au président zimbabwéen, Robert Mugabe, qu'il était temps pour lui de quitter le pouvoir. Au nom de qui parle-t-il alors que l'Union africaine et la SADC appellent au respect de l'ordre constitutionnel ? La constitution du Zimbabwe pour le président ivoirien ne serait qu'un chiffon de papier ? Il est, vraiment, étonnant et curieux qu'Alassane Ouattara, qui est l'un des rares présidents (avec son homologue sénégalais Macky Sall) à être accusé de (grand) pion de l'Occident en Afrique et qui soutient, mordicus, le maintien du F CFA avec toutes ses fonctionnalités (coloniales), malgré le refus des élites africaines, veuille donner son avis (sans que personne ne la lui ait demandé) alors que les pays de la SADC au premier rang dans cette crise, observent une prudence à toute preuve, au regard de la grande complexité de la situation. Ouattara, une fois de plus, donne du grain à moudre aux Africains qui pensent qu'il est le prototype de chefs d'Etat dont les Africains n'ont plus besoin.

Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, gère sa majorité présidentielle selon les critères qui lui sont propres. Quand il semble être en position de force avec son parti, le RDR, il laisse tomber l'idée du parti unifié. Quand il se trouve en grande difficulté, comme actuellement, notamment, au sein du RDR où rien ne va plus avec son principal allié, celui-là même qui lui avait permis d'accéder au pouvoir, Guillaume Soro, il revient voir son « aîné », Henri Konan Bédié, pour relancer le processus de constitution du parti unique. Les deux grands responsables du RHDP se sont rencontrés, mardi, 31 octobre, au soir, pour acter, à nouveau, le lancement du processus visant à la constitution du parti unique dont personne ne connaît, encore, le nom qu'il portera. Afriqueeducation.com annonce, d'ores et déjà, à « l'aîné » d'Alassane Ouattara qu'il risque, une nouvelle fois, de se faire manipuler.

Voulue par le Concile Vatican II (1962-1965), la renonciation des évêques catholiques à leur charge pastorale à 75 ans a été établie par le pape Paul VI en 1966 (cf. son motu proprio “Ecclesiae Sanctae”). Lorsque Mgr Marie-Daniel Dadiet annonce, le jeudi 12 octobre 2017, qu’il quitte ses fonctions d’archevêque de Korhogo, alors qu’il n’a que 65 ans, il n’est donc pas étonnant que la nouvelle fasse l’effet d’une bombe à Korhogo et au-delà. Pourquoi a-t-il décidé de quitter sa charge si tôt ?

Afriqueeducation.com n'était pas encore né. Ce média en ligne n'a que deux ans. Ni sa version papier qui a 25 ans d'âge. Mais les journalistes de ce groupe peuvent confirmer que le 15 octobre 1987, fut un jour de deuil pour eux tous, quand ils entendirent les radios internationales annoncer l'assassinat crapuleux du président, Thomas Sankara. La journée fut gâchée pour eux tous, comme si Thomas était un membre de leur famille. Ce président était proche d'eux, par ses idées, ses comportements, son amour pour une Afrique prospère, sans guerre, débarrassée de ses puissances néocoloniales qui l'empêchent d'avancer, d'évoluer. Veuve Mariam Sankara, une femme digne dans la douleur et l'adversité, a montré l'exemple aux Burkinabé et aux Africains comment on doit se tenir, se comporter, dans une telle déchirure. Tôt ou tard, l'Afrique devra célébrer son mari, Thomas, à travers elle, car ce couple fait partie des icônes, avec des grands Africains comme Nelson Mandela, et quelques autres, qui donnent de la fierté à notre beau continent, malgré le ciel qui nous tombe sur la tête.

Un crash d'avion au large d'Abidjan a fait quatre morts et six blessés, ce samedi, 14 octobre, matin. "L'appareil a raté son atterrissage et s'est écrasé dans l'eau", a précisé une autorité locale.

Le chef du protocole du président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, écroué en début de semaine dans une affaire sensible de découverte d'une cache d'armes pendant une mutinerie de soldats, accuse, ce mercredi, 11 octobre, dans une lettre ouverte le président, Alassane Ouattara, de viser "son patron" (Soro) à travers lui.

Qui a tué par l'épée périra par l'épée, disent les saintes écritures. Après avoir, outrageusement, contribué à la déstabilisation de la Côte d'Ivoire, pour le compte d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro ne sait plus, aujourd'hui, à quel saint se vouer. Maintenant qu'il est pris dans la nasse, il chercherait, activement, des moyens pour se sortir de cet étau. Mais n'est-il pas (un peu) tard ?

Que de menteurs, que de manipulateurs, que de caméléons en Côte d'Ivoire où de grands hommes ont, pourtant, souvent, montré la voie à suivre, sans faillir. Il en est, par exemple, de l'ancien cardinal, Bernard Yago, qui, sa Bible dans la main, tint, à plusieurs reprises, un discours de vérité au Tout Puissant Houphouët-Boigny. Aujourd'hui, c'est un comportement contraire qu'on voit un peu partout. Mais, peut-on être fier et heureux tout en bafouant les commandements du Très Haut ? A chacun d'interroger sa conscience profonde.