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Côte d'Ivoire

Devant une délégation du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), qu’il recevait chez lui à Daoukro, le 5 juin 2019, Henri Konan Bédié aurait déclaré ceci : “Nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café et de cacao et ensuite ces gens se sont installés à leur propre compte et aujourd’hui ils agressent les planteurs ivoiriens et se disputent même la propriété des terres… Il faut simplement que nous soyons conscients car, le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d'Ivoire, sous le couvert de l'orpaillage… Nous dénoncerons aussi d’autres qu’on fait venir clandestinement, surtout, dans la commune d'Abobo ; les gens rentrent, on leur fait faire des papiers… Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement, on fait en sorte que l'Ivoirien soit étranger chez lui...”.

Le gouvernement ivoirien a condamné, samedi, 8 juin, dans un communiqué, des "propos d'une extrême gravité, appelant à la haine de l'étranger", tenus par l'ex-président, Henri Konan Bédié, trois jours plus tôt.

Le 31 mai 2019, lors de la célébration des 74 ans de l’ancien président ivoirien, Hubert Oulaye a dit une chose qui, pour certains Ivoiriens, n’est pas vraiment une révélation : Laurent Gbagbo ne peut rentrer en Côte d’Ivoire qu’avec l’accord du gouvernement français et de Dramane Ouattara. Pourquoi fallait-il s’attendre à cela ? Parce que c’est la France et Ouattara qui l’ont kidnappé et déporté illégalement à la Haye.

Le samedi 25 mai 2019, la jeunesse malienne est sortie massivement dans les rues de Bamako pour conspuer et menacer la France. « France Dégage », « France Terroriste », « Mort à la France », « France Complice », ou encore, « Plus jamais la France au Mali », pouvait-on lire sur quelques pancartes brandies par les manifestants. Comme l’on était loin de l’époque où les Maliens, arborant le drapeau français, chantaient pour la France et Hollande, les remerciant de les avoir libérés d’islamistes barbares !

Certaines personnes, y compris dans le camp des supporters de Laurent Gbagbo, ne se contentent plus de s’enthousiasmer pour « le travail abattu » par Dramane Ouattara depuis qu’il a été installé dans le fauteuil présidentiel par le voyou et assassin Nicolas Sarkozy. Elles estiment, aussi, qu’on doit lui dire merci. Ont-elles raison ?

L’abbé Richard Bilé du diocèse de Grand-Bassam s’est-il donné la mort le 24 avril 2019 ? Une lettre supposée avoir été laissée par lui a fait croire à une telle éventualité. Quelques jours plus tard, cette thèse a été battue en brèche par un prêtre que nous appellerons l’abbé Nathanaël en souvenir de ce disciple qui n’avait pas sa langue dans sa poche et dont Jésus fit l’éloge en le décrivant comme « un Israélite en qui il n'y a point de fraude » (Jean 1, 47).

Après le président du Togo, Faure Gnassingbé, mardi, 7 mai, dernier, c'est au tour du président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, d'être venu s'enquérir, à Libreville, de l'état de convalescence de son cadet, Ali Bongo Ondimba. Que n'avait-il pas entendu sur l'état de santé de ce dernier contre qui on allait jusqu'à demander la mise en place du processus de vacance du pouvoir ! Pourtant, la personne avec laquelle le chef de l'Etat ivoirien a discuté, aujourd'hui, est loin d'être le grabataire dont on parlait dans les réseaux sociaux et encore moins le sosie du fils du patriarche Ondimba. C'est bel et bien Ali Bongo Ondimba en chair et en os qui a devisé avec son aîné de Côte d'Ivoire. Des retrouvailles qui, après celles avec Faure Gnassingbé, vont, sans doute faire taire l'opposition. Définitivement.

Que Dramane Ouattara n’attende pas trop longtemps avant de prendre les décisions qu’il juge nécessaires (par exemple, démettre les personnes qui ne partagent plus sa vision, faire arrêter les gens soupçonnés d’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat, etc.), personne n'en disconvient et on ne peut que l’en féliciter car le président de la République, qui jure de « défendre l’intégrité territoriale de l’Etat et de protéger les Droits et Libertés des citoyens », ne doit pas jouer avec la vie des populations. Son devoir est de veiller sur la vie et les biens de ses compatriotes et des étrangers. Voilà pourquoi il devrait sanctionner, le plus tôt possible, les serviteurs de l’Etat qui détournent à leur profit les deniers publics ou les individus qui menacent de rendre le pays ingouvernable si…

Alassane Ouattara a dit qu'il avait un doctorat en économie mais on n'a jamais vu un ouvrage écrit par lui dans son domaine. Même un petit article de lui sur la monnaie et l'économie africaine, ça n'existe nulle part. On ne sait pas non plus quelle maison d'édition a publié sa "thèse". Enfin, les faibles d'esprit qui se laissent abuser par lui, répètent à l'envi qu'il était au FMI sans se poser la question de savoir quelles couleuvres il avala ou combien de fois il dut baisser la culotte (au sens propre et figuré du terme) pour y entrer. Bref, ils parlent de leur gourou comme si ce dernier était le premier Africain à travailler dans cette institution.

Le président de la Guinée, Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a, une nouvelle fois, laissé planer le doute sur une modification de la constitution, qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020. « Conseiller politique » d'Alassane Ouattara qui, de son côté, est « conseiller en matière économique » d'Alpha Condé , ce dernier est venu se concerter avec son homologue ivoirien, qui vit une situation similaire. En effet, au sein du PDCI du président, Henri Konan Bédié, tout comme, dans le camp de Guillaume Soro, son ancien allié contre Laurent Gbagbo, on n'hésite pas à affirmer que c'est la volonté d'effectuer un troisième mandat (sans l'assumer publiquement pour le moment) qui a conduit le président, Alassane Ouattara, à faire imploser le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour le démocratie et la paix). Entre Alpha et Alassane, il s'agissait, donc, à Abidjan, de trouver le meilleur moyen de faire passer cette pilule à leurs populations respectives, sans que cela ne provoque un tremblement de terre. Dans tous les cas, d'un côté comme de l'autre, l'exercice sera loin d'être simple. Un peu suicidaire même.

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de Sarkozy, était venu à Abidjan peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2010. Après une rencontre avec le président Gbagbo, il déclara, un peu pince sans-rire, que son pays ne soutenait pas de candidat mais travaillerait avec celui qui serait élu par les Ivoiriens.

Le dictateur cinq étoiles (comprenez Sassou-Nguesso) a envoyé des boursiers nationaux dans les quatre coins du monde. Très bonne initiative pour quelqu'un qui, dans sa jeunesse, commença sa carrière professionnelle par le métier d'instituteur. Mais, au final, à cause de la baisse des cours du pétrole dont le pays est ultra-dépendant, et la mauvaise gestion aidant (détournements massifs de fonds publics), il ne peut plus nourrir ces « fils » et « filles ». Ces derniers sont, du coup, abandonnés à eux-mêmes. Ceux de Côte d'Ivoire viennent de nous demander à Afrique Education de les aider à faire entendre leur cri. Nous le faisons volontiers d'autant plus que cela fait partie des missions du magazine.

Le roi de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi, dans le Sud-Est de la Côte d'Ivoire, va faire un don pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui vient de brûler. Il explique ce geste par le fait que Louis Aniaba, un prince du royaume, y avait été baptisé dans les années 1700. Doit-on pleurer ou se réjouir de l'initiative de ce roi ivoirien ? Car au-delà de la personne de ce roi, la question se pose à l'ensemble des Africains qui envoient des milliers de témoignages (de toutes natures), dans les réseaux sociaux, pour signifier leur émotion, mais, une émotion qu'ils se gardent de faire preuve quand un pays africain est affecté par un sinistre similaire. Ils restent, tout simplement, motus et bouche cousue. La bêtise ?

Devant l'échec patent de la réconciliation (version Ouattara) en Côte d'Ivoire, avec l'implosion du RHDP qui a entraîné le départ de deux de ses ténors, à savoir, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro, le vice-président de la République, Daniel Kablan Duncan, crée un mouvement pour rapprocher les points de vue. Ayant l'oreille de l'un et de l'autre, il tente la réconciliation entre les deux hommes à travers le Mouvement "Attoun".

Bernard Dadié est passé sur l’autre rive depuis le 9 mars 2019, à 103 ans, faisant ainsi mentir la prière de Moïse selon laquelle, « la durée de notre vie s'élève à 70 ans, et pour les plus robustes à 80 ans » (Psaume 90, 10). La dernière fois où je le revis, c’était en 2009-2010. Ses forces commençaient à l’abandonner. Nous avions fait connaissance 8 années, plus tôt, à la faveur du baptême d’un de ses petits-enfants que j’avais célébré à la paroisse catholique Saint-Jean de Cocody. Il m’avait, ensuite, invité à venir partager le repas dans leur maison située à proximité de l’INSAAC (ex-Institut national des arts).

De l’intelligence,  la permanence de fraîcheur dans l’humour et sens de l’Amitié. « Savoir  s’en aller sans hâte ni en boudant » comme il me l’a dit un jour au Bénin où nous étions nombreux au colloque Abdou Tidjani- Serpos organisé par le poète et essayiste Nouréini Tidjani-Serpos ; si je devais évoquer mes rencontres, conversations, nos amabilités au sujet de certains écrivains montés en épingle en France où on les fait passer pour chefs de file bien qu’ils ne le soient point dans leur pays natal, il y aurait de quoi remplir une centaine de pages d’un mauvais roman.

Classique parmi les classiques de la littérature africaine, Bernard Dadié était de la trempe des Léopold Sédar Senghor, Birago Diop et Cheikh Hamidou Kane (Sénégal), Amadou Hampâté Ba (Mali), Camara Laye (Guinée), Mongo Beti (Cameroun) et quelques autres, inscrits dans les programmes africains depuis l'adoption d'une certaine africanisation des enseignements de littérature en Afrique. Ils partent tous. Ou sont en train de tous partir. Reste en vie Olympe Bhêly Quénum (Bénin) dont l'âge est très avancé mais qui tient encore bien en place. Bernard Dadié était, donc, l'un des derniers mohicans de la littérature africaine, cette littérature qui a accompagné l'indépendance des pays africains et participé à la lutte contre la néo-colonisation. Bernard Dadié, par exemple, était un anti-colonialiste primaire, tel qu'on n'en trouve plus dans l'univers des écrivains africains, aujourd'hui, dont l'objectif principal est de se mondialiser au maximum pour pouvoir vendre leurs œuvres à l'international.

C’était en avril 2005. J’avais été invité, par une amie du Congo-Brazzaville, à la conférence mensuelle de “ Confrontations ”, un groupe d’intellectuels catholiques de Paris. Dans une salle de l’Institut catholique (21, rue d’Assas), pendant que nous prenions une collation, le comité d’organisation, probablement, informé de ma présence par Régine Oboa, vint me trouver là où j’étais assis. Le « chef » de ce comité me salua, puis, s’adressa à moi en ces termes : « Ma collègue Régine m’a dit que vous avez écrit un ouvrage sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. On aimerait vous inviter, le mois prochain, si vous êtes disponible. Notre public aurait ainsi l’occasion d’écouter un témoignage de première main ». Il ajouta : « Comme notre groupe s’appelle “ Confrontations ”, on souhaiterait que vous et une autre personne puissiez confronter vos points de vue sur la situation dans votre pays. Cela signifie que le second conférencier pourrait ne pas voir les choses comme vous ». Sans hésiter, je donnai mon accord au projet et je proposai de débattre avec Jean-Pierre Dozon quand on me demanda si j’avais un nom en tête. 

L'Afrique sera-t-elle jamais indépendante ? La question mérite d'être posée quand certains dirigeants de ses pays considérés comme des locomotives dans leurs sous-régions, gardent, profondément, une mentalité de colonisé. C'est le cas du président, Alassane Ouattara, de Côte d'Ivoire dont les déclarations faites, vendredi, 15 février, au sortir d'un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron, scandalisent tout un continent. On n'a qu'à voir les réactions qui fusent dans les réseaux sociaux pour se rendre compte que le président, Alassane Ouattara, soutient une thèse qui n'a plus beaucoup d'adeptes. On se rappelle, alors, que le premier président de Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny et qui est le maître à penser d'Alassane Ouattara, avait, dans un premier temps, refusé l'indépendance politique que le président français, Charles de Gaulle, voulait octroyer aux pays colonisés par la France, avant que cette indépendance ne lui soit imposée, par la suite. Avec un Ouattara qui reste l'un des tout derniers mohicans à soutenir mordicus le F CFA parce que, dit-il, c'est une « monnaie stable » tout en oubliant ses très nombreux méfaits, la France, de plus en plus, mise sous pression en Europe où des pays comme l'Italie commencent à lui demander, ouvertement, de « libérer » l'économie de ses 14 anciennes colonies, sera, tôt ou tard, obligée, contrainte forcée, de donner l'indépendance monétaire aux pays concernés, alors que certains d'entre eux comme la Côte d'Ivoire de Ouattara, continueront de militer pour le maintien de cette dictature monétaire. C'est le paradoxe qu'on risquera de connaître bientôt tout comme on l'avait connu au moment des indépendances africaines octroyées par la France dont Houphouët-Boigny ne voulait guère. Avec la déclaration d'Alassane Ouattara, du 15 février 2019, devant le palais de l'Elysée, les lecteurs de www.afriqueeducation.com prennent date. Que Dieu nous prête seulement vie.

Y a-t-il une différence entre un menteur compulsif et un mythomane ? Oui mais on peut trouver des gens à la fois menteurs et mythomanes comme nous le verrons plus loin. Le menteur compulsif raconte de gros mensonges tandis que le mythomane s’invente constamment une fausse vie, de fausses origines, de faux exploits, une fausse majorité, de faux satisfecit, etc. Il dira, par exemple, que son bilan est inattaquable, que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont contents de sa gestion, qu’il a réalisé ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réussi à faire, etc. Les gens qui sont autour de lui savent que tout cela n’est que mensonge mais ce mensonge est important pour lui car il lui permet de fuir une réalité qu’il refuse d’admettre ou d’affronter : une haine de soi et un manque de confiance en soi car le mythomane ne s’accepte pas tel qu’il est.

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