Côte d'Ivoire

Le RDR, qui se réjouissait en 2010-2011 des déclarations partisanes et hasardeuses de Jean Salomon Lezoutié (Yopougon), d’Antoine Koné (Odienné) et de Siméon Ahouanan (Bouaké), refuse, aujourd’hui, que les évêques demandent la libération de tous les prisonniers politiques, des élections justes et ouvertes à tous, la non-inféodation de la Commission électorale au pouvoir exécutif et le désarmement des ex-rebelles. Lui qui aimait marcher pour un “oui” ou un “non”, avec couteaux, machettes et gourdins, s’offusque que les catholiques d’Abidjan veuillent marcher pacifiquement.

A la fin de la 114e Assemblée plénière de leur Conférence, les évêques et archevêques catholiques de Côte d’Ivoire, réunis au Centre Notre-Dame du Rosaire de Lataha (Korhogo) du 13 au 19 janvier 2020, ont adressé un message à “nos gouvernants, à nos concitoyens et à tous ceux qui sont épris de justice et de paix pour notre beau pays, la Côte d’Ivoire”.

“ Opposez-vous à toute modification de la Constitution en vigueur !” Cette injonction adressée aux militants du PDCI à Daoukro, le 12 janvier 2020, ne vous rappelle rien ? Si vous avez oublié, permettez que je vous rafraîchisse la mémoire. Nous sommes en 1993. L’éternel putschiste et usurpateur vient d'échouer à s’asseoir dans le fauteuil présidentiel malgré le soutien de Grégoire Philippe Yacé qui n’avait pas digéré son éviction au profit de Konan Bédié dans la course à la succession du premier président de la République. Poussé par Laurent Dona Fologo, secrétaire général du PDCI et escorté par quelques gendarmes, l’enfant de Daoukro se rend dans les locaux de la RTI pour s’adresser aux Ivoiriens. Entres autres choses, il leur dit ceci : “Mettez-vous à ma disposition !” Beaucoup d’Ivoiriens sont choqués qu’on leur parle de la sorte. Pourquoi ? Parce qu’ils croient que les hommes politiques sont au service et à la disposition du peuple, parce qu'ils s'imaginent que celui-ci, le Peuple, est l’employeur et que députés, ministres et président de la République, ne sont que des employés. Ils ne comprennent pas que le successeur d’Houphouët adopte un ton martial pour sa première allocution télévisée mais ne s’offusquent pas outre mesure de cet impair car, pour eux, l’essentiel, à savoir, le respect de la Constitution, a été préservé.

Le corps d’un enfant d’une dizaine d’années a été retrouvé ce mercredi, 8 janvier, dans le train d’atterrissage d’un avion d’Air France en provenance d’Abidjan qui venait de se poser à Roissy-Charles-de-Gaulle.

Comme si son silence face aux massacres de Duékoué, Nahibly, Gitrozon, Adebem et Anonkoua-Kouté par les soudards de Dramane Ouattara n’était pas suffisamment grave, comme s’il était dans sa nature de plaire encore et toujours à ces voyous et criminels qui ont pris la Côte d'Ivoire en otage, Jean-Pierre Kutwã a ajouté, ce 30 décembre 2019, la discrimination à une collusion de 10 ans avec un régime vomi et honni en “suppliant” Ouattara “de faire sortir de prison ceux qui ont été arrêtés dernièrement”. Et les autres, c’est-à-dire, tous ceux qui croupissent en prison depuis 2011, ne méritent-ils pas, eux aussi, la compassion du conseiller attitré de Dramane Ouattara ? N’ont-ils pas le droit de respirer l’air de la liberté ? Sont-ils moins importants que les partisans de Soro ? Sont-ils des animaux ? Et puis, entre nous, sont-ils plus coupables que tous les comzones incultes que Monsieur Ouattara a promus et enrichis ? La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), pour laquelle on décaissa des milliards de F CFA mais dont le rapport ne fut jamais publié, soutient-elle que seuls les pro-Gbagbo ont commis des crimes entre 2002 et 2011 ?

Même pas honte ! Candidat à sa succession pour un troisième mandat, ce qu'il évite pour le moment de dire tout haut, Alassane Ouattara a entrepris de faire le ménage au sein de l'opposition où après avoir éliminé de la course présidentielle, Guillaume Soro, c'est au tour, maintenant, de Charles Blé Goudé, un autre empêcheur de tourner en rond, de subir sa foudre. En effet, le tribunal criminel d'Abidjan a condamné, lundi, 30 décembre, l'ancien bras droit de Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle aux Pays-Bas, à 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques et 300 000 euros de dommages et intérêts. D'où notre question : Ouattara veut-il aller à l'élection présidentielle d'octobre 2020 sans adversaires crédibles ?

Qu’il s’agisse d’Ivoiriens vivant et travaillant au pays ou bien de ceux qui ont passé des vacances dans la capitale économique, tous sont d’accord pour soutenir que notre peuple est suffisamment mobilisé pour en découdre avec les gens qui, depuis qu’ils ont été installés au pouvoir par la prétendue patrie de la liberté et des droits de l’homme, ne font que violer la Constitution et porter atteinte aux libertés fondamentales chèrement conquises par Laurent Gbagbo et d’autres démocrates ivoiriens en 1990. Ils ajoutent néanmoins que ce qui manque, pour stopper ce régime dictatorial et criminel, ce sont des leaders de la trempe de Laurent Gbagbo, c’est-à-dire, des hommes, femmes et jeunes capables de mouiller le maillot ou d’aller au charbon. C’est tout le débat sur les rapports entre peuple et leader qui est posé ici. Dans les lignes qui suivent, je voudrais apporter ma modeste contribution à ce débat qui est aussi vieux que le monde mais que notre pays ne peut se permettre d’éluder aujourd’hui.

Seul contre tous. Auparavant alliés, Alassane Ouattara, dans un instinct de survie, est obligé de se battre, aujourd'hui, avec ceux qui l'ont fabriqué, hier : Henri Konan Bédié et son PDCI sans lesquels Ouattara n'aurait, jamais, jamais, gagné l'élection présidentielle de 2010 et de 2015 ; Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles (financée par Alassane Ouattara hilmself) pour déstabiliser le pouvoir d'Henri Konan Bédié, sans qui, il n'aurait, jamais, jamais, accédé à la magistrature suprême. Ces deux personnalités incontournables dans la vie politique de l'actuel chef de l'Etat, ont dû se résoudre à l'évidence, après avoir reconnu que Ouattara est tout, sauf un homme de parole. Sous ses faux airs d'homme gentil, toujours souriant, et civilisé, il est d'une fausseté inédite. Pire qu'un caméléon, cette bête qui change de couleurs au gré des situations, il est le genre de personne qui pousserait la jeunesse ivoirienne à ne plus croire à la politique et aux politiciens. Car si c'est cela la politique, autant faire carrière dans d'autres disciplines. Oui, Ouattara salit la politique par une pratique qui devrait faire honte à ses partisans qui disent le soutenir. Les intellectuels ivoiriens et africains ne devraient pas rester inertes, sans voix, devant de tels comportements s'ils veulent que la Côte d'Ivoire, l'Afrique, se tiennent debout. Ouattara est l'exemple même de ce qui doit être condamné en politique. Depuis Paris, Guillaume Soro promet "d'organiser la résistance" à Alassane Ouattara. C'est le moins qu'il puisse dire et faire. Mais, il y a plus grave, à cause de son président, la Côte d'Ivoire est en train de retrouver ses vieux démons. Ce pays redevient le grand malade qu'il avait été pendant une bonne dizaine d'années. Sous nos yeux. Ce qui induit notre responsabilité à tous, Ivoiriens comme Non-Ivoiriens : il faut dire, très fortement, NON, à ce qui est en train de se passer dans le pays de Félix Houphouët-Boigny par quelqu'un qu'on accusait, il n'y a pas très longtemps, de ne pas être Ivoirien, mais, Burkinabé. Par sa façon de faire, il donne, ainsi, raison aux partisans de l'ivoirité.

L'ancien magistrat ivoirien, Ange-Olivier Grah, décortique, point par point, toutes les fautes et manquements graves collectionnés par le procureur de la République, et conclut à une situation de non-droit caractérisé, qui va, à coup sûr, décrédibiliser le pouvoir de celui qu'on nomme déjà le « nouveau boulanger d'Abidjan » (Alassane Ouattara). Entendez, celui qui roule tout le monde dans la farine. Les arguments d'Ange-Olivier Grah sont imparables et relèvent à la fois du droit et du simple bon sens. La question, en les lisant, est de savoir si Ouattara est arrivé à un point de désespoir qui lui fait ignorer les qu'en dira-t-on que son non-respect des institutions dont il est le garant, va susciter ?

Guillaume Soro, candidat à l'élection présidentielle ivoirienne de 2020 visé par un mandat d'arrêt, est accusé d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" par le procureur de la République d'Abidjan, Richard Adou. Des accusations "fallacieuses", estime, jeudi, 26 décembre, la défense de l'ex-chef rebelle. Entre les deux anciens amis, qui dit la vérité ? Qui est le menteur ?

Quand on a accepté de diriger un parti politique, qu’on ait été élu ou nommé, c’est pour conquérir et exercer le pouvoir d’Etat en vue d’améliorer les conditions de vie du peuple. Or, en Afrique comme ailleurs, le pouvoir n’a pas que des avantages que sont les honneurs, le tapis rouge, les lambris et l’argent de la République, etc. Il comporte aussi des contraintes et des désagréments en ce sens que vous pouvez être gazé et arrêté au cours d’une manifestation de protestation contre la politique du parti au pouvoir, être emprisonné, voire, éliminé.

Le candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, a dénoncé, mardi, 24 décembre, "la brutalité inacceptable" des forces de l'ordre à l'encontre de ses partisans, quelques heures après l'émission d'un mandat d'arrêt international à son encontre par la justice ivoirienne. Soro, le chrétien, voulait fêter Noël auprès de sa femme, ses enfants et ses partisans. La fête de la nativité a un sens pour tout chrétien. Mais, Ouattara, le musulman, regarde, plutôt, du côté de la Mecque. Noël pour lui ne revêt qu'une importance relative. Sur le fond, Guillaume Soro peut avoir raison d'en vouloir à Alassane Ouattara. Mais, toutes choses égales par ailleurs, il ne doit s'en prendre qu'à lui-même. Ce qui lui arrive, aujourd'hui, n'est que la conséquence de ses propres turpitudes politiques d'ancien enfant gâté, faiseur de la pluie et du beau temps, pendant plusieurs années en Côte d'Ivoire.

La visite que le jeune président français effectue en Côte d'Ivoire est économique, mais, surtout, politique. On passe outre le fait que les deux présidents vont relancer leur stratégie pour retarder le plus longtemps possible l'entrée en service de la monnaie ECO au sein de la CEDEAO, Ouattara n'ayant pas pu imposer le F CFA aux géants du Nigeria et du Ghana, mais, ce voyage permet, aussi, au président ivoirien de demander, formellement, l'appui politique de son homologue et ami afin que son inévitable candidature pour un troisième mandat à la tête du pays, ne soit pas un moment fâcheux pour la paix et la stabilité en Côte d'Ivoire. Si la Côte d'Ivoire doit justement préserver cette paix et cette stabilité (précaires), Macron devrait, fortement, le décourager. Mais le fera-t-il ?

Le procès de l'ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, Charles Blé Goudé, qui devait s'ouvrir, mercredi, 18 décembre, a été reporté, un pourvoi en cassation ayant été déposé, selon son avocat, Maître Suy Bi Gohoré. C'est le président, Alassane Ouattara, qui est derrière cette manœuvre alors qu'il a transféré Blé Goudé à la CPI (Cour pénale internationale) où il avait été élargi de ses charges, au grand étonnement du pouvoir ivoirien, même s'il n'a pas encore recouvré sa totale liberté. Est-ce par peur de le revoir revenir en Côte d'Ivoire où, forcément, il constituerait une menace certaine pour le pouvoir que le président Ouattara, décide de le poursuivre à nouveau ? Après avoir raté la réconciliation des Ivoiriens, Alassane Ouattara semble vouloir recourir à un troisième mandat, qui, pense-t-il, le mettrait à l'abri de certains désagréments. Il craint la loi du Talion : « Oeil pour œil, dent pour dent ». Mais de là à s'en prendre à Charles Blé Goudé, il n'y a qu'un pas qu'il a franchi, se fichant des qu'en dira-t-on. Même la procureure de la CPI, Fatou Ben Souda, qui cherche à garder Blé Goudé en prison à La Haye, doit se demander les raisons pour lesquelles « son client » est, au même moment, poursuivi par les tribunaux ivoiriens ? La Côte d'Ivoire n'est plus un Etat de droit. La Côte d'Ivoire devient une dictature. C'est comme si Alassane Ouattara avait perdu le nord (c'est-à-dire le sens de toute mesure).

Les expressions "Trop, c'est trop" et "On est ensemble" ont-elles un sens pour les Ivoiriens ? Je pose la question car comment pouvons-nous rester sans réaction face à l'imposteur qui a pris notre pays en otage depuis 1999 et le gère selon ses caprices ? Comment ce dernier peut-il sortir du pays et y revenir comme il veut ? Comment pouvons-nous le laisser y agir comme bon lui semble ? Comment peut-il continuellement narguer et piétiner tout un peuple sans que la foudre ne s'abatte sur lui ? Pourquoi ce braqueur de notre économie et fossoyeur de nos libertés n'est-il jamais inquiété ? Ce dictateur n'est-il pas trop à l'aise depuis le 11 avril 2011 ?

La Cour pénale internationale (CPI) a condamné ce jeudi, 7 novembre, l'ex-chef de guerre congolais, Bosco Ntaganda, à une peine de 30 ans de prison pour des crimes de guerre et contre l'humanité. C'est la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction basée à La Haye.

Menacée d’expulsion, une jeune Ivoirienne de 10 ans, scolarisée en Seine-et-Marne (région parisienne), peut compter depuis quelques jours sur le soutien et la mobilisation de plusieurs personnalités. L’eurodéputé de « Place Publique », Raphaël Glucksmann, a lancé, le 31 octobre dernier, une pétition, qui a, déjà, atteint les 120 000 signatures. Cela a fait bouger le préfet de Paris.

Pour commencer, je voudrais remercier les responsables et militants FPI de Boston de m’avoir invité à leur journée du militant. Mon propos s’articulera autour de deux mots : “espérance” et “lutte”. Lorsqu’on a connu des catastrophes comme celles du 19 septembre 2002 et le bombardement des symboles de notre souveraineté en 2010-2011, lorsqu’on a vu certains camarades mourir en prison ou en exil et qu’on constate que celui qui a provoqué toute cette tragédie continue d’avoir le soutien des pays se glorifiant d’être pour la démocratie et les droits de l’homme, la tentation est grande de céder au désespoir et de penser qu’il ne sert plus à rien de lutter. Le texte qui va suivre estime, au contraire, que nous devons, malgré tout, garder espoir et lutter pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique parce que “l’on peut toujours reconstruire, même sur des ruines” (Martin Gray). Autrement dit, ce texte est une invitation à l’espérance que René Descartes définit comme “une disposition de l’âme à se persuader que ce qu’elle désire adviendra” (“Les passions de l’âme”).

Le 10 octobre 2019, au siège du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire), Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif de ce parti, affirmait ceci : “Que la Commission électorale soit réformée ou non, le PDCI ira aux élections présidentielles de 2020 et les gagnera.”

Dans son homélie du 12 octobre 2019, ouvrant la nouvelle année pastorale, l’archevêque d’Abidjan a affirmé que “l’église doit se positionner entre un mutisme complice et une parole subversive, destructrice”. Une telle affirmation, je la trouve peu convaincante et irrecevable car elle laisse penser qu’il existe une voie médiane pour laquelle Jésus aurait opté.