Côte d'Ivoire

La déforestation liée à la culture du cacao pour l'industrie du chocolat se poursuit "sans relâche" en Côte d'Ivoire et au Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, dénonce l'ONG Mighty Earth dans un rapport publié, vendredi, 7 décembre. La question est de savoir pourquoi les présidents, Alassane Ouattara et Nana Akufo-Addo, sont silencieux alors que les multinationales sont en train de complètement détruire leur environnement (notre photo montrant comment les deux présidents préfèrent coopérer dans d'autres domaines sauf dans celui qui est le plus urgent à savoir la déforestation) ? Font-ils preuve de complaisance ou s'estiment-ils faibles ou impuissants face à ces multinationales ? La question mérite d'être posée car l'ONG Mighty Earth n'a pas été élue, pour s'inquiéter des conséquences d'une telle déforestation, à la place des deux chefs d'Etat qui, eux, restent restent muets comme des carpes. La Côte d'Ivoire et le Ghana ne sont pas les seuls pays victimes de l'égoïsme des multinationales chocolatières et caféières. On compte, aussi, d'autres pays comme le Nigeria, le Cameroun ou le Togo, qui en sont, également, affectés, les multinationales préférant maximiser leurs profits en refusant, généralement, d'investir dans la préservation à long terme de l'environnement qu'elles exploitent. C'est du classique chez elles sauf quand elles trouvent en face d'elles un gouvernement à poigne qui fait respecter les droits du peuple dont il a la charge. Ce n'est pas toujours le cas en Afrique, en l'occurrence dans les pays producteurs du cacao et du café.

L’un des titres portés par le pape est « le souverain pontife ». Pontife vient de deux mots latins : pons, pontis = pont et facere = faire, construire. Le « pontifex » est celui qui fait ou construit des ponts. Séry Bailly était à sa façon un pontife parce qu’il était un jeteur de ponts entre les générations, parce qu’il voulait que les jeunes sachent ce que les aînés avaient écrit/fait et inversement.

Des centaines d’Ivoiriens sont toujours en exil, exposés à des maladies de toutes sortes. Certains comme Mamadou Ben Soumahoro, Pol Dokui ne sont revenus au pays que dans un cercueil. Bruno Dogbo Blé, Jean-Noël Abehi, Anselme Séka Yapo et d'autres dignes et valeureux soldats sont encore en prison. Les prix des denrées alimentaires ne cessent de grimper. De jour en jour, l’espace des libertés se réduit comme peau de chagrin. Pendant ce temps, des entreprises étrangères comme Orange, Bouygues ou Bolloré, s’enrichissent, tranquillement, et ceux qui disaient avoir pris les armes pour développer le Nord ivoirien construisent, partout, sauf à Mankono ou à Kouto. Nous voulons tous que les choses changent. Mais, cela est-il possible quand certains compatriotes attendent des mots d'ordre avant d'agir ? Je voudrais inviter ces derniers à lire ou à relire Une si longue lettre de la Sénégalaise Mariama Bâ.

Alors que chacun de nous espérait qu’il tiendrait le coup jusqu’à la libération de Laurent Gbagbo pour faire la passation de service avec lui, voici qu’Aboudrahamane Sangaré nous quitta, le 3 novembre 2018. Ce jour-là et les autres qui suivirent furent vécus ici et là comme une catastrophe, tant nous étions assommés, dévastés, anéantis. Nous pleurâmes et pleurâmes alors, versant quantité de larmes. Cette subite disparition nous apparaissait comme une injustice, nous mettait en colère, et nul ne savait où trouver la force de porter la croix de cette autre cruelle épreuve, après le départ inattendu de Raymond Abouo N’Dori et de Marcel Gossio. Nous en étions réduits à nous demander pourquoi le sort nous frappait et nous malmenait de cette façon, sept ans après le renversement et la déportation de Laurent Gbagbo par les forces impérialistes. Bref, sans crier gare et avant de remettre les clés du « Temple » à son alter ego, Sangaré s’en alla mais, il restera de lui ce qu’il a semé et ce qu’il a partagé aux mendiants de la liberté et de la justice. Ce qu’il a semé et partagé, en d’autres, en nous, germera. Mais qu’a-t-il semé et partagé ? Quel est le message essentiel qu’il nous laisse et que nous avons l’obligation de faire fructifier ?

« Le chef qui fait trembler est comme une grosse pierre qui barre une piste. Les voyageurs l’évitent, la contournent, puis un jour, ils s’aperçoivent que le chemin serait moins long s’il n’y avait pas la pierre. Alors, ils viennent en grand nombre et la déplacent. La force ne crée pas un chef mais un adversaire à abattre », écrit joliment et justement le Malien Seydou Badian dans “Sous l’orage”, un des romans africains qui abordent de fort belle manière le conflit entre tradition et modernité.

Quelqu’un, après avoir lu mon post sur “le FPI fait quoi si Gbagbo n’est pas libéré en 2019 ?”, m’a interpellé, ce que je ne trouve pas anormal car, pour moi, tout amoureux de la démocratie devrait accepter d’être contredit ou critiqué, pourvu que ce qu’il a écrit ou dit soit bien compris et que la critique qui lui est adressée soit fondée et argumentée. Mon interlocuteur estime que mon post est politiquement incorrect, que je laisse entendre comme Affi N’Guessan qu’il faut tourner la page Laurent Gbagbo, qu’il est important d’attendre Gbagbo parce qu’il est un maillon essentiel de la réconciliation en Côte d’Ivoire et donc qu’il n’y a ni plan B ni plan C. 

La question qu'on doit se poser est simple : si la petite élection du 13 octobre a produit plus d'une dizaine de morts à travers le pays, ne doit-on pas craindre les lourds dégâts humains à venir lors de la présidentielle de 2020 ? Il y a donc une impérieuse nécessité d'agir pour toute personne qui aime réellement la Côte d'Ivoire. Ce n'est évidemment pas le cas ni de Bédié ni de Ouattara.

On a dit aux militants du FPI que Laurent Gbagbo, injustement, détenu à La Haye (Pays-Bas) depuis le 30 novembre 2011, serait libéré en 2017 et qu’il fallait se préparer à l’accueillir. Malheureusement, la “prophétie” ne se réalisa pas. Au début de cette année 2018, on entonna le même refrain : “Il sera là bientôt et c’est avec lui que nous irons à la reconquête du pouvoir.” Ainsi, il n’est pas demandé aux militants d’engager la lutte pour la liberté et la justice comme dans les années 1990 mais d’attendre Gbagbo.

Le système imposé par Alassane Ouattara avec le soutien de la France est en train de dévoyer, complètement, la Côte d'Ivoire. Cela dit, il existe, encore, quelques rares Ivoiriens qui résistent à cet état de fait en cherchant à oeuvrer dans le bon sens (salutaire) collectif.

Le 7 octobre 2018, les Camerounais se rendront aux urnes pour élire un nouveau président ou pour reconduire M. Paul Biya arrivé au pouvoir le 6 novembre 1982. Six jours plus tard, ce sera au tour des Ivoiriens de prendre part aux municipales et régionales maintenues à la date fixée malgré le refus de Dramane Ouattara de les reporter et de faire droit à la demande de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples de réformer la Commission électorale que toute l’opposition juge à juste titre illégale et forclose.

Epître aux caciques du PDCI. C'est un courrier que notre frère, le professeur, Jean-Claude Djereke, écrit aux responsables de ce parti septuagénaire, afin qu'ils sachent prendre leurs responsabilités historiques. Content que le PDCI a tenu tête à l'ogre (au pouvoir) en refusant d'intégrer le nouveau parti, RHDP, il est, totalement, déçu que le même PDCI n'ait pas été capable de boycotter les élections du 13 octobre alors qu'il est conscient qu'avec cette Commission électorale Pro-RDR (contrairement aux promesses de l'ogre de la réformer), il va tout droit à l'abattoir.

Il veut la réconciliation mais considère toujours le 19 septembre 2002 comme la naissance d’un nouvel espoir. Un Forum de réconciliation nationale, où la parole ne fut jamais autant libérée, fut organisé pendant 2 mois (du 9 octobre au 18 décembre 2001). Il s’agissait, pour la Côte d'Ivoire, de “porter, sans complaisance, un regard critique sur son passé pour se projeter dans l’avenir” (discours de Laurent Gbagbo à l’ouverture du Forum).

Ce matin, j’ai regardé, dans les journaux abidjanais, le compte-rendu de la conférence de presse animée hier par Abou Drahamane Sangaré (le représentant de l'aile du FPI qui a pour président Laurent Gbagbo, ndlr). Alors que je pensais y trouver quelque chose de nouveau, je me suis aperçu que le conférencier reprenait simplement une ancienne demande de Bédié : le report des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018 à une date ultérieure et la réforme de la Commission électorale. Une demande à laquelle Dramane Ouattara avait, déjà, opposé une fin de non-recevoir.

La Côte d'Ivoire a demandé l'affichage de la "mention Côte d'Ivoire" sur ses objets d'arts exposés dans les musées européens, un projet destiné au sauvegarde du patrimoine culturel de ce pays.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), une des trois grandes formations politiques du pays, a demandé, mercredi, 29 août, un report des prochaines élections locales et dénoncé les "menaces" du parti du président, le RDR (Rassemblement des républicains), son ancien allié dans la coalition au pouvoir, en vue du scrutin. Mais, rien n'indique que le président, Alassane Ouattara, accède à cette demande de son ancien allié en passe de (re)devenir son principal adversaire politique.

“Je ne comprends pas pourquoi des personnes sont parachutées dans certaines localités pour être des élus de la Nation alors que le président, Félix Houphouët-Boigny, nous a appris la géopolitique. Aujourd’hui, celui qui parle au nom des Dida de Lakota à l’Assemblée nationale s’appelle Kouyaté Abdoulaye. Je trouve inadmissible que celui qui parle au nom des Abbey à l’Assemblée nationale s’appelle Adama Bictogo, que celui qui parle au nom des Agni d’Aboisso s’appelle Sylla.” Mais, il n'y a pas de réciprocité dans la partie musulmane du pays.

Alassane Ouattara fait parler de lui depuis quelque temps : amnistie de prisonniers politiques, refonte annoncée de la commission électorale, éclatement de la coalition au pouvoir, manoeuvres plus ou moins suscitées au sein du camp de l'ex-président Laurent Gbagbo... Les événements s'accélèrent en Côte d'Ivoire avant les élections locales d'octobre mais, surtout, à deux ans de la présidentielle à laquelle Ouattara dit ne pas être candidat. C'est lui qui le dit. Mais a-t-il déjà respecté sa parole un jour ? En tout cas, son action politique est illisible. Il pratique de la navigation à vue et personne ne sait où il veut aller.

Après la libération des prisonniers politiques (Soul to Soul, chez qui on saisit des tonnes d’armes, en faisait-il partie ?), certaines personnes n’ont pas tardé à affirmer que ladite libération était le fruit de notre résistance, intransigeance et détermination. Certes, nous avons toujours soutenu que nos frères ne méritaient pas d’être incarcérés pour leurs opinions ou pour leur appartenance au parti de Laurent Gbagbo; certes, nous n’avons jamais cessé d’exiger leur libération (bravo à chacun de nous pour cette constance!) mais, il ne me semble ni vrai, ni honnête de nous attribuer la fin des souffrances de nos camarades, même si nous nous réjouissons tous qu’ils soient, enfin, sortis (dans quel état ?) de cet enfer car, si nous étions, aussi, combatifs que cela, si nous étions aussi déterminés, aussi intransigeants que nous le prétendons, Simone Ehivet, Moïse Lida Kouassi, Assoa Adou, et les autres n’auraient pas attendu 7 ans (je dis bien 7 ans) avant de recouvrer la liberté.

Sans jeu de mots, on dira, en voyant la fin de l'alliance du PDCI au sein du RHDP, qu'Alassane Ouattara a, copieusement, roulé Henri Konan Bédié dans la farine. Un vrai boulanger, cet Alassane Ouattara ! Malgré les mises en garde répétées de certains militants plus avertis que lui, Henri Konan Bédié s'est fait avoir comme un novice en politique. Cela dit, le refus du président, Alassane Ouattara, d'accepter la candidature d'un militant PDCI pour le compte du RHDP, pendant la présidentielle de 2020, c'est de la mauvaise foi systématique, qui donne une piètre image d'une certaine façon de faire la politique en Côte d'Ivoire. Sans entrer dans les raisons profondes de cette crise, on peut affirmer qu'Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se retrouvent face à face comme dans les années 90, au lendemain de la mort du Sage de Yamoussoukro, quand brandissant le concept de l'ivoirité, Bédié déniait à Ouattara le droit d'accéder à la magistrature suprême. Ce dernier répondit par un coup d'état militaire qui envoya Bédié en exil, faisant, inopportunément, profiter le juteux poste de président de la République, aux outsiders de l'époque, Robert Gueï et Laurent Gbagbo. On pensait que ce triste épisode de la vie politique ivoirienne était oublié. Que non ! Visiblement, Ouattara a la rancune tenace. Il fait payer cher à Bédié son immaturité politique et sa mauvaise appréciation de la relation entre les deux hommes. Pour s'être fourvoyé aussi lamentablement, ne devrait-il pas céder la présidence du PDCI à plus compétent que lui ? Il n'est que temps.

Alassane Ouattara prépare-t-il, activement, son troisième mandat à la tête de la Côte d'Ivoire ? Après avoir créé le « parti unifié » (RHDP), il libère des centaines de prisonniers politiques dont l'ancienne première dame, Simone Gbagbo. La réconciliation nationale est, donc, en marche, en attendant la libération des célèbres prisonniers de la CPI (Cour pénale internationale), à savoir, l'ancien président, Laurent Gbagbo, et son ancien ministre, Charles Blé Goudé. Si cette décision du président, Alassane Ouattara, est à saluer, beaucoup l'inscrivent dans une stratégie d'ensemble (actuellement occultée) mais dont la finalité est son maintien à la tête de l'Etat pour un troisième mandat dont on ne veut pas entendre parler au PDCI d'Henri Konan Bédié.