Côte d'Ivoire

Le président de la Guinée, Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a, une nouvelle fois, laissé planer le doute sur une modification de la constitution, qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020. « Conseiller politique » d'Alassane Ouattara qui, de son côté, est « conseiller en matière économique » d'Alpha Condé , ce dernier est venu se concerter avec son homologue ivoirien, qui vit une situation similaire. En effet, au sein du PDCI du président, Henri Konan Bédié, tout comme, dans le camp de Guillaume Soro, son ancien allié contre Laurent Gbagbo, on n'hésite pas à affirmer que c'est la volonté d'effectuer un troisième mandat (sans l'assumer publiquement pour le moment) qui a conduit le président, Alassane Ouattara, à faire imploser le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour le démocratie et la paix). Entre Alpha et Alassane, il s'agissait, donc, à Abidjan, de trouver le meilleur moyen de faire passer cette pilule à leurs populations respectives, sans que cela ne provoque un tremblement de terre. Dans tous les cas, d'un côté comme de l'autre, l'exercice sera loin d'être simple. Un peu suicidaire même.

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de Sarkozy, était venu à Abidjan peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2010. Après une rencontre avec le président Gbagbo, il déclara, un peu pince sans-rire, que son pays ne soutenait pas de candidat mais travaillerait avec celui qui serait élu par les Ivoiriens.

Le dictateur cinq étoiles (comprenez Sassou-Nguesso) a envoyé des boursiers nationaux dans les quatre coins du monde. Très bonne initiative pour quelqu'un qui, dans sa jeunesse, commença sa carrière professionnelle par le métier d'instituteur. Mais, au final, à cause de la baisse des cours du pétrole dont le pays est ultra-dépendant, et la mauvaise gestion aidant (détournements massifs de fonds publics), il ne peut plus nourrir ces « fils » et « filles ». Ces derniers sont, du coup, abandonnés à eux-mêmes. Ceux de Côte d'Ivoire viennent de nous demander à Afrique Education de les aider à faire entendre leur cri. Nous le faisons volontiers d'autant plus que cela fait partie des missions du magazine.

Le roi de Krindjabo, capitale du royaume du Sanwi, dans le Sud-Est de la Côte d'Ivoire, va faire un don pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui vient de brûler. Il explique ce geste par le fait que Louis Aniaba, un prince du royaume, y avait été baptisé dans les années 1700. Doit-on pleurer ou se réjouir de l'initiative de ce roi ivoirien ? Car au-delà de la personne de ce roi, la question se pose à l'ensemble des Africains qui envoient des milliers de témoignages (de toutes natures), dans les réseaux sociaux, pour signifier leur émotion, mais, une émotion qu'ils se gardent de faire preuve quand un pays africain est affecté par un sinistre similaire. Ils restent, tout simplement, motus et bouche cousue. La bêtise ?

Devant l'échec patent de la réconciliation (version Ouattara) en Côte d'Ivoire, avec l'implosion du RHDP qui a entraîné le départ de deux de ses ténors, à savoir, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro, le vice-président de la République, Daniel Kablan Duncan, crée un mouvement pour rapprocher les points de vue. Ayant l'oreille de l'un et de l'autre, il tente la réconciliation entre les deux hommes à travers le Mouvement "Attoun".

Bernard Dadié est passé sur l’autre rive depuis le 9 mars 2019, à 103 ans, faisant ainsi mentir la prière de Moïse selon laquelle, « la durée de notre vie s'élève à 70 ans, et pour les plus robustes à 80 ans » (Psaume 90, 10). La dernière fois où je le revis, c’était en 2009-2010. Ses forces commençaient à l’abandonner. Nous avions fait connaissance 8 années, plus tôt, à la faveur du baptême d’un de ses petits-enfants que j’avais célébré à la paroisse catholique Saint-Jean de Cocody. Il m’avait, ensuite, invité à venir partager le repas dans leur maison située à proximité de l’INSAAC (ex-Institut national des arts).

De l’intelligence,  la permanence de fraîcheur dans l’humour et sens de l’Amitié. « Savoir  s’en aller sans hâte ni en boudant » comme il me l’a dit un jour au Bénin où nous étions nombreux au colloque Abdou Tidjani- Serpos organisé par le poète et essayiste Nouréini Tidjani-Serpos ; si je devais évoquer mes rencontres, conversations, nos amabilités au sujet de certains écrivains montés en épingle en France où on les fait passer pour chefs de file bien qu’ils ne le soient point dans leur pays natal, il y aurait de quoi remplir une centaine de pages d’un mauvais roman.

Classique parmi les classiques de la littérature africaine, Bernard Dadié était de la trempe des Léopold Sédar Senghor, Birago Diop et Cheikh Hamidou Kane (Sénégal), Amadou Hampâté Ba (Mali), Camara Laye (Guinée), Mongo Beti (Cameroun) et quelques autres, inscrits dans les programmes africains depuis l'adoption d'une certaine africanisation des enseignements de littérature en Afrique. Ils partent tous. Ou sont en train de tous partir. Reste en vie Olympe Bhêly Quénum (Bénin) dont l'âge est très avancé mais qui tient encore bien en place. Bernard Dadié était, donc, l'un des derniers mohicans de la littérature africaine, cette littérature qui a accompagné l'indépendance des pays africains et participé à la lutte contre la néo-colonisation. Bernard Dadié, par exemple, était un anti-colonialiste primaire, tel qu'on n'en trouve plus dans l'univers des écrivains africains, aujourd'hui, dont l'objectif principal est de se mondialiser au maximum pour pouvoir vendre leurs œuvres à l'international.

C’était en avril 2005. J’avais été invité, par une amie du Congo-Brazzaville, à la conférence mensuelle de “ Confrontations ”, un groupe d’intellectuels catholiques de Paris. Dans une salle de l’Institut catholique (21, rue d’Assas), pendant que nous prenions une collation, le comité d’organisation, probablement, informé de ma présence par Régine Oboa, vint me trouver là où j’étais assis. Le « chef » de ce comité me salua, puis, s’adressa à moi en ces termes : « Ma collègue Régine m’a dit que vous avez écrit un ouvrage sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. On aimerait vous inviter, le mois prochain, si vous êtes disponible. Notre public aurait ainsi l’occasion d’écouter un témoignage de première main ». Il ajouta : « Comme notre groupe s’appelle “ Confrontations ”, on souhaiterait que vous et une autre personne puissiez confronter vos points de vue sur la situation dans votre pays. Cela signifie que le second conférencier pourrait ne pas voir les choses comme vous ». Sans hésiter, je donnai mon accord au projet et je proposai de débattre avec Jean-Pierre Dozon quand on me demanda si j’avais un nom en tête. 

L'Afrique sera-t-elle jamais indépendante ? La question mérite d'être posée quand certains dirigeants de ses pays considérés comme des locomotives dans leurs sous-régions, gardent, profondément, une mentalité de colonisé. C'est le cas du président, Alassane Ouattara, de Côte d'Ivoire dont les déclarations faites, vendredi, 15 février, au sortir d'un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron, scandalisent tout un continent. On n'a qu'à voir les réactions qui fusent dans les réseaux sociaux pour se rendre compte que le président, Alassane Ouattara, soutient une thèse qui n'a plus beaucoup d'adeptes. On se rappelle, alors, que le premier président de Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny et qui est le maître à penser d'Alassane Ouattara, avait, dans un premier temps, refusé l'indépendance politique que le président français, Charles de Gaulle, voulait octroyer aux pays colonisés par la France, avant que cette indépendance ne lui soit imposée, par la suite. Avec un Ouattara qui reste l'un des tout derniers mohicans à soutenir mordicus le F CFA parce que, dit-il, c'est une « monnaie stable » tout en oubliant ses très nombreux méfaits, la France, de plus en plus, mise sous pression en Europe où des pays comme l'Italie commencent à lui demander, ouvertement, de « libérer » l'économie de ses 14 anciennes colonies, sera, tôt ou tard, obligée, contrainte forcée, de donner l'indépendance monétaire aux pays concernés, alors que certains d'entre eux comme la Côte d'Ivoire de Ouattara, continueront de militer pour le maintien de cette dictature monétaire. C'est le paradoxe qu'on risquera de connaître bientôt tout comme on l'avait connu au moment des indépendances africaines octroyées par la France dont Houphouët-Boigny ne voulait guère. Avec la déclaration d'Alassane Ouattara, du 15 février 2019, devant le palais de l'Elysée, les lecteurs de www.afriqueeducation.com prennent date. Que Dieu nous prête seulement vie.

Y a-t-il une différence entre un menteur compulsif et un mythomane ? Oui mais on peut trouver des gens à la fois menteurs et mythomanes comme nous le verrons plus loin. Le menteur compulsif raconte de gros mensonges tandis que le mythomane s’invente constamment une fausse vie, de fausses origines, de faux exploits, une fausse majorité, de faux satisfecit, etc. Il dira, par exemple, que son bilan est inattaquable, que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont contents de sa gestion, qu’il a réalisé ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réussi à faire, etc. Les gens qui sont autour de lui savent que tout cela n’est que mensonge mais ce mensonge est important pour lui car il lui permet de fuir une réalité qu’il refuse d’admettre ou d’affronter : une haine de soi et un manque de confiance en soi car le mythomane ne s’accepte pas tel qu’il est.

Que n'a-t-on pas entendu ce lundi, 11 février, matin, sur les ondes de RFI de la bouche du président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara ? Il a déclaré que la « Côte d'Ivoire est un pays bien tenu », qui affiche « un taux de croissance de 8% en moyenne depuis plusieurs années, ce qui fait d'elle l'un des quatre pays au monde à afficher une telle performance », que « le taux de croissance des trois prochaines années serait du même ordre entre 7 et 9% », que « l'inflation est contenue entre 1 et 2% par an », que « le déficit public se situe à 3 ou 4% » bon an mal. Bref, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Au micro de Christophe Boisbouvier à qui il n'a présenté que le (très très) bon côté de la réalité, le président ivoirien a, tellement, vanté les succès de sa gouvernance qu'on est étonné de savoir, quelques heures après ses déclarations lénifiantes, qu'il est en guerre, depuis un mois, contre ses enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, lui, le libéral-social, héritier de l'houphouétisme dont le dialogue est la principale caractéristique. N'a-t-il pas juré ce matin qu'il avait la fibre sociale ? Pourquoi ne négocie-t-il pas alors avec ses enseignants qui sont en grève depuis quatre semaines ?
Sacré Alassane Ouattara ! Voilà un homme qui a réussi à décapiter la coalition qui a fait de lui, le président de la Côte d'Ivoire à deux reprises, en se séparant des deux personnes clés (Bédié et Soro) sans lesquelles il n'aurait jamais été président de la Côte d'Ivoire. Soro, par les armes, l'a fait monter au pouvoir en créant une rébellion qui a divisé la Côte d'Ivoire sous Gbagbo pendant cinq ans. Quant à Bédié, il a accepté de lui offrir le vote du PDCI sur un plateau d'argent pour se faire élire en 2011 et réélire en 2015. Le président ivoirien a, visiblement, la mémoire courte. Dire qu'il ne sait pas renvoyer l'ascenseur, n'est pas suffisant. Il faut dire qu'il fait montre d'une attitude négative qui relève, plutôt, de la psychiatrie.

Ces derniers jours, la meute a repris du service en répétant ad nauseam que Laurent Gbagbo allait en Belgique où vit sa « seconde épouse ». Espérait-elle « chauffer » le cœur de Simone Gbagbo et la braquer contre son mari ? Echec et mat puisque Simone s’est rendue, il y a trois jours, à Mama, à Gagnoa, dans sa belle-famille et chez elle, aussi, le village du mari devenant ipso facto celui de la femme dans plusieurs cultures africaines. Rêvaient-ils, ces aboyeurs et énergumènes de petite vertu, de salir, une fois de plus, Laurent Gbagbo ?

Ce n'est plus un événement (comme cela aurait pu l'être) car tous les Ivoiriens attendaient cette démission de Guillaume Soro de la présidence de l'Assemblée nationale. L'intéressé l'avait confié à ses proches et le président de la République, Alassane Ouattara, lui-même, avait annoncé ce départ, le mois dernier, alors qu'ils recevaient des journalistes. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et on ne s'empêchera pas de poser, au moins, deux questions : première question : après avoir, grâce à sa rébellion armée, installé Alassane Ouattara au pouvoir, Soro a-t-il été bien payé en retour ? Deuxième question : Si Blaise Compaoré, l'ancien mentor de Guillaume Soro, n'avait pas perdu le pouvoir au Burkina Faso, les choses se seraient-elles passées ainsi ?

L'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité, est en liberté conditionnelle en Belgique, a annoncé la CPI, mardi, 5 février.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ne sont plus en prison depuis vendredi, 1er février. La Cour pénale internationale (CPI) a libéré sous conditions, l'ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, suite à son retentissant acquittement, il y a deux semaines, de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences post-électorales en Côte d'Ivoire. Il en est de même de son ancien ministre, Charles Blé Goudé. La CPI ayant refusé, pour le moment, leur retour en Côte d'Ivoire et ce, à la demande de la procureure, Fatou Bensouda, la Belgique a accepté d'accueillir Laurent Gbagbo. Pas de pays d'accueil pour le moment pour Charles Blé Goudé.

Bien que cela ait provoqué un tollé général, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, n'a pas varié dans son discours ayant trait au glissement des futures CAN (Coupe d'Afrique des nations). Pour lui, le Cameroun qui s'est vu retirer la CAN 2019 organiserait la CAN 2021 à la place de la Côte d'Ivoire qui, elle, allait organiser celle de 2023 à la place de la Guinée qui serait priée d'organiser la CAN 2025. La Fédération ivoirienne de football (FIF) avait refusé d'entendre les choses de cette oreille, engageant un bataillon d'avocats et de conseils juridiques pour déposer une plainte auprès du TAS (Tribunal arbitral de sport). Mais, après avoir rencontré, mardi, 29 janvier, à Abidjan, le président, Alassane Ouattara, la Côte d'Ivoire a accepté la proposition de la CAF d'organiser la CAN 2023 (à la place de la Guinée qui elle, organisera celle de 2025) et de retirer la plainte déposée par la FIF. C'est la première bataille gagnée par Ahmad Ahmad à la tête de la CAF car mettre d'accord, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée, n'était pas évident. Il fallait mouiller la chemise. Et Ahmad Ahmad ne s'est pas économisé.

Le chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a été maintenu, samedi, 26 janvier, à la tête du nouveau parti présidentiel RHDP, qui tenait son premier congrès à Abidjan, mais, il n'a pas dévoilé ses intentions pour la présidentielle de 2020. Cela dit, c'est un secret de polichinelle. Peu d'Ivoiriens ignorent que leur président sera candidat à sa succession en 2020.

Je comprends parfaitement la déception et la colère des Ivoiriens face à une décision qui témoigne d’une certaine légèreté et d’un racisme certain tout en discréditant un peu plus la CPI (Cour pénale internationale) mais qu’est-ce que deux semaines supplémentaires pour un homme qui a déjà passé 7 ans en prison ? Contre mauvaise fortune, faisons donc bon cœur. Ne laissons pas les esclavagistes modernes gâcher notre joie de voir nos deux frères acquittés !

Premier ancien chef d'Etat traduit devant la Cour, Laurent Gbagbo était en détention depuis sept ans. Après avoir recouvré la liberté, il va regagner la Côte d'Ivoire, son pays, dans quelques jours. Il en est de même de Charles Blé Goudé. L'élargissement de l'ancien président ivoirien change les cartes de l'élection présidentielle de 2020 qui risque d'être plus ouverte que jamais.