CAF

Après la visite, cet été, du président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, au Cameroun, visite pendant laquelle il a rencontré le président, Paul Biya, et qu'à l'issue de cette audience, il avait déclaré que «La CAF ne disposait pas d'un Plan B » pour la CAN 2019, les Camerounais n'avaient plus de doute quant à l'organisation de cette compétition sur leur terre. Paul Biya, lui-même, lors de ses rares sorties publiques, avait tenu à rassurer l'opinion africaine en disant qu'il en faisait une affaire (rigoureusement) personnelle et que « La CAN serait organisée au jour dit », et dans d'excellentes conditions. Mais, une fois de plus, le président de la CAF a déjoué les pronostics. Il change de position comme le vent du désert change de direction. Il rend triste, cette fin d'année, tout un pays qui n'avait les yeux que pour cette CAN 2019.

Que vont-ils encore nous dire, ces présidents africains de fédération (mentalité de colonisé oblige), qui ne jurent qu'aux noms des sélectionneurs non-africains ? Ils auront, bientôt, de moins en moins d'arguments pour convaincre l'opinion africaine, décidée à nationaliser les postes de sélectionneurs de football.
En effet, les résultats obtenus, lors de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2019, devraient faire revoir leur logiciel à ces présidents de fédérations africains qui continuent de penser que le succès de leur football ne se fera qu'avec des techniciens étrangers. Sans citer leurs noms, on en compte (malheureusement) au Cameroun, au Gabon, en Gambie, au Congo-Brazzaville, pour ne citer que ces pays africains. Ce sont des présidents de fédération qui ont une vision à court terme du football, laquelle arrange (certainement) leurs petites affaires du moment. Mais, bientôt, ils devront se résoudre à l'évidence et faire des choix qui s'imposent à leur football.

On ne parle, pas encore, d'improvisation ou d'amateurisme du nouveau président de la CAF (Confédération africaine de football), le Malgache, Ahmad Ahmad. Mais, cela y ressemble beaucoup. Après avoir remué ciel et terre pour tenter d'enlever la CAN 2019 au Cameroun, il a, de façon unilatérale, fixé la date d'inspection des installations, du 20 au 28 août 2017. Mais, alors que les autorités camerounaises de football s'organisaient pour accueillir cette première mission de la façon la plus professionnelle possible, les services d'Ahmad Ahmad ont, tout simplement, fait faux bond. En effet, dans un courrier daté 18 août 2017, depuis Le Caire, le secrétaire général p.i. de la Confédération africaine de football (CAF) a écrit à Blaise Moussa, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), que la CAF n'est pas prête et que la mission annoncée à grands renforts de publicité, est, tout simplement, reportée à une date ultérieure. Les autorités camerounaises du football ont, immédiatement, pris acte de cette première défaillance de la CAF. Sans la commenter outre mesure.

Fils du lamido de Garoua (Province du Nord-Cameron), Issa Hayatou a décidé de sortir de sa réserve. De naturé très réservé, il n'a, jamais, pendant 29 ans de présidence de la CAF (Confédération africaine de football), fait de déclaration à l'emporte-pièce, jamais, prononcé un mot au-dessus de l'autre, portant préjudice à qui que ce soit. Cette forme d'éducation est, foncièrement, ancrée dans sa culture. Pourtant, que de problèmes n'a-t-il pas rencontré dans sa très longue et riche carrière. Alors qu'il s'était, formellement, interdit de commenter l'action de son successeur, il est, malheureusement, obligé, trois mois, seulement, après so départ de l'organisation, de mettre les points sur plusieurs « i ». Cette sortie a été faite, sur les antennes de la CRTV-Radio, aujourd'hui, au lendemain du très long communiqué du président de la Fédération camerounaise de football, qui signifiait la « consternation » du Cameroun, après les propos disproportionnés et, visiblement, irréfléchis du président, Ahmad Ahmad, sur l'incapacité (manifeste) du Cameroun, « actuellement incapable d'organiser une CAN même avec 4 équipes ». Pour Issa Hayatou (président pendant 29 ans de la CAF), le Cameroun, à l'heure actuelle, dispose de 5 stades au point dont trois à l'état neuf (Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, Stades de Limbe et de Bafoussam, tous à l'état neuf et répondant aux Normes CAF et FIFA). Voici, du reste, l'essentiel de ses déclarations, qui permettent à chacun de se faire sa propre opinion.

On arrive, enfin, là où le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, voulait arriver. Dire (sans le démontrer) que le Cameroun, le pays de son ennemi juré et prédécesseur, Issa Hayatou, sera incapable d'organiser la CAN 2019. C'est une insulte au peuple camerounais tout entier ! Le football africain connaît, certes, des turbulences. Mais, la conduite de la CAF par ce nouveau président, n'est pas de nature à y apporter la sérénité. Cela dit, il n'est pas, encore, tard pour unir l'Afrique au lieu de la disloquer.

Contrairement aux pronostics qui le donnaient gagnant, le Camerounais, Issa Hayatou, n'a pas été réélu président de la Confédération africaine de football (CAF), ce matin, à Addis Abeba. Il a, nettement, été battu par le Malgache, Ahmad Ahmad. Jusque-là illustre inconnu.

A 70 ans, le Camerounais, Issa Hayatou, dernier dinosaure du foot mondial épargné par les affaires qui ont emporté le Suisse, Sepp Blatter, le Français, Michel Platini, et quelques autres, brigue un 8e mandat à la tête de la Confédération africaine de football (CAF) qu'il préside, de main de maître, depuis 1988. Avec une forte chance de se succéder à lui-même.