Can 2019.

Le roi Mohammed VI du Maroc a eu la réaction d'un grand sportif. Même si, politiquement, les relations entre son pays et l'Algérie, sont loin d'être au beau fixe, il n'a pas hésité à adresser un message de félicitations au chef de l'Etat algérien par intérim, Abdelkader Bensalah, après que la sélection algérienne de football, les Fennecs, aient remporté la Coupe d'Afrique des Nations (CAN-2019) en Egypte, en battant les Lions de la Teranga du Sénégal par un but à zéro. Le roi fait ce geste alors que la sélection marocaine, les Lions de l'Atlas, qui étaient, souvent, cités comme possibles vainqueurs de cette CAN organisée en Egypte, ont été défaits en huitième de finale, par les « modestes » Ecureuils du Bénin. Visiblement, les animaux de la forêt africaine ignorent toute forme de hiérarchie. L'Algérie a gagné parce qu'elle a fait le pari d'un sélectionneur algérien, Djamel Belmadi, alors que le Maroc, pays modernement extraverti (?) a préféré faire le pari d'un sélectionneur européen qu'il payait à prix d'or : 80.000 euros par mois. La haute inspiration royale fera-t-elle changer la Fédération marocaine de football de position afin qu'elle confie, enfin, les Lions de l'Atlas à un sélectionneur marocain ?

Fin mars, les responsables du Comité de normalisation de la Fécafoot (Fédération camerounaise de football) ont réceptionné 77 dossiers de candidature pour succéder au Belge, Hugo Broos, comme sélectionneur de l'équipe de football des Lions indomptables. Un sélectionneur devrait être désigné, dans les prochains mois, avec comme objectif : gagner la CAN 2019 qui sera organisée, en juin-juillet 2019, au Cameroun. Cela dit, le débat fait rage au Cameroun où une petite trentaine de sélectionneurs nationaux ont fait acte de candidature et aspirent, à faire mieux que certains étrangers, qui, ces dernières années, ont officié à la tête des Lions. L'hypothèse d'un sélectionneur camerounais n'est plus d'école, le Comité de normalisation ne refusant pas de prendre ses responsabilités à ce niveau. Des pointures nationales connues comme Jean Paul Akono (qui avait gagné le championnat olympique en 2000), Fils Gwéha Ikouam, Rigobert Song Bahanag (actuel sélectionneur des Lions A'), Jules Nyongha, Joseph Omog, Martin Ndtoungou Mpile, Bonaventure Djonkep, considérés comme les plus capés, sont prêts à prendre leurs responsabilités. Une équipe collégiale de Camerounais répondrait aussi aux attentes du public. En ce qui concerne les candidats non-camerounais, on compte, notamment, l'Allemand, Lothar Matthaus, les Français, Pierre Lechantre (dont le passage à la tête des Lions fut un succès) et Raymond Domenech, qui est, sans doute, l'un des sélectionneurs les plus qualifiés de cette liste. Il avait, notamment, conduit les Bleus en finale de la coupe du monde en 2006 en Italie. Son problème est celui-ci : peut-il résider au Cameroun (de manière effective), et abandonner, provisoirement, son épouse de journaliste de télévision qu'il aime beaucoup ?

Le Maroc cherche, par tous les moyens, à faire oublier son statut de « pays lâcheur » depuis qu'il avait fait faux bond, en se retirant, cinq mois, avant l'organisation de la CAN 2015, à cause du virus Ebola que ses autorités disaient constituer une menace pour la survie des sujets du royaume. La Guinée équatoriale se porta candidate, au pied levé, enlevant la honte à l'Afrique qui se profilait à l'horizon quand le (très lointain) Qatar, avec ses pétro-dollars, s'était proposé pour organiser la compétition. Depuis cette trahison (royale), le Maroc n'arrête pas de vouloir se faire excuser et se racheter. Parfois en organisant de véritables coups bas à ses frères d'Afrique. Le dernier en date a mis en exergue, le président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, quand il a, vainement, ces derniers jours, cherché à dessaisir l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun parce que ce pays « n'était pas prêt ». Tous les Camerounais ont défendu leur CAN en disant « Stop » à Ahmad Ahmad qui, depuis, a changé de langage, avec son staff. Maintenant, le Maroc jette son dévolu sur l'organisation de la Coupe du Monde 2026 que la FIFA devrait, logiquement, attribuer à un pays du continent américain. Jusqu'où ira le royaume du Maroc pour satisfaire ses instincts de puissance ?