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Pour la toute première fois, les chefs d'Etat de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) et de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont tenu un Sommet commun pour mettre sur la table la question du terrorisme islamique et du djihadisme, qui sévit dans cette partie du continent. Organisé, le 30 juillet, à Lomé, au Togo, ce Sommet a été co-présidé par Faure Gnassingbé en tant que président en exercice de la CEDEAO, et son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC.

Le Togo vient de connaître deux journées de folie, en organisant trois importants événements politiques, en l'espace, seulement, de deux jours. Lundi, 30 juillet, la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), ont réuni une vingtaine de chefs d'Etat, dans la grande salle de conférence de l'Hôtel 2 Février de Lomé. De son côté, l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) a tenu son Sommet, en fin de journée, pour quelques heures, après la fin du Sommet de la CEDEAO/CEEAC. Mardi, 31 juillet, la CEDEAO, toute seule, a convoqué son 53e Sommet pour prendre d'importantes décisions et se donner un nouveau président en exercice pour un an.

Le Sommet tant attendu a, enfin, été tenu ce lundi, 30 juillet, à Lomé, sous la co-présidence de Faure Gnassingbé, président du Togo et président en exercice de la CEDEAO, et d'Ali Bongo Ondimba, président du Gabon et président en exercice de la CEEAC. Pour la première fois, les deux organisations sous-régionales (soeurs) ont décidé de mutualiser leurs moyens et de faire front commun contre le terrorisme, la radicalisation et l'extrémisme violent.

Cet après-midi et jusqu'en début de soirée, le président du Togo, président en exercice de la CEDEAO, Faure Gnassingbé, a accueilli une quinzaine de chefs d'Etat venus participer, lundi, 30 juillet, à Lomé, au Sommet de la CEDEAO/CEEAC sur le terrorisme et l'extrémisme violent. Les arrivées vont se poursuivre dans la nuit, et même demain matin, avec, notamment, celle du co-président du Sommet, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, président du Gabon et président en exercice de la CEEAC.

Le Togo se sent honoré qu’il accueille le deuxième Sommet sur le Terrorisme et l'Extrémisme violent, le premier Sommet du genre s'étant tenu, en 2013, à Yaoundé, au Cameroun. « Je voudrais, au nom du président de la République togolaise et président en exercice de la CEDEAO, Faure Essozimna Gnassingbé, vous souhaiter la bienvenue dans notre ville cosmopolite où nul visiteur n’est étranger », a indiqué le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey, dans son discours de bienvenue à ses collègues, samedi, 28 juillet.  La réunion ministérielle élargie aux présidents des Commissions de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), a donné lieu à l'adoption d'un projet de Déclaration qui devrait être validé, lundi, 30 juillet, par les chefs d'Etat.

L'Afrique est active face aux manoeuvres des djihadistes du Sahel et du Lac Tchad. Si on dit, souvent, que le bandit a une longueur d'avance sur le gendarme, le radicalisme et l'extrémisme sont très loin d'avoir gagné. Les Etats africains concernés s'organisent, individuellement et collectivement, pour faire échec à cette violence aveugle qui s'est invitée, sans s'annoncer, dans la vie quotidienne des Africains. Après Yaoundé, en juin 2013, les pays africains de l'Ouest et du Centre, ainsi que, leurs partenaires extérieurs, se donneront rendez-vous, à Lomé, en juillet 2018, pour actualiser leur logiciel de lutte contre ce phénomène des temps modernes. L'union faisant la force, et sous les auspices des Nations-Unies et de leurs partenaires occidentaux et des pays émergents, les pays membres de la CEDEAO et de la CEEAC pourront, ainsi, faire le bilan, depuis la conférence de Yaoundé, de leur partenariat dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et définir de nouveaux axes de collaboration afin que les djihadistes se sentent traqués, pourchassés, où qu'ils se trouvent.

Comparée à la dynamique CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), la CEEAC n'affiche qu'une existence virtuelle. Institution budgétivore à l'efficacité pas du tout prouvée, même les pays membres n'y croient guère, eux qui accumulent, désormais, la bagatelle de 35 milliards de F CFA, en arriérés de cotisations, soit, au moins, trois années de fonctionnement. Frappés par la baisse des prix des matières premières dont le pétrole et le gaz que produisent à grande échelle, plusieurs de ses membres, les pays de la CEEAC, on peut, aisément, l'imaginer, ont d'autres priorités plus pressantes. Cela dit, les pays d'Afrique centrale sont connus pour être peu disciplinés dans l'atteinte des objectifs communautaires contrairement à ceux de la CEDEAO. C'est une réalité : chaque chef d'Etat pense d'abord à lui-même et à son pays avant de penser à la communauté. Président en exercice de la CEEAC, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a entrepris, ces derniers jours, une tournée qui l'a conduit dans des pays comme le Rwanda et l'Angola, afin de bien préparer les assises des 5 et 6 mars prochains, à Libreville. Combien de chefs d'Etat y participeront-ils quand certains ne sont pas loin de penser que les Sommets de la CEEAC ne sont qu'un simple passe-temps, en plein ajustement structurel des pays de la CEMAC auprès du FMI, le gendarme financier mondial ?

On ne reprochera pas à Bongo Ondimba Ali (BOA) de chercher à (re)devenir un chef d'Etat tout à fait présentable sur le plan international. Le Sommet de la CEEAC de ce 30 novembre 2016 a été organisé à cet effet. Mais c'est raté. BOA devra chercher d'autres solutions pour être bien vu, l'élection du 27 août ayant laissé de profondes traces.