Cemac

Bruno Le Maire et ses homologues africains des Finances de la Zone Franc échangeront, vendredi, 11 octobre, à Bercy, à partir de 8h30, sur les grands enjeux économiques et monétaires d’intérêt commun. C'est une phrase savante qui veut tout dire et rien du tout. En fait, le F CFA est à l'ultime tournant de son existence en tant que (sous)monnaie des anciennes colonies françaises. Mais, au-delà de cet enjeu incontestable que l'opinion africaine suit, désormais, de très près, avec beaucoup d'intérêt, Bruno Le Maire va, aussi, rappeler les fondamentaux qui doivent guider la bonne tenue des économies de la zone. Explication du professeur à ses chers étudiants !?

En amont des réunions de la zone franc à Niamey (Niger) du 28 mars auxquelles le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, prendra part, Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice de la CEMAC, a convoqué un Sommet, à N'Djamena, ce dimanche, 24 mars, pour une concertation préalable et nécessaire des pays membres. C'est vrai qu'on a parlé des réformes institutionnelles que conduit le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (absent à N'Djamena), depuis 2006, mais aussi, de la circulation des biens et des personnes, mais surtout, il a été question du F CFA. Cette sous-monnaie gérée par le Trésor français (Ministère français de l'Economie) et dont les Africains des 14 pays où elle est utilisée, ne veulent plus.

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

Quatre chefs d'Etat sur six se sont retrouvés au Tchad pour le Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). Seuls le Congolais, Denis Sassou-Nguesso et le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, n'ont pas effectué le déplacement. Dans l'ensemble, les pays de la CEMAC ont évité la dévaluation du F CFA ; l'heure est, désormais, aux réformes avec le FMI (Fonds monétaire international).

Avec un Produit intérieur brut (PIB), qui doit, pour la première fois, dépasser la barre des 120 milliards de dollars à prix courants, en 2017, soit plus que le PIB des pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) réunis, le royaume chérifien se donne les moyens de croquer, économiquement, les pays d'Afrique noire. On peut comprendre, en filigrane, le comment et le pourquoi de l'annulation du Sommet Israël-Afrique qui était prévu, à Lomé, du 23 au 27 octobre 2017. En réalité, Israël aurait été un sérieux prétendant à la contestation de la suprématie économique du Maroc en Afrique noire. Le roi Mohammed VI voyait cela d'un très mauvais œil. Qui dit mieux : à chaque pays de veiller à la sauvegarde et à la préservation de ses intérêts (stratégiques).

Concernant l'hypothèse de la dévaluation du F CFA-CEMAC (avancée ces dernières semaines), plusieurs questions se posent auxquelles il serait difficile d’apporter des réponses de façon, parfaitement, exacte parce que la science économique est un grand champ d’incertitude. La principale question est, cependant, de savoir si le F CFA-CEMAC a, vraiment, besoin d’être dévalué ?

Une nouvelle parcourt les réseaux sociaux, depuis quelques jours, qui annonce la prochaine dévaluation du F CFA (Zone BEAC). Cette fâcheuse nouvelle a commencé à être reprise par certains journaux, sans aucun recul, notamment, au Cameroun, où, parfois, on est à l'affût (irréfléchi) de tout ce qui s'écrit et se dit, sur la place parisienne. Pourtant, la nouvelle est fausse : aucune dévaluation du F CFA n'est prévue. Ni aujourd'hui, ni demain. Ni même après-demain. Les programmes d'ajustement doivent être (ou sont déjà) signés avec le FMI. Ce qui, par contre, est à l'ordre du jour de la réflexion, c'est la Zone Franc elle-même, au moment, où les Africains pressent leurs dirigeants à avoir leur propre monnaie, qui puisse garantir les pays concernés de tous les attributs de la souveraineté.

Afriqueeduction.com l'avait annoncé, hier, à 12h47 : Le Sommet de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) n'allait pas déboucher sur une dévaluation du F CFA, mais sur le retour des pays de cette zone dans les fourches caudines du Fonds monétaire international (FMI). C'est fait. Paul Biya, le président camerounais, qui a convoqué ce Sommet extraordinaire, invite ses cinq homologues à vite conclure des programmes (bilatéraux) avec le FMI. Mais il y a un problème : certains chefs d'Etat (mal élus) étant sur un siège éjectable, sur le plan politique national, il leur sera très difficile de bien suivre le processus d'application de ce qu'ils auront signé avec Christine Lagarde.

Ca va mal dans la grande famille de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). La baisse des prix des matières premières, et singulièrement, du pétrole dont cinq pays sur six, sont exportateurs, a fait, littéralement, plonger les agrégats des économies. D'aucuns vont même jusqu'à parler de dévaluation du F CFA, en 2017. Qu'on se calme : il n'en sera rien. Pas de panique. Président du pays qui est la locomotive de la sous-région, Paul Biya convoque ses homologues pour calmer le jeu et prendre des mesures draconiennes pour affronter cette fâcheuse situation.