Centrafrique

La Centrafrique a accédé à l'indépendance le13 août 1960. C'était hier au regard de l'histoire du monde... La Centrafrique à 60 ans est une jeune nation au destin tragique.
L'opinion publique ne retient, la plupart du temps, de ces soixante années que les facéties de Jean-Bedel Bokassa et son incroyable sacre, "l'affaire des diamants", les nombreux coups d'état qui ont jalonné l'histoire de ce pays d'un peu plus de 4 millions d'habitants, situé au coeur du continent. 

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a adopté, mardi, 4 août, une résolution visant à prolonger d'un an les sanctions contre la République centrafricaine (RCA). Le gouvernement n'aura donc pas réussi à enlever les sanctions qui pèsent sur le fonctionnement des institutions, notamment, l'équipement en bonne et due forme de l'armée. Les Nations-Unies justifient une telle décision par l'incapacité manifeste du gouvernement à réduire l'activité des 14 milices qui écument près de 80% de la superficie du pays. A quoi a donc servi la présence de « l'alliée » russe (et ses mercenaires) dont la mission principale semble être l'exploitation des ressources naturelles du pays ? A-t-on livré le pays aux Russes sans contrepartie comme cela semble être le cas ? Cette question est posée car on ne voit pas la contrepartie de la présence russe en RCA.

Une des conséquences des violences perpétrées  par les milices depuis 2013 est la mise en danger du système éducatif. 

L'ex-président centrafricain, François Bozizé, chassé du pouvoir par des rebelles en 2013, a annoncé, samedi, 25 juillet, sa candidature à l'élection de décembre 2020, devant les militants de son parti réunis en congrès à Bangui. Une très bonne nouvelle pour ces militants du parti Kwa na Kwa (KNK, le travail rien que le travail), qui semblait orphelins, il y a quelques années, du fait de la persistance de son exil involontaire en Ouganda. Son retour non souhaité et combattu par le pouvoir en place, rend à coup sûr la présidentielle indécise dans la mesure où François Bozizé, ancien président de la République, dispose d'un savoir-faire électoral que personne ne conteste.

De religion musulmane dans un pays majoritairement chrétien et animiste, les Peuls centrafricains ( Peuls-Mboro ) ne représentent que 6 % de la population. Eleveurs ou gardiens de bétail, ils sont installés dans les pâturages à l'Ouest du pays ou nomades dans la région de Bambari.

Le combat mené par la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation en Centrafrique) contre les milices rebelles est un combat juste et légitime pour la paix, la protection des droits humains et la restauration de l'Etat. 

La Centrafrique compte quelques 15.000 pygmées vivant en communautés semi-nomades en forêt ou sédentarisés hors de leur habitat traditionnel, en lisière de forêt. Sa constitution est censée, depuis 2016, les protéger au titre des " populations autochtones".

La promulgation du Code de l'enfant par le président de la République centrafricaine le 15 juin 2020  mérite d'être saluée. Ce nouveau code vient compléter très heureusement les dispositions du Code de la famille et du Code pénal.

Dans son dernier rapport remis au Conseil de Sécurité à la mi-juin, le secrétaire général des Nations-Unies se dit préoccupé par la poursuite des confrontations entre les milices et leurs conséquences, en Centrafrique.

Face  à la persistance des violences, il a fallu trouver les moyens de venir à bout des bandes armées, qui occupent, toujours, une grande partie du territoire national et continuent de terroriser la population. 

Le coronavirus est pour beaucoup de Centrafricains une réalité lointaine. Une grande partie de la population prend les dispositifs de prévention à la légère. Pourtant, côté équipement des hôpitaux, le pays est très mal loti. A titre d'exemple, pour 1,4 million d'habitants, la République centrafricaine ne compte que 3 respirateurs.

Il me semble que le gouvernement et l'ensemble de la classe politique centrafricaines devraient faire preuve de plus de fermeté dans la dénonciation des violences commises par les milices et de clarté dans le soutien apporté à  la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation en Centrafrique ) et à la Cour pénale spéciale centrafricaine (CPS).

Le lancement de la nouvelle plate-forme de la majorité présidentielle, "Coeurs Unis ", en vue des élections, le 15 mai 2020, témoigne de la volonté du président, Faustin-Archange Touadéra, et de ses alliés, de rester au pouvoir. 

Cinq chefs d'une milice centrafricaine ont été condamnés, vendredi, 7 février, à Bangui, aux travaux forcés à perpétuité pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" pour le massacre de dizaines de civils en 2017. Une première dans ce pays ravagé par la guerre civile depuis 2013.

Des dizaines de personnes ont été tuées le week-end du 25 janvier dans des affrontements intercommunautaires entre miliciens à Bria, ville diamantifère de l'Est du Centrafrique, au coeur des conflits qui ravagent ce pays depuis près de 20 ans. On avait cru à une accalmie dans le pays. Certains annonçaient même prématurément la fin des violences. Malheureusement, ces nouveaux massacres (en dizaines de tués) viennent montrer que le Centrafrique n'est pas, encore, au bout de l'horreur, et que le pouvoir, au lieu de dormir sur ses lauriers, en pensant que les Accords de Khartoum ont résolu le problème de la violence dans le pays, doit redoubler d'ardeur, afin que son bilan soit à peu près défendable pendant la prochaine campagne présidentielle.

En exil après avoir été chassé du pouvoir en 2013, François Bozizé vient de rentrer à Bangui, selon son parti et ses proches. L’ancien président centrafricain n'a jamais caché son intention de reprendre le pouvoir par les urnes, alors que se profile la présidentielle de décembre 2020. Sa candidature va bouleverser la donne et le premier à s'en inquiéter pourrait être l'actuel président de la République. En effet, tous les deux puiseraient leur force électorale dans le même gisement.

Le célèbre Camp Beal va cesser d'être un repaire de bandits de grands chemins et de criminels. Au terme de plusieurs mois de tractations et de négociations difficiles, les Forces armées centrafricaines (FAC) viennent de le libérer, au grand bonheur des populations riveraines, notamment, les habitants des 200 Villas de Bangui. Comme quoi, la persévérance finit toujours par payer.

Pendant que l'opposition demande, carrément, au président, Faustin Archange Touadéra, de favoriser la mise sur pied d'une transition afin de gérer la situation actuelle, les combats reprennent à l'intérieur du pays, et on se demande si l'élection présidentielle prévue fin 2020 pourra se dérouler dans un tel climat de guerre.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a déclaré, jeudi, 18 septembre, vouloir poursuivre pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, deux ex-chefs de milice centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, et Alfred Yekatom, député. A un an de son départ de la CPI, pour fin de mandat, la Gambienne entend garnir son tableau de chasse qui ne compte que du « gibier » africain, ses huit ans à la CPI comme procureure ne lui ayant jamais permis de débusquer aucun sanguinaire européen, américain ou asiatique, ni tueur d'aucune autre région du monde que l'Afrique.

Qu'on ne compte pas sur Nicolas Tiangaye pour enrober ses phrases afin qu'elles fassent moins mal à Faustin Archange Touadéra, le président de la République. C'est clair que l'ancien premier ministre et célèbre avocat de profession, Nicolas Tiangaye, est en colère. De l'immobilisme de Touadéra. De la démagogie de Touadéra. De l'inconstance de Touadéra. De la navigation à vue de la politique de Touadéra. Des mensonges de Touadéra, etc. Là où les autres ténors de l'opposition préfèrent rester sans voix, lui, l'ancien premier ministre de 2013 à 2014 après avoir présidé pendant 13 ans la célèbre Ligue centrafricaine des droits de l'homme, met les pieds dans le plat, se faisant applaudir dans Bangui (jusqu'au kilomètre 5) et dans l'intérieur du pays. Car on dirait que le gouvernement a cessé depuis début 2019 de travailler pour le bien-être de tous les Centrafricains, et ne prépare que la réélection du président, Faustin Archange Touadéra. La colère de Me Nicolas Tiangaye réveillera-t-elle tous ceux qui dorment, aujourd'hui, dans l'opposition comme si le pouvoir leur administrait, chaque matin, une bonne dose de camomille pour les rendre, totalement, amorphes, passifs et inoffensifs, tout le long de la journée ?