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Centrafrique

L'ancien premier ministre centrafricain et actuel président du principal parti d'opposition, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), Martin Ziguélé, donne sa lecture des événements qui traversent son pays : Accord de Khartoum, Enchères des rebelles, Nomination de gouvernements, Action du gouvernement, etc. Il dit tout, en responsable politique qui aspire, un jour, à diriger l'Etat du Centrafrique.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, mardi, 9 avril, à l'unanimité, une déclaration établissant des critères vers une possible levée, d'ici la fin de l'année, de l'embargo sur les armes imposé au Centrafrique depuis 2013. C'est une bonne nouvelle pour ce pays. Mais, sans se cacher la face, la Russie, grâce à sa forte implication dans la résolution de la crise centrafricaine, cs derniers mois, a beaucoup aidé pour faire fléchir la position de certains membres permanents du Conseil de sécurité, comme les Etats-Unis, qui, jusqu'à il y a peu de temps encore, ne voulaient pas entendre parler de la levée de cet embargo.

Député à l'Assemblée nationale, l'ancien premier ministre et actuel président du principal parti d'opposition, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), Martin Ziguélé, n'a pas mâché les mots pour donner sa lecture des graves événements qui déstabilisent son pays : Accord de Khartoum (le 8e du genre en l'espace de cinq ans), enchères des rebelles, nomination d'un nouveau premier ministre et de plusieurs ministres issus de la rébellion, action du chef de l'Etat à la tête du pays depuis bientôt quatre ans, etc. En responsable politique qui ambitionne de diriger la République centrafricaine, il donne un éclairage de la situation du pays que les dirigeants actuels devraient lire avec intérêt.

La main du gouvernement est vraiment tendue et prête à récupérer tous les rebelles de bonne foi. Trois importants chefs rebelles du Centrafrique ont, ainsi, été nommés "conseillers spéciaux militaires" à la primature, selon un décret présidentiel rendu public lundi, 25 mars. La réconciliation semble souhaitée par d'autres dirigeants politiques de premier plan de l'opposition. Dans une interview à paraître, la semaine prochaine, dans le numéro 475 d'avril d'Afrique Education, l'ancien premier ministre et actuel président du MLPC, Martin Ziguélé, salue l'ouverture d'esprit du gouvernement et demande, aussi, aux rebelles de faire preuve de responsabilité.

Après la signature de l'accord de paix, à Khartoum, puis, à Bangui, début février dernier, le 8e accord de paix du genre, les acteurs à la crise centrafricaine sont, à nouveau, réunis, à Addis Abeba, pour tenter de sauver cet accord, déjà, remis en question à cause de la « non-inclusivité » du gouvernement formé par le premier ministre, Firmin Ngrebada, dont la tête est mise à prix par onze des quatorze mouvements rebelles signataires. A Bangui, on retient son souffle d'autant plus que le président, Faustin-Archange Touadéra, est invité par les belligérants à devenir, lui-même, leur nouvel et unique interlocuteur. Que compte faire l'Union africaine, facilitateur de cette nouvelle crise ?

Après un léger flottement au niveau des instances de décision de l'Union africaine (UA), Khartoum a, finalement, abrité, mardi, 5 février, la signature de l'accord de paix entre rebelles et pouvoir, comme c'était prévu dimanche. Principal protagoniste, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, y a participé, de même que son homologue soudanais, Omar el-Béchir. Etait absent, le président du Tchad, Idriss Déby Itno, qui, au même moment, participe, à Ouagadougou, à la 5e Conférence de la Force G5 Sahel, avec ses homologues du Faso, du Niger, de la Mauritanie et du Mali.

Patron du football centrafricain et ex-milicien, Patrice-Edouard Ngaïssona, arrêté, à la mi-décembre, en France, a été transféré, mercredi, 23 janvier, à la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés. Ce transfèrement a lieu au moment où s'ouvre à Khartoum, au Soudan, une grande conférence de paix qui réunit 14 rébellions armées et le gouvernement, sous l'égide de l'Union africaine et de quelques partenaires bilatéraux.

Après 2003 et 2013, le sultan du Tchad, Idriss Déby Itno, est en train de se lancer dans une troisième aventure militaire en Centrafrique. Comme les deux précédentes qui entraînèrent le départ d'Ange-Félix Patassé (2003) et de François Bozizé (2013), celle de 2019 aura pour but d'évincer le président, Faustin-Archange Touadéra, du pouvoir. Comme les deux autres qui furent soutenues par Jacques Chirac et le "silence" de François Hollande, l'actuelle opération militaire est parrainée par le jeune président français.

Chacun voit midi devant sa porte. Pour que le jeune président français quitte la France, en pleine crise des « Gilets Jaunes », un samedi, où on risque d'avoir de la casse lors des manifestations, pour se rendre, dans les tropiques, plus précisément, au Tchad, montre que le dossier pour lequel il se déplace, ne peut attendre. C'est vrai que celui que ses détracteurs appellent « l'ancien banquier de l'Elysée » n'a rien d'un barbouzard, on n'a qu'à regarder son beau visage pour s'en convaincre (encore que...), mais, n'est-il pas au pouvoir pour défendre les intérêts de son pays ? Le voilà donc chez Idriss Déby Itno (surnommé le sultan pour sa manie à considérer le Tchad comme une propriété privée, un vrai sultanat), le faiseur de basses besognes dans la sous-région, le bras armé de Paris dans la zone sahélo-sahelienne. De quoi vont-ils parler ? Si j'étais Faustin-Archange Touadera, je commencerais par déménager pour faire chambre commune avec le conseiller russe chargé de sa sécurité. Car le président centrafricain (ou ce qu'il en reste son pays étant envahi à plus de 80% par les milices), forcément, sera au centre des discussions à N'Djamena.

Ex-chef de milice centrafricaine et figure de proue des autorités du football africain, Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté, mercredi, 12 décembre, en France, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a annoncé la Cour pénale internationale (CPI). Il a été, aussi, brièvement, ministre des Sports dans le gouvernement de l'ancien premier ministre (et actuel président de la République), Faustin Archange Touadéra.

Ils n'arrêteront jamais de nous étonner les Gaulois. Après avoir attaqué la Russie d'avoir utilisé à d'autres fins la résolution onusienne qui l'autorisait à livrer des armes au Centrafrique, la France, après avoir constaté que la Russie faisait la sourde oreille à ses remarques, change, aujourd'hui, de fusil d'épaule. La sortie de la ministre française de la Défense, Florence Parly, est plus conciliante, constructive et montre une volonté de coopération et non de confrontation.

Le deuxième groupe bancaire russe, VTB, a attribué, par erreur, un prêt de plus de 800 milliards de roubles (10,5 milliards d'euros, soit, 6.877,75 milliards de F CFA) au Centrafrique, a fait savoir la banque en réponse aux révélations de plusieurs médias.

Ce n'est pas avec joie que la France a appris que la Russie avait été choisie pour s'occuper de la sécurité du président, Faustin Archange Touadéra. C'est un pied de nez grave que l'ancienne métropole coloniale a pris en plein visage et que son chef de la diplomatie tente bien que mal de corriger aujourd'hui. En effet, il y a deux ans, Jean-Yves Le Drian, à l'époque, ministre de la Défense sous le magistère de François Hollande, intimait l'ordre aux troupes françaises présentes en Centrafrique de rentrer en France, laissant le pays face à une rébellion qui n'occupait, en ce moment, que trois départements sur seize. L'insistance de Touadéra pour que l'armée française reste n'ayant reçu aucune écoute à Paris, le nouveau président ne tarda pas à être débordé par les miliciens, qui se répandirent, rapidement, dans onze autres provinces, ainsi que, dans la périphérie de Bangui. Le recours à la Russie a été la conséquence du départ de la France. C'est comme si Paris avait cherché à favoriser l'éjection de Touadéra du pouvoir, lui qui avait été élu démocratiquement en mars 2016. D'aucuns avaient même parlé d'agenda caché de Paris. A cet égard, la récente destitution de Karim Meckassoua de la présidence de l'Assemblée nationale est considérée par certains observateurs comme la riposte du pouvoir en place face à ses différentes manoeuvres de déstabilisation du pouvoir de Bangui, lui qui est réputé avoir de très bonnes entrées dans la capitale française. La nature ayant horreur du vide, Vladimir Poutine, contrairement, aux Français, ne s'est pas fait prier. Il a, immédiatement, volé au secours de Touadéra, après avoir convaincu le conseil de sécurité de ses bonnes intentions. Celles-ci ont, légèrement, évolué, au regard de la situation en place, le Centrafrique étant, aussi, un pays avec un sous-sol très riche. Désormais, il faudra, donc, compter avec la Russie en Centrafrique. Mais aussi avec la Chine. La France n'y sera plus seule comme avant. Les Centrafricains, de leur côté, ne subiront plus la seule loi de la présence française. Désormais, ils pourront, aussi, faire appel aux Russes et aux Chinois, lors des appels d'offre.

Les milices musulmanes ne pouvaient pas laisser passer ce qu'elles considèrent comme une « injustice » à l'endroit d'un des leurs : la destitution de Karim Meckassoua de la présidence de l'Assemblée nationale passe mal. L'ex-Séléka, par exemple, annonce une guerre qui ne dit pas son nom mais qui en est une. En effet, elle a donné, samedi, 27 octobre, un ultimatum de 48 heures aux représentants de l'Etat centrafricain pour quitter les zones du pays sous son contrôle. Cette menace que Bangui ne prend pas à la légère car tout le monde sait qui est Séléka, n'est pas une bonne affaire pour le pouvoir du président, Faustin Archange Touadera dont on ignore tout, absolument tout, de sa stratégie.

Mine de rien, que le temps passe vite. Au pouvoir depuis mars 2016, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadera, organisera une élection présidentielle, au premier trimestre de 2021 à laquelle il sera, naturellement, candidat. Mais, le pays tournant, toujours, au ralenti à cause d'une rébellion qui est plus active que jamais, malgré les discours, le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, a préféré prendre les devants en anticipant une implication plus forte de son organisation lors de ces importantes et futures échéances électorales.

Question à 10.000 F CFA (15 euros). Que veut la France en Centrafrique, pays où elle a retiré son armée, il y a deux ans, malgré les supplications de son nouveau président, Faustin Archange Touadera, alors que les rébellions battaient, encore, leur plein à l'intérieur du pays jusqu'aux faubourgs de Bangui ? La question étant peut-être mal posée, faudrait-il sans doute dire les choses autrement : en réalité que ne veut pas la France en Centrafrique, bien qu'elle ait pris la poudre d'escampette laissant ce pays se démerder dans ses graves difficultés ? Réponse, également, à 10.000 F CFA (15 euros) : que la Russie de Poutine s'y implante pour aucun prétexte, elle qui a commencé, grâce à un feu vert du Conseil de sécurité, à y fournir des armes avant de s'y installer : aujourd'hui, c'est la Russie qui (chose incroyable il y a un an) s'occupe de la sécurité personnelle du président, Faustin Archange Touadera. C'est une très mauvaise affaire pour Paris et on comprend qu'Emmanuel Macron ait mis en route sa cheffe des armées, Florence Parly, pour contrecarrer les plans de Moscou. Car la stratégie de la Russie ne se limite pas au seul Centrafrique. Elle s'inscrit dans un vaste plan où elle va marcher main dans la main (comme tous bons partenaires des BRICS) avec la Chine du camarade Xi Jinping.

La plus belle fille du monde ne peut offrir que ce qu'elle a, dit un proverbe bantou. Pays (encore) émergent, au niveau de son économie et surtout de son industrie, la Russie est une superpuissance mondiale (avec les Etat-Unis) au niveau de son industrie militaire et ses renseignements. Voilà pourquoi Washington respecte Moscou et tient compte de ses positions au Conseil de sécurité des Nations-Unies. A défaut de fournir les capitaux aux pays africains comme la Chine ou d'y favoriser la coopération sur le plan économique, industriel ou culturel, la Russie offre son savoir-faire sur le plan militaire. C'est le cas en Guinée équatoriale où elle entretient une base navale primaire, et de plus en plus en Centrafrique et au Burkina Faso où elle va soutenir Ouagadougou dans sa lutte contre le terrorisme islamique. En Egypte, Moscou est revenu à sa coopération d'antan, avec une base militaire qui lui permet d'avoir l'oeil sur les mouvements militaires occidentaux dans la sous-région. On remarque que la montée en puissance de la Russie se fait au moment où, faute de moyens, les pays occidentaux à l'exemple de la France, commencent à battre en retraite. L'Afrique coûte trop cher, entend-on dire, par exemple, à Paris.

La Russie (comme la Chine) a un principe : coopérer avec les Etats d'Afrique sans s'ingérer dans leurs affaires intérieures, contrairement, aux Occidentaux qui sont des donneurs de leçons devant l'éternel. De plus, la Russie n'a pas un passé colonial en Afrique, nommément, identifié, contrairement, aux pays occidentaux, qui avaient fait semblant de quitter l'Afrique en y restant pleinement. Alors, où est le problème quand un pays (malmené par son ancienne puissance colonisatrice) décide de prendre son destin en main, en s'alliant avec l'ennemi de son ancien colonisateur ? Voilà le cas de figure qui se pose en Centrafrique où, après avoir pris la poudre d'escampette en octobre 2016, en rapatriant sa Force Sangaris, à cause des coûts qu'elle générait dans le budget de l'Etat, la France est jalouse (c'est le mot exact), aujourd'hui, que le Centrafrique se trouve un nouveau protecteur pour l'aider à faire face aux menaces sécuritaires qui l'assaillent. Ce n'est pas juste de la part de Paris ! Les puissances occidentales, surtout, membres du Conseil de sécurité, devraient plutôt applaudir Moscou des deux mains. Mais, il y a qu'avec la présence des Russes en Centrafrique, les manœuvres de déstabilisation des uns et des autres ne passeront plus comme une lettre à la poste. Moscou les bloquera. Et cela énerve. Dès lors, pour ternir cette présence, on la salit de plusieurs manières, même en attentant à la vie de trois illustres confrères qui n'étaient là que pour faire leur métier. Mais la Russie n'étant pas un enfant de choeur, on la trouvera sur sa route si on lui cherche « noise ».

Trois journalistes russes présents depuis quelques jours en République centrafricaine (RCA) pour une enquête sur l’implication de mercenaires russes dans le pays, ont été, froidement, abattus par des inconnus. Depuis, l'enquête piétine et fait craindre le même sort qui fut réservé à Camille Lepage, cette photojournaliste qu'on assassina, en mai 2014, alors qu'elle se trouvait avec les miliciens anti-balaka, dans le maquis, pour effectuer son travail de journaliste. Son enquête n'a, depuis lors, donné lieu à aucune avancée. Ni en France, ni en Centrafrique. Reporters sans frontières (RSF), la police de la presse, tire, à juste titre, la sonnette d'alarme. L'organisation demande aux gouvernements centrafricain et russe de tirer cette affaire au clair.

Les ministres togolais des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, et centrafricain, Charles Armel Doubane, ont signé, ce dimanche, 29 juillet, à Lomé, un document qui consacre leur marche bilatérale vers l'intégration. Il s'agit d'une première étape sans laquelle le reste du processus de rapprochement ne peut avoir de consistance. Désormais, plus de visa pour aucun des citoyens des deux pays à quelque niveau que ce soit.

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