Clarification.

Un millier de Maliens ont manifesté, vendredi, 10 janvier, à Bamako, pour réclamer le départ des troupes étrangères, en particulier, de la Force française Barkhane, à trois jours du Sommet, en France, destiné à "clarifier" les rôles dans la lutte contre le djihadisme au Sahel. On aurait tort de se focaliser sur le « millier de Maliens » qui aurait manifesté. Ici, c'est la force du symbole qui compte, et qui montre que les Maliens, en général (y compris ceux du Mali silencieux), ne sont pas d'accord avec la gestion de la lutte anti-terroriste au Mali, et plus généralement, dans le Sahel. Les griefs sont sur toutes les lèvres : sous prétexte d'aider le Mali à lutter contre les djihadistes, la France utilise son armée pour mieux s'installer (économiquement et politiquement) au Mali et dans cette sous-région, qui est convoitée par d'autres puissances comme la Chine, qu'on ne voit pas beaucoup (c'est vrai) maintenant où il faut y imposer la paix et la sécurité. Les vérités doivent se dire à Pau et si Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et ses homologues du G5 Sahel se font les porte-paroles de leurs compatriotes sur cette présence de Barkhane, ils mettraient rapidement Emmanuel Macron en difficulté. Ce que veulent les Maliens dont un millier a manifesté vendredi, c'est de demander à la France d'intervenir comme la Russie est intervenue en Syrie. La Russie qui y entretient une base militaire, y signe aussi des contrats, mais, dans le cadre d'un processus transparent et admis par tous. Avec la France, il y a, toujours, des relents de néocolonialisme, qui viennent polluer ses meilleures intentions. C'est donc elle et son président, Emmanuel Macron, qui doivent changer après une « clarification » utile à Pau. Et non le contraire.