Congo-Brazzaville

Le général, Jacques Joachim Yhombi-Opango (JJYO), est décédé, lundi, 30 mars de suite de maladie à l'hôpital américain de Neuilly. L'ancien président congolais a été emporté par le coronavirus, à l'âge de 81 ans et donc va être incinéré ou enterré dans les 72 heures. Sa mort laisse des sentiments controversés au sein de la très politique diaspora congolaise de France. Voici, ci-dessous, ce qu'en pense, par exemple, Me Maurice Massengo Tiassé, un des grands témoins de l'histoire tumultueuse du Congo, qui venait de commettre un livre très bien documenté sur les assassinats dans son pays. Ce livre dont le dictateur 5 étoiles ne veut pas entendre parler s'intitule, « L'autopsie d'un Etat totalitaire : Ma part de vérité, Sassou-Nguesso, Accusé, Répondez ». Interdit (de lecture publique) au Congo-Brazzaville, ce livre ne circule que sous les gandouras et les kaba ngondos.

Denis Sassou N'Guesso, le dictateur 5 étoiles du Congo-Brazzaville, a annoncé, samedi, 28 mars, soir, à Brazzaville, dans un message radiotélévisé d'un peu plus de vingt minutes, une série de nouvelles mesures de lutte contre la pandémie du coronavirus. Il s'agit de mesures coercitives qui privent les populations de leur liberté. Mais, contrairement, à ses pratiques habituelles que dénonce, souvent, Afrique Education, il s'agit, ici, des mesures, qui sauvent. Celles-ci devraient, d'ailleurs, être copiées par d'autres chefs d'Etat africains car elles sont, exactement, ce qu'il faut faire pour enrayer la pandémie.

Pour Denis Christel Sassou-Nguesso, les ennuis commencent. Ses adversaires ne vont pas attendre que la justice française se détermine sur la légalité de la procédure qui a conduit à la saisie de ses trois biens immobiliers à Paris et à Neuilly-sur-Seine, d'une valeur de plus de 30 millions d'euros. Aujourd'hui, ils demandent ni plus ni moins, la levée de l'immunité parlementaire du député à Isidore Mvouba.

Denis Sassou-Nguesso de 2020 est-il encore le Denis Sassou-Nguesso de ces dernières années qui faisait la pluie et le beau temps au Congo-Brazzaville ? Désormais, c'est un président (affaibli par le FMI) qui doit composer avec beaucoup d'ennemis et adversaires politiques de toutes sortes. Ceux-ci se comptent dans son entourage immédiat, mais aussi, au sein du PCT, de l'administration et du gouvernement. Un véritable nid de crabes. A 76 ans, le chef de l'Etat congolais n'est plus (très) jeune. Rongé par les maladies des personnes de son âge (qu'on ne citera pas), il traîne, aussi, une bedaine qui transparaît dans ses costumes croisés.

Encore un livre à charge sur Sassou-Nguesso ! Avec une force tranquille, le docteur et révérend pasteur, Dominique Kounkou, avance de livres en livres, dans une marche tranquille de construction d’une œuvre monumentale qui le survivra. Il signe son vingtième ouvrage intitulé, « Congo le sang et l’or du génocide ». Il a bien su tromper ses ennemis car plusieurs de ses opposants ont cru que la flamme était éteinte après ce qu’il appelle « le bavardage petits politiques des Congolais » !  Or, sous le bavardage, le feu brûle encore et encore !

L'opposition congolaise se plaint, depuis plusieurs années, que les Nations-Unies préfèrent envoyer, comme leur représentant en Afrique centrale, des anciens ministres (au chômage) originaires de l'Afrique de l'Ouest assez perméables à la corruption. Des exemples ne manquent pas : l'ancien ministre sénégalais, Abdoulaye Bathily, était à l'oeuvre en Afrique centrale quand le président du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a modifié sa constitution, en octobre 2015, pour s'octroyer une présidence à vie, au lieu de prendre sa retraite politique. Sans qu'il ne tire la sonnette d'alarme, Abdoulaye Bathily est, fortement, accusé par l'opposition d'avoir facilité la démarche de Sassou et ignoré sa désapprobation. L'opposition congolaise avait, fortement, dénoncé cette attitude, ce qui a d'ailleurs fait monter la suspicion quand son mandat terminé, Abdoulaye Bathily a été remplacé par un autre ressortissant de l'Afrique de l'Ouest, à savoir, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Guinée, François Lonsény Fall. Inutile de dire que l'opposition congolaise qu'il rencontre dans le cadre du futur dialogue politique que compte organiser Denis Sassou-Nguesso, ne lui fait absolument pas confiance. Mais, comme s'il suivait un agenda caché, le représentant des Nations-Unies n'en a cure. A le voir fonctionner, c'est comme si l'opposition n'existait pas.

La cérémonie d'hommage à Jacques Chirac, décédé, le 26 septembre, aura lieu, lundi, 30 septembre, à Paris, suivie d'une inhumation, dans l'après-midi, en cercle privé restreint, au cimetière de Montparnasse. Si une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement, a, d'ores et déjà, annoncé sa présence, côté Afrique, les présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, grand « ami personnel » de l'illustre défunt, et du Togo, Faure Gnassingbé, assisteront bien à ces obsèques.

La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Lyon a maintenu les poursuites engagées contre un ancien espion suspecté d'avoir voulu tuer un opposant congolais en France. Le procès aura donc lieu, ce qui permettra, peut-être, à Ferdinand Mbaou de savoir si oui ou non, le président, Denis Sassou-Nguesso, est le commanditaire de cet assassinat raté.

« L'autopsie d'un Etat totalitaire : Crimes d'un génocidaire Sassou Nguesso, Accusé, Répondez ! » est disponible depuis ce vendredi, 6 septembre, en France. Un pavé de 486 pages signé Me Maurice Massengo-Tiassé, docteur d'Etat en droit, vice-président de la Commission nationale des droits de l'homme du Congo, actuellement, en exil involontaire en France. Sans jeu de mots, l'ouvrage est un réquisitoire tel qu'on n'en a plus vu depuis l'ère de feu le maréchal, Mobutu Sese Seko (ex-Zaïre actuelle République démocratique du Congo) et de feu le général, Idi Amin Dada (Ouganda).

C'est la question à laquelle répond le numéro 480 d'Afrique Education en vente, dès vendredi, 6 septembre, au Gabon et, de manière générale, chez les bons marchands de journaux d'autres pays. Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, fait, d'ailleurs, la pleine page de couverture dudit numéro. En bas de couverture, le chef des sécessionnistes camerounais, Sisiku Ayuk Tabe, qui vient d'écoper de la prison à vie pour ses « oeuvres » en Ambazonie, sa "République" virtuelle.

Ce lundi, 2 septembre, n'est pas un bon jour pour les anciens barons du régime de Blaise Compaoré. Accusés d'être les cerveaux du coup d'état manqué de 2015 au Burkina Faso, les généraux, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, ont été condamnés, respectivement, à 20 ans et 10 ans de prison ferme par le tribunal militaire de Ouagadougou. Ils vont faire appel.

Après avoir signé avec le FMI au terme d'une longue et harassante négociation de deux ans, Denis Sassou-Nguesso, risque de ne pas souffler, avant de se lancer dans la campagne en vue de sa réélection, en mars 2021. Car en fait, il sera candidat à la prochaine élection présidentielle qui pourrait même, selon certaines indiscrétions, être anticipée. Cette fois, ce n'est pas lui-même qui est mis, directement, en cause (encore que), mais, deux de ses enfants qui siègent à l'Assemblée nationale. Et pour cause, ces derniers sont accusés de détourner massivement les fonds publics.

Le parti de l'homme politique congolais, Frédéric Bintsamou, alias pasteur Ntumi, a été autorisé à reprendre ses activités politiques après trois années d'interdiction. Une décision magnanime du dictateur. Resté militaire même après avoir troqué son treillis au profit des costumes trois pièces qu'il raffole, le général 5 étoiles, Denis Sassou-Nguesso, ne comprend que le langage de la force. La force des armes. Le bruit des orgues de Staline. Jusqu'à l'heure actuelle, au Congo-Brazzaville, seul le pasteur Ntumi (la Bible dans la main) a pu la lui opposer. C'est la raison pour laquelle le pouvoir le respecte. Car il a peur de lui. Après la mascarade électorale de mars 2016, le pasteur Ntumi a sonné la révolte en cherchant à chasser par la force des armes, celui qui venait de s'imposer par la fraude électorale massive. N'ayant pas réussi, il a pris la direction de la forêt où il a mené la vie dure, pendant plusieurs mois, à la soldatesque du dictateur. Comme il n'a pas pu l'atteindre physiquement, il a ordonné l'interdiction de son parti politique, le CNR (Conseil national des républicains), une interdiction qu'il vient de lever, alors qu'il ambitionne l'organisation d'un Dialogue politique dans un contexte socio-politique où lui-même sent que la prochaine élection présidentielle de mars 2021 à laquelle il est candidat, risque d'être un exercice plus que périlleux pour son pays. Tout le monde (y compris la communauté internationale) l'observe.

Dans un communiqué qu'il avait récemment publié, le président du parti UPC (Unis pour le Congo), Paulin Makaya, avait, purement et simplement, éconduit le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique centrale, le Guinéen, François Lanceny Fall, qui ambitionne d'accompagner le processus du dialogue politique dont le but (véritable) est de permettre à Denis Sassou-Nguesso de briguer un autre mandat en 2021, avec, cette fois, moins de contestations. Car très (très) minoritaire au sein de l'électorat, Sassou qui n'a jamais gagné une présidentielle à la régulière, sait qu'il lui sera, particulièrement, difficile de passer en force, comme en 2016, avec la complicité de François Hollande à l'Elysée, qui, contre toute attente, avait marqué son accord pour que le dictateur modifie la constitution de son pays. Se sachant attendu au tournant, Sassou prend les devants en annonçant sa volonté de dialoguer. Ce processus qu'il gère et manipule de bout en bout met en scène les Nations-Unies dont l'actuel représentant en Afrique centrale est son ami personnel, mais aussi, le Conseil national de dialogue, qui est un démembrement de la présidence de la République. Et donc qui n'a aucune crédibilité ni neutralité.

Le dictateur cinq étoiles (comprenez Sassou-Nguesso) a envoyé des boursiers nationaux dans les quatre coins du monde. Très bonne initiative pour quelqu'un qui, dans sa jeunesse, commença sa carrière professionnelle par le métier d'instituteur. Mais, au final, à cause de la baisse des cours du pétrole dont le pays est ultra-dépendant, et la mauvaise gestion aidant (détournements massifs de fonds publics), il ne peut plus nourrir ces « fils » et « filles ». Ces derniers sont, du coup, abandonnés à eux-mêmes. Ceux de Côte d'Ivoire viennent de nous demander à Afrique Education de les aider à faire entendre leur cri. Nous le faisons volontiers d'autant plus que cela fait partie des missions du magazine.

Y a-t-il encore une opposition congolaise au dictateur (5 étoiles) Denis Sassou-Nguesso ? Depuis quelque temps, on a l'impression que tous les opposants, même les plus forts en thème, ont baissé pavillon. On ne les entend plus. Plus d'initiative de leur part qui puisse titiller la sérénité du dictateur suprême. Les prisonniers dont Okombi et Mokoko sont, totalement, abandonnés à eux-mêmes : on n'entend aucune protestation ni à l'international, ni même sur place au Congo. On ne voit aucune volonté d'empêcher le dictateur de tourner le Congo en rond. On a l'impression qu'il a gagné sur toute la ligne. A Brazzaville, les voix qu'on aurait voulu entendre, celles de Claudine Munari, de Mathias Dzon, du philosophe Bowao qui lui aussi semble être en panne d'imagination alors qu'il est considéré comme un laboratoire d'idées, sont tout simplement inexistantes.

Le président, Denis Sassou-Nguesso, est l'un des dirigeants des années 80 à conserver, encore, aujourd'hui, le pouvoir. Pourtant, on a tendance à oublier que la Conférence nationale souveraine de 1991 lui fut fatale en ce sens qu'il perdit la substance de son pouvoir au profit d'un premier ministre de transition : au terme d'une élection présidentielle dont il ne contrôlait plus le processus, celui-ci étant géré de bout en bout par le gouvernement de transition dirigé par André Milongo, il fut éliminé, sans gloire, dès le premier tour. Comme quoi, son impopularité n'est pas une affaire récente : de tous temps, selon les estimations de plusieurs instituts de sondage, il ne peut compter sur plus de 20% de la population, qui acceptent de porter leurs suffrages sur sa modeste personne. Il est, donc, en place contre la volonté du peuple.

Le 10e anniversaire de la mort de Docteur Edith Lucie Ondimba se déroulera, à Oyo, village natal du président, Denis Sassou Nguesso, le 10 mars prochain. Une cérémonie grandiose comme on sait en faire sur les bords de l'Alima est prévue. Chef de la famille présidentielle, Maurice Nguesso, très proche de l'ancienne première dame, a décidé d'en faire un moment inoubliable de convivialité et de reconnaissance à la mesure de la générosité de la célèbre disparue. Mais, les temps étant durs au Congo-Brazzaville comme partout, il bat le rappel des cotisations pour boucler son budget.

En attendant la signature d'un programme avec le FMI, l'Etat s'organise pour accroître ses recettes. C'est ainsi qu'il n'hésite plus à mettre à mal les cordiales et amicales relations nouées avec des compagnies pétrolières, en les dénonçant purement et simplement. Il faut remplir les caisses par tous les moyens. La compagnie italienne, Eni Congo, vient de recevoir un courrier qui annonce l'accroissement des marges de l'Etat. En attendant le tour de Total Congo ?

La situation en République démocratique du Congo (RDC) est au cœur des préoccupations. Ce grand pays partage les frontières avec dix autres de la sous-région. Il faut, donc, s'organiser de façon collective pour que les élections du 30 décembre prochain, se déroulent dans la paix et la sérénité. Cela dit, certains pays voisins sont plus exposés que d'autres. C'est le cas du Congo-Brazzaville dont la capitale fait face à celle de la RDCongo et séparée par le fleuve Congo. Autrement dit, un gros débordement, lors des élections, pourrait entraîner un déferlement des populations de Kinshasa sur la ville de Brazzaville. Une situation à ne pas souhaiter car avec ses douze millions d'habitants, Kinshasa est six fois plus peuplé que Brazzaville.
Le dictateur à qui on peut tout reprocher sauf de manquer de vision pour son pouvoir (personnel), convoque la rencontre du mercredi, 26 décembre, au lendemain de la fête de Noël, ce qui montre l'urgence de la situation. Objectif : prévenir l'irréparable.