Corée du Sud

Décidément, la justice coréenne est intraitable vis-à-vis des anciens présidents de la République accusés de détournement de fonds publics. Après l'ex-présidente, Park Geun-hye, qui a écopé de 25 ans de prison, en août dernier, c'est au tour de l'ancien président, Lee Myung-bak, d'être condamné ce vendredi, 5 octobre, à 15 ans de prison pour corruption, ce qui donne une bien triste image des anciens chefs d'Etat sud-coréens.

La Cour d'appel de Séoul a alourdi, vendredi, 24 août, à 25 ans de détention, la peine de l'ancienne présidente, Park Geun-hye, qui avait été destituée, l'année dernière, dans un retentissant scandale de corruption et d'abus de pouvoir. A quelque chose, malheur est bon. C'est sa descente aux enfers qui a permis l'accession au pouvoir de Moon Jae-in du Centre-Gauche, artisan du rapprochement spectaculaire avec le « leader bien aimé » de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

Les Etats-Unis demandent "la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord. Mais, Pyongyang exige des contreparties américaines pour s'engager dans ce processus et est irrité par des exercices militaires en cours chez son voisin sud-coréen. Conséquence, le « leader bien aimé » semble se rebiffer dans la mesure où, au regard de ce qu'il voit ailleurs, en Iran, notamment, Donald Trump tient, rarement, difficilement, compte de l'avis des autres. Pour lui, seuls priment les intérêts américains. Trump étant, déjà, très isolé avec le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, Kim Jong-un pourrait profiter de cette faiblesse passagère de l'Américain pour faire monter les enchères et obtenir plusieurs concessions inespérées pendant les négociations.

L'ex-présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a été condamnée, ce vendredi, 6 avril, à 24 années de prison pour son rôle dans le retentissant scandale de corruption qui avait précipité sa disgrâce l'année dernière. Hier, c'est l'ancien président du Brésil et candidat à la présidentielle de cette année, Lula Inacio da Silva, qui a écopé de 12 ans de prison ferme pour avoir été corrompu par une entreprise de bâtiment qui lui aurait offert une luxueuse villa au bord de la mer. Conclusion : La justice devient intraitable face aux dirigeants qui se hissent à la tête des Etats, non pas pour servir les peuples, mais, pour se servir eux-mêmes. Avis aux dirigeants africains.

Visiblement mécontent du timide réchauffement des relations entre les deux Corée, et sans l'aval du protecteur américain qui a, royalement, été contourné, en apprenant ce dégel par la presse, comme tout le monde, le président, Donald Trump, est en train de sortir l'artillerie lourde pour isoler, encore plus, la Corée du Nord alors que la logique voudrait qu'il encourage, plutôt, le dialogue direct entre les deux Corée. Il a,ainsi, annoncé, vendredi, 23 février, de nouvelles sanctions visant à marginaliser encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l'arrivée de sa fille, Ivanka, en Corée du Sud pour la fin des jeux Olympiques.

Donald Trump, le chef de la Maison Blanche, ne doit pas être très content, en ce moment, car le dossier coréen sur lequel il jouait les Rambo, est en train de lui glisser entre les mains. Sans son aval et ignorant ce qu'il peut en penser, les deux Corée sont en train de se rabibocher, comme des pays souverains qu'ils sont, et sans intermédiaire chinois ni américain. C'est une très bonne chose pour la paix. C'est surtout une excellente chose pour les Nord-Coréens qui ont, tôt, compris que pour se faire respecter sur cette terre, il faut disposer d'armes de destruction massive. Depuis que la bombe nucléaire nord-américaine est capable d'atteindre les Etats-Unis, les vociférations de Trump ne constituant pas une arme dissuasive, la Corée du Nord est passée dans le camp des Grands de ce monde. Il lui reste, maintenant, à contourner les sanctions qui sont suscitées par l'ogre américain. Pour y parvenir, le rapprochement avec la Corée du Sud, pour une réconciliation inespérée, sera le bienvenu. Ce qui servira, aussi, à améliorer le bien-être des Nord-Coréens.

L’actuel secrétaire général des Nations-Unies, jusqu'après demain minuit, le Sud-Coréen, Ban Ki-moon, nie avoir été corrompu. Il envisage un retour sur la scène politique coréenne, comme président de la République de la Corée du Sud. Ceci expliquerait-il cela ?

Ca ne badine plus dans les pays émergents. Pour parvenir au stade de pays industrialisés, comme ceux du G 7 (Etats-Unis, Allemagne, Japon, France, Grande Bretagne, Italie et Canada), ils doivent effectuer de profondes réformes de gouvernance, et passer à la case « sacrifices », quand c'est nécessaire. Hier, c'était la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui a payé son laxisme, dans les affaires pétrolières, par une destitution devenue mémorable. Aujourd'hui, c'est à la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye de payer ses faiblesses à l'endroit d'une amie, en quittant, tout simplement, son poste.