Crise anglophone.

Très mal parti avant, pendant et après l'élection présidentielle d'octobre 2018, le président du Cameroun, Paul Biya, peut s'enorgueillir, aujourd'hui, d'avoir retrouvé le soutien diplomatique et politique de la France, qui lui manquait dans les épineux dossiers qui affectent la paix au Cameroun depuis plusieurs années, notamment, la crise anglophone.

Après plusieurs longs mois d'attente, le président, Paul Biya, a annoncé, mardi, 10 septembre, à 20 h 00 (19h00 GMT), dans un assez-long discours de sa voix rocailleuse, la convocation d'un dialogue sur la crise anglophone. Celui-ci se tiendra, à Yaoundé, à la fin de ce mois de septembre. Présidé par le premier ministre, Joseph Dion Ngute, ce dialogue ouvert à toutes les sensibilités camerounaises aussi bien de l'intérieur que de la diaspora, parlera de tous les sujets et préoccupations de l'heure, dans le cadre de la constitution, et d'un Cameroun « un et indivisible ».

La diplomatie a ses secrets que la diplomatie ignore. Au Cameroun, pays de Um Nyobe, Moumié, Manga Bell, Ouandié, Ossendé Afana, Mbida, Atangana et j'en passe, on n'est pas né de la (première) pluie. On sait qui est qui et qui aime quoi, comment et pourquoi ? Dans sa suffisance suprême, Donald Trump n'a pas utilisé le tact de Barack Obama ou la finesse d'Hillary Clinton, pour coopérer avec le Cameroun sans sympathiser avec ses dirigeants. Le milliardaire de la Maison Blanche, diplomatiquement, parlant peut être comparé à un éléphant qui fait irruption dans un magasin de porcelaine. Sinon, il se serait embarrassé des qu'en dira-t-on avant d'envoyer son ambassadeur au Cameroun dire urbi et orbi à Paul Biya de suivre l'exemple de Nelson Mandela en ne se présentant pas à la présidentielle d'octobre. C'est une provocation tellement de bas étage que ne peuvent tolérer même les pires ennemis du président camerounais, au nom de l'indépendance et de la souveraineté de leur pays.