Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est en train de se demander pourquoi son ami et grand conseiller du moment, l'ancien président, Nicolas Sarkozy, demande avec insistance à l'un de ses hommes d'affaires préférés, le Breton, Vincent Bolloré, d'étendre son empire médiatique. Déjà propriétaire des chaînes de télévision, Canal + et Cnews, le papivore est, également, invité à acquérir le reste de l'empire médiatique d'Arnaud Lagardère, lui aussi, très proche de Nicolas Sarkozy. Il s'agit de la radio périphérique, Europe 1, et des hebdomadaires, Paris Match et Le Journal du Dimanche. Et Emmanuel Macron tout inquiet de se demander, « pourquoi tout ça » à deux années d'une périlleuse présidentielle ?

Le choix d'Alassane Ouattara, président de Côte d'Ivoire et « chef de la famille Gon Coulibaly », porté sur son « fils », Amadou Gon Coulibaly, comme candidat RHDP lors de l'élection présidentielle d'octobre prochain, avait été vivement contesté. C'est le moins qu'on puisse dire. Ce choix n'était pas seulement contesté dans le pays tout entier où les Ivoiriens affirmaient que Ouattara n'est pas un gentleman en voulant remplacer un musulman (lui-même) par un autre musulman (son « fils » Gon Coulibaly) à la tête du pays. Ce choix de Ouattara était, surtout, contesté parce qu'il entraîna, aussi, le départ de plusieurs ténors du RHDP dont le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, et le vice-président de la République, fidèle parmi les fidèles du président de la République, Daniel Kablan Duncan. Auparavant, le plus célèbre de tous les RHDP, Henri Konan Bédié, quittait aussi le navire. Bédié n'est pas n'importe qui. Ancien président de la République et faiseur de roi à deux reprises avec l'élection de Ouattara en 2010 et 2015, il est l'inspirateur et le premier président de cette organisation politique, qu'il fut contraint de quitter parce que le président Ouattara refusait de respecter les accords qu'il avait signés avec le PDCI-RDA au nom de l'alternance à la tête de l'Etat.
Après la mort (pour le moment inexpliquée) d'Amadou Gon Coulibaly, Alassane Ouattara a cherché à le remplacer en devenant, lui-même, le candidat du RHDP. Mais, cette fois, c'est la France qui s'oppose, ouvertement, à sa candidature.

Le défilé a minima a bien eu lieu, à Paris, en cette difficile période de coronavirus. Dans les rangs des soldats qui défilaient, on a pris la peine de mettre, à chaque fois, un militaire noir, parfois deux, pour bien montrer que l'armée française respecte la diversité comme le reste de son corps social. Pourtant, un général noir manque, toujours, à l'appel, ce qui montre que la France a, encore, de sérieux grands efforts à faire dans ce domaine. Et bien d'autres. Alors, afriqueeducation.com repose, sympathiquement, la question à son patron, le chef suprême des armées, Emmanuel Macon : à quand la promotion d'un noir comme général ? En fait, il n'en faut pas un mais plusieurs. Mais commençons déjà par un. On en est là en France alors qu'aux Etats-Unis, un noir, le général, Colin Powell, a, déjà, assuré les fonctions de chef d'état major des armées, en pleine guerre du Golfe contre l'Irak. Avant de devenir le chef de la diplomatie américaine sous George W. Bush. Comme on dit à Abidjan, « Cher Emmanuel, c'est comment » ?

Estimant qu’Emmanuel Macron était « quelqu’un de très honnête » susceptible de contribuer à un climat d’apaisement, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré, samedi, 4 juillet, attendre des excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie. A la chaîne de TV, France 24, sur d’éventuelles excuses de Paris, il a répondu : « On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas […] On le souhaite ». Tout est dit ! Les propos du chef de l'Etat algérien auraient pu être prononcés par n'importe quel autre chef d'Etat d'Afrique noire francophone. Autant dire que le problème du passé colonial français en Afrique est très sérieux et conditionne l'image de la France en Afrique et les relations véritables que ce pays devra avoir avec ses anciennes colonies. En évitant cette question ou en disant que c'est du passé, les élites françaises qui tiennent ce langage, ne rendent pas service aux deux parties et ne font que repousser un éventuel partenariat véritable (égal égal et gagnant gagnant), à la fois, sain et mutuellement bénéfique entre la France et les pays africains concernés.

Emmanuel Macron ne sera, assurément, pas un grand président, reconnu comme tel par les Africains. Bien qu'ils furent colonialistes, ne sont pas de Gaulle, Mitterrand ou même Chirac, qui veut ! La politique africaine du jeune président n'est pas à la hauteur de la relation entre les deux parties. Reconnaissons, souvent, qu'il est lui-même à l'origine des incartades qu'on lui reproche. Son passage à Ouagadougou, par exemple, où il a cru bon de donner un cours à son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, a laissé l'image d'un homme politique qui dit tout ce qui est bon à entendre mais qui ne respecte aucun de ses engagements. Deux années, plus tard, à Abidjan, il a, carrément, énervé les Africains de l'Ouest en croyant bon de faire l'OPA sur leur idée de créer l'ECO, future monnaie de la CEDEAO et actée comme telle par les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres, en lieu et place des monnaies en circulation dont le fameux F CFA de l'UEMOA. Le jeune président, certainement convaincu par le président ivoirien, Alassane Ouattara, dont l'image ne séduit pas grand monde en Afrique, ne pouvait pas faire bon effet quand il vient surfer sur une idée déjà arrêtée par ses homologues de la CEDEAO. Tôt ou tard, il apprendra que les droits de la propriété intellectuelle existent aussi en Afrique.

Le gouvernement Macron nous avait déjà habitués à sa manie vaccinale grâce aux décrets de Mme Buzyn (ancien ministre de la Santé) sur l’obligation d’une hyper-vaccination des nourrissons. Aujourd’hui, la panique engendrée et entretenue (« Nous sommes en guerre ») nous prépare quotidiennement à l’idée d’une vaccination anti-Covid-19 obligatoire, seule solution efficace (par axiome), sous peine d’une restriction de nos libertés essentielles.

A un journaliste qui voulait savoir en avril 2017 si le F CFA avait un avenir, le candidat, Emmanuel Macron, répondit : “Je le crois, mais c’est un choix qui appartient d’abord aux Africains eux-mêmes.” Si l’avenir de cette monnaie créée officiellement le 26 décembre 1945 dépend des Africains et si la France n’en tire aucun bénéfice, comme le prétendent certains officiels et hommes d’affaires français, pourquoi sa fin doit-elle être actée en Conseil des ministres du gouvernement français ? Ici, l’on ne peut se contenter de parler de paradoxe et d’incohérence. Paradoxe et incohérence qui ne datent pas d’aujourd’hui et que résume assez bien Léopold Sédar Senghor lorsqu’il demande au Seigneur de pardonner “à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques, qui m’invite à sa table et me dit d’apporter mon pain, qui me donne de la main droite et de la main gauche enlève la moitié, qui hait les occupants et m’impose l’occupation si gravement, qui ouvre des voies triomphales aux héros et traite ses Sénégalais en mercenaires, faisant d'eux les dogues noirs de l’Empire, qui est la République et livre les pays aux Grands-Concessionnaires et de ma Mésopotamie, de mon Congo, ils ont fait un grand cimetière sous le soleil blanc” (cf. “Hosties noires”, Paris, Seuil, 1945). Plus que l’inconséquence, nous avons affaire à un gros mensonge, un de plus, de la part des autorités françaises. Un mensonge aussi puant que celui de Sibeth Ndiaye qui déclarait, le 20 mai 2020, que “cette fin symbolique devait s’inscrire dans un renouvellement de la relation entre la France et l'Afrique et écrire une nouvelle page de notre histoire”.

Après la suspension de la contribution des Etats-Unis à l'OMS, on pensait que l'appel des Nations-Unies de donner la priorité à la lutte contre la pandémie du coronavirus, avait pris le dessus sur les polémiques, qui dispersent les énergies. Que non ! L'initiative du premier ministre australien, Scott Morrison, vient montrer que la hache de guerre est loin d'être enterrée et que la tête du directeur général de l'OMS est plus que jamais mise à prix.

Pour le Collectif « Sortir du F CFA », le président français, Emmanuel Macron, dit quelque chose et son contraire. Le jeune président n'est pas sincère. Le Collectif attire les Africains sur le fait que le président Macron ne fait que de la communication et qu'en réalité, c'est aux pays africains membres de la Zone France de demander des comptes à la France : le fonctionnement du Compte d'Opération leur donne amplement raison. C'est à la France de payer l'Afrique. C'est pourquoi elle lutte, malgré la décision des pays de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) de créer leur propre monnaie, pour garder cette mainmise monétaire.

Le lendemain de la demande du Saint-Père, dans son message Urbi et Orbi, de l'effacement de la dette des pays pauvres, le président français, Emmanuel Macron, est allé, lundi, 13 avril, dans la direction prônée par le pape François en demandant, aussi, l'annulation de la dette des pays africains. Le président français venait à la rescousse de son ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui clame, depuis plusieurs jours, la nécessité d'aider, massivement, les pays africains dont les économies, déjà, fragiles vont, sérieusement, être secouées par le coronavirus. Toutefois, beaucoup voient dans la déclaration de Macron la volonté déguisée de soutenir les dictateurs africains qu'il affectionne de manière générale. D'autre part, le président français fait, plutôt, un croc-en-jambe à la Chine dont il est jaloux de la position de choix acquise en Afrique : en effet, la Chine détient à elle toute seule 40% de l'endettement des pays africains. Quand Macron demande l'effacement de la dette publique, la Chine en souffrirait beaucoup plus que tous les autres pays. En outre, le jeune président français pense, secrètement, que la survenue du coronavirus va freiner la fougue des peuples africains qui pressent leurs dirigeants de quitter la zone franc au profit d'une monnaie authentiquement africaine. Il va sans dire que les opérations de réduction, voire, d'annulation de la dette que demande le jeune président, ne peuvent que retarder une telle échéance en Afrique de l'Ouest et du Centre. Cela donnera un peu de répit à Paris qui cherche toujours et encore comment faire échouer cette démarche des Africains. Pour l'opposant congolais, Bienvenu Mabilemono, l'initiative d'Emmanuel Macron n'est pas une bonne affaire pour les démocrates comme lui qui cherchent la chute du régime avant de retourner dans leur pays. Voici son texte.

Mieux vaut tard que jamais. Emmanuel Macron n'est pas Donald Trump dont l'ambassadeur, au Togo, avait cherché à déstabiliser la CENI (Commission électorale nationale indépendante), en organisant ni vu ni connu l'introduction d'informaticiens américains du NDI (National Democratic Institute) et de leur matériel informatique, qui devaient servir à donner des contre-résultats de la présidentielle, avec comme finalité, de montrer que le candidat, Faure Gnassingbé, a fraudé. La manœuvre ayant été neutralisée, in extremis, par les Services togolais, à la grande colère de l'ambassadeur des Etats-Unis au Togo, Donald Trump et son secrétaire d'Etat ne s'empresseront certainement pas d'envoyer un message de félicitation au président réélu. Tel n'est pas le cas du jeune président français qui l'a fait, le 25 mars.

Emmanuel Macron et son homologue camerounais Paul Biya ont échangé, dimanche, 1er mars, au téléphone, dit un communiqué de l'AFP, sur des informations délivrées par le service de presse de l'Elysée. Annoncé en fanfare au Salon de l'agriculture, le 22 février, par le président français, ce coup de téléphone avait, essentiellement, trait à la situation tendue dans le NOSO (Nord-Ouest et Sud-Ouest) du Cameroun, huit jours après des propos, particulièrement, insultants et paternalistes d'Emmanuel Macron à l'endroit de son homologue du Cameroun.

C'est le genre de comportement qui fait détourner les jeunes de la politique. Manuel Valls, l'ancien premier ministre français et ancien maire d'Evry, dans l'Essonne, l’homme aux deux nationalités, était parti en 2018 faire carrière en Espagne. Objectif : briguer la mairie de Barcelone, où sa liste, malgré le fait qu'il a épousé une riche héritière espagnole de cette contrée pour se faire adouber électoralement, n’arriva qu’en quatrième position, avec 13,20 % des voix. Une humiliation suprême ! Au lieu de maire, le voilà donc simple conseiller municipal, un poste qui n’est pas à la hauteur de ses compétences ni de ses ambitions. Il songerait, maintenant, à la présidence de la Catalogne. Mais, ici aussi, c’est loin d’être acquis ! Alors, il se rappelle au bon souvenir de la France, la mère patrie. Même pas honte ! Lui répond-on chez la République en marche (LAREM) où il dit être à la (totale) disposition d'Emmanuel Macron.

Les ministres battus, lors des municipales des 15 et 22 mars, resteront en place et ne devront pas démissionner. Emmanuel Macron et Edouard Philippe refusent de tirer des leçons nationales d'un scrutin local, en s'appliquant la Doctrine Balladur, qui veut qu'un ministre qui se présente aux élections et qui les rate, démissionne, ipso facto du gouvernement. Depuis le gouvernement Balladur, en 1993-1995, tous les gouvernements ont appliqué cette règle non écrite. Aujourd'hui, elle est refusée par Macron et Philippe pour ne pas voir leur gouvernement vidé de la quasi-moitié de son effectif. C'est un signe qui ne trompe pas et qui montre que le pouvoir actuel devient impopulaire.

Les pays du champ vont-ils finir par s'émanciper de l'ancienne métropole alors que l'économie de cette dernière n'est pas reluisante ? Augmentation des déficits réprimandés par Bruxelles, maintien du chômage à un niveau anormalement élevé, dislocation du tissu social creusé par des injustices causées par des politiques menées, etc. Bref, la France bien que considérée comme un grand pays, n'est plus à l'abri d'une implosion sociale généralisée depuis l'épopée des « Gilets Jaunes » et des grèves à répétition contre la réforme des retraites.

Alors qu'on s'attendait au lancement de l'Eco de la CEDEAO courant 2020, sous la présidence en exercice du président du Niger, Mahamadou Issoufou, pour ceux des pays qui auraient atteint les trois principaux critères de convergence (3% du taux d'inflation au plus, 70% du taux d'endettement publique, 10% au plus de taux d'inflation), le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, et son homologue français, Emmanuel Mcron, ont créé la surprise, le 21 décembre 2019, à Abidjan, en créant une autre monnaie du même nom, l'Eco, au sein de l'UEMOA, en remplacement du F CFA, et dont l'ambition était de s'étendre au reste des pays de la CEDEAO. Cette initiative unilatérale a été lancée sans concertation, mais, uniquement, pour les pays de l'UEMOA dont les membres sont la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Bénin, le Togo, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée Bissau. Cela dit, cette annonce semble pour le moins prématurée. Car quelques jours avant la sortie des présidents français et ivoirien sur le rattachement de l'Eco à l'euro par une parité fixe, leur homologue béninois, Patrice Talon, disait, exactement, le contraire, à savoir, que l'Eco (monnaie de la CEDEAO et non de l'UEMOA) serait rattaché à un panier de grandes monnaies dont l'euro, le dollar, le yen, la livre, le yuan, etc., et que d'importantes réserves de cette monnaie, seraient logées dans des banques centrales des pays concernés afin de faciliter les échanges des pays de la CEDEAO. Comme on pouvait s'attendre, l'initiative de Macron et Ouattara a été, unanimement, rejetée par les autres pays de la CEDEAO, non membres de l'UEMOA dont les ministres de Finances viennent de se réunir à Abuja. Ils ont demandé la convocation d'un sommet extraordinaire de la CEDEAO sur l'Eco afin de remettre les choses en place. Celui-ci devrait avoir lieu dans de brefs délais.

Mahamadou Issoufou, le président nigérien se rend, ce jour, à Pau, assister au Sommet France-G5 Sahel du 13 janvier, dans une position très inconfortable. Pour contourner les critiques dont elle fait l'objet, la France et son armée (Barkhane) font tout pour montrer que malgré les coups de gueule de leurs opinions publiques, les pays du G5 Sahel ne peuvent pas se passer d'elles. Ces trois derniers mois qui coïncident avec la montée des opinions des pays du Sahel contre le double-jeu de Barkhane, le Niger, le Mali et le Faso ont enregistré plus de 500 soldats tués, ce qui est beaucoup trop. Cette situation n'est pas neutre. Elle est une sorte de chantage d'un nouveau genre fait par Paris sur les pays du G5 Sahel. Ces derniers doivent le savoir et tenir bon car malgré cette situation qui leur est très défavorable, pour la première fois, l'opinion africaine (à la place des chefs d'Etat concernés) dit NON à la France et à son double jeu militaire dans le Sahel. C'est importantissime ! S'ils vont se coucher à Pau, le 13 janvier, devant le jeune président, les cinq chefs d'Etat du G5 Sahel (c'est certain) trouveront leurs opinions publiques sur leur chemin du retour. Avant ce Sommet de Pau, la France a tout fait pour humilier ses homologues du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et surtout, du Niger, Mahamadou Issoufou. Ce dernier porte sur ses épaules, les réformes ayant trait à la création de l'ECO au sein de la CEDEAO, ce qui irrite la France au plus haut point et son principal allié de la sous-région, l'Ivoirien Alassane Ouattara. Les présidents du G5 Sahel ne doivent pas avoir peur de poser des questions qui fâchent à Emmanuel Macron.
Face à cette inefficacité de l'armée française dans le Sahel, les présidents du G5 Sahel ne doivent pas avoir peur de prendre langue très officiellement avec le Russe, Vladimir Poutine, ni avec le Turc, Tayyip Recep Erdogan, et quelques autres, si l'intérêt de leur pays le leur commande. Et c'est le cas. le Centrafricain, Faustin Archange Touadéra, aurait perdu le pouvoir s'il n'avait pas eu l'intelligence de faire appel aux Russes pour sécuriser son régime. Le départ précipité de l'armée française du Centrafrique n'était qu'une manœuvre pour précipiter sa perte du pouvoir. Heureusement qu'il l'a vite compris. Il n'est pas encore totalement sorti d'affaire en ce sens que sa réélection l'année prochaine, n'est pas acquise. Toutefois, il pourra, au moins, terminer son mandat sans peur.

De l’Ivoirien, Nicolas Agbohou, au Camerounais, Martial Ze Belinga, en passant par le Sénégalais, Demba Moussa Dembélé, les économistes africains sont très critiques à l’égard de la déclaration faite par Emmanuel Macron sur le F CFA, à Abidjan, le 21 décembre 2019. Comparant les changements annoncés par le président français (départ de la France du Conseil d’administration de la Banque centrale des Etats de l’Afrique occidentale et retrait des réserves en devises du Trésor public français) à une vraie arnaque, ils estiment que la France, une fois de plus, vient de nous rouler dans la farine comme elle fit croire jadis à Meka qu’une décoration de pacotille faisait de lui l’ami des Blancs dans “Le Vieux Nègre et la médaille” de Ferdinand Oyono car la nouvelle monnaie, dont le nom, ECO, a été volé à la Communauté économique des Etats d’Afrique occidentale, sera toujours fabriquée à Chamalières (dans le Puy-de-Dôme) et contrôlée par la France.

En date du 12 novembre 1958, le ministre de la France d'Outre-Mer, Yvon Bourge, par l'entremise de son gouverneur général de l'Afrique équatoriale française, avait adressé une note faisant état de « Conseils d'un colon à ses successeurs avant son départ pour la France ». C'était la conduite à tenir aux côtés des nègres afin de garder la suprématie blanche et toujours cultiver la peur du blanc chez le noir. Un conditionnement qui permet à la France de conserver intacte son influence sur ses anciennes colonies africaines devenues ...indépendantes. Ces conseils donnés en 1958 sont toujours (fondamentalement) de rigueur en ce début 2020 avec quelques nuances cependant.

Emmanuel Macron a estimé, dimanche, 22 décembre, à Niamey, que la lutte armée contre les groupes djihadistes au Sahel était à “un tournant” nécessitant une clarification des objectifs militaires et politiques de la mission engagée par la France en 2013 avec l’Opération Serval, puis, Barkhane. Clarification ? Il le faut des deux côtés car la France n'est pas exempte de tout reproche : son armée (la 5e plus forte du monde) n'arrive pas à se mettre à la hauteur des affreux djihadistes qui tuent, violent et pillent, impunément, dans le Sahel, depuis que l'intervention occidentale en Libye l'a déstabilisée, laissant fuir dans la nature, des milliers de djihadistes que Kadhafi confinait de force dans des casernes pour les rendre inoffensifs. En exigeant la clarification de ses cinq homologues du G5 Sahel, il faut bien que le jeune président français commence par le commencement avant de critiquer les peuples africains d'avoir adopté des comportements « anti-français ». Car avant lui, il y a eu François Hollande (2012-2017) et surtout, Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui est à l'origine de la grave situation qui prévaut aujourd'hui au Sahel. C'est l'Afrique qui est en position de demander des comptes à la France et non le contraire.