Emmanuel Macron

L’ex-conseiller spécial du regretté président français, François Mitterrand, s’intéresse à l’Afrique ; j’ai lu quelques-uns de ses ouvrages et davantage de ses articles dans des journaux ; celui intitulé « Les Africains ont inventé l’ordinateur numérique bien avant qu’on le découvre » m’a passionné, voire, rouvert les yeux sur des atouts de l’Afrique qu’à force de jacasser, de contester en ignorant tout de ce dont ils palabrent, des Africains laissent ceux qu’ils critiquent leur damer le pion là où ils pourraient ou devraient être Maîtres.

Les présidents français et angolais, Emmanuel Macron et Joao Lourenço, ont, tous deux, réaffirmé leur soutien aux accords qui prévoient la tenue d'élections en République démocratique du Congo (RDC) le 23 décembre, sans participation de l'actuel président Joseph Kabila. C'est, exactement, la même chose que demandent l'épiscopat rdcongolais, l'opposition et la société civile de ce pays, mais aussi, l'Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Après avoir refusé de quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat qui prenait fin en décembre 2016, Joseph Kabila continue de jouer la montre en mettant les RDCongolais sur les nerfs dans un pays qui est considéré comme un baril de poudres dans la mesure où le moindre faux pas peut provoquer l'irréparable. Et si une telle situation survenait, Joseph Kabila se donnerait des raisons de rester au pouvoir et modifier la constitution, comme il le souhaite, secrètement, ainsi que, ses comparses avec lesquels il dirige le pays d'une main de fer.

Mamoudou Gassama, le Malien qui a sauvé un enfant à Paris, va être naturalisé et intégrer le corps des sapeurs pompiers, annonce Emmanuel Macron, ce lundi, 28 mai. Le « sans papier » (appellation française pour distinguer certains Africains des autres qui ont des papiers) avait escaladé un immeuble parisien pour sauver un enfant suspendu dans le vide. Un acte de bravoure. Une véritable scène à la Rambo qui a émerveillé jusqu'à la France qui vote Front national, et que Emmanuel Macron a tenu à saluer. Honneur à lui !

La Force du G5 Sahel dont le but est de combattre le djihadisme dans quatre pays de la sous-région (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et Niger) fait tout ce qu'il faut pour démarrer. Président en exercice de la dite Force, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a, récemment, annoncé sa mise en activité effective, et ce de façon progressive. A Paris où il sera en visite officielle, le 4 juin, il en parlera avec le parrain de cette Force, le président français, Emmanuel Macron. Mais aussi de coopération et de développement. Il faut dire qu'il ne s'est pas trouvé une seule entreprise de BTP française capable de financer à concurrence de 152 millions d'euros (100 milliards de F CFA), les travaux de rénovation de l'aéroport de Niamey, qui viennent d'être confiés à une société turque. C'est le comble quand on sait que les entreprises françaises sont à la recherche des marchés à l'international. Cela dit, le Niger n'avancera pas de fonds. La société turque, Summa, pour se faire rembourser, gérera l'aéroport pendant une trentaine d'années.

Cela fait, exactement, un an que le président, Emmanuel Macron, « sévit » à l'Elysée, comme chef de l'Etat français, décidé à faire ce que n'ont pu réaliser ses prédécesseurs. Pour le jeune président de 39 ans qui « va aller jusqu'au bout » dans l'application de son programme de réformes et de transformation de la France, que de failles et de faiblesses : 2 Français sur 3 estiment, non à tort, qu'il est le président des riches. D'où l'appellation non contrôlée de « Président des riches » qui lui colle, désormais, à la peau. Son ancien mentor, François Hollande, corrige, même, en précisant qu'il est le « Président des TRES riches ». L'Afrique qui ne demande qu'à fonctionner sans le tutorat imposé de la Françafrique, n'a rien eu à mettre sous la dent. Et cette indifférence s'explique : Parti de nulle part (il n'était que simple banquier d'affaires, sans mandat électif, sans parti politique, avant son recrutement comme conseiller économique de François Hollande à l'Elysée), Emmanuel Macron a été poussé vers le Sommet de l'Etat français par des milieux d'affaires et politiques entre autres françafricains, qui ne demandent qu'à consolider leurs positions, en Afrique, pour que rien ne change sur ce continent, et que les morts de jeunes africains par noyade dans la Méditerranée (qui fuient la misère) explosent.

A force de suivre Donald Trump, le jeune président français, Emmanuel Macron, va finir par lui ressembler. Comme Donald Trump qui, lui, préfère utiliser son compte tweeter pour communiquer, Emmanuel Macron vient, aussi, de s'illustrer, sur sa page Facebook, vendredi, 27 avril, en annonçant la création de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. Une première depuis un an qu'il préside aux destinées de la France. Ce haut lieu de mémoire sera présidé par l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L'annonce a été faite à l'occasion du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage. 

Il y a toujours une fin pour chaque chose. Rien n'est éternel ici bas. Il en est de même pour les biens culturels africains qui meublent les galeries d'art et musées de l'Hexagone alors que leur place est bien dans les musées des pays d'où ils ont été spoliés. Que le jeune président français, Emmanuel Macron, qui ne connaît pas la colonisation, ait décidé de changer la politique française dans ce domaine précis, pour remettre un peu de loyauté et d'équité dans cette relation entre la France et les pays africains concernés, on ne peut que dire que dire, honneur à lui. L'Afrique s'en souviendra. En bien.

Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, vient de frôler la mort par balles. Un coup d'état, méticuleusement, préparé a failli emporter son régime, avec plusieurs assassinats à la clé dont le sien et, sans doute, celui de la première dame, Constancia Obiang Nguema Mangue. Mais, le destin en a décidé autrement, ce qui a permis de diligenter de minutieuses enquêtes qui permettent de faire d'incroyables découvertes. En effet, il ressort des premières notes d'interrogatoires que certains natifs de Mongomo, le propre fief du chef de l'Etat, ne sont pas (totalement) étrangers au coup qui allait être fatal à leur président de parent. Il est, aussi, confirmé que la France a servi de base logistique ayant permis la réalisation de ce sordide projet. C'est la raison pour laquelle le doyen des chefs d'Etat du continent africain, du haut de son expérience de 38 ans passés à la tête de l'Etat, a pesé ses mots en accusant la France, une certaine France, même si, très officiellement, on se garde, encore, d'y impliquer, pour le moment, le pouvoir suprême d'Etat. En attendant l'aboutissement des enquêtes, les Africains sont en droit de se poser, au moins, une question : l'appellation de « Petit Satan » donnée à la France par l'imam Khomeini, dans les années 70, n'est-elle pas injustifiée ? Après avoir mis (gratuitement) à plat, l'un des pays les plus prospères d'Afrique, à savoir, la Libye, sous le prétexte que son dirigeant, le guide, Mu'ammar al Kadhafi, était un dictateur qui opprimait son peuple et qu'il fallait se débarrasser de lui, voilà que la même France s'attaque, aujourd'hui, à un autre pays tout aussi prospère, la Guinée équatoriale, sous le même prétexte : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est un dictateur qui maintient son peuple dans une grande pauvreté alors que les revenus du pétrole devraient faire de la Guinée équatoriale un pays très riche. En dehors de toute considération socio-politique ou philosophique, la remarque est facile à faire : derrière la destruction de la Libye, il y a la main de la France et de son président d'alors, Nicolas Sarkozy. Derrière le coup d'état manqué en Guinée équatoriale, le président Obiang accuse, clairement, la France d'en être l'instigatrice. Alors la France, « Petit Satan » ?

Le Sommet sur le Climat du 12 décembre, à Paris, a vécu. Après les ratés d'Abidjan où le président, Emmanuel Macron, avait snobé le dictateur 5 étoiles de Brazzaville, ce dernier s'était préparé pour se rattraper à Paris, en marge du Sommet du 12 pendant lequel il ne pouvait pas ne pas être invité en tant que porte-parole du Bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial, après l'Amazonie. Sassou n'a pas raisonné faux sauf qu'il a eu droit (comme la cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement invités) au même accueil protocolaire : poignée de main et accolade sur le tapis rouge et séance de photo main dans la main avec le président français. Depuis cet épisode, la délégation congolaise est aux anges alors qu'il n'y a pas lieu de pavoiser. Car malgré sa (très grande) insistance, le dictateur 5 étoiles n'a pas été (ne sera pas) reçu par le président, Emmanuel Macron, ni par le premier ministre, Edouard Philippe. Il a été reçu ce mercredi, 13 décembre, juste par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dans le but d'examiner les contours du blocage de l'accord entre le Congo-Brazzaville et le FMI. La séance de travail avec Bruno Le Maire était, purement, technique. La dette publique congolaise avoisinerait les 200% du PIB quand on y intègre celle des créanciers privés.

Visite d'Etat comme préalablement annoncé ? Non ! Simple visite d'amitié et de travail ...de douze heures. Il est vrai qu'une visite d'Etat ne s'effectue pas en une petite demie journée. L'Algérie ne vaut-elle plus qu'une petite demie-journée de visite du président français ? Les Algériens, il faut le dire, ne sont pas contents du jeune président français. Non seulement, ce dernier avait choisi le rival marocain pour sa première visite dans le Maghreb au lieu de leur pays. Plus grave, il ne va mettre que douze heures en Algérie contre les quarante huit heures passées chez le roi Mohammed VI. La préférence du jeune président saute aux yeux. A Rabat, tout comme à Tunis, il est beaucoup plus à l'aise qu'à Alger. Plusieurs sujets militent pour cela : entre autres, la lancinante question du passé colonial en Algérie que le président français voudrait banaliser, au nom de sa jeunesse, alors qu'il avait donné espoir aux Algériens et aux Négro-Africains en déclarant, pendant sa campagne, lors d'un voyage, à Alger, que la colonisation était un « crime contre l'humanité ». Aujourd'hui, chef de l'Etat, il effectue un rétropédalage sur cette question de colonisation que n'acceptent pas les Algériens. Ni les Africains. Résultat, ce n'est donc pas Emmanuel Macron qui réconciliera l'Algérie avec la France, et encore moins, la France avec l'Afrique.

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

Le jeune président français veut faire différemment les choses. Lors de sa première tournée africaine, à Ouagadougou, il a annoncé « un retour du patrimoine africain à l'Afrique ». C'est une bataille rangée, depuis des années, entre la France où plusieurs musées gardent par devers leurs collections, un tel patrimoine et les pays africains concernés. Arrivé au pouvoir en 2016, le président du Bénin, Patrice Talon, par exemple, en a fait sa priorité : le retour au Bénin des objets culturels béninois logés en France. Ce n'est pas une chose simple. Mais, avec la décision d'Emmanuel Macron, Patrice Talon sera, désormais, soutenu par la volonté politique de l'Etat français. Le retour au Bénin, après des siècles d'exportation, des objets d'art africain, sera facilité. Cela dit, entre dire et faire, il y a un monde quand on sait que ce patrimoine fait vivre des musées et centres culturels en France et créent des emplois.

Le jeune président français, Emmanuel Macron, a de la suite dans les idées. Après avoir déclaré, urbi et orbi, dans l'amphithéâtre de l'Université Ki-Zerbo de Ouagadougou offert par le Frère Guide Kadhafi, que son choix d'inaugurer sa tournée africaine par le Burkina Faso, avait un sens et était un message à l'endroit de l'Afrique et de sa jeunesse, il a agi pour joindre la parole à l'acte. Après l'échec de ses deux prédécesseurs (Hollande et Sarkozy) à tuer la Françafrique, Emmanuel Macron semble donner de sa personne pour réussir là où tout le monde lui prédit un échec. Il se donne, pour le moment, les moyens de réussir, en n'affichant pas les faiblesses d'un François Hollande qui ont fini par le rendre méconnaissable, à la fin de son mandat.

Dieu est juste, bon, et protège les faibles. Alors que l'action de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, en Libye, relève de ce que la CPI (Cour pénale internationale) considère comme « Crime contre l'humanité », ce dernier se pavane, à travers le monde, en homme libre, à faire des conférences tarifées 200.000 dollars la conférence et au bas mot, alors que sa place est entre quatre petits murs d'une cellule de 4 m². Le 5e Sommet Europe-Afrique aura lieu les 29 et 30 novembre, en Abidjan. Mais, d'ores et déjà, seul le sujet libyen est sur les lèvres, dans des conversations privées. Publiquement, on se retient, par pudeur. On comprend la grande gêne de la délégation française qui (au nom de la continuité de l'Etat) porte sur elle, les bévues de l'administration Sarkozy en Libye, et la destruction (gratuite pure et simple) d'un pays prospère, généreux et ambitieux pour le devenir de tout un continent africain. Ce pays, hier, considéré comme un eldorado, compte, aujourd'hui, deux ou trois gouvernements, des dizaines de milices, un commerce d'esclaves africains au vu et au su des Européens qui sont, d'ores et déjà, accusés de l'avoir, volontairement, ignoré pour freiner l'envahissement de leur continent par des migrants africains. Comment Emmanuel Macron, dans ces conditions, peut-il améliorer l'image de la France en Afrique ?

Pour sa première tournée en Afrique, le président français, Emmanuel Macron, a choisi le Burkina Faso pour livrer son message à la jeunesse africaine. Accompagné en ce temple de contestation par son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, le jeune président français n'a, vraiment, pas passé un moment de plaisir devant un parterre d'un millier d'étudiants parmi les plus politisés de la sous-région. Pour preuve, n'ont-ils pas chassé Blaise Compaoré du pouvoir, fin octobre 2014, avant que la France ne l'exfiltre en Côte d'Ivoire à leur grand mécontentement ? Ils avaient, donc, de bonnes raisons d'attendre le représentant de cette France de pied ferme, même si cette lâche extradition fut, plutôt, une basse besogne de François Hollande. Autre signe d'irritation des étudiants à l'endroit du représentant français : alors qu'il s'entretenait à Kosyam (Palais présidentiel) avec son homologue burkinabé, certains étudiants manifestaient, déjà, à l'Université avant même qu'il n'y mette les pieds.

C'est difficile de maximiser son efficacité militaire quand on ne dispose pas du soutien des Américains ou des Russes, dans un conflit régional. En Sommet, en Abidjan, les 29 et 30 novembre, avec ses homologues européens et africains, le président français, Emmanuel Macron, n'aura, nullement, besoin de l'appui des Russes. Par contre, celui des partenaires européens et américain, bien que loin d'être acquis est, activement, recherché. Le financement de la Force du G5 Sahel (qui devrait épauler la Force Barkhane), pour combattre le djihadisme dans le Sahel sahélo-saharien, ayant été retoqué aux Nations-Unies par les Américains qui privilégient l'aide bilatérale classique, Paris se retrouve avec sa Force du G5 Sahel dans les bras, avec le seul soutien véritable de l'Union européenne (50 millions d'euros), soit, moins du huitième du coût total de l'enveloppe annuelle attendue. Le chemin à parcourir est, encore, très long, les contributions des pays du G5 et de la France, étant très loin du compte.

Alassane Ouattara ayant la notion du beau, on peut lui faire confiance : il organisera le Sommet Europe-Afrique de telle sorte qu'on s'en souviendra, plusieurs années encore. Alors que la femme la plus puissante de l'Union européenne, l'Allemande, Angela Merkel, attend encore des accords d'alliance pour former son gouvernement, le jeune président français, Emmanuel Macron, sera la principale attraction du Sommet, côté européen. En Afrique francophone, aussi. Françafrique oblige ! Le Sommet se tiendra en Abidjan, en Côte d'Ivoire, le principal pôle continental où s'exerce, encore, la domination (l'influence) française en Afrique noire, bien loin des pays comme le Gabon. En attendant ses différents discours, à Ouagadougou, à Accra et dans la capitale économique ivoirienne, voici quelques points de repère qu'Emmanuel Macron devra intégrer dans ses notes.

Avant son séjour, à Ouagadougou, prévu d'ici la fin de cette année, le président français, Emmanuel Macron, est, vivement, interpellé par notre ami, l'écrivain, Olympe Bhêly-Quenum. Il entend attirer son attention sur des problèmes des écrivains africains francophones, aussi bien, en Afrique qu’en France où leurs livres sont édités, mal diffusés, parfois, étouffés, voire, ostracisés. C'est le moins qu'on puisse dire car on pourrait, aussi, parler de racisme (tout court).
Macron n'étant pas le président de l'Afrique, on peut se poser la question du pourquoi d'une telle interpellation. Pourquoi les chefs d'Etat africains sont-ils aussi absents dans ce domaine ? La question est fondamentale et nous fait même honte. Mais, revenons à Emmanuel Macron. C'est parce qu'il peut influencer le cours des choses en France et au sein de la Francophonie où la France est de loin le plus gros bailleur de fonds.

Les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la zone franc se sont réunis, jeudi, 5 octobre 2017, à Paris, sous la présidence de l'ancien chiraquien, Bruno Le Maire, actuel ministre de l’Economie et des Finances, dans le premier gouvernement Macron. Alors qu'un peu partout, en Afrique de l'Ouest et du Centre (Dakar, Cotonou, Douala, etc.), on n'a plus peur de brûler les billets CFA (malgré la pauvreté ambiante), devant les caméras des télévisions, comme pour signifier le dégoût des populations pour cette monnaie, suprêmement, coloniale, maintenue pour perpétuer la domination française sur les économies des 15 pays africains (CEMAC, UEMOA et Comores), les argentiers africains réunis, à Paris, ont gardé leur queue entre les jambes, incapables de traduire cette préoccupation des peuples devant le représentant français de l'ordre colonial. De quoi inviter les Anti-CFA à redoubler la contestation car le combat est très loin d'être gagné.
Paris ne désarme pas pour autant. En marge des Assemblées Générales des Nations-Unies, à New York, le mois dernier, Emmanuel Macron avait chargé Alassane Ouattara d'une mission sur le CFA auprès de ses homologues de la zone. On n'a pas besoin d'avoir une licence de droit pour savoir de quoi il s'agissait.

L'annonce de ce parrainage conjoint a été faite, mercredi, 20 septembre, par le président sénégalais, Macky Sall, et le président français, Emmanuel Macron, lors d'une réunion de haut niveau sur le financement de l'éducation organisée, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York. La conférence aura lieu, à Dakar, au premier trimestre de l'année 2018.