Emmanuel Macron

Son arme fatale c'est le génocide. Un argument que le président du Rwanda, Paul Kagame, n'hésite jamais à brandir quand il est en difficulté. Surtout quand il est en face d'un dirigeant occidental dont le pays ne fit pas grand chose pour l'empêcher en 1994. Devant un Emmanuel Macron, terriblement, affaibli sur le plan intérieur français, Paul Kagame, ses fonctions de président en exercice de l'Union africaine aidant, lui a fait accepter « l'inacceptable », à savoir, une candidature de la ministre, Louise Mushikiwabo, au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Un choix qu'Emmanuel Macron a eu du mal à assumer, par la suite. Le tollé général que son choix a suscité jusqu'au sein de la classe politique française, n'est pas du genre à consolider une institution dont l'utilité peine à être prouvée sauf quand il s'agit d'accompagner les dictateurs dans leur parcours de potentats.

Question à 10.000 F CFA (15 euros). Que veut la France en Centrafrique, pays où elle a retiré son armée, il y a deux ans, malgré les supplications de son nouveau président, Faustin Archange Touadera, alors que les rébellions battaient, encore, leur plein à l'intérieur du pays jusqu'aux faubourgs de Bangui ? La question étant peut-être mal posée, faudrait-il sans doute dire les choses autrement : en réalité que ne veut pas la France en Centrafrique, bien qu'elle ait pris la poudre d'escampette laissant ce pays se démerder dans ses graves difficultés ? Réponse, également, à 10.000 F CFA (15 euros) : que la Russie de Poutine s'y implante pour aucun prétexte, elle qui a commencé, grâce à un feu vert du Conseil de sécurité, à y fournir des armes avant de s'y installer : aujourd'hui, c'est la Russie qui (chose incroyable il y a un an) s'occupe de la sécurité personnelle du président, Faustin Archange Touadera. C'est une très mauvaise affaire pour Paris et on comprend qu'Emmanuel Macron ait mis en route sa cheffe des armées, Florence Parly, pour contrecarrer les plans de Moscou. Car la stratégie de la Russie ne se limite pas au seul Centrafrique. Elle s'inscrit dans un vaste plan où elle va marcher main dans la main (comme tous bons partenaires des BRICS) avec la Chine du camarade Xi Jinping.

Le président, Emmanuel Macron, traverse, actuellement, une mauvaise passe. On espère que celle-ci est passagère sinon il est fort probable qu'il ne puisse pas terminer son mandat. Certains dans l'opposition le pensent. Les réformes qui le rendent impopulaires sont celles qu'il était chargé de mettre en œuvre quand il était le ministre de l'Economie pendant le quinquennat de François Hollande. Il démissionna, avec fracas, faute de pouvoir les appliquer à cause des incessantes hésitations de l'ancien président. Aujourd'hui président de la République, lui-même, il doit faire ce qu'on lui interdisait hier de faire. Fidèle à son image, il a annoncé faire ce qu'il dit et dire ce qu'il fait. Résultat, sa popularité auprès des Français plonge.

Le remaniement annoncé par Emmanuel Macron pour ce mardi, 4 septembre, sera de grande ampleur. Après le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, la ministre des Sports, Laura Flessel, sera, aussi, à remplacer. Voilà les deux personnalités les plus populaires du gouvernement aux yeux des Français qui quittent l'équipe. Au même moment presque. A moins de trouver un Zinedine Zidane, la ministre des Sports qui était bardée de titres de championne du monde dont celui de championne olympique, sera assez difficile à remplacer. Même si elle annonce quitter le gouvernement pour "raisons personnelles" (ce que beaucoup ne croient pas), elle était considérée comme un ministre alibi. La seule noire de l'équipe. Comme si la France ne comptait pas de noirs capables de faire valoir leurs talents dans d'autres postes du gouvernement. Avec cette seule et unique nomination dans le gouvernement (le Sport), Emmanuel Macron annonçait, déjà, la couleur. Aujourd'hui, son seul beau sourire ne suffit plus pour faire passer la pilule de chef d'Etat (assez) sectaire, qui sait applaudir les noirs sur les terrains de sport et les oublie lors de la distribution des postes de responsabilité dans le gouvernement.

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays. Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.

Les dirigeants de l'Union africaine (UA) se retrouvent, dimanche, 1er juillet et lundi, 2 juillet, à Nouakchott, pour un Sommet centré sur la corruption qui fait des ravages en Afrique : 50 milliards de dollars de pertes sèches, chaque année, selon Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'UA. Président en exercice de cette organisation, Paul Kagame a convié son homologue français, Emmanuel Macron, à ce Sommet. Ce dernier (ancien banquier d'affaire) y sera pour « démarcher » les chefs d'Etat africains, avant de terminer son séjour en Afrique par le Nigeria où il rencontrera, le président, Muhammadu Buhari. D'une pierre, les présidents Kagame et Macron vont faire deux coups : grâce au (discret) soutien du président français dont on connaît l'efficacité de la politique en Afrique (terre d'influence traditionnelle de la France), Paul Kagame essaiera de vendre la candidature au secrétariat général de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie), de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Kagame a besoin de Macron car sa francophonie est (toute) récente, voire, douteuse. Non seulement, il a du mal à aligner deux phrases en français, mais, il prendrait en otage l'OIF s'il y plaçait sa compatriote. Convaincre les présidents africains de cette « incursion » rwandaise en francophonie, demande un appui (politique et diplomatique) que lui donnera Macron, à Nouakchott. On peut alors dire que Paul Kagame va utiliser le Sommet de l'UA, à Nouakchott, à des fins de politique intérieure. Appréciera qui pourra ou voudra dans le gotha des chefs d'Etat francophones d'Afrique.

Comme on pouvait s'y attendre (afriqueeducation.com l'avait prédit), le Mini-Sommet sur l'immigration des Huit (puis des Seize), de dimanche, 24 mars, à Bruxelles, est une montagne qui a accouché d'une souris. L'Union européenne (UE) est en train de, véritablement, imploser à cause des problèmes d'immigration. Pour sauver les meubles, la France et l'Allemagne ont, immédiatement, appelé à des accords à plusieurs pays sur les défis migratoires pour contourner l'absence de consensus. L'UE se voile la face car les accords à plusieurs pays que demandent la France et l'Allemagne, ne résisteront pas à la réalité. Car ils essaient de contourner le problème en évitant, soigneusement, de l'attaquer de face pour le résoudre. Et pour le résoudre, il faut poser les questions qui fâchent, et qui sont au centre des relations entre certains pays européens et les pays africains exportateurs de migrants dont beaucoup se situent en Afrique d'expression française. Afriqueeducation.com demande aux dirigeants de l'UE, en l'occurrence, la chancelière, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, de s'attaquer à la question de la mal-gouvernance en Afrique où certains dirigeants confisquent le pouvoir en modifiant la constitution ou n'assurent leur réélection qu'avec le concours de certaines capitales européennes comme Paris. La question de fond est là, que certains appellent « Françafrique ». Sans sa résolution, l'Europe, malgré des barrières de dix mètres de hauteur, verra, toujours, la déferlante migratoire africaine sur son sol. Car les Africains fuient avant tout la misère et la pauvreté chez eux. Rien d'autre.

L’ex-conseiller spécial du regretté président français, François Mitterrand, s’intéresse à l’Afrique ; j’ai lu quelques-uns de ses ouvrages et davantage de ses articles dans des journaux ; celui intitulé « Les Africains ont inventé l’ordinateur numérique bien avant qu’on le découvre » m’a passionné, voire, rouvert les yeux sur des atouts de l’Afrique qu’à force de jacasser, de contester en ignorant tout de ce dont ils palabrent, des Africains laissent ceux qu’ils critiquent leur damer le pion là où ils pourraient ou devraient être Maîtres.

Les présidents français et angolais, Emmanuel Macron et Joao Lourenço, ont, tous deux, réaffirmé leur soutien aux accords qui prévoient la tenue d'élections en République démocratique du Congo (RDC) le 23 décembre, sans participation de l'actuel président Joseph Kabila. C'est, exactement, la même chose que demandent l'épiscopat rdcongolais, l'opposition et la société civile de ce pays, mais aussi, l'Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. Après avoir refusé de quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat qui prenait fin en décembre 2016, Joseph Kabila continue de jouer la montre en mettant les RDCongolais sur les nerfs dans un pays qui est considéré comme un baril de poudres dans la mesure où le moindre faux pas peut provoquer l'irréparable. Et si une telle situation survenait, Joseph Kabila se donnerait des raisons de rester au pouvoir et modifier la constitution, comme il le souhaite, secrètement, ainsi que, ses comparses avec lesquels il dirige le pays d'une main de fer.

Mamoudou Gassama, le Malien qui a sauvé un enfant à Paris, va être naturalisé et intégrer le corps des sapeurs pompiers, annonce Emmanuel Macron, ce lundi, 28 mai. Le « sans papier » (appellation française pour distinguer certains Africains des autres qui ont des papiers) avait escaladé un immeuble parisien pour sauver un enfant suspendu dans le vide. Un acte de bravoure. Une véritable scène à la Rambo qui a émerveillé jusqu'à la France qui vote Front national, et que Emmanuel Macron a tenu à saluer. Honneur à lui !

La Force du G5 Sahel dont le but est de combattre le djihadisme dans quatre pays de la sous-région (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et Niger) fait tout ce qu'il faut pour démarrer. Président en exercice de la dite Force, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a, récemment, annoncé sa mise en activité effective, et ce de façon progressive. A Paris où il sera en visite officielle, le 4 juin, il en parlera avec le parrain de cette Force, le président français, Emmanuel Macron. Mais aussi de coopération et de développement. Il faut dire qu'il ne s'est pas trouvé une seule entreprise de BTP française capable de financer à concurrence de 152 millions d'euros (100 milliards de F CFA), les travaux de rénovation de l'aéroport de Niamey, qui viennent d'être confiés à une société turque. C'est le comble quand on sait que les entreprises françaises sont à la recherche des marchés à l'international. Cela dit, le Niger n'avancera pas de fonds. La société turque, Summa, pour se faire rembourser, gérera l'aéroport pendant une trentaine d'années.

Cela fait, exactement, un an que le président, Emmanuel Macron, « sévit » à l'Elysée, comme chef de l'Etat français, décidé à faire ce que n'ont pu réaliser ses prédécesseurs. Pour le jeune président de 39 ans qui « va aller jusqu'au bout » dans l'application de son programme de réformes et de transformation de la France, que de failles et de faiblesses : 2 Français sur 3 estiment, non à tort, qu'il est le président des riches. D'où l'appellation non contrôlée de « Président des riches » qui lui colle, désormais, à la peau. Son ancien mentor, François Hollande, corrige, même, en précisant qu'il est le « Président des TRES riches ». L'Afrique qui ne demande qu'à fonctionner sans le tutorat imposé de la Françafrique, n'a rien eu à mettre sous la dent. Et cette indifférence s'explique : Parti de nulle part (il n'était que simple banquier d'affaires, sans mandat électif, sans parti politique, avant son recrutement comme conseiller économique de François Hollande à l'Elysée), Emmanuel Macron a été poussé vers le Sommet de l'Etat français par des milieux d'affaires et politiques entre autres françafricains, qui ne demandent qu'à consolider leurs positions, en Afrique, pour que rien ne change sur ce continent, et que les morts de jeunes africains par noyade dans la Méditerranée (qui fuient la misère) explosent.

A force de suivre Donald Trump, le jeune président français, Emmanuel Macron, va finir par lui ressembler. Comme Donald Trump qui, lui, préfère utiliser son compte tweeter pour communiquer, Emmanuel Macron vient, aussi, de s'illustrer, sur sa page Facebook, vendredi, 27 avril, en annonçant la création de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. Une première depuis un an qu'il préside aux destinées de la France. Ce haut lieu de mémoire sera présidé par l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L'annonce a été faite à l'occasion du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage. 

Il y a toujours une fin pour chaque chose. Rien n'est éternel ici bas. Il en est de même pour les biens culturels africains qui meublent les galeries d'art et musées de l'Hexagone alors que leur place est bien dans les musées des pays d'où ils ont été spoliés. Que le jeune président français, Emmanuel Macron, qui ne connaît pas la colonisation, ait décidé de changer la politique française dans ce domaine précis, pour remettre un peu de loyauté et d'équité dans cette relation entre la France et les pays africains concernés, on ne peut que dire que dire, honneur à lui. L'Afrique s'en souviendra. En bien.

Le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, vient de frôler la mort par balles. Un coup d'état, méticuleusement, préparé a failli emporter son régime, avec plusieurs assassinats à la clé dont le sien et, sans doute, celui de la première dame, Constancia Obiang Nguema Mangue. Mais, le destin en a décidé autrement, ce qui a permis de diligenter de minutieuses enquêtes qui permettent de faire d'incroyables découvertes. En effet, il ressort des premières notes d'interrogatoires que certains natifs de Mongomo, le propre fief du chef de l'Etat, ne sont pas (totalement) étrangers au coup qui allait être fatal à leur président de parent. Il est, aussi, confirmé que la France a servi de base logistique ayant permis la réalisation de ce sordide projet. C'est la raison pour laquelle le doyen des chefs d'Etat du continent africain, du haut de son expérience de 38 ans passés à la tête de l'Etat, a pesé ses mots en accusant la France, une certaine France, même si, très officiellement, on se garde, encore, d'y impliquer, pour le moment, le pouvoir suprême d'Etat. En attendant l'aboutissement des enquêtes, les Africains sont en droit de se poser, au moins, une question : l'appellation de « Petit Satan » donnée à la France par l'imam Khomeini, dans les années 70, n'est-elle pas injustifiée ? Après avoir mis (gratuitement) à plat, l'un des pays les plus prospères d'Afrique, à savoir, la Libye, sous le prétexte que son dirigeant, le guide, Mu'ammar al Kadhafi, était un dictateur qui opprimait son peuple et qu'il fallait se débarrasser de lui, voilà que la même France s'attaque, aujourd'hui, à un autre pays tout aussi prospère, la Guinée équatoriale, sous le même prétexte : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est un dictateur qui maintient son peuple dans une grande pauvreté alors que les revenus du pétrole devraient faire de la Guinée équatoriale un pays très riche. En dehors de toute considération socio-politique ou philosophique, la remarque est facile à faire : derrière la destruction de la Libye, il y a la main de la France et de son président d'alors, Nicolas Sarkozy. Derrière le coup d'état manqué en Guinée équatoriale, le président Obiang accuse, clairement, la France d'en être l'instigatrice. Alors la France, « Petit Satan » ?

Le Sommet sur le Climat du 12 décembre, à Paris, a vécu. Après les ratés d'Abidjan où le président, Emmanuel Macron, avait snobé le dictateur 5 étoiles de Brazzaville, ce dernier s'était préparé pour se rattraper à Paris, en marge du Sommet du 12 pendant lequel il ne pouvait pas ne pas être invité en tant que porte-parole du Bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial, après l'Amazonie. Sassou n'a pas raisonné faux sauf qu'il a eu droit (comme la cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement invités) au même accueil protocolaire : poignée de main et accolade sur le tapis rouge et séance de photo main dans la main avec le président français. Depuis cet épisode, la délégation congolaise est aux anges alors qu'il n'y a pas lieu de pavoiser. Car malgré sa (très grande) insistance, le dictateur 5 étoiles n'a pas été (ne sera pas) reçu par le président, Emmanuel Macron, ni par le premier ministre, Edouard Philippe. Il a été reçu ce mercredi, 13 décembre, juste par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dans le but d'examiner les contours du blocage de l'accord entre le Congo-Brazzaville et le FMI. La séance de travail avec Bruno Le Maire était, purement, technique. La dette publique congolaise avoisinerait les 200% du PIB quand on y intègre celle des créanciers privés.

Visite d'Etat comme préalablement annoncé ? Non ! Simple visite d'amitié et de travail ...de douze heures. Il est vrai qu'une visite d'Etat ne s'effectue pas en une petite demie journée. L'Algérie ne vaut-elle plus qu'une petite demie-journée de visite du président français ? Les Algériens, il faut le dire, ne sont pas contents du jeune président français. Non seulement, ce dernier avait choisi le rival marocain pour sa première visite dans le Maghreb au lieu de leur pays. Plus grave, il ne va mettre que douze heures en Algérie contre les quarante huit heures passées chez le roi Mohammed VI. La préférence du jeune président saute aux yeux. A Rabat, tout comme à Tunis, il est beaucoup plus à l'aise qu'à Alger. Plusieurs sujets militent pour cela : entre autres, la lancinante question du passé colonial en Algérie que le président français voudrait banaliser, au nom de sa jeunesse, alors qu'il avait donné espoir aux Algériens et aux Négro-Africains en déclarant, pendant sa campagne, lors d'un voyage, à Alger, que la colonisation était un « crime contre l'humanité ». Aujourd'hui, chef de l'Etat, il effectue un rétropédalage sur cette question de colonisation que n'acceptent pas les Algériens. Ni les Africains. Résultat, ce n'est donc pas Emmanuel Macron qui réconciliera l'Algérie avec la France, et encore moins, la France avec l'Afrique.

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

Le jeune président français veut faire différemment les choses. Lors de sa première tournée africaine, à Ouagadougou, il a annoncé « un retour du patrimoine africain à l'Afrique ». C'est une bataille rangée, depuis des années, entre la France où plusieurs musées gardent par devers leurs collections, un tel patrimoine et les pays africains concernés. Arrivé au pouvoir en 2016, le président du Bénin, Patrice Talon, par exemple, en a fait sa priorité : le retour au Bénin des objets culturels béninois logés en France. Ce n'est pas une chose simple. Mais, avec la décision d'Emmanuel Macron, Patrice Talon sera, désormais, soutenu par la volonté politique de l'Etat français. Le retour au Bénin, après des siècles d'exportation, des objets d'art africain, sera facilité. Cela dit, entre dire et faire, il y a un monde quand on sait que ce patrimoine fait vivre des musées et centres culturels en France et créent des emplois.

Le jeune président français, Emmanuel Macron, a de la suite dans les idées. Après avoir déclaré, urbi et orbi, dans l'amphithéâtre de l'Université Ki-Zerbo de Ouagadougou offert par le Frère Guide Kadhafi, que son choix d'inaugurer sa tournée africaine par le Burkina Faso, avait un sens et était un message à l'endroit de l'Afrique et de sa jeunesse, il a agi pour joindre la parole à l'acte. Après l'échec de ses deux prédécesseurs (Hollande et Sarkozy) à tuer la Françafrique, Emmanuel Macron semble donner de sa personne pour réussir là où tout le monde lui prédit un échec. Il se donne, pour le moment, les moyens de réussir, en n'affichant pas les faiblesses d'un François Hollande qui ont fini par le rendre méconnaissable, à la fin de son mandat.