Emmanuel Macron

Président du Mali et président en exercice de la Force du G5 Sahel, Ibrahim Boubacar Keïta a réussi son tour dans les capitales des pays membres destiné à convaincre ses homologues à se rendre à l'Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York. Résultat, tous vont faire le lobbying, à New York, où ils pourront, aussi, tenir une réunion avec le président français, Emmanuel Macron.

Les Français savaient que le F CFA est une monnaie impopulaire. Mais, ils ignoraient jusqu'à quel niveau elle l'était. Après l'emprisonnement (arbitraire) du panafricaniste, Kemi Seba, à Dakar, à la demande de la très néo-coloniale BCEAO, et sa remise rapide en liberté après la levée générale de bouclier, ils se rendent, aujourd'hui, compte que le F CFA est, tout simplement, vomi car les peuples africains n'en veulent plus. Que les chefs d'Etat comme l'Ivoirien, Alassane Ouattara, ou le Sénégalais, Macky Sall, continuent de le soutenir contre la volonté de la grande majorité des Ivoiriens et des Sénégalais, est une réalité qui en désole plus d'un en Afrique. Mais, ajoutons que ces deux dirigeants sont, strictement, minoritaires, dans cette position. Si Emmanuel Macron avait des doutes sur le crédit du F CFA en Afrique, il doit, maintenant, se rendre à l'évidence : qu'il retire, tout simplement, sa monnaie coloniale de la circulation en Afrique Zone Franc.

Au moment où la chancelière, Angela Merkel, essaie de lancer un Plan Marshall pour favoriser le développement de l'Afrique et stopper les flux d'immigrés africains qui convergent vers l'Europe, le président français, Emmanuel Macron, a fait part de sa propre lecture de ce qui bloquait le développement de ce continent, à savoir, un problème « civilisationnel » avec des femmes qui comptent de 7 à 8 enfants, ce qui ne peut favoriser aucun développement malgré les « milliards » versés. Au moment où le ciel commençait à s'abattre sur la petite tête de Macron, à cause de ses propos désobligeants, certains parlementaires ouest-africains emmenés par le président de l'Assemblée nationale du Burkina Faso, Salif Diallo, ont cautionné le discours de Macron en soutenant l'instauration du planning familial pour limiter le nombre d'enfants à 3 par femme en Afrique de l'Ouest. Voilà comment le discours du président français a été légitimé par les parlementaires ouest-africains sur un continent qui a tout intérêt à faire des enfants, en grand nombre, car il y a de l'espace, un sous-sol riche, et que la population est une donnée économique de taille (cas de la Chine, de l'Inde et du Nigeria) et que ce n'est pas parce qu'en Europe, les hommes épousent les hommes, les femmes épousent les femmes, et par conséquent, tournent le dos à la procréation, ce qui sous-peuple ce continent, qu'on doit imposer cette « civilisation » à l'Afrique.

A peine arrivé à l'Elysée, Emmanuel Macron a trouvé des « amis » qui n'ont pas pris de gant pour s'imposer à lui. Quand on décide de gouverner un pays comme la France, doit-on, absolument, avoir les mains sales ou tremper dans les combines des dictateurs africains ? Après que Déby eut menacé de retirer, unilatéralement, le contingent tchadien du Sahel, le jeune président français a pris peur, et l'a reçu, en grandes pompes, à l'Elysée, une semaine, seulement, après le Sommet du G5, le 2 juillet, à Bamako : accolades, embrassades, tapes sur les joues, main dans la main, le général-tortionnaire du Tchad au pouvoir depuis 26 ans (sans jamais avoir gagné une élection), aux anges, a dû se dire, intérieurement : autant c'était un peu dur (au départ) de se mettre Hollande dans la poche, autant Macron s'est, littéralement, couché avant que je lui demande de se relever.

Emmanuel Macron n'est pas François Hollande : il n'a pas d'état d'âme et s'attaque à tout ce qui gangrène le bon fonctionnement de l'Etat. Y compris les tabous qu'on a peur de bousculer. Après avoir obtenu les pleins pouvoirs des électeurs français qui savent qu'après avoir renvoyé Nicolas Sarkozy et François Hollande, au bout de cinq années seulement, Emmanuel Macron est la dernière chance pour le pays : où ça passe ou ça casse. Pour l'heure, il avance sans qu'on puisse savoir s'il réussira ou non. L'armée n'est qu'un des multiples écueils dans la tâche titanesque qui attend le (très) jeune et ambitieux président.

Qu'on se rassure, Emmanuel Macron n'est pas Nicolas Sarkozy. Les Africains ne tarderont pas à le savoir et à s'en convaincre. Mais, c'est vrai qu'il va vite en besogne avec des déclarations à l'emporte-pièce, qui provoquent, parfois, de la gêne dans son propre camp. Est-ce une forme de jeunesse politique ? Après l'épopée des « kwassa-kwassa » avec les Comores, voici venu le problème « civilisationnel » de l'Afrique qui fait que ses femmes additionnent, facilement, 7 à 9 enfants qu'elles seraient incapables d'éduquer correctement. Si ces déclarations étaient à refaire, le grand chef de l'Elysée redirait-il, exactement, la même chose ? On en doute.

La question vaut son pesant d'or. Et quand Ali Bongo Ondimba déclarait dans une interview accordée à Afrique Education, dans la deuxième quinzaine d'août 2009, avant son élection : « Je ne suis pas le patriarche. Le patriarche était le patriarche », cette phrase prend, aujourd'hui, tout son sens au regard de l'évolution de la relation franco-gabonaise, qui n'est, vraiment, plus ce qu'elle était, avant l'atterrissage au Palais du Bord de Mer d'Ali Bongo Ondimba, en septembre 2009. Aujourd'hui, c'est une guerre ouverte entre Libreville et Paris, qui ne dit pas son nom, et qui ne se fait pas avec les canons ni les bazookas. Encore moins les orgues de Staline. Le documentaire diffusé par la télévision française, France 2, dans son émission, « Complément d'enquête » peut être assimilé à une déclaration de guerre car quand on veut détruire un chef d'Etat ou son régime, on ne fait pas autrement.

La reconnaissance des crimes contre l'humanité, pendant l'esclavage, la colonisation et la néo-colonisation, est la seule et unique façon de laver à l'eau pure, les très mauvaises relations actuelles que la France entretient avec ses anciennes colonies d'Afrique. On n'a jamais voulu savoir pourquoi l'image de la France en Afrique est aussi mauvaise ? On n'explique pas le désintérêt toujours croissant des Africains à l'endroit de la France, jadis, considérée comme la « mère patrie » ? Aujourd'hui, on n'est pas mécontent en Afrique que les Chinois prennent tout, et commencent, à y enseigner leur langue (à la place du français) et à utiliser leur monnaie (le yuan) dans des transactions commerciales en lieu et place du F CFA dont les Africains veulent se débarrasser. Bref, rien ne va plus entre Paris et ses anciennes possessions d'Afrique. Pendant la campagne présidentielle, le candidat, Emmanuel Macron, avait trouvé la bonne approche pour faire revenir la France dans le cœur des Africains. A Alger, il avait évoqué la possibilité de la repentance des crimes coloniaux, avant que le ciel ne lui tombe sur la tête une fois de retour à Paris. Pourtant, c'est la voie à suivre s'il veut retrouver une (vraie) place pour la France en Afrique. Egal à lui-même, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, l'y incite fortement.

A Bamako, on est très loin des efforts que l'on attendait de la France. Le budget de la Force a, enfin, été précisée. Sur les 423 millions d'euros que vont coûter les 5000 à 5.250 hommes de cette Force, près du quart pourra être mobilisé d'ici la fin de cette année. Et encore ! Les Américains avaient senti le piège, à l'avance, en refusant de payer pour les autres. C'est pourquoi en homme d'affaire avisé, Donald Trump avait demandé et obtenu que le financement de cette Force ne repose pas sur les Nations-Unies car il savait que l'essentiel du budget allait dépendre des Etats-Unis alors que les bénéfices politiques allaient revenir à la France.

Contrairement à ce qui se passe pour ce genre de rencontre, on ne sait pas encore sur quoi va exactement déboucher le prochain Sommet du G5 du Sahel prévu, à Bamako, le 2 juillet et auquel prendra part le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron. Le côté financement de cette Force coince à cause des Américains qui considèrent l'Afrique comme un continent où il n'y a que des coups à prendre. Pour préparer ce Sommet, Paris essaie de se concerter, en amont, avec Alger, la véritable force militaire de cette sous-région. Mais comme toujours, rien n'est facile avec les Algériens, surtout, quand ils ont en face d'eux, les anciens colonisateurs français.

Que serait la France sans l'Afrique ? Juste une puissance moyenne de la taille de l'Italie, sans siège permanent au Conseil de sécurité. Depuis qu'il est entré à l'Elysée, Emmanuel Macron, montre, clairement, où se trouvent les intérêts de la France. C'est vraiment un bon banquier. Après avoir été saluer le dispositif Barkhane, à Gao, au Mali, et reçu, à Paris, les présidents de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, et du Sénégal, Macky Sall, les 11 et 12 juin, le voilà pour deux jours (jusqu'au 15 juin) au Maroc, avant de repartir, le 2 juillet, au Mali, plus précisément, à Bamako, cette fois, où il tiendra une séance de travail avec les chefs d'Etat du G 5 sur le terrorisme. Mais avant ce grand-rendez-vous, il fera un saut chez Abdelaziz Bouteflika, à Alger, pour discuter de plusieurs dossiers bilatéraux importants. Mais pas seulement : il y a, aussi, que la place de l'Algérie dans la sous-région nécessite une concertation préalable entre Paris et Alger avant que le président Macron ne se rende, le 2 juillet, à Bamako. Car comme tout bon banquier (qui ne s'ignore pas), il donne l'impression d'avoir horreur de perdre son temps (Time is money).

Le 18 juin 2017, les meilleures estimations des sondeurs les plus généreux donnent une trentaine de députés au Parti socialiste français, soit, dix fois moins que pendant la législature 2012-2017. Pire qu'une déconfiture, c'est la bérezina, un véritable désastre. A qui la faute ? C'est la question à laquelle chacun croit avoir la bonne réponse. Voici un tour d'horizon de la cause de la débâcle socialiste telle qu'elle n'était jamais arrivée depuis sa création.

Premier chef d'Etat africain à être reçu à l'Elysée, ce dimanche, 11 juin, un jour d'élections législatives en France, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, a eu une séance de travail élargie aux deux équipes, de plus d'une heure avec son homologue, Emmanuel Macron. Si les relations entre les deux pays sont excellentes, les deux chefs d'Etat ont préféré mettre l'accent sur les efforts qu'ils comptent faire pour éradiquer le terrorisme, développer les énergies renouvelables et assister la Côte d'Ivoire au niveau européen dans ses besoins en matière de financement de ses investissements. Cependant, pas un mot sur la réconciliation nationale alors que rien ne sera, durablement, possible en Côte d'Ivoire tant que les efforts ne seront pas, concrètement, faits dans ce domaine où une bonne partie d'Ivoiriens considèrent (à juste titre ?) le président de la République comme étant le plus grand diviseur national du pays.

A peine arrivé à l'Elysée, le 14 mai, le nouveau chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, a fait un saut de quelques heures, vendredi, 19 mai, au Mali, pour saluer les forces françaises du dispositif Barkhane, qui combattent les djihadistes dans le Sahel, que finance le Qatar, « l'ami de la France ». Le Mali était le deuxième pays visité après l'entrevue du 15 mai entre la chancelière, Angela Merkel et Emmanuel Macron. Demain 11 juin et après demain, le chef de l'Etat français recevra, successivement, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, et le Sénégalais, Macky Sall, avant de s'envoler les 14 et 15 juin chez le roi Mohammed VI du Maroc. Une visite, à Alger, chez le doyen Abdelaziz Bouteflika, devrait avoir lieu « dans quelques semaines », avant le Sommet du G5 (Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie et Niger) sur le terrorisme auquel prendra part, le 2 juillet, à Bamako, Emmanuel Macron. Le sans faute du président français sur les questions africaines est pour le moins parfait jusqu'à présent.

Le numéro 453 de juin d'Afrique Education est, déjà, chez vos marchands de journaux habituels. Au sommaire, il y a de quoi se délecter en lisant des analyses et informations de première main sur la Côte d'Ivoire, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, le Nigeria, le Sénégal, l'Angola, le Bénin, etc. qui y sont traitées selon des angles divers. En pleine page de couverture, Brigitte et Emmanuel Macron sourient au monde entier, qui, en retour, leur souhaite la bienvenue. Avec l'Afrique, continent qui fait de la France un grand pays en lui donnant une posture de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le débat va être âpre. En effet, les Africains (de la diaspora et d'Afrique) veulent, absolument, prendre leur destin en main, et ne veulent plus, en aucun cas que leur sort soit décidé hors d'Afrique par d'autres que les Africains. C'est clair. Nicolas Sarkozy, dans la suite de Jacques Chirac, avait refusé de l'entendre de cette oreille. François Hollande, dans l'ambiguïté qui l'avait, souvent, caractérisé, avait feint de le comprendre sans, réellement, comprendre. Qu'en sera-t-il d'Emmanuel Macron ?

Le président de Côte d'Ivoire va, certainement, être le premier chef d'Etat africain à être reçu par le nouveau président français, Emmanuel Macron. Ce dernier (comme François Hollande au début de son quinquennat) fait peur aux dirigeants africains francophones qui se savent mal élus et adeptes de la mal gouvernance. Pendant qu'ils se concertent et se donnent le temps de bien l'« apprivoiser » (comme ils ont su dompter François Hollande), Alassane Ouattara qui est, plutôt, considéré comme le chouchou de Paris (que l'Elysée ait un locataire de droite de gauche ou du centre), sera le premier à se jeter à l'eau. Le président ivoirien souffle quelque peu depuis que les différentes mutineries de son armée ont cessé.

Le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, est bien arrivé à Gao, dans le Nord-Mali, ce vendredi, 19 mai 2017, où il mettra quelques sept heures, avant de retourner à Paris. Venu saluer les 1.600 soldats français de l'Opération Barkhane, dans le Nord-Mali, (selon une promesse de campagne), il a eu l'occasion de, longuement, s'entretenir avec le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Rien ne va au Mali. L'armée nationale n'en est pas une. Au point que l'intervention militaire décidée, en janvier 2013, par François Hollande, devient, aujourd'hui, quelque peu suspecte aux yeux de certains : « Les Français veulent-ils aider réellement le Mali à en finir ou s'agit-il d'une stratégie pour mieux s'implanter » ? Ces questions font l'objet de débat dans certains cercles africains, Serval ayant muté en Barkhane. Emmanuel Macron sera, vendredi, 19 mai, au Mali. Continuité ou rupture ? Avec Jean Yves Le Drian aux Affaires étrangères, c'est plutôt la continuité. Cela dit, les chefs d'Etat français et malien devront se dire les vérités en face, surtout, celles qui fâchent.

Pour son premier gouvernement, le « jeune » président français, Emmanuel Macron, a fait moins bien que son mentor, François Hollande, à l'endroit des Noirs de France. Ce dernier avait Christiane Taubira à la Justice, un ministère régalien et, George Pau-Langevin, aux DOM-TOM, deux femmes de qualité. Emmanuel Macron, lui, n'a pu trouver que les Sports qu'il attribue à Laura Flessel, double champion olympique d'escrime. On dira au « jeune » président : « C'est bien mais Peut mieux faire » pour la prochaine fois !

Plutôt le président malien, IBK (Ibrahim Boubacar Keita), démocratiquement, élu à son poste, que le dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, réélu, en avril 2016, pour la cinquième fois consécutive, de la façon la plus contestable possible. Ayant émis le souhait de rendre visite aux soldats français à l'étranger qui combattent le terrorisme, Emmanuel Macron avait été averti : « Si, pour tes débuts, tu t'empresses de te rendre à N'Djamena pour serrer la main du dictateur, ce sera fâcheux pour ton image... ». Le « jeune » chef d'Etat apprend bien les leçons : il a pris bonne note de ce conseil. Il ne visitera pas l'état-major de Barkhane à N'Djamena, mais, directement, les soldats français qui en font partie, à Bamako, et dans le Nord du Mali.