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Emmerson Mnangagwa

Le gouvernement zimbabwéen a annoncé, lundi, 8 avril, qu'il verserait à partir du mois prochain (mai 2019) des indemnités aux fermiers blancs expulsés de force lors de la réforme agraire controversée ordonnée par l'ex-président, Robert Mugabe, il y a une vingtaine d'années. C'est un tournant majeur de la politique en la matière jusque-là menée par son ancien vice-président arrivé au pouvoir non pas par la volonté de Camarade Bob, mais, de l'armée.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a estimé, mardi, 22 janvier, que la levée des sanctions visant le Zimbabwe serait le meilleur moyen pour la communauté internationale d'apaiser la crise qui touche le pays. Sur ce plan, il est en droite ligne du soutien qu'apportaient au régime de Camarade Bob, le président, Jacob Zuma, et avant lui, le président, Thabo Mbeki. Il ne faut pas s'étonner : les dirigeants de l'Afrique du Sud, tous issus de l'ANC, apprécient tout l'appui que leur avait apporté le Zimbabwe devenu indépendant, pour contrer les racistes qui détenaient le pouvoir à Pretoria, avant la fin de l'apartheid. Membre de « La ligne de front » qui était constituée de pays de l'Afrique australe qui soutenaient la lutte de l'ANC, le Zimbabwe était un des pays les plus engagés dans ce combat et l'ancien premier ministre, Robert Mugabe, en prenait pas de gants pour dire les vérités qui dérangeaient à son homologue britannique, Margaret Thatcher. En difficultés depuis plusieurs années, déjà, le Zimbabwe a, toujours, bénéficié de la sollicitude et des concours divers de l'Afrique du Sud.

L'ancien président zimbabwéen, Robert Mugabe, âgé de 94 ans, est soigné, depuis deux mois, à Singapour, et ne peut plus marcher, a affirmé ce samedi, 24 novembre, son successeur, Emmerson Mnangagwa. Ce dernier s'exprimait, lors d'un meeting de son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Très affaibli politiquement à cause des reproches qu'on lui fait de n'avoir pas réussi à relancer l'économie, le nouveau président de la République divulgue, là, un secret médical sans l'autorisation du corps médical soignant son prédécesseur. C'est comme s'il utilisait les arguments de bas de la ceinture pour se tirer d'affaire.

Le chef de l'Etat zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accusé les partisans de l'ancienne première dame, Grace Mugabe, d'avoir fomenté l'attentat dont il est sorti indemne ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet. En fait, il s'agit d'une simple précaution de langage pour ne pas créer la polémique alors qu'il va se présenter à l'élection présidentielle, la première de sa vie, dans quelques semaines. Mais, en cercles fermés, le président candidat à sa succession aurait demandé aux services de sécurité d'avoir Grace Mugabe à l'oeil. Il est convaincu que si Camarade Bob, son prédécesseur, a, définitivement, tourné sa page politique, Grace Mugabe, toujours ambitieuse, est loin d'avoir dit son dernier mot.

Qui en veut au successeur de Robert Mugabe à ce point ? Cette question est sur toutes les lèvres au Zimbabwe où l'attentat à l'explosif inédit qui a visé une réunion de campagne du président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a plongé, dimanche, 24 juin, le pays dans l'incertitude à un mois de ses premières élections de l'ère post-Robert Mugabe. Le « crocodile » se rend, fatalement, compte que cette élection présidentielle ne sera pas une partie de plaisir pour lui, et que s'il ne fait pas attention, il risque d'y laisser sa peau.

Camarade Bob chassé par coup d'état militaire, les putschistes se dévoilent en montrant les appuis qu'ils ont bénéficié pour réussir leur opération. Sinon, pourquoi se précipiter à réintégrer les rangs du Commonwealth, un organisme qui avait exclu le Zimbabwe pour les raisons qu'on sait, et qui, au fond, comme la Francophonie pour les pays ayant l'usage du français en partage, n'apportent pas grand-chose aux peuples des pays concernés ?

Avant son coup d'état de novembre dernier, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, en collaboration avec ses amis de l'armée zimbabwéenne, avait tenu l'empire du Milieu au courant de la grave situation politique qui prévalait au Zimbabwe et des conséquences qui pouvaient en découler. Sans être, totalement, affirmatif de ce que les Chinois étaient au courant de l'issue de la crise au Zimbabwe, ils avaient, néanmoins, compris la sollicitation qui leur était faite, tout en gardant leur amitié à leur partenaire historique, Robert Mugabe. Cinq mois après sa chute, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa est, triomphalement, reçu, sans surprise, à Beijing, par Xi Jinping qui a décidé de maintenir le niveau de coopération entre les deux Etats où il était, et même, de l'élever encore plus. Conclusion : la Chine (comme les pays occidentaux à quelques variables près) n'a pas, réellement, d'amis mais elle a, surtout, des intérêts à préserver.

Robert Mugabe a bel et bien été victime d'un coup d'état militaire, méticuleusement, préparé par l'ancien chef d'état major de l'armée en complicité avec l'ancien vice-président de la République. C'est une « honte à effacer » pour cette armée qui, par sa bravoure, avait chassé l'ancien colon britannique du pays, lui permettant d'accéder à l'indépendance, pense Camarade Bob. Pour la première fois, il vient de s'exprimer, publiquement, sur sa sortie de la scène politique comme acteur principal du Zimbabwe, chez nos confrères de la SABC (télévision sud-africaine).

On nous l'avait caché. Les militaires zimbabwéens ont fait pression sur Camarade Bob pour qu'il se retire. Ils sont partis jusqu'à l'effrayer en lui indiquant qu'il risquait d'être "lynché", comme l'ancien dirigeant libyen, Mu'ammar al Kadhafi, s'il s'y refusait, a raconté un de ses proches. Le chef d'état major, le général Constantino Chiwenga, avait, sûrement, son plan avec son acolyte, Emmerson Mnangagwa, bien tracé. Après le départ de l'empêcheur de tourner en rond, l'un deviendrait président de la République et l'autre vice-président. Au regard de l'intérêt personnel qu'ils avaient à imposer le changement, ils auraient même pu assassiner, eux-mêmes, Robert Mugabe et maquiller les faits. Devrait-on les applaudir ?

L'armée comme d'ailleurs le journalisme, est une voie royale qui mène à la politique. C'est le raccourci suivi par l'ancien chef des armées du Zimbabwe qui avait initié, en novembre, un coup d'état en douceur visant à déposer Robert Mugabe. Partage des rôles oblige, Emmerson Mnangagwa est bien arrivé à ses fins en remplaçant ce dernier à la tête de l'Etat. Mais l'homme qui a réussi ce changement sans bain de sang, a, aussi, été récompensé. Le général, Constantino Chiwenga, devient vice-président de la Zanu-PF, première étape pour briguer la vice-présidence de la République.

Une chose est de chercher à déloger Camarade Bob de son fauteuil présidentiel, ce qui a été fait, avec succès, sans effusion de sang. Une autre de faire mieux que lui, notamment, dans le domaine de l'économie où le sabotage de Londres avait eu raison des ressorts de la jeune économie du pays. Emmerson Mnangagwa est, désormais, l'homme fort du Zimbabwe. Il ne possède pas de remède miracle pour apporter la prospérité au pays. Issu du système précédent, il compte les mêmes ennemis que son prédécesseur. Cela dit, en homme politique qui a montré qu'il pouvait être très rusé, il se doit de proposer des solutions pour sortir l'économie de l'ornière. Pour cela, il souhaite, avant toute chose, l'unité du pays. L'opposition, qui est déçue de la formation de son premier gouvernement, ne s'inscrit pas dans sa démarche.

Qui a dit que les militaires étaient neutres ? La justice (aux ordres) a, d'ores et déjà, commencé son (sale) job, sous la dictée de l'armée. Le camp des vaincus que dirigeait l'ancienne première dame, Grace Mugabe, commence à subir des purges et des jugements expéditifs. Mais, après 37 ans passés au pouvoir, Camarade Bob ne se laissera pas faire. Il compte beaucoup de partisans dans la Zanu-PF et dans l'administration, qui finiront pas réagir. Sur un autre plan, ce n'est pas dans un tel climat que le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, relancera l'économie du pays et réduira le chômage. Afriqueeducation.com se répète : c'était une erreur, une très grosse erreur, de faire partir Camarade Bob de cette façon, avec, bien entendu, le bienveillant soutien actif de Washington et de Londres. Ces deux capitales sont, activement, attendues, aujourd'hui, pour apporter leur concours (financier) au nouveau pouvoir qu'elles ont appelé de toutes leurs forces. Malheureusement, elles ne répondent plus à l'appel. Le Zimbabwe (sans Camarade Bob) est en train de se regarder dans un miroir. Tel qu'il est dans la réalité.

La fuite du vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, est une très bonne nouvelle pour le couple présidentiel. Camarade Bob va, sans doute, expliquer que s'il n'avait rien à se reprocher, il n'aurait pas, précipitamment, quitté le pays, de cette façon. Le vice-président était, en effet, accusé de tentative de coup d'état, ce qui justifierait son limogeage avec cette précipitation. Il annonce vouloir mener le combat, désormais, étant hors du pays. La course pour le pouvoir est plus que jamais lancé alors que Robert Mugabe est candidat à sa succession pendant l'élection présidentielle de 2018.

Le président sud-africain n'est pas seul dans la sous-région australe de l'Afrique à vouloir se faire succéder par son ex-épouse Xhosazana. Au Zimbabwe, Robert Mugabe nourrit, exactement, la même ambition. Son épouse, Grace, qui, après avoir pris la direction de la puissante ligue féminine de la Zanu-PF, va devenir, avant la fin 2017, vice-présidente du parti. C'est le chemin tout indiqué pour devenir la prochaine présidente du Zimbabwe. Qui a dit que Camarade Bob, du haut de ses 93 ans, était sénile (comme le disent ses détracteurs) et ne savait pas ce qu'il faisait ? Il démontre, au contraire, aux Zimbabwéens qu'il a de la suite dans les idées.