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esclavage

C'est une bataille en passe d'être gagnée, celle de l'esclavage qui, malgré les textes de lois les uns plus coercitifs que les autres, continue de gangrener la société mauritanienne. Lundi, 23 avril, trois Mauritaniens ont été condamnés à des peines d'un an de prison ferme pour avoir "traité autrui d'esclave", une première pour ce type de délit dans un pays où la persistance de pratiques esclavagistes est, régulièrement, dénoncée par des ONG.

Trois personnes ont été reconnues coupables de pratiques esclavagistes et condamnées à des peines de prison par la Cour spécialisée dans l’esclavage de Nouadhibou. S'agit-il des peines pour l'exemple ou de la détermination, enfin, du gouvernement de ne plus tolérer cette pratique d'un autre âge ?

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

Les Africains qui accusent l'Union africaine (UA) d'être une organisation sans utilité, ont de quoi renforcer leur scepticisme à son endroit. Alors que cette dernière n'ignorait rien de ce qui se passe en Libye, en matière de trafic des êtres humains (tout comme elle connaît la situation qui prévaut en Mauritanie où l'esclavage continue de frapper les Négro-Mauritaniens), elle a fermé les yeux devant ce drame et préféré prendre le train en marche, comme les Nations-Unies et le reste de la communauté internationale, après le visionnage du reportage de la chaîne américaine CNN, sur cette question en Libye. Ses deux principaux responsables, à savoir, son président en exercice, Alpha Condé, et son président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, se sont limités à des condamnations de principe sans lendemain, au moment où la France, moins concernée que l'Afrique, a réagi, de son côté, avec efficacité. Non seulement, son président, Emmanuel Macron, a qualifié ce trafic de « crime contre l'humanité », mais, la France a pris l'initiative de faire inscrire cette affaire, de manière expresse, comme sujet devant être examiné par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. On peut, légitimement, se demander à quoi sert l'UA ?

Le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Guinéen, Alpha Condé, s'est "indigné", vendredi, 17 novembre, des cas d'esclavage en Libye dénoncés, cette semaine, par l'ONU et dans un documentaire choc de la chaîne américaine CNN. Mieux vaut tard que jamais.

Les Négro-Mauritaniens demandent aux participants au 27ème Sommet de la Ligue arabe, qui s'ouvre ce lundi, 25 juillet 2016, à Nouakchott (capitale de l'esclavage), à prendre à bras le corps, la question de l'esclavage, du  racisme, de l'exclusion,    qui frappent  les Noirs dans les pays qu'ils dirigent. 

Nous diffusons, en français, l'intégralité de l'interview du président de IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste), Biram Dah Abeid, réalisée, en langue arabe et publiée, sur le site internet, Nouakchott.com. A peine sorti de prison, Biram Dah Abeid a repris le combat contre l'esclavage et le racisme, qui frappent les Noirs de Mauritanie. Après avoir passé 555 jours en prison, il se trouve, actuellement, aux Etats-Unis, avec Brahim Bilal Ramdhane, à l'invitation du secrétariat d'Etat.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a-t-il voulu résoudre, réellement, le problème de l'esclavage et ses conséquences, depuis qu'il est à la tête du pays, qu'il n'aurait pas eu le tir groupé dont il fait l'objet, actuellement, par les associations noires et haratine.

A l'affiche, à partir du 4 septembre 2015, au siège parisien de l'Unesco, un événement sur l'esclavage et la traite négrière.