Europe

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays. Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.

Cette ONG, SOS Méditerranée, a des idées, diamétralement, opposées à celle du nouveau gouvernement italien issu de l'extrême-droite et dont l'objectif principal est de renvoyer, chez eux, 500.000 migrants, pendant les douze prochains mois. SOS Méditerranée a rappelé, samedi, 26 mai, aux autorités italiennes et européennes qu'il était essentiel de laisser aux ONG humanitaires patrouillant en Mer Méditerranée le droit de secourir les migrants, après avoir reçu l'ordre de quitter la zone. On assiste à un langage des sourds.

Alassane Ouattara ayant la notion du beau, on peut lui faire confiance : il organisera le Sommet Europe-Afrique de telle sorte qu'on s'en souviendra, plusieurs années encore. Alors que la femme la plus puissante de l'Union européenne, l'Allemande, Angela Merkel, attend encore des accords d'alliance pour former son gouvernement, le jeune président français, Emmanuel Macron, sera la principale attraction du Sommet, côté européen. En Afrique francophone, aussi. Françafrique oblige ! Le Sommet se tiendra en Abidjan, en Côte d'Ivoire, le principal pôle continental où s'exerce, encore, la domination (l'influence) française en Afrique noire, bien loin des pays comme le Gabon. En attendant ses différents discours, à Ouagadougou, à Accra et dans la capitale économique ivoirienne, voici quelques points de repère qu'Emmanuel Macron devra intégrer dans ses notes.

L'Union européenne ne sait plus quoi faire. Après plusieurs siècles de présence européenne sous formes d'esclavage, de colonisation et de néo-colonisation en Afrique, avec les résultats qu'on sait, c'est-à-dire, insignifiants, elle se résout, aujourd'hui, à dénoncer ceux qui viennent, d'autres cieux que l'Europe pour essayer, avec d'autres façons de faire. De quel droit ces Européens se permettent-ils de critiquer les partenariats que l'Afrique scelle avec les Non-Européens ?

Avec 5 000 personnes disparues en Méditerranée, 2016 est l'année la plus meurtrière depuis le début de la crise migratoire. En 2015, 3 777 migrants avaient péri en tentant de rejoindre l'Europe par la Mer méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrants (OIM). 

De plus en plus, les Africains défient la Mer Méditerranée à bord des embarcations de fortune, pour échapper à la misère chez eux. Ces « s'en fout la mort » n'ont plus peur de se noyer d'autant plus que l'action du pape François aidant, l'Europe commence à prendre conscience qu'il existe un réel problème de sous-développement dans la plupart des pays africains.

Honorant les engagements pris dans l’agenda européen en matière de migration adopté en mai dernier, la Commission européenne a présenté, aujourd’hui, des propositions qui contribueront à remédier à la crise des réfugiés.