Vous êtes ici

F CFA

Réunis le 29 juin, à Abuja, au Nigeria, lors d'un Sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les chefs d'Etat ont, définitivement, mis les points sur certains « i » concernant leur future monnaie unique, qu'ils ont décidé d'appeler « ECO ». Autre décision importante : Mahamadou Issoufou, chef de l'Etat du Niger, qui supervise le processus conduisant à la mise en place de cette future monnaie commune de la CEDEAO en collaboration étroite avec son homologue du Ghana, Nana Akufo-Addo, a été porté, pour un an, à la présidence en exercice de la CEDEAO. Une position qui lui permettra de « batailler », fermement, avec le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, qui dû accepter la création de l'ECO du bout des lèvres, et qui a monopolisé la présidence en exercice de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) depuis 2016, afin de mieux défendre le F CFA, alors que cette présidence est annuelle et tournante.

Le président français respecte (et craint) la démocratie ghanéenne et l'indépendance d'esprit des Ghanéens. Il s'en était rendu compte lors de son voyage en novembre 2017 à Accra. En visite officielle en France, le président du Ghana a déjeuné ce midi avec son homologue français. La France connaissant suivre ses intérêts, surtout, quand ceux-ci sont menacés, il s'agira, surtout, de la question du F CFA à l'heure où cette monnaie va être abandonnée, à partir de 2020, au profit de l'ECO, nom de la monnaie choisie par les chefs d'Etat de la CEDEAO, réunis à Abuja, au Nigeria, le 29 juin 2019.

En amont des réunions de la zone franc à Niamey (Niger) du 28 mars auxquelles le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, prendra part, Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice de la CEMAC, a convoqué un Sommet, à N'Djamena, ce dimanche, 24 mars, pour une concertation préalable et nécessaire des pays membres. C'est vrai qu'on a parlé des réformes institutionnelles que conduit le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (absent à N'Djamena), depuis 2006, mais aussi, de la circulation des biens et des personnes, mais surtout, il a été question du F CFA. Cette sous-monnaie gérée par le Trésor français (Ministère français de l'Economie) et dont les Africains des 14 pays où elle est utilisée, ne veulent plus.

Le numéro 474 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, depuis mercredi, 6 mars, consacre un important dossier sur le F CFA. Le dossier est présenté tel que cela n'avait pas encore été le cas lors des débats, généralement, consacrés à cette monnaie. Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est-il le dernier grand défenseur de cette monnaie en Afrique, titre Afrique Education en une, avec la photo du président ivoirien sortant de son entretien avec le président français, Emmanuel Macron. Lors de l'échange avec les journalistes qui s'en était suivi, il avait invité les Africains à changer de débat car pour lui, « le F CFA est une monnaie solide, bien gérée et appréciée ».

Le numéro 474 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, depuis ce mercredi, 6 mars, consacre un important dossier sur le F CFA. Le dossier est présenté tel que cela n'avait pas encore été le cas lors des débats, généralement, consacrés à cette monnaie. Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est-il le dernier grand défenseur de cette monnaie en Afrique ?, titre Afrique Education en une, avec la photo du président ivoirien sortant de son entretien avec le président français, Emmanuel Macron, vendredi 15 février. Lors de l'échange avec les journalistes qui s'en était suivi, il avait invité les Africains à changer de débat car pour lui, « le F CFA est une monnaie solide, bien gérée et appréciée ».

Pauvre Michaëlle Jean ! Que ne ferait-elle pas pour se succéder à elle-même à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie) en 2018 ? Contrairement à son compatriote, Jean-Louis Roy, qui avait réussi à placer cette organisation à équidistance des influences française et canadienne, grâce à sa stature et un bilan qui parlait de lui-même, sa jeune et fragile compatriote n'a, jamais, réussi à imprimer ses marques à la tête de cette organisation très politique, que la France aime utiliser pour asseoir son influence dans les pays membres. Soutenue dans sa course à la tête de l'OIF contre le Congolais, Henri Lopes, par l'ancien président français, François Hollande, à Dakar, Michaëlle Jean est obligée, aujourd'hui, de sacrifier son meilleur collaborateur sur l'autel de ses ambitions pour un deuxième mandat. Qu'elle risque de ne pas avoir son bilan n'étant pas à la hauteur. Sur un tout autre plan, le limogeage du jeune professeur agrégé en sciences-économiques, Kako Nubukpo, montre que le chemin à parcourir par les Africains pour se débarrasser du très colonial F CFA est encore (très) long et semé d'embûches. Mais, tôt ou tard, il faudra que cesse cette « servitude volontaire » qui fait que les pays africains membres de cette zone monétaire sont, systématiquement, placés sous le contrôle monétaire et financier (c'est-à-dire politique) de la France, ce qui en fait des pays sous tutelle ou si l'on veut à l'indépendance pas totalement acquise.

Une nouvelle parcourt les réseaux sociaux, depuis quelques jours, qui annonce la prochaine dévaluation du F CFA (Zone BEAC). Cette fâcheuse nouvelle a commencé à être reprise par certains journaux, sans aucun recul, notamment, au Cameroun, où, parfois, on est à l'affût (irréfléchi) de tout ce qui s'écrit et se dit, sur la place parisienne. Pourtant, la nouvelle est fausse : aucune dévaluation du F CFA n'est prévue. Ni aujourd'hui, ni demain. Ni même après-demain. Les programmes d'ajustement doivent être (ou sont déjà) signés avec le FMI. Ce qui, par contre, est à l'ordre du jour de la réflexion, c'est la Zone Franc elle-même, au moment, où les Africains pressent leurs dirigeants à avoir leur propre monnaie, qui puisse garantir les pays concernés de tous les attributs de la souveraineté.

Le débat avance. Incontestablement. Y compris au sein du cercle des chefs d'Etat africains où on en trouve qui sont ouvertement pour la sortie du F CFA colonial actuel. Une telle sortie peut prendre plusieurs variantes, mais, c'est clair que les Africains veulent avoir leur propre monnaie à eux, directement, gérés, par eux, sans contingence extérieure. Parmi les chefs d'Etat qui militent pour cette option : par ordre alphabétique : le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Le Front du refus et du statu quo est composé de l'Ivoirien, Alassane Ouattara et du Sénégalais, Macky Sall. Pour le moment, les autres chefs d'Etat ne se prononcent pas encore clairement.

Le roman d'Aminata Sow Fall, édité en 1979, aux Nouvelles éditions africaines (NEA) est d'actualité. Son récit s'adapte à la lutte que mènent les Africains pour créer une monnaie, authentiquement, africaine, différente du F CFA d'aujourd'hui, mais aussi, au procès Gbagbo dont l'emprisonnement à La Haye a bloqué la réconciliation en Côte d'Ivoire.

La nouvelle journée de mobilisation du Front Anti-CFA, processus initié par l'activiste sénégalais, Kemi Seba, et l'ONG Urgences Panafricanistes (URPANAF), a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, dans le monde, lors des débats thématiques organisés, samedi, 11 février. Les panafricains accentuent, ainsi, la pression sur leurs dirigeants afin de rompre le pacte colonial.

Les partisans d'une monnaie, authentiquement, africaine, à la place de l'actuel F CFA, remontent au créneau. Le 11 février, dans une trentaine de pays, ils comptent rappeler aux dirigeants français et africains qu'ils refusent, désormais, le F CFA, monnaie coloniale par excellence mise en place pour les asservir et les aliéner. La mobilisation va faire boule de neige jusqu'à l'atteinte de l'objectif final : la mise en place d'une monnaie digne des espoirs de l'Afrique.