F CFA

Il existe des accords signés entre les anciennes colonies françaises et la France. Ces accords concernent de nombreux domaines tels que le militaire, le politique, l'économique. Concrètement, les accords militaires et de défense, doivent être signés avec la France et non avec un autre pays sauf si la France l'autorise. Les ressources du sol et du sous-sol sont d'abord proposées aux entreprises françaises. La formation des militaires africains se fait en priorité dans l'Hexagone. Plus grave : 500 milliards de dollars des fonds des 14 pays africains membres de la Zone Franc, sont logés au Trésor français, sans autre forme de procès. Bref, bien qu'indépendants (sur le papier), les pays francophones d'Afrique (noire) restent sous l'étroite surveillance de Paris. Qui bronche est abattu !

De l’Ivoirien, Nicolas Agbohou, au Camerounais, Martial Ze Belinga, en passant par le Sénégalais, Demba Moussa Dembélé, les économistes africains sont très critiques à l’égard de la déclaration faite par Emmanuel Macron sur le F CFA, à Abidjan, le 21 décembre 2019. Comparant les changements annoncés par le président français (départ de la France du Conseil d’administration de la Banque centrale des Etats de l’Afrique occidentale et retrait des réserves en devises du Trésor public français) à une vraie arnaque, ils estiment que la France, une fois de plus, vient de nous rouler dans la farine comme elle fit croire jadis à Meka qu’une décoration de pacotille faisait de lui l’ami des Blancs dans “Le Vieux Nègre et la médaille” de Ferdinand Oyono car la nouvelle monnaie, dont le nom, ECO, a été volé à la Communauté économique des Etats d’Afrique occidentale, sera toujours fabriquée à Chamalières (dans le Puy-de-Dôme) et contrôlée par la France.

Emmanuel Macron a estimé, dimanche, 22 décembre, à Niamey, que la lutte armée contre les groupes djihadistes au Sahel était à “un tournant” nécessitant une clarification des objectifs militaires et politiques de la mission engagée par la France en 2013 avec l’Opération Serval, puis, Barkhane. Clarification ? Il le faut des deux côtés car la France n'est pas exempte de tout reproche : son armée (la 5e plus forte du monde) n'arrive pas à se mettre à la hauteur des affreux djihadistes qui tuent, violent et pillent, impunément, dans le Sahel, depuis que l'intervention occidentale en Libye l'a déstabilisée, laissant fuir dans la nature, des milliers de djihadistes que Kadhafi confinait de force dans des casernes pour les rendre inoffensifs. En exigeant la clarification de ses cinq homologues du G5 Sahel, il faut bien que le jeune président français commence par le commencement avant de critiquer les peuples africains d'avoir adopté des comportements « anti-français ». Car avant lui, il y a eu François Hollande (2012-2017) et surtout, Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui est à l'origine de la grave situation qui prévaut aujourd'hui au Sahel. C'est l'Afrique qui est en position de demander des comptes à la France et non le contraire.

En séjour de deux jours en Côte d'Ivoire, le président, Emmanuel Macron, a convenu avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, du changement du F CFA qui va devenir l'ECO courant 2020. Les pays membres de la CEDEAO (y compris ceux de l'UEMOA) doivent surveiller le président ivoirien comme du lait sur le feu car il n'a, jamais, été un partisan d'une monnaie authentiquement africaine, et encore moins, une monnaie africaine qui viendrait remplacer le F CFA qu'il considère (sans rires) comme l'une des meilleures monnaies du monde.

On peut se demander pourquoi cinq chefs d'Etat et le premier ministre du Gabon, se sont retrouvés, ce vendredi, 22 novembre, matin, à Yaoundé, en Sommet extraordinaire, après que le pendant de l'Afrique de l'Ouest, l'UEMOA et la CEDEAO, aient avancé sur des dossiers, qui continuent de piétiner en Afrique centrale ? Le Sommet de Yaoundé s'est terminé comme il a débuté : absolument rien à se mettre sous la dent. Alors que les chefs d'Etat sont pressés par leurs concitoyens à faire des réformes audacieuses comme leurs homologues de l'Afrique de l'Ouest. Notamment en abandonnant le F CFA.

Lors de ce Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) qui regroupe le Cameroun, le Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, les choses ne vont pas tirer en longueur. La ministérielle tenue en amont a balisé le terrain, ce qui va permettre aux chefs d'Etat, réunis à huis clos, vendredi, 22 novembre, dans la matinée, au Palais d'Etoudi, de formaliser ce qui a été arrêté par les ministres. Si le budget va être voté, l'attention des chefs d'Etat sera orienté vers deux sujets majeurs : la fusion attendue de la CEMAC et de la CEEAC (Communauté des Etats de l'Afrique centrale) et la question du F CFA dont le remplacement a d'ores et déjà été acté à l'UEMOA au profit de la monnaie ECO que vont, dès 2020, utiliser les 15 pays de la CEDEAO (Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Du moins, pour ceux des pays qui auront satisfait aux trois critères de convergence.

Le moins que l’on puisse affirmer est que Nathalie Yamb n’y est pas allée avec le dos de la cuillère lors de sa prise de parole à Sotchi (Russie), le 24 octobre 2019. Tantôt demandant la fin du F CFA, qui ne garantit pas d’autre stabilité que celle “de la mauvaise gouvernance, de la pauvreté et de la corruption”, tantôt stigmatisant “les accords de défense bidon qui ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats”, tantôt, décrivant la France comme un pays “qui avance sans bouger, en portant des masques et qui considère toujours le continent africain comme sa propriété”, la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly n’a pas eu de mots assez durs pour attaquer la politique française en Afrique.

Le Collectif Sortir du F CFA a suivi avec intérêt le premier Sommet Russie-Afrique, à Sotchi. S'il appartient aux Africains de développer eux-mêmes leur continent, le Collectif soutient, tout de même, que le concours de la Russie peut être bénéfique pour les Africains dans leur souhait de se débarrasser du F CFA.

Bruno Le Maire et ses homologues africains des Finances de la Zone Franc échangeront, vendredi, 11 octobre, à Bercy, à partir de 8h30, sur les grands enjeux économiques et monétaires d’intérêt commun. C'est une phrase savante qui veut tout dire et rien du tout. En fait, le F CFA est à l'ultime tournant de son existence en tant que (sous)monnaie des anciennes colonies françaises. Mais, au-delà de cet enjeu incontestable que l'opinion africaine suit, désormais, de très près, avec beaucoup d'intérêt, Bruno Le Maire va, aussi, rappeler les fondamentaux qui doivent guider la bonne tenue des économies de la zone. Explication du professeur à ses chers étudiants !?

A l'invitation de Bruno Le Maire, ministre français de l'Economie et des Finances, les ministres africains des Finances se sont retrouvés, à Paris, ce 8 octobre, pour parler des questions ayant trait au F CFA. L'éternel F CFA ! Généralement, les pays utilisant cette monnaie s'accordent, toujours, à la même occasion, à Paris, avant de se retrouver, à Washington, dans le cadre des réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Cette année, les Assemblées annuelles se tiendront du 14 au 20 octobre 2019.

Le jeune président français est passé maître dans l'organisation des petits événements dans les grands. Le 11 juillet, il a, officiellement, invité le président du Ghana, Nana Akufo Addo, pour parler coopération bilatérale entre les deux pays, mais, surtout, pour dialoguer en direct avec la diaspora africaine et des ultra-marins. Mais, au fond, le déjeuner en tête à tête qu'il avait organisé en son honneur, devait permettre aux deux hommes d'Etat de parler de la création de la monnaie ECO en remplacement du F CFA, en zone CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale). Le président du Ghana et son homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, sont les deux chefs d'Etat mandatés par la CEDEAO pour mener ce processus de la mise en place de l'ECO, à terme, courant 2020. Cette invitation de Nana Akufo Addo, à l'Elysée, avait été précédée de quelques jours, par un passage du président ivoirien, Alassane Ouattara.
Ce jeudi, 15 août, un autre tête à tête entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron leur permettra de remettre ce sujet sur la table, le président ivoirien, grand fervent du maintien du F CFA, « une excellente monnaie (selon lui) qui donne entièrement satisfaction à nos économies », n'ayant pas abdiqué malgré la décision des chefs d'Etat de la CEDEAO réunis, le 29 juin, à Abuja, au Nigeria, de lancer la monnaie de la CEDEAO (l'ECO) en 2020.

Réunis le 29 juin, à Abuja, au Nigeria, lors d'un Sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les chefs d'Etat ont, définitivement, mis les points sur certains « i » concernant leur future monnaie unique, qu'ils ont décidé d'appeler « ECO ». Autre décision importante : Mahamadou Issoufou, chef de l'Etat du Niger, qui supervise le processus conduisant à la mise en place de cette future monnaie commune de la CEDEAO en collaboration étroite avec son homologue du Ghana, Nana Akufo-Addo, a été porté, pour un an, à la présidence en exercice de la CEDEAO. Une position qui lui permettra de « batailler », fermement, avec le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, qui dû accepter la création de l'ECO du bout des lèvres, et qui a monopolisé la présidence en exercice de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) depuis 2016, afin de mieux défendre le F CFA, alors que cette présidence est annuelle et tournante.

Le président français respecte (et craint) la démocratie ghanéenne et l'indépendance d'esprit des Ghanéens. Il s'en était rendu compte lors de son voyage en novembre 2017 à Accra. En visite officielle en France, le président du Ghana a déjeuné ce midi avec son homologue français. La France connaissant suivre ses intérêts, surtout, quand ceux-ci sont menacés, il s'agira, surtout, de la question du F CFA à l'heure où cette monnaie va être abandonnée, à partir de 2020, au profit de l'ECO, nom de la monnaie choisie par les chefs d'Etat de la CEDEAO, réunis à Abuja, au Nigeria, le 29 juin 2019.

En amont des réunions de la zone franc à Niamey (Niger) du 28 mars auxquelles le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, prendra part, Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice de la CEMAC, a convoqué un Sommet, à N'Djamena, ce dimanche, 24 mars, pour une concertation préalable et nécessaire des pays membres. C'est vrai qu'on a parlé des réformes institutionnelles que conduit le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (absent à N'Djamena), depuis 2006, mais aussi, de la circulation des biens et des personnes, mais surtout, il a été question du F CFA. Cette sous-monnaie gérée par le Trésor français (Ministère français de l'Economie) et dont les Africains des 14 pays où elle est utilisée, ne veulent plus.

Le numéro 474 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, depuis mercredi, 6 mars, consacre un important dossier sur le F CFA. Le dossier est présenté tel que cela n'avait pas encore été le cas lors des débats, généralement, consacrés à cette monnaie. Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est-il le dernier grand défenseur de cette monnaie en Afrique, titre Afrique Education en une, avec la photo du président ivoirien sortant de son entretien avec le président français, Emmanuel Macron. Lors de l'échange avec les journalistes qui s'en était suivi, il avait invité les Africains à changer de débat car pour lui, « le F CFA est une monnaie solide, bien gérée et appréciée ».

Le numéro 474 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, depuis ce mercredi, 6 mars, consacre un important dossier sur le F CFA. Le dossier est présenté tel que cela n'avait pas encore été le cas lors des débats, généralement, consacrés à cette monnaie. Le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est-il le dernier grand défenseur de cette monnaie en Afrique ?, titre Afrique Education en une, avec la photo du président ivoirien sortant de son entretien avec le président français, Emmanuel Macron, vendredi 15 février. Lors de l'échange avec les journalistes qui s'en était suivi, il avait invité les Africains à changer de débat car pour lui, « le F CFA est une monnaie solide, bien gérée et appréciée ».

Pauvre Michaëlle Jean ! Que ne ferait-elle pas pour se succéder à elle-même à la tête de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie) en 2018 ? Contrairement à son compatriote, Jean-Louis Roy, qui avait réussi à placer cette organisation à équidistance des influences française et canadienne, grâce à sa stature et un bilan qui parlait de lui-même, sa jeune et fragile compatriote n'a, jamais, réussi à imprimer ses marques à la tête de cette organisation très politique, que la France aime utiliser pour asseoir son influence dans les pays membres. Soutenue dans sa course à la tête de l'OIF contre le Congolais, Henri Lopes, par l'ancien président français, François Hollande, à Dakar, Michaëlle Jean est obligée, aujourd'hui, de sacrifier son meilleur collaborateur sur l'autel de ses ambitions pour un deuxième mandat. Qu'elle risque de ne pas avoir son bilan n'étant pas à la hauteur. Sur un tout autre plan, le limogeage du jeune professeur agrégé en sciences-économiques, Kako Nubukpo, montre que le chemin à parcourir par les Africains pour se débarrasser du très colonial F CFA est encore (très) long et semé d'embûches. Mais, tôt ou tard, il faudra que cesse cette « servitude volontaire » qui fait que les pays africains membres de cette zone monétaire sont, systématiquement, placés sous le contrôle monétaire et financier (c'est-à-dire politique) de la France, ce qui en fait des pays sous tutelle ou si l'on veut à l'indépendance pas totalement acquise.

Une nouvelle parcourt les réseaux sociaux, depuis quelques jours, qui annonce la prochaine dévaluation du F CFA (Zone BEAC). Cette fâcheuse nouvelle a commencé à être reprise par certains journaux, sans aucun recul, notamment, au Cameroun, où, parfois, on est à l'affût (irréfléchi) de tout ce qui s'écrit et se dit, sur la place parisienne. Pourtant, la nouvelle est fausse : aucune dévaluation du F CFA n'est prévue. Ni aujourd'hui, ni demain. Ni même après-demain. Les programmes d'ajustement doivent être (ou sont déjà) signés avec le FMI. Ce qui, par contre, est à l'ordre du jour de la réflexion, c'est la Zone Franc elle-même, au moment, où les Africains pressent leurs dirigeants à avoir leur propre monnaie, qui puisse garantir les pays concernés de tous les attributs de la souveraineté.

Le débat avance. Incontestablement. Y compris au sein du cercle des chefs d'Etat africains où on en trouve qui sont ouvertement pour la sortie du F CFA colonial actuel. Une telle sortie peut prendre plusieurs variantes, mais, c'est clair que les Africains veulent avoir leur propre monnaie à eux, directement, gérés, par eux, sans contingence extérieure. Parmi les chefs d'Etat qui militent pour cette option : par ordre alphabétique : le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Le Front du refus et du statu quo est composé de l'Ivoirien, Alassane Ouattara et du Sénégalais, Macky Sall. Pour le moment, les autres chefs d'Etat ne se prononcent pas encore clairement.

Le roman d'Aminata Sow Fall, édité en 1979, aux Nouvelles éditions africaines (NEA) est d'actualité. Son récit s'adapte à la lutte que mènent les Africains pour créer une monnaie, authentiquement, africaine, différente du F CFA d'aujourd'hui, mais aussi, au procès Gbagbo dont l'emprisonnement à La Haye a bloqué la réconciliation en Côte d'Ivoire.