Félix Tshisekedi

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) attend le premier gouvernement de l'ère Félix-Antoine Tshisekedi, depuis sept mois qu'il a pris ses fonctions, à la tête de l'Etat, une ONG américaine dénonce les pratiques de détentions illégales qui semblent se perpétuer sous le nouveau pouvoir. C'est comme si, dans ce domaine, la RDC n'avait pas changé de cap.

Il vient de faire ses cent premiers jours en tant que président démocratiquement élu de la RDCongo. Pourtant, plus de cent jours, plus tard, il n'a, toujours, pas eu les coudées franches pour nommer son premier ministre, et, encore moins, ses ministres et secrétaires d'Etat. Ne disposant pas de la majorité au parlement, il est condamné à vivre en bonne entente avec son prédécesseur, Joseph Kabila, qui ne fait rien pour lui faciliter la tâche.

Le président rdcongolais, Félix Tshisekedi, a levé la mesure suspendant l'installation du nouveau sénat de la République démocratique du Congo, satisfait par le rapport préliminaire d'enquête sur les allégations de corruption de grands électeurs, selon un communiqué de la présidence lu ce vendredi, 29 mars, à la télévision d'Etat.

L'étau se resserre sur le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, de plus en plus, sous le contrôle de son prédécesseur, Joseph Kabila, qui dispose de tous les atouts pour revenir au coeur du jeu politique. En fait, on commence à se demander si le président élu disposera d'une marge de manœuvre suffisante pour appliquer son programme. Car on a, plutôt, l'impression que c'est toujours Joseph Kabila, par ses partisans interposés, qui contrôle la substance du pouvoir.

Le courant passe 5/5 entre le nouveau président de la RDCongo, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila. En l'espace de quelques jours, les deux hommes ont appris à se connaître, à se respecter et à parler le même langage. On a, aussi, l'impression qu'ils regardent dans la même direction. Au niveau des institutions, par exemple, on ne sent pas, vraiment, l'alternance. C'est le sentiment de la continuité qui prédomine avec la nomination du futur premier ministre, qui a de fortes chances d'être proche de Joseph Kabila, le parti de ce dernier ayant raflé plus de la moitié des députés de la future Assemblée nationale. C'est donc un sentiment contrasté qui anime les RDCongolais : ils ont, certes, obtenu le changement qu'ils escomptaient avec le départ formel de Joseph Kabila, mais, ce changement se fait dans la continuité car Joseph Kabila reste omniprésent dans les rouages de l'Etat. Alors changement ou pas changement ? Continuité ou pas continuité ? A chaque RDCongolais de définir ces concepts à sa façon.

Sénateur à vie (avec tout ce qui va avec), ancien président de la République, qui garde tous les investissements effectués par lui-même, ainsi que, sa famille, pendant ses dix-huit ans de pouvoir, Joseph Kabila n'a pas pensé, seulement, à lui-même et aux siens proches. Chef d'un système de prédation (en voie disparition?), il a, aussi, oeuvré pour que tous ses ministres et anciens collaborateurs, manquent de rien. Ils vivront, tous, comme s'ils étaient, toujours, en fonction. Voilà le prix de la victoire d'Etienne Tshisekedi que semble dénoncer Martin Fayulu qui manifestait, cet après-midi, à Kinshasa où il a appelé ses militants et sympathisants à la « résistance pacifique ».

Ramazany Shadary n'est pas bavard de nature. Ancien ministre de l'Intérieur, homme des dossiers, il sait garder un secret. Mais, en tant qu'être humain, il peut être exaspéré. Et il l'a été. Lors de cette élection présidentielle à laquelle il avait été désigné par le chef de l'Etat comme le candidat du pouvoir, il s'est senti trahi par son patron, celui-là là même qui l'avait convaincu d'aller au feu. Sans état d'âme, il lâche, à son tour, Joseph Kabila, en expliquant pourquoi.

La prestation de serment du nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui va prendre le relais du chef de l’Etat sortant, Joseph Kabila, aura bien lieu, jeudi, 24 janvier, à Kinshasa. Elle est prévue à partir de midi (11h00 GMT) au Palais de la Nation de Kinshasa, siège de la présidence de la République.

Candidat de l'opposition, Martin Fayoulou est coiffé au poteau, alors qu'il se voyait déjà au palais présidentiel. Que s'est-il passé pour que son rival de l'opposition, Félix Tshisekedi, le double, de cette manière, au dernier moment alors que les décomptes de voix lui étaient favorables ? Le candidat de l'opposition n'est pas le seul à protester et à penser qu'il y aurait une sorte d'arrangement entre le vainqueur désigné et le pouvoir. Dans une sortie inhabituelle, le Quai d'Orsay (Ministère français des Affaires étrangères) juge les résultats communiqués par la CENI « non conformes ».

La honte ! La terrible déception ! La très grande désillusion ! Chacun qualifiera cela comme il l'entend. Toujours est-il que l'unité tant saluée ces dernières semaines n'a même pas tenu 24 heures : deux poids lourds de l'opposition congolaise ont annoncé dès lundi, 12 novembre, qu'ils se retiraient de l'accord qu'ils avaient signé la veille pour désigner un candidat unique de l'opposition à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC). On n'a pas besoin d'être le marabout de Sassou-Nguesso pour savoir que Joseph Kabila a sablé le champagne, maintenant qu'il commence, vraiment, à être rassuré de la possible réalisation de son plan de maintien (via son candidat) au pouvoir. Du coup, la retraite anticipée de sa charge de prêtre du cardinal, Laurent Mosengwo, il y a, quelques jours, prend toute son importance. Afriqueeducation.com avait alors titré : « Présidentielle en RDC : Le cardinal Laurent Mosengwo en embuscade » (2 novembre 2018 à 12h38), s'attirant quelques foudres de fidèles catholiques rdcongolais.

Le parti historique de l'opposition congolaise Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a investi, samedi, 31mars, lors de son congrès, Felix Tshisekedi, candidat à l'élection présidentielle annoncée pour le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC).