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Fatou Bensouda

Fatou Bensouda en a-t-elle marre d'échouer à la CPI (Cour pénale internationale) ? Comme son prédécesseur, l'Argentin, Luis Moreno Ocampo, elle va prendre la poudre d'escampette, en 2021, pour rejoindre soit sa Gambie natale, soit, une autre instance internationale, pour récompense des services rendus. En fait, chaque chose ayant une fin, elle doit quitter la CPI pour faire autre chose et laisser la place à quelqu'un d'autre. S'il est, encore, trop tôt pour faire son bilan à la CPI, on peut, tout de même, d'ores et déjà, affirmer son acharnement sur les seuls dossiers africains alors que dans d'autres régions du monde, elle aurait pu, aussi, s'intéresser à des criminels tout aussi importants, ce qu'elle n'a jamais fait.

La procureur de la CPI (Cour pénale internationale), Fatou Bensouda, n'a pas tardé à se manifester, après la libération de Seif al-Islam Kadhafi, le fils de l'ancien dirigeant libyen, assassiné en octobre 2011. Alors que la CPI réclame son extradition depuis, au moins, 2012, l'ancien héritier libyen a disparu dans la nature, après sa libération, avec la complicité de certains groupes armés. La CPI n'a aucun moyen de mettre la main sur lui, sauf en demandant l'appui du gouvernement du premier ministre, Fayez el-Sarraj, reconnu par les Nations-Unies et la communauté internationale. Mais selon plusieurs sources, ce fameux gouvernement Sarraj n'arrive même pas à contrôler la totalité de la ville de Tripoli. Comment compter sur lui pour arrêter et extrader Seif al-Islam ?

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), la Gambienne, Fatou Bensouda, vient d'affirmer, devant le Conseil de sécurité, que son Bureau examinait « attentivement » la possibilité d'ouvrir une enquête sur les crimes perpétrés contre les 300 000 migrants qui vivraient en Libye, ce pays étant devenu, selon des sources crédibles, un véritable « marché » pour la traite des êtres humains (esclavage). Le représentant de la Libye a, lui, dénoncé la complaisance actuelle envers les trafiquants « au Nord comme au Sud de la mer Méditerranée ».

Le communiqué de la CPI (Cour pénale internationale) est tombé, il y a quelques heures, comme un couperet. Prenant tout le monde de court, à Libreville, où BOA (Bongo Ondimba Ali) et son nouveau premier ministre, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, ont, plutôt, la tête dans les négociations en vue de la formation d'un gouvernement d'ouverture. Les tueries (du 31 août au 1er septembre et les jours suivants) s'invitent, maintenant, dans le débat post-électoral. Principale interlocutrice, Fatou Bensouda, en personne.

L'accusation tente ce mardi, 1er mars, de convaincre la Cour pénale internationale (CPI), d'ouvrir son premier procès pour destruction de bâtiments historiques contre un chef touareg malien présumé lié à Al-Qaïda et soupçonné d'avoir dirigé des destructions à Tombouctou.

Alors que le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé va bientôt s'ouvrir, à la Haye, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) joue sa crédibilité, voire, même, une partie de sa carrière au moment où des pressions se font jour pour que l'Union africaine retire son appui politique à cette institution qui ne sait que sanctionner les Africains.