Faustin Archange Touadéra.

Ils n'arrêteront jamais de nous étonner les Gaulois. Après avoir attaqué la Russie d'avoir utilisé à d'autres fins la résolution onusienne qui l'autorisait à livrer des armes au Centrafrique, la France, après avoir constaté que la Russie faisait la sourde oreille à ses remarques, change, aujourd'hui, de fusil d'épaule. La sortie de la ministre française de la Défense, Florence Parly, est plus conciliante, constructive et montre une volonté de coopération et non de confrontation.

Question à 10.000 F CFA (15 euros). Que veut la France en Centrafrique, pays où elle a retiré son armée, il y a deux ans, malgré les supplications de son nouveau président, Faustin Archange Touadera, alors que les rébellions battaient, encore, leur plein à l'intérieur du pays jusqu'aux faubourgs de Bangui ? La question étant peut-être mal posée, faudrait-il sans doute dire les choses autrement : en réalité que ne veut pas la France en Centrafrique, bien qu'elle ait pris la poudre d'escampette laissant ce pays se démerder dans ses graves difficultés ? Réponse, également, à 10.000 F CFA (15 euros) : que la Russie de Poutine s'y implante pour aucun prétexte, elle qui a commencé, grâce à un feu vert du Conseil de sécurité, à y fournir des armes avant de s'y installer : aujourd'hui, c'est la Russie qui (chose incroyable il y a un an) s'occupe de la sécurité personnelle du président, Faustin Archange Touadera. C'est une très mauvaise affaire pour Paris et on comprend qu'Emmanuel Macron ait mis en route sa cheffe des armées, Florence Parly, pour contrecarrer les plans de Moscou. Car la stratégie de la Russie ne se limite pas au seul Centrafrique. Elle s'inscrit dans un vaste plan où elle va marcher main dans la main (comme tous bons partenaires des BRICS) avec la Chine du camarade Xi Jinping.

Avec des amis occidentaux comme Michel Gally, Bernard Houdin, Albert Bourgi ou Me Jean Balan (bravo à eux !), nous luttons, chaque jour, pour la fin du F CFA, ainsi que, pour la fermeture et le départ des bases militaires étrangères présentes dans certains pays africains ; nous désirons jouir des richesses de nos sols et sous-sols ; nous ne voulons plus que nos matières premières soient pillées ou achetées à vil prix ; nous souhaitons que l’ancienne puissance coloniale arrête de décider à notre place aux Nations-Unies et de nous dire ce qui est bon/mauvais pour nous ou qui doit nous diriger.

L'année dernière, un mouvement armé (que nous ne nommons pas) avait, ouvertement, menacé le président, Faustin Archange Touadera, qu'il restait sous la menace de son éviction du palais présidentiel à cause de son incapacité à résoudre la crise centrafricaine pour laquelle il a été élu président de la République chef de l'Etat. Il faut reconnaître que la situation dans le pays s'est beaucoup dégradée : de 2 départements qui connaissaient l'insécurité quand Faustin Archange Touadera prenait le pouvoir en mars 2016, on est passé, aujourd'hui, à 14 départements sur 16 qui sont, totalement ou partiellement, sous le contrôle des milices qui se créent tous les jours que Dieu fait. Le président Touadera qui essuie les critiques de partout (et même plus discrètes des chefs d'Etat de la sous-région qui sont fatigués de résoudre les problèmes sans solution du Centrafrique depuis de très longues années) a fini par perdre tout crédit dévolu au président démocratiquement élu qu'il est. Pour certains observateurs, il attend, tranquillement, la fin de son mandat dans trois ans pour passer le témoin tandis que pour d'autres, il serait suicidaire qu'il reste à la tête du pays dans les conditions actuelles jusqu'au terme de son mandat. Les événements de dimanche, 8 avril, soir, d'une gravité extrême, posent la question de la longévité de Touadéra à la tête de l'Etat. Son compte à rebours a-t-il commencé ?

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

Le Centrafrique démarre très mal l'année 2018. La situation du pays se dégrade à vue d'oeil. Rien que ces derniers jours marquant la fin de l'année 2017, des "centaines" de personnes ont fui les affrontements entre groupes armés qui ont lieu depuis, mercredi, 27 décembre, soir, autour de la ville de Paoua, dans le Nord-Ouest du Centrafrique. Au niveau de la direction de l'Etat, le message du nouvel an diffusé par le président, Faustin-Archange Touadéra, est, plutôt, optimiste et tranche avec le vécu des populations. De deux choses l'une : ou il applique la célèbre Méthode Coué, soit, il est, déjà, coupé des vraies réalités de son pays. Pays profond dont il n'a plus, toujours, l'accès, 14 départements sur 16 étant repassés sous la coupe directe des différentes milices et groupes armés.