Faustin Archange Touadera

Ce n'est pas avec joie que la France a appris que la Russie avait été choisie pour s'occuper de la sécurité du président, Faustin Archange Touadéra. C'est un pied de nez grave que l'ancienne métropole coloniale a pris en plein visage et que son chef de la diplomatie tente bien que mal de corriger aujourd'hui. En effet, il y a deux ans, Jean-Yves Le Drian, à l'époque, ministre de la Défense sous le magistère de François Hollande, intimait l'ordre aux troupes françaises présentes en Centrafrique de rentrer en France, laissant le pays face à une rébellion qui n'occupait, en ce moment, que trois départements sur seize. L'insistance de Touadéra pour que l'armée française reste n'ayant reçu aucune écoute à Paris, le nouveau président ne tarda pas à être débordé par les miliciens, qui se répandirent, rapidement, dans onze autres provinces, ainsi que, dans la périphérie de Bangui. Le recours à la Russie a été la conséquence du départ de la France. C'est comme si Paris avait cherché à favoriser l'éjection de Touadéra du pouvoir, lui qui avait été élu démocratiquement en mars 2016. D'aucuns avaient même parlé d'agenda caché de Paris. A cet égard, la récente destitution de Karim Meckassoua de la présidence de l'Assemblée nationale est considérée par certains observateurs comme la riposte du pouvoir en place face à ses différentes manoeuvres de déstabilisation du pouvoir de Bangui, lui qui est réputé avoir de très bonnes entrées dans la capitale française. La nature ayant horreur du vide, Vladimir Poutine, contrairement, aux Français, ne s'est pas fait prier. Il a, immédiatement, volé au secours de Touadéra, après avoir convaincu le conseil de sécurité de ses bonnes intentions. Celles-ci ont, légèrement, évolué, au regard de la situation en place, le Centrafrique étant, aussi, un pays avec un sous-sol très riche. Désormais, il faudra, donc, compter avec la Russie en Centrafrique. Mais aussi avec la Chine. La France n'y sera plus seule comme avant. Les Centrafricains, de leur côté, ne subiront plus la seule loi de la présence française. Désormais, ils pourront, aussi, faire appel aux Russes et aux Chinois, lors des appels d'offre.

La Russie (comme la Chine) a un principe : coopérer avec les Etats d'Afrique sans s'ingérer dans leurs affaires intérieures, contrairement, aux Occidentaux qui sont des donneurs de leçons devant l'éternel. De plus, la Russie n'a pas un passé colonial en Afrique, nommément, identifié, contrairement, aux pays occidentaux, qui avaient fait semblant de quitter l'Afrique en y restant pleinement. Alors, où est le problème quand un pays (malmené par son ancienne puissance colonisatrice) décide de prendre son destin en main, en s'alliant avec l'ennemi de son ancien colonisateur ? Voilà le cas de figure qui se pose en Centrafrique où, après avoir pris la poudre d'escampette en octobre 2016, en rapatriant sa Force Sangaris, à cause des coûts qu'elle générait dans le budget de l'Etat, la France est jalouse (c'est le mot exact), aujourd'hui, que le Centrafrique se trouve un nouveau protecteur pour l'aider à faire face aux menaces sécuritaires qui l'assaillent. Ce n'est pas juste de la part de Paris ! Les puissances occidentales, surtout, membres du Conseil de sécurité, devraient plutôt applaudir Moscou des deux mains. Mais, il y a qu'avec la présence des Russes en Centrafrique, les manœuvres de déstabilisation des uns et des autres ne passeront plus comme une lettre à la poste. Moscou les bloquera. Et cela énerve. Dès lors, pour ternir cette présence, on la salit de plusieurs manières, même en attentant à la vie de trois illustres confrères qui n'étaient là que pour faire leur métier. Mais la Russie n'étant pas un enfant de choeur, on la trouvera sur sa route si on lui cherche « noise ».

Tous les chemins mènent à Rome, a-t-on coutume de dire, pour expliquer qu'il existe plusieurs manières d'atteindre un but. En est-il de même pour ce qui est la paix en Centrafrique ? Le pays (ou si l'on veut être précis ce non-pays de la CEMAC) avec ses indignes fils qui l'ont rendu invivable, aidé par l'incompétence de ses dirigeants d'aujourd'hui et d'hier, va-t-il faire retourner Boganda dans sa tombe par un exploit inédit ? Toujours est-il que, sans doute, piqués par un sentiment de honte et par d'incessants remords pour leurs horreurs passés qui ne grandissent nullement les « généraux » d'opérette qu'ils disent, tous, être, ils viennent de jurer, depuis Kampala où ils étaient réunis avec les représentants du pouvoir, d'aller à la réconciliation. Omniprésent, François Bozizé qui passe pour être le protégé de Yoweri Museveni ne pouvait pas manquer à l'appel.
« Réconciliation », mot utilisé par les rebelles, est galvaudé par les Centrafricains. Ce mot n'exprime rien pour avoir placé, actuellement, 14 départements sur 16 sous leur contrôle, réussissant un chantage sans nom sur une MINUSCA dont la présence se justifie de moins en moins au regard de sa légendaire inefficacité sur le terrain.

Le Centrafrique est un Etat-Néant ! On entend, souvent, cette phrase dans les conversations de salon et les autorités centrafricaines ne font pas grand-chose pour prouver le contraire. Parfois, leurs comportements ont, même, tendance à confirmer de telles assertions. Sinon, comment nier que l'ancien tennisman allemand, Boris Becker, soit le vrai titulaire d'un faux passeport diplomatique centrafricain alors qu'il a été, dernièrement, reçu par le président, Faustin Archange Touadera, avec qui il a, d'ailleurs, fait les photos qu'il a postées sur les réseaux sociaux ? Est-on en pleine guerre de clan entre diplomates centrafricains ? La question mérite d'être posée. Car, Boris Becker est bel et bien titulaire d'un faux passeport, soutient le directeur de cabinet du ministre centrafricain des Affaires étrangères. Faux, répond l'ambassadeur du Centrafrique à Bruxelles qui reconnaît, lui, la validité du passeport diplomatique de l'ancien tennisman allemand. Où se trouve la vérité ?

Le Centrafrique s'est vu ôter son droit de pouvoir équiper son armée au nom d'un embargo pris aux Nations-Unies dans l'espoir d'accélérer la pacification du pays. Jeudi, 14 juin, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont opposés aux Nations-Unies à une demande d'importation d'armes chinoises du Centrafrique, soumis, depuis 2013, à un embargo sur les armes. Les Russes ont, récemment, profité d'une telle autorisation pour déverser des tonnes d'armes en Centrafrique avant de s'y installer, au grand mécontentement des Français et des Américains. Actuellement, la garde rapprochée du président, Faustin-Archange Touadera, est assurée par des éléments russes envoyés par Vladimir Poutine. De quoi énerver Emmanuel Macron et Donald Trump pour qui l'Afrique est le cadet des soucis, mais qui ose s'irriter quand Touadera prend des initiatives. L'émancipation du président centrafricain est réelle, visible, et porte un nom : changement des alliances ou rééquilibrage des accords.

Maintenant, les affrontements entre groupes armés, ont atteint la capitale Bangui. A son arrivée à la tête du pays, il y a deux ans, deux départements, seulement, sur seize étaient sous l'emprise des milices. Aujourd'hui, quatorze sur seize sont régis par ces forces négatives. La ville de Bangui qui a un statut spécial est, logiquement, sécurisée par la présence de la Minusca. Mais, les massacres qui commencent à l'affecter poussent à se poser la question de l'efficacité d'une telle présence. Plus grave : certains pays à l'instar du Gabon ont engagé le retrait de leur contingent de la Minusca. En langage diplomatique, cela veut dire que le pouvoir centrafricain a échoué à ramener la paix dans le pays. On en tire, donc, les conséquences. En effet, les pays de la sous-région participent, depuis de très longues années, à la résolution de la crise centrafricaine, sans voir le moindre résultat. Au contraire, la situation ne fait que s'envenimer. A quoi bon continuer à faire des efforts qui ne servent, strictement, à rien ? Du coup, la question de l'absence de leadership à la tête de l'Etat, commence à être posée avec insistance. Il ne faut plus éluder ce problème, mais, plutôt, y trouver une solution car le temps passé à tourner en rond, coûte cher à tout le monde.

La Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) a assuré, mercredi, 18 avril, qu'elle "ne cédera pas à l'intimidation" suite au regroupement d'éléments armés à Kaga Bandoro, une ville à 300 km au Nord de Bangui. En effet, comme on peut le remarquer, rien ne va plus en Centrafrique, deux ans, après l'entrée en fonction (très prometteuse) du président, Faustin Archange Touadéra. Aujourd'hui, presque tout le pays est sous l'emprise des mouvements rebelles qui se créent tous les jours, alors que le pouvoir central est appelé à d'autres fonctions que personne ne connaît. Face à cette désolation, les groupes armés veulent prendre leur responsabilité en menaçant de descendre sur Bangui, espérant alléger, ainsi, la grande souffrance du peuple et sortir le pays de l'impasse où il se trouve.

La dégradation socio-sécuritaire s'est généralisée au cours de la semaine écoulée en République centrafricaine (RCA), à la suite d'une série d'affrontements entre des combattants d'ex-séléka et d'anti-balaka. En Centrafrique, les jours, semaines et mois se suivent et se ressemblent, sans qu'on sache ce que fait, exactement, le gouvernement pour faire face à cette insécurité généralisée. On a l'impression que le pouvoir en place a baissé les bras. Tout simplement même s'il n'en dit rien.

Le Centrafrique a élu son président en 2016 en la personne de Faustin Archange Touadéra. Mais, dix-sept mois, après, on ne voit aucun changement positif. Les choses vont de mal en pis. Accusé d'incompétence, le pouvoir a laissé échapper tous les acquis de la transition. Aujourd'hui, c'est un retour en arrière : 14 préfectures sur 16 sont sous le contrôle des milices armées. Du jamais vu auparavant. Personne ne respecte le président de la République. Les miliciens armés font la pluie et le beau temps, à l'intérieur du pays. Seule la ville de Bangui, la capitale, est à peu près sécurisée. A quoi a-t-il servi de se donner un « chef d'Etat démocratiquement élu » ? Voilà pourquoi naissent les craintes de génocide ou de coup d'état militaire. C'est parce que le pays va, tellement, mal que c'est la voie qu'il risque, tôt ou tard, de prospérer.

Le « sauveur » (François Hollande) du Mali et du Centrafrique s'est, réfugié dans le silence. Totalement défait par les propos de son ancien chouchou, le président tchadien, Idriss Déby Itno, qui l'accuse d'avoir provoqué la guerre religieuse entre chrétiens et musulmans en Centrafrique, en armant la milice anti-balaka, accusation du reste passible de CPI (Cour pénale internationale), François Hollande, par son silence actuel, indique à l'Afrique que : « Qui ne dit mot consent ».

Le regain de violences menace les progrès vers la réconciliation nationale, selon l'ONU. Accusé de multiplier des voyages à l'étranger qui ne rapportent rien au pays, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a décidé de ne pas se rendre au Sommet sur la Sûreté et la sécurité maritimes, qui se tiendra le 15 octobre, à Lomé. C'est le premier ministre, Mathieu Simplice Sarandji, qui représentera le Centrafrique.

Le premier ministre, Simplice Sarandji, a, rendu publique, la composition de son gouvernement, lundi, 11 avril. Beaucoup de surprises, mais, on voit où veut aller le nouveau président.

Faustin Archange Touadéra conforterait son avance sur son rival, Anicet Georges Dologuélé, et pourrait, largement, gagner ce deuxième tour, si son équipe de campagne ne baisse pas la garde.

C'est un homme modeste, humble, mais, solide et bien préparé pour assurer la haute charge de l'Etat, que nous avons interviewé, afin qu'il partage avec vous, sa vision de la République centrafricaine de demain.