Françafrique.

Le moins que l’on puisse affirmer est que Nathalie Yamb n’y est pas allée avec le dos de la cuillère lors de sa prise de parole à Sotchi (Russie), le 24 octobre 2019. Tantôt demandant la fin du F CFA, qui ne garantit pas d’autre stabilité que celle “de la mauvaise gouvernance, de la pauvreté et de la corruption”, tantôt stigmatisant “les accords de défense bidon qui ne servent qu’à permettre le pillage de nos ressources, l’entretien de rébellions, l’entraînement de terroristes et le maintien de dictateurs à la tête de nos Etats”, tantôt, décrivant la France comme un pays “qui avance sans bouger, en portant des masques et qui considère toujours le continent africain comme sa propriété”, la conseillère exécutive de Mamadou Koulibaly n’a pas eu de mots assez durs pour attaquer la politique française en Afrique.

Il s'agit d'un sondage à mi-mandat, qui montre que l'image du président de la République est, fortement, dégradée. De quoi aiguiser des appétits de potentiels concurrents qui pourraient se révéler au lendemain des élections locales en 2020.

Cela fait, exactement, un an que le président, Emmanuel Macron, « sévit » à l'Elysée, comme chef de l'Etat français, décidé à faire ce que n'ont pu réaliser ses prédécesseurs. Pour le jeune président de 39 ans qui « va aller jusqu'au bout » dans l'application de son programme de réformes et de transformation de la France, que de failles et de faiblesses : 2 Français sur 3 estiment, non à tort, qu'il est le président des riches. D'où l'appellation non contrôlée de « Président des riches » qui lui colle, désormais, à la peau. Son ancien mentor, François Hollande, corrige, même, en précisant qu'il est le « Président des TRES riches ». L'Afrique qui ne demande qu'à fonctionner sans le tutorat imposé de la Françafrique, n'a rien eu à mettre sous la dent. Et cette indifférence s'explique : Parti de nulle part (il n'était que simple banquier d'affaires, sans mandat électif, sans parti politique, avant son recrutement comme conseiller économique de François Hollande à l'Elysée), Emmanuel Macron a été poussé vers le Sommet de l'Etat français par des milieux d'affaires et politiques entre autres françafricains, qui ne demandent qu'à consolider leurs positions, en Afrique, pour que rien ne change sur ce continent, et que les morts de jeunes africains par noyade dans la Méditerranée (qui fuient la misère) explosent.

La lutte antiterroriste n'est pas un vain mot en France. Attaquée de toutes parts, la France ne néglige plus aucun lieu de provenance de la menace djihadiste. L'Afrique n'est plus regardée de très haut, comme avant, mais, comme un partenaire avec qui on essaie de coopérer, loyalement, pour ne pas le regretter plus tard. Toutefois, les relents françafricains restent, toujours, dans les arrières pensées profondes des dirigeants français, qu'ils soient socialistes ou de droite. A cet égard, le choix de Bernard Cazeneuve, pour sa toute première sortie internationale, n'est pas neutre. Elle sent la Françafrique à pleins poumons. Hélas !