François Bozizé

En exil après avoir été chassé du pouvoir en 2013, François Bozizé vient de rentrer à Bangui, selon son parti et ses proches. L’ancien président centrafricain n'a jamais caché son intention de reprendre le pouvoir par les urnes, alors que se profile la présidentielle de décembre 2020. Sa candidature va bouleverser la donne et le premier à s'en inquiéter pourrait être l'actuel président de la République. En effet, tous les deux puiseraient leur force électorale dans le même gisement.

Après 2003 et 2013, le sultan du Tchad, Idriss Déby Itno, est en train de se lancer dans une troisième aventure militaire en Centrafrique. Comme les deux précédentes qui entraînèrent le départ d'Ange-Félix Patassé (2003) et de François Bozizé (2013), celle de 2019 aura pour but d'évincer le président, Faustin-Archange Touadéra, du pouvoir. Comme les deux autres qui furent soutenues par Jacques Chirac et le "silence" de François Hollande, l'actuelle opération militaire est parrainée par le jeune président français.

Tous les chemins mènent à Rome, a-t-on coutume de dire, pour expliquer qu'il existe plusieurs manières d'atteindre un but. En est-il de même pour ce qui est la paix en Centrafrique ? Le pays (ou si l'on veut être précis ce non-pays de la CEMAC) avec ses indignes fils qui l'ont rendu invivable, aidé par l'incompétence de ses dirigeants d'aujourd'hui et d'hier, va-t-il faire retourner Boganda dans sa tombe par un exploit inédit ? Toujours est-il que, sans doute, piqués par un sentiment de honte et par d'incessants remords pour leurs horreurs passés qui ne grandissent nullement les « généraux » d'opérette qu'ils disent, tous, être, ils viennent de jurer, depuis Kampala où ils étaient réunis avec les représentants du pouvoir, d'aller à la réconciliation. Omniprésent, François Bozizé qui passe pour être le protégé de Yoweri Museveni ne pouvait pas manquer à l'appel.
« Réconciliation », mot utilisé par les rebelles, est galvaudé par les Centrafricains. Ce mot n'exprime rien pour avoir placé, actuellement, 14 départements sur 16 sous leur contrôle, réussissant un chantage sans nom sur une MINUSCA dont la présence se justifie de moins en moins au regard de sa légendaire inefficacité sur le terrain.

C'est une accusation passible de Cour pénale internationale (CPI), et de surcroît, quand elle émane du bras armé de la France contre le djihadisme en Afrique : le général-président du Tchad, Idriss Déby Itno. C'est vrai que Déby n'a pas accusé, nommément, la France, en indiquant, clairement, son nom, mais, on n'a pas besoin de faire la faculté de droit de l'Université de N'Djamena, pour savoir qui est visé dans le propos présidentiel. Il s'agit bien de François Hollande. Voilà donc que l'homme qui voulait être plus blanc que la neige de Corrèze, commence à être rattrapé par son passé calamiteux (africain) à l'Elysée.