France

A Christophe Boisbouvier de RFI, qui l’interrogeait, le 31 décembre 2019, sur le mécontentement et la colère des populations de l’Afrique francophone contre la France, Achille Mbembe répondit qu’il n’y avait pas de sentiment anti-français mais “une demande de décolonisation qui n’est pas dirigée contre la France”.

Alors qu'on s'attendait au lancement de l'Eco de la CEDEAO courant 2020, sous la présidence en exercice du président du Niger, Mahamadou Issoufou, pour ceux des pays qui auraient atteint les trois principaux critères de convergence (3% du taux d'inflation au plus, 70% du taux d'endettement publique, 10% au plus de taux d'inflation), le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, et son homologue français, Emmanuel Mcron, ont créé la surprise, le 21 décembre 2019, à Abidjan, en créant une autre monnaie du même nom, l'Eco, au sein de l'UEMOA, en remplacement du F CFA, et dont l'ambition était de s'étendre au reste des pays de la CEDEAO. Cette initiative unilatérale a été lancée sans concertation, mais, uniquement, pour les pays de l'UEMOA dont les membres sont la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Bénin, le Togo, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée Bissau. Cela dit, cette annonce semble pour le moins prématurée. Car quelques jours avant la sortie des présidents français et ivoirien sur le rattachement de l'Eco à l'euro par une parité fixe, leur homologue béninois, Patrice Talon, disait, exactement, le contraire, à savoir, que l'Eco (monnaie de la CEDEAO et non de l'UEMOA) serait rattaché à un panier de grandes monnaies dont l'euro, le dollar, le yen, la livre, le yuan, etc., et que d'importantes réserves de cette monnaie, seraient logées dans des banques centrales des pays concernés afin de faciliter les échanges des pays de la CEDEAO. Comme on pouvait s'attendre, l'initiative de Macron et Ouattara a été, unanimement, rejetée par les autres pays de la CEDEAO, non membres de l'UEMOA dont les ministres de Finances viennent de se réunir à Abuja. Ils ont demandé la convocation d'un sommet extraordinaire de la CEDEAO sur l'Eco afin de remettre les choses en place. Celui-ci devrait avoir lieu dans de brefs délais.

La ministre française des Armées, Florence Parly, se rendra au Sahel, dimanche, 19 janvier, accompagnée de trois de ses homologues européens, alors que Paris s'efforce d'attirer des partenaires pour contrer un djihadisme en pleine expansion dans la région.

On n'aura pas la réponse à cette question à l'issue du Sommet de Pau qui rassemble Emmanuel Macron et les cinq présidents du G5 Sahel. La question est cependant sur toutes les lèvres : La France, défiée par les djihadistes du Sahel, va-t-elle se résoudre vraiment à faire appel à des alliés (comme lors des première et deuxième guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945) pour éradiquer la vermine djihadiste qui prospère au Sahel ? Quid de sa propre efficacité en tant que 5e armée la plus puissante du monde !

Mahamadou Issoufou, le président nigérien se rend, ce jour, à Pau, assister au Sommet France-G5 Sahel du 13 janvier, dans une position très inconfortable. Pour contourner les critiques dont elle fait l'objet, la France et son armée (Barkhane) font tout pour montrer que malgré les coups de gueule de leurs opinions publiques, les pays du G5 Sahel ne peuvent pas se passer d'elles. Ces trois derniers mois qui coïncident avec la montée des opinions des pays du Sahel contre le double-jeu de Barkhane, le Niger, le Mali et le Faso ont enregistré plus de 500 soldats tués, ce qui est beaucoup trop. Cette situation n'est pas neutre. Elle est une sorte de chantage d'un nouveau genre fait par Paris sur les pays du G5 Sahel. Ces derniers doivent le savoir et tenir bon car malgré cette situation qui leur est très défavorable, pour la première fois, l'opinion africaine (à la place des chefs d'Etat concernés) dit NON à la France et à son double jeu militaire dans le Sahel. C'est importantissime ! S'ils vont se coucher à Pau, le 13 janvier, devant le jeune président, les cinq chefs d'Etat du G5 Sahel (c'est certain) trouveront leurs opinions publiques sur leur chemin du retour. Avant ce Sommet de Pau, la France a tout fait pour humilier ses homologues du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et surtout, du Niger, Mahamadou Issoufou. Ce dernier porte sur ses épaules, les réformes ayant trait à la création de l'ECO au sein de la CEDEAO, ce qui irrite la France au plus haut point et son principal allié de la sous-région, l'Ivoirien Alassane Ouattara. Les présidents du G5 Sahel ne doivent pas avoir peur de poser des questions qui fâchent à Emmanuel Macron.
Face à cette inefficacité de l'armée française dans le Sahel, les présidents du G5 Sahel ne doivent pas avoir peur de prendre langue très officiellement avec le Russe, Vladimir Poutine, ni avec le Turc, Tayyip Recep Erdogan, et quelques autres, si l'intérêt de leur pays le leur commande. Et c'est le cas. le Centrafricain, Faustin Archange Touadéra, aurait perdu le pouvoir s'il n'avait pas eu l'intelligence de faire appel aux Russes pour sécuriser son régime. Le départ précipité de l'armée française du Centrafrique n'était qu'une manœuvre pour précipiter sa perte du pouvoir. Heureusement qu'il l'a vite compris. Il n'est pas encore totalement sorti d'affaire en ce sens que sa réélection l'année prochaine, n'est pas acquise. Toutefois, il pourra, au moins, terminer son mandat sans peur.

De l’Ivoirien, Nicolas Agbohou, au Camerounais, Martial Ze Belinga, en passant par le Sénégalais, Demba Moussa Dembélé, les économistes africains sont très critiques à l’égard de la déclaration faite par Emmanuel Macron sur le F CFA, à Abidjan, le 21 décembre 2019. Comparant les changements annoncés par le président français (départ de la France du Conseil d’administration de la Banque centrale des Etats de l’Afrique occidentale et retrait des réserves en devises du Trésor public français) à une vraie arnaque, ils estiment que la France, une fois de plus, vient de nous rouler dans la farine comme elle fit croire jadis à Meka qu’une décoration de pacotille faisait de lui l’ami des Blancs dans “Le Vieux Nègre et la médaille” de Ferdinand Oyono car la nouvelle monnaie, dont le nom, ECO, a été volé à la Communauté économique des Etats d’Afrique occidentale, sera toujours fabriquée à Chamalières (dans le Puy-de-Dôme) et contrôlée par la France.

Un millier de Maliens ont manifesté, vendredi, 10 janvier, à Bamako, pour réclamer le départ des troupes étrangères, en particulier, de la Force française Barkhane, à trois jours du Sommet, en France, destiné à "clarifier" les rôles dans la lutte contre le djihadisme au Sahel. On aurait tort de se focaliser sur le « millier de Maliens » qui aurait manifesté. Ici, c'est la force du symbole qui compte, et qui montre que les Maliens, en général (y compris ceux du Mali silencieux), ne sont pas d'accord avec la gestion de la lutte anti-terroriste au Mali, et plus généralement, dans le Sahel. Les griefs sont sur toutes les lèvres : sous prétexte d'aider le Mali à lutter contre les djihadistes, la France utilise son armée pour mieux s'installer (économiquement et politiquement) au Mali et dans cette sous-région, qui est convoitée par d'autres puissances comme la Chine, qu'on ne voit pas beaucoup (c'est vrai) maintenant où il faut y imposer la paix et la sécurité. Les vérités doivent se dire à Pau et si Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et ses homologues du G5 Sahel se font les porte-paroles de leurs compatriotes sur cette présence de Barkhane, ils mettraient rapidement Emmanuel Macron en difficulté. Ce que veulent les Maliens dont un millier a manifesté vendredi, c'est de demander à la France d'intervenir comme la Russie est intervenue en Syrie. La Russie qui y entretient une base militaire, y signe aussi des contrats, mais, dans le cadre d'un processus transparent et admis par tous. Avec la France, il y a, toujours, des relents de néocolonialisme, qui viennent polluer ses meilleures intentions. C'est donc elle et son président, Emmanuel Macron, qui doivent changer après une « clarification » utile à Pau. Et non le contraire.

Le ballet diplomatique s’est accéléré après l’annonce par la Turquie d’envoi de troupes en soutien au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, suscitant des craintes d’une « nouvelle Syrie ».

Le corps d’un enfant d’une dizaine d’années a été retrouvé ce mercredi, 8 janvier, dans le train d’atterrissage d’un avion d’Air France en provenance d’Abidjan qui venait de se poser à Roissy-Charles-de-Gaulle.

En date du 12 novembre 1958, le ministre de la France d'Outre-Mer, Yvon Bourge, par l'entremise de son gouverneur général de l'Afrique équatoriale française, avait adressé une note faisant état de « Conseils d'un colon à ses successeurs avant son départ pour la France ». C'était la conduite à tenir aux côtés des nègres afin de garder la suprématie blanche et toujours cultiver la peur du blanc chez le noir. Un conditionnement qui permet à la France de conserver intacte son influence sur ses anciennes colonies africaines devenues ...indépendantes. Ces conseils donnés en 1958 sont toujours (fondamentalement) de rigueur en ce début 2020 avec quelques nuances cependant.

Emmanuel Macron a estimé, dimanche, 22 décembre, à Niamey, que la lutte armée contre les groupes djihadistes au Sahel était à “un tournant” nécessitant une clarification des objectifs militaires et politiques de la mission engagée par la France en 2013 avec l’Opération Serval, puis, Barkhane. Clarification ? Il le faut des deux côtés car la France n'est pas exempte de tout reproche : son armée (la 5e plus forte du monde) n'arrive pas à se mettre à la hauteur des affreux djihadistes qui tuent, violent et pillent, impunément, dans le Sahel, depuis que l'intervention occidentale en Libye l'a déstabilisée, laissant fuir dans la nature, des milliers de djihadistes que Kadhafi confinait de force dans des casernes pour les rendre inoffensifs. En exigeant la clarification de ses cinq homologues du G5 Sahel, il faut bien que le jeune président français commence par le commencement avant de critiquer les peuples africains d'avoir adopté des comportements « anti-français ». Car avant lui, il y a eu François Hollande (2012-2017) et surtout, Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui est à l'origine de la grave situation qui prévaut aujourd'hui au Sahel. C'est l'Afrique qui est en position de demander des comptes à la France et non le contraire.

La visite que le jeune président français effectue en Côte d'Ivoire est économique, mais, surtout, politique. On passe outre le fait que les deux présidents vont relancer leur stratégie pour retarder le plus longtemps possible l'entrée en service de la monnaie ECO au sein de la CEDEAO, Ouattara n'ayant pas pu imposer le F CFA aux géants du Nigeria et du Ghana, mais, ce voyage permet, aussi, au président ivoirien de demander, formellement, l'appui politique de son homologue et ami afin que son inévitable candidature pour un troisième mandat à la tête du pays, ne soit pas un moment fâcheux pour la paix et la stabilité en Côte d'Ivoire. Si la Côte d'Ivoire doit justement préserver cette paix et cette stabilité (précaires), Macron devrait, fortement, le décourager. Mais le fera-t-il ?

Lors du 27e Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui se déroula à Londres, les 3 et 4 décembre 2019, le président français a vivement souhaité que ses homologues du G5 Sahel aient une position claire sur la présence de Barkhane dans leurs pays respectifs. Quoi de plus normal, pourrait-on dire ! Mais, à l’exception du Parti communiste français et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, y a-t-il classe politique plus ambiguë que celle de France, depuis de Gaulle jusqu’à Macron ?

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général, François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises. Il faut admettre que la pression sur la Force Barkhane est au maximum dans le Sahel. Les résultats à la hauteur de la réputation de l'armée française ne sont pas au rendez-vous. Loin de là. Au contraire et pire même, cette dernière est accusée, fortement, de favoriser l'ennemi djihadiste. En lui filant, parfois, des renseignements sur les positions des armées régulières. Il faut donc dire que la France et son armée sont acculées de partout. Dans le Sahel, les populations demandent même le retrait de celle-ci, sans qu'elles ne proposent une alternative crédible à Barkhane. La « convocation » des présidents membres du G5 Sahel par Emmanuel Macron semble être comme l'histoire de l'arroseur arrosé. Convoqués pour donner des comptes, les chefs d'Etat africains concernés entendent, eux aussi, demander des comptes à leur homologue français. La relation n'est plus bonne, même en apparence, entre les deux parties. Que de battre en retraite, la France préfère annoncer qu'elle va faire monter son armée en régime. Question de ne pas perdre la face en Afrique. Question, aussi, de faire taire les critiques ? Dans tous les cas, la Force Barkhane est, désormais, sous surveillance. Par les peuples du Sahel. Cela dit, le général Lecointre a dit une vérité biblique : si les politiques ne prennent pas le relais avec des actions civiles d'éclat sur le plan du développement, l'action militaire à elle seule, ne peut suffire. La balle, à ce niveau, est dans le camp des présidents de la sous-région, élus pour développer leurs pays.

Les cinq chefs d'Etat membres du G5 Sahel se sont réunis, dimanche, 15 décembre, à Niamey, pour faire part de leurs condoléances à leur homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, au lendemain du massacre de 71 soldats nigériens de la garnison d'Inatès par les les djihadistes de l'Etat islamique, mais aussi, pour élaborer d'autres stratégies plus gagnantes contre ce phénomène qui semble prendre le dessus sur les moyens mis en œuvre pour le combattre.

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.

L'armée nigérienne a subi, mardi, 10 décembre, ses plus lourdes pertes depuis qu'elle est confrontée au défi djihadiste lors de l'attaque du camp d'Inates, dans l'Ouest du pays. Bilan provisoire : 71 morts sans compter de très nombreux disparus. Première conséquence de cette attaque : le report de la convocation d'Emmanuel Macron des présidents des pays membres du G5 Sahel à participer à un Sommet sur la "clarification" de la présence militaire française dans le Sahel à ses côtés, qui devait avoir lieu, à Pau, en France, le 16 décembre.

Sur un ton jugé péremptoire et suffisant par le Collectif « Sortir du F CFA », le président français a convoqué les 5 chefs d’Etat membres du G5 Sahel pour qu’ils formalisent et clarifient leur demande vis-à-vis de la France. Makhoudia Diouf et ses camarades du Collectif, comme beaucoup d'autres, ont été troublés par l’inélégance du jeune président à l’égard de ses homologues africains. D'où une réaction sans appel de ce jeune mouvement associatif dont voici la teneur.

Le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a estimé, vendredi, 29 novembre, «qu'il faudra 50 millions de population entre guillemets étrangères pour équilibrer la population active en 2050, en Europe ».

Emmanuel Macron recevait, à l'Elysée, ce jeudi, 28 novembre 2019, le secrétaire général de l'OTAN ( Organisation du traité Atlantique Nord), Jens Stoltenberg. Le président de la République avait estimé, récemment, que l'OTAN était en « état de mort cérébrale ». La rencontre était l'occasion de passer en revue plusieurs questions stratégiques : l'action au Sahel, les relations avec la Russie, les forces nucléaires... et la 5G. Cela tombe bien que Macron lui parle du Sahel car pour faire tomber Kadhafi, en 2011, et détruire la Libye, ce qui a permis que les dizaines de milliers de djihadistes confinés de force en Libye se retrouvent dans le Sahel avec toutes sortes d'armes, la France n'était pas seule. Elle fut, étroitement, aidée par l'OTAN. Maintenant que la guerre contre le djihadisme dans le Sahel dépasse la seule armée française, il est très logique que le président français aille chercher du renfort du côté de l'OTAN.