France

Ils sont intraitables, les Américains version Donald Trump. Alors que la Force G5 Sahel est une Force antiterroriste destinée à combattre le djihadisme sous toutes ses formes, comme le souhaite le président américain, elle peine, toujours, plusieurs mois après sa création, à trouver les moyens pour fonctionner. Les Français, au départ de la création de cette Force G5 Sahel, ont des idées, mais pas l'argent. Les Américains ont l'argent, pas les idées. Les Américains (qui ont leur propre conception de la répartition des responsabilités sur le plan international) refusent de payer à la place des Français dont le domaine d'intervention de la Force G5 Sahel, est, justement, considéré par Washington comme la zone d'influence de la France. Depuis, on tourne en rond. Cela dit, d'âpres négociations ont eu lieu, ces derniers jours, aux Nations-Unies, à New York, entre Français et Américains. Malgré sa fermeté, l'ambassadrice américaine, Nikki Haley, a quelque peu assoupli sa position. Mais de très peu. Autorisation va être donnée à la MINUSMA de prendre en charge le transport et l'alimentation de la Force G5 Sahel, ainsi que, certaines opérations de logistique quand il faudra, par exemple, implanter une unité anti-djihadiste, quelque part dans le désert malien. Il s'agit, donc, d'un soutien a minima.

Emmanuel Macron est prêt à remettre à l'Algérie une copie des archives de la période coloniale française (1830-1962), réclamée depuis des années par Alger. Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, en visite, en France, l'a annoncé, jeudi, 7 décembre, à Paris, saluant une "percée" pour le dossier sensible de la "mémoire" franco-algérienne. Une seule phrase à l'endroit du président français, Emmanuel Macron : "Continuez  Monsieur le Président" !

Visite d'Etat comme préalablement annoncé ? Non ! Simple visite d'amitié et de travail ...de douze heures. Il est vrai qu'une visite d'Etat ne s'effectue pas en une petite demie journée. L'Algérie ne vaut-elle plus qu'une petite demie-journée de visite du président français ? Les Algériens, il faut le dire, ne sont pas contents du jeune président français. Non seulement, ce dernier avait choisi le rival marocain pour sa première visite dans le Maghreb au lieu de leur pays. Plus grave, il ne va mettre que douze heures en Algérie contre les quarante huit heures passées chez le roi Mohammed VI. La préférence du jeune président saute aux yeux. A Rabat, tout comme à Tunis, il est beaucoup plus à l'aise qu'à Alger. Plusieurs sujets militent pour cela : entre autres, la lancinante question du passé colonial en Algérie que le président français voudrait banaliser, au nom de sa jeunesse, alors qu'il avait donné espoir aux Algériens et aux Négro-Africains en déclarant, pendant sa campagne, lors d'un voyage, à Alger, que la colonisation était un « crime contre l'humanité ». Aujourd'hui, chef de l'Etat, il effectue un rétropédalage sur cette question de colonisation que n'acceptent pas les Algériens. Ni les Africains. Résultat, ce n'est donc pas Emmanuel Macron qui réconciliera l'Algérie avec la France, et encore moins, la France avec l'Afrique.

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

Le jeune président français veut faire différemment les choses. Lors de sa première tournée africaine, à Ouagadougou, il a annoncé « un retour du patrimoine africain à l'Afrique ». C'est une bataille rangée, depuis des années, entre la France où plusieurs musées gardent par devers leurs collections, un tel patrimoine et les pays africains concernés. Arrivé au pouvoir en 2016, le président du Bénin, Patrice Talon, par exemple, en a fait sa priorité : le retour au Bénin des objets culturels béninois logés en France. Ce n'est pas une chose simple. Mais, avec la décision d'Emmanuel Macron, Patrice Talon sera, désormais, soutenu par la volonté politique de l'Etat français. Le retour au Bénin, après des siècles d'exportation, des objets d'art africain, sera facilité. Cela dit, entre dire et faire, il y a un monde quand on sait que ce patrimoine fait vivre des musées et centres culturels en France et créent des emplois.

Le jeune président français, Emmanuel Macron, a de la suite dans les idées. Après avoir déclaré, urbi et orbi, dans l'amphithéâtre de l'Université Ki-Zerbo de Ouagadougou offert par le Frère Guide Kadhafi, que son choix d'inaugurer sa tournée africaine par le Burkina Faso, avait un sens et était un message à l'endroit de l'Afrique et de sa jeunesse, il a agi pour joindre la parole à l'acte. Après l'échec de ses deux prédécesseurs (Hollande et Sarkozy) à tuer la Françafrique, Emmanuel Macron semble donner de sa personne pour réussir là où tout le monde lui prédit un échec. Il se donne, pour le moment, les moyens de réussir, en n'affichant pas les faiblesses d'un François Hollande qui ont fini par le rendre méconnaissable, à la fin de son mandat.

Dieu est juste, bon, et protège les faibles. Alors que l'action de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, en Libye, relève de ce que la CPI (Cour pénale internationale) considère comme « Crime contre l'humanité », ce dernier se pavane, à travers le monde, en homme libre, à faire des conférences tarifées 200.000 dollars la conférence et au bas mot, alors que sa place est entre quatre petits murs d'une cellule de 4 m². Le 5e Sommet Europe-Afrique aura lieu les 29 et 30 novembre, en Abidjan. Mais, d'ores et déjà, seul le sujet libyen est sur les lèvres, dans des conversations privées. Publiquement, on se retient, par pudeur. On comprend la grande gêne de la délégation française qui (au nom de la continuité de l'Etat) porte sur elle, les bévues de l'administration Sarkozy en Libye, et la destruction (gratuite pure et simple) d'un pays prospère, généreux et ambitieux pour le devenir de tout un continent africain. Ce pays, hier, considéré comme un eldorado, compte, aujourd'hui, deux ou trois gouvernements, des dizaines de milices, un commerce d'esclaves africains au vu et au su des Européens qui sont, d'ores et déjà, accusés de l'avoir, volontairement, ignoré pour freiner l'envahissement de leur continent par des migrants africains. Comment Emmanuel Macron, dans ces conditions, peut-il améliorer l'image de la France en Afrique ?

Pour sa première tournée en Afrique, le président français, Emmanuel Macron, a choisi le Burkina Faso pour livrer son message à la jeunesse africaine. Accompagné en ce temple de contestation par son homologue, Roch Marc Christian Kaboré, le jeune président français n'a, vraiment, pas passé un moment de plaisir devant un parterre d'un millier d'étudiants parmi les plus politisés de la sous-région. Pour preuve, n'ont-ils pas chassé Blaise Compaoré du pouvoir, fin octobre 2014, avant que la France ne l'exfiltre en Côte d'Ivoire à leur grand mécontentement ? Ils avaient, donc, de bonnes raisons d'attendre le représentant de cette France de pied ferme, même si cette lâche extradition fut, plutôt, une basse besogne de François Hollande. Autre signe d'irritation des étudiants à l'endroit du représentant français : alors qu'il s'entretenait à Kosyam (Palais présidentiel) avec son homologue burkinabé, certains étudiants manifestaient, déjà, à l'Université avant même qu'il n'y mette les pieds.

C'est difficile de maximiser son efficacité militaire quand on ne dispose pas du soutien des Américains ou des Russes, dans un conflit régional. En Sommet, en Abidjan, les 29 et 30 novembre, avec ses homologues européens et africains, le président français, Emmanuel Macron, n'aura, nullement, besoin de l'appui des Russes. Par contre, celui des partenaires européens et américain, bien que loin d'être acquis est, activement, recherché. Le financement de la Force du G5 Sahel (qui devrait épauler la Force Barkhane), pour combattre le djihadisme dans le Sahel sahélo-saharien, ayant été retoqué aux Nations-Unies par les Américains qui privilégient l'aide bilatérale classique, Paris se retrouve avec sa Force du G5 Sahel dans les bras, avec le seul soutien véritable de l'Union européenne (50 millions d'euros), soit, moins du huitième du coût total de l'enveloppe annuelle attendue. Le chemin à parcourir est, encore, très long, les contributions des pays du G5 et de la France, étant très loin du compte.

Alassane Ouattara ayant la notion du beau, on peut lui faire confiance : il organisera le Sommet Europe-Afrique de telle sorte qu'on s'en souviendra, plusieurs années encore. Alors que la femme la plus puissante de l'Union européenne, l'Allemande, Angela Merkel, attend encore des accords d'alliance pour former son gouvernement, le jeune président français, Emmanuel Macron, sera la principale attraction du Sommet, côté européen. En Afrique francophone, aussi. Françafrique oblige ! Le Sommet se tiendra en Abidjan, en Côte d'Ivoire, le principal pôle continental où s'exerce, encore, la domination (l'influence) française en Afrique noire, bien loin des pays comme le Gabon. En attendant ses différents discours, à Ouagadougou, à Accra et dans la capitale économique ivoirienne, voici quelques points de repère qu'Emmanuel Macron devra intégrer dans ses notes.

A défaut d'être seule et unique, comme avant, pour investir en Afrique, la France, aujourd'hui, en totale perte de vitesse, sur le plan financier, voudrait s'allier au Maroc (dont les ambitions africaines sont connues) pour regagner des parts de marché perdues en Afrique, au profit des pays émergents comme la Chine. C'est la raison principale du voyage du premier ministre, Edouard Philippe, au Maroc. En Afrique, la France et le Maroc veulent devenir partenaires et concurrents.

Nous vous livrons, ici, intégralement, un point de vue sur la question du F CFA qui fait débat depuis quelque temps. Faut-il abandonner le F CFA au profit d'une nouvelle monnaie ? Faut-il retirer à la Banque de France le droit d'émettre le F CFA ? Autrement dit, faudrait-il donner le pouvoir aux « dictateurs africains » d'émettre leur monnaie ? Le point de vue ci-après que nous diffusons n'est, nullement, celui d'Afriqueeducation.com qui soutient, activement, comme savent ses lecteurs, la création d'une monnaie authentiquement africaine ayant tous les attributs de la souveraineté. Mais, il mérite d'être connu.

Pas du tout content du jugement du Tribunal correctionnel de Paris qui l'a condamné le 27 octobre, le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang Nguema, a décidé de faire appel. Contrairement à ce que disent ses avocats, qui ont (malgré tout) crié victoire, le vice-président a perdu puisque la justice n'a pas ordonné la restitution de ses biens tandis que l'immeuble qui abrite l'ambassade de la Guinée équatoriale, reste en instance de saisie, bien que la procédure suive son cours à la Cour internationale de justice de La Haye. Pour ce deuxième tour, le vice-président et sa défense doivent, résolument, changer de fusil d'épaule.

Trois ans de prison avec sursis et confiscation de biens pour s'être, frauduleusement, bâti en France un patrimoine considérable : la justice française a rendu, vendredi, 27 octobre, un premier jugement très attendu dans l'affaire des "biens mal acquis", à l'encontre du vice-président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang Nguema Mangue. En gros, le juge a suivi les réquisitions du procureur dans cette affaire.

Les 58 membres du Conseil exécutif de l'UNESCO ont proposé la Française, Audrey Azoulay, au poste de directrice générale de l'Organisation. Elle a devancé l'Egyptienne, Moushira Khattab, qui a fait une campagne à l'ancienne, comme au 19e siècle, et le Qatari, Hamad bin Abdulaziz Al-Kawari, qui traînait une fâcheuse réputation de ressortissant d'un pays considéré comme l'un des principaux bailleurs de fonds du djihadisme dans le monde. L'Unesco ne donnera donc pas la possibilité au Qatar de blanchir ses multiples forfaits dans ce domaine, qui coûtent trop cher aux pays africains où le terrorisme provoque des dégâts hors normes.

Avant son séjour, à Ouagadougou, prévu d'ici la fin de cette année, le président français, Emmanuel Macron, est, vivement, interpellé par notre ami, l'écrivain, Olympe Bhêly-Quenum. Il entend attirer son attention sur des problèmes des écrivains africains francophones, aussi bien, en Afrique qu’en France où leurs livres sont édités, mal diffusés, parfois, étouffés, voire, ostracisés. C'est le moins qu'on puisse dire car on pourrait, aussi, parler de racisme (tout court).
Macron n'étant pas le président de l'Afrique, on peut se poser la question du pourquoi d'une telle interpellation. Pourquoi les chefs d'Etat africains sont-ils aussi absents dans ce domaine ? La question est fondamentale et nous fait même honte. Mais, revenons à Emmanuel Macron. C'est parce qu'il peut influencer le cours des choses en France et au sein de la Francophonie où la France est de loin le plus gros bailleur de fonds.

Les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la zone franc se sont réunis, jeudi, 5 octobre 2017, à Paris, sous la présidence de l'ancien chiraquien, Bruno Le Maire, actuel ministre de l’Economie et des Finances, dans le premier gouvernement Macron. Alors qu'un peu partout, en Afrique de l'Ouest et du Centre (Dakar, Cotonou, Douala, etc.), on n'a plus peur de brûler les billets CFA (malgré la pauvreté ambiante), devant les caméras des télévisions, comme pour signifier le dégoût des populations pour cette monnaie, suprêmement, coloniale, maintenue pour perpétuer la domination française sur les économies des 15 pays africains (CEMAC, UEMOA et Comores), les argentiers africains réunis, à Paris, ont gardé leur queue entre les jambes, incapables de traduire cette préoccupation des peuples devant le représentant français de l'ordre colonial. De quoi inviter les Anti-CFA à redoubler la contestation car le combat est très loin d'être gagné.
Paris ne désarme pas pour autant. En marge des Assemblées Générales des Nations-Unies, à New York, le mois dernier, Emmanuel Macron avait chargé Alassane Ouattara d'une mission sur le CFA auprès de ses homologues de la zone. On n'a pas besoin d'avoir une licence de droit pour savoir de quoi il s'agissait.

Contrairement aux présidents, Mahamadou Issoufou, du Niger, et Idriss Déby Itno, du Tchad, le maréchal, Khalifa Haftar, vient de surprendre les Européens, en leur soumettant un plan d'investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros, afin de lui permettre de coopérer, avec efficacité, dans la lutte contre l'immigration clandestine.

L'annonce de ce parrainage conjoint a été faite, mercredi, 20 septembre, par le président sénégalais, Macky Sall, et le président français, Emmanuel Macron, lors d'une réunion de haut niveau sur le financement de l'éducation organisée, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York. La conférence aura lieu, à Dakar, au premier trimestre de l'année 2018.

Il ne manquait plus que ça : le Conseil constitutionnel français a jugé, vendredi, 15 septembre, conforme, une loi limitant l'accès aux archives des anciens présidents, premiers ministres et ministres, qui était contestée par un chercheur s'étant vu refuser la consultation d'archives sur le génocide rwandais. Quand on voit l'état des relations entre la France et le Rwanda, on donne raison au président, Paul Kagame, qui en a toujours voulu à la France d'avoir oeuvré, indirectement, pour que ce génocide ait lieu, à travers le soutien aveugle à la dictature du général, Juvénal Habyarimana. Et si l'actuel maître du Rwanda n'avait pas raison, la France, sachant qu'elle n'a rien à cacher, aurait permis la consultation des archives de ce drame qui fit, au bas mot, 800.000 morts, selon les statistiques (mesurées) des Nations-Unies. Pour le comprendre, il ne faut pas avoir fait Sc-Po.