G5 Sahel

L'organisation G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) espère lever 1,9 milliard d'euros, jeudi, 6 décembre, pour des projets de développement, en particulier, dans les régions frontalières où les djihadistes tirent parti des carences des Etats pour s'implanter. Mais, en réalité, que peut-on en attendre ? Absolument rien le G5 Sahel version militaire (et au demeurant la plus utile et urgente) restant, depuis son lancement, il y a deux ans, beaucoup plus une fiction qu'une réalité. On est vraiment, là, en pleine utopie en ce sens que les cinq pays croient qu'en parlant de djihadisme, ils arriveront à ébranler les bonnes âmes au Nord afin que des financements soient débloqués pour corriger leurs grosses failles dans le domaine du développement où tout est mal-gouvernance.

C'est difficile de maximiser son efficacité militaire quand on ne dispose pas du soutien des Américains ou des Russes, dans un conflit régional. En Sommet, en Abidjan, les 29 et 30 novembre, avec ses homologues européens et africains, le président français, Emmanuel Macron, n'aura, nullement, besoin de l'appui des Russes. Par contre, celui des partenaires européens et américain, bien que loin d'être acquis est, activement, recherché. Le financement de la Force du G5 Sahel (qui devrait épauler la Force Barkhane), pour combattre le djihadisme dans le Sahel sahélo-saharien, ayant été retoqué aux Nations-Unies par les Américains qui privilégient l'aide bilatérale classique, Paris se retrouve avec sa Force du G5 Sahel dans les bras, avec le seul soutien véritable de l'Union européenne (50 millions d'euros), soit, moins du huitième du coût total de l'enveloppe annuelle attendue. Le chemin à parcourir est, encore, très long, les contributions des pays du G5 et de la France, étant très loin du compte.

Président du Mali et président en exercice de la Force du G5 Sahel, Ibrahim Boubacar Keïta a réussi son tour dans les capitales des pays membres destiné à convaincre ses homologues à se rendre à l'Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York. Résultat, tous vont faire le lobbying, à New York, où ils pourront, aussi, tenir une réunion avec le président français, Emmanuel Macron.

A Bamako, on est très loin des efforts que l'on attendait de la France. Le budget de la Force a, enfin, été précisée. Sur les 423 millions d'euros que vont coûter les 5000 à 5.250 hommes de cette Force, près du quart pourra être mobilisé d'ici la fin de cette année. Et encore ! Les Américains avaient senti le piège, à l'avance, en refusant de payer pour les autres. C'est pourquoi en homme d'affaire avisé, Donald Trump avait demandé et obtenu que le financement de cette Force ne repose pas sur les Nations-Unies car il savait que l'essentiel du budget allait dépendre des Etats-Unis alors que les bénéfices politiques allaient revenir à la France.

Contrairement à ce qui se passe pour ce genre de rencontre, on ne sait pas encore sur quoi va exactement déboucher le prochain Sommet du G5 du Sahel prévu, à Bamako, le 2 juillet et auquel prendra part le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron. Le côté financement de cette Force coince à cause des Américains qui considèrent l'Afrique comme un continent où il n'y a que des coups à prendre. Pour préparer ce Sommet, Paris essaie de se concerter, en amont, avec Alger, la véritable force militaire de cette sous-région. Mais comme toujours, rien n'est facile avec les Algériens, surtout, quand ils ont en face d'eux, les anciens colonisateurs français.