Gabon

Après avoir passé un mois de convalescence bien rempli, à Rabat, à l'invitation de son frère, le roi, Mohammed VI du Maroc, le chef de l'Etat du Gabon, Ali Bongo Ondimba, sera de retour, cette nuit, à Libreville. Il ne s'agit pas d'un poisson d'avril ni d'un scoop à la facebook ou twitter, mais, d'une information puisée à bonne source. Le chef de l'Etat sera accompagné de la première dame, Sylvia Bongo Ondimba, et d'autres membres proches de leur famille. La délégation comptera, aussi, le directeur de cabinet du président de la République, le secrétaire général de la présidence, ainsi que, des conseillers et collaborateurs du cabinet présidentiel dont il n'est pas utile de citer les noms.

Dieu est grand ! Ceux qui disaient que le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, était, politiquement, hors jeu, en ont eu pour leur grade. Coup sur coup, il vient de leur prouver le contraire, en montrant qu'il suit de très près les affaires de l'Etat du Gabon dont il a la charge. Contre toute attente, il a mis fin aux fonctions de Franck Emmanuel Issoze Ngondet que d'aucuns considèrent (à tort ou à raison) comme un félon. Le président vient tout aussi de surprendre à un autre niveau. Alors que tout le monde l'annonçait parti, il a maintenu dans ses fonctions de directeur de cabinet civil et politique du président de la République (au moins provisoirement), le très controversé, Brice Laccruche Alihanga, ainsi que, l'ensemble de ses collaborateurs. Qui peut encore dire que Ali Bongo Ondimba ne contrôle pas la situation ?

Au moment où nous mettons cet article en ligne, la situation continue d'être maîtrisée à Libreville où on ne compte aucun mort, même pas un blessé grave. Les loyalistes prennent, progressivement, les points stratégiques de la capitale pour rassurer les Gabonais, les Africains et la communauté internationale. En fait, le coup d'état a bel et bien échoué.

Guy Nzouba Ndama, Alexandre Barro Chambrier et Zacharie Myboto semblent reprendre des couleurs. Grâce à la convalescence prolongée du chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, au Maroc. Ils ne font pas leur sortie politique pour solliciter l'aide du Seigneur Dieu afin que le président de la République rentre, le plus rapidement, retrouver ses fonctions au Palais du Bord de Mer, mais, pour actionner le levier de la vacance du pouvoir selon l'article 13 de la constitution, puisque, dans les courriers qu'ils ont fait parvenir, le 21 décembre, au premier ministre chef du gouvernement, Franck Emmanuel Issoze Ngondet, et à la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsouo, avec ampliation à la présidente du Sénat, Lucie Milebou Aubusson épouse Mboussou, il est indiqué l'atteinte des 60 jours d'absence du président qui devrait déclencher la procédure de la vacance du pouvoir. Le trio en question sollicite, aussi, la désignation d'un collège de médecins pour évaluer l'état de forme générale du président de la République, ainsi que, sa capacité à assurer ses fonctions.

Le principal opposant du Gabon, Jean Ping, a franchi la "ligne rouge" en appelant "à la confrontation" avec le régime, selon la porte-parole du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Estelle-Flore Angangou, considérée comme l'une des plus farouches gardiennes de choc du « distingué camarade président », actuellement, en convalescence avancée, à Rabat, au Maroc.

Pour ce numéro double 471-472, nous avons hésité entre deux couvertures : Ali Bongo Ondimba dont l'état de santé venait de mobiliser l'attention de toute l'Afrique et de la communauté internationale, et le dictateur 5 étoiles du Congo-Brazzaville. Pour des raisons de sympathie non déguisée, Ali Bongo Ondimba a été choisi pour faire la pleine page dudit numéro.

C'est ce jeudi, 29 novembre, matin, que le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, et la première dame, Sylvia Bongo Ondimba, sont arrivés, à Rabat, au Maroc, pour un séjour de convalescence et de rééducation. La survenue du couple présidentiel à Rabat est la réponse donnée à une requête expresse du roi, Mohammed VI, qui est le frère du président, Ali Bongo Ondimba.

Le communiqué vient, cette fois, de la première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba. Elle remercie les autorités royales saoudiennes, le personnel médical du King Faysal de Riyad, et annonce le départ de son époux, pour Rabat, le mercredi, 28 novembre, pour suivre sa convalescence.

C'est la clinique royale de Rabat qui, finalement, accueillera le chef de l'Etat du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pour la deuxième partie de son traitement qui sera, beaucoup plus, axée sur la rééducation, le malade ayant récupéré presque tous ses sens. Les Gabonais peuvent remercier la clinique King Faysal de Riyad car le « distingué camarade » du PDG partait pour l'éternité. Maintenant, ils sont sûrs et certains que dans quelques semaines ou mois, il leur reviendra en chair et en os, pour ré-occuper son fauteuil présidentiel au Palais du Bord de Mer.

Le dictateur est (vraiment) à la manœuvre. Son fort, en général, c'est de savoir anticiper, c'est de sentir des opportunités et agir en conséquence avant tout le monde. Profite-t-il de l'état de santé précaire de son jeune homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pour tenter de lui régler (définitivement) son compte ? Toujours est-il que le bal des opposants et ennemis du président gabonais qu'il a organisé, ces derniers jours, à Paris, en marge de son séjour pour le Centenaire de l'Armistice, montre qu'il a un (odieux) plan dans la tête, lui qui ne fait rien pour rien.

Le gouvernement français qui compte plus de 20.000 ressortissants français au Gabon a prévu, par le biais de son consulat local, des mesures spéciales au cas où le Gabon sombrerait dans les troubles dus à la santé du président, Ali Bongo Ondimba. Cela dit, l'hypothèse d'une instabilité s'éloigne de plus en plus. Le pays tend - plutôt - vers la normalisation.

Ike Ngouoni, le porte-parole de la présidence de la République gabonaise s'est, déjà, exprimé le 28 octobre sur l'absence du président, Ali Bongo Ondimba. Il a ajouté que seul le Palais du Bord de Mer était habilité à rendre publiques des informations sur la santé de la première institution du pays. Les médecins, à Riyad où est interné le président, ont diagnostiqué une « fatigue sévère » et prescrit un repos prolongé. Les propos du collaborateur du chef de l'Etat sont, suffisamment, limpides pour que l'on n'en rajoute pas sauf si on est un ennemi du Gabon, qui s'ignore.

Une grosse et inattendue fatigue vient de contraindre le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba (ABO), à s'absenter à deux importantes rencontres internationales. Il s'agit du « Davos du désert », en Arabie Saoudite, et au Sommet de la CEMAC, à N'Djamena, au Tchad.

Finalement, Ali Bongo Ondimba (ABO) n'est pas si mal que cela en politique. On peut même oser une (certaine) comparaison : Tel père tel fils ! Car le patriarche Ondimba, son feu père, en effet, était un expert hors pair en matière politique. Personne ne rivalisait avec lui au Gabon, ni même dans la sous-région. ABO, c'est vrai, a mis un peu de temps à apprendre les leçons (toutes les leçons du célèbre professeur), mais, à force de forger, il est devenu, maintenant, forgeron. Après la calamiteuse présidentielle d'août 2016 où son parti, le PDG, était descendu dans les abîmes au point qu'on avait craint qu'il y découvre du pétrole, tellement il était allé bas, personne ne pouvait lui prédire une victoire aussi écrasante deux années, après, pendant les législatives. Nous y voilà pourtant ! Maître ABO (appellation désormais contrôlée) a, donc, sévi, détruisant au passage ceux qui lui cherchaient « noise », à commencer par ses ex-alliés du PDG, aujourd'hui, complètement, laminés. Certains vont même arrêter la politique. Jean Ping, lui, doit rire jaune en se disant : « Je leur avais bien dit de ne pas y aller. On aurait pu conserver une certaine crédibilité ». En fait, c'est lui Ping qui est fini. Il le sait. Même ses proches lieutenants ont été défaits. Afriqueeducation.com lui conseille, vivement, de se mettre, sans tarder, dans l'écriture de ses mémoires, ce que le patriarche n'avait pu faire (alors qu'il y pensait fortement) son départ éternel n'ayant jamais jamais été programmé. De cette façon, il aura fait bonne œuvre pour la postérité. Car il est (tout compte fait) un homme de (grande) valeur.

Alain-Claude Bilie-By-Nze, ministre des Sports, et Pierre Alain Mounguengui, président de la Fédération gabonaise de football, ont, enfin, compris qu'ils avaient tout intérêt de faire confiance à un Gabonais pour s'occuper de l'équipe nationale de football. Ils ont (enfin) intégré le fait que c'est avec des Gabonais qu'ils réussiront à construire, durablement, le football de leur pays et non avec des mercenaires étrangers, sinon, ce serait, déjà, fait depuis longtemps. Maintenant qu'ils ont pris la bonne option, il serait intéressant que le Gabon organise des Assises nationales de son football pour en sortir une feuille de route, que mettront en œuvre ses entraîneurs nationaux et ceux à divers niveaux de ses différents championnats. Mention « Très Honorable » aux autorités du football gabonais. Par leur geste, elles administrent, en même temps, une belle leçon à leurs homologues du Cameroun et du Congo-Brazzaville encore affectés par le syndrome de « la mentalité du colonisé ».

Le défilé du 58e anniversaire de l'indépendance sur le Front de Mer aura été l'un des plus courts de l'histoire du Gabon : 1h30, et le boulevard s'est vidé de son monde. La veille, devant 1,5 million de Gabonais, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a essayé de remobiliser ses compatriotes en les assurant du bienfondé de ses réformes dont le but est d'équilibrer les comptes publics et créer les emplois. Le président a égrainé la liste de ce qu'il y a à faire : une tâche tout simplement titanesque à commencer par le secteur de l'Education nationale où on n'a compté aucune Mention Très Bien ni Bien au Bac 2018. Mais qu'on compte sur le chef de l'Etat : il n'y a pas là motif à découragement. Au contraire, il faut se retrousser les manches.

Plusieurs fois reportées pour diverses raisons, depuis deux ans, les élections législatives auront, finalement, lieu les 6 et 27 octobre, sur l'ensemble du territoire national. Ces élections sont les premières depuis la présidentielle d'août 2016. On espère qu'elles se dérouleront dans un climat apaisé, un dialogue pour apaiser les cœurs ayant entre-temps été organisé avec l'adoption d'une feuille de route qui est actuellement mise en œuvre. Signe tangible de ce dialogue : la vice-présidence de la République et le Conseil économique et social, sont deux institutions, actuellement, occupées par des membres de l'opposition. Le gouvernement, lui aussi, a été élargi à l'opposition qui y occupe, notamment, les ministères d'Etat de l'Enseignement supérieur et du Logement. Bref, les deux ans ont fait leur œuvre et la passion de septembre 2016 n'est vraiment plus de mise.

A l'occasion d'une conférence de presse, le Ministre d’Etat en charge des Comptes publics et du Budget, Jean-Fidèle Otandault, a détaillé les mesures qui seront contenues dans La Loi de finances rectificatives pour 2018. Cette loi aura pour but d’assurer le redressement des finances publiques en prenant acte des évolutions du budget sur la période 2013-2018 et des préconisations issues d’un séminaire sur la revue du Plan de relance de l’économie (PRE), organisé en avril 2018 à la demande du chef de l’Eta, Ali Bongo Ondimba. L'accroissement des recettes budgétaires, la réduction de la masse salariale (10% par an de réduction prévue), la revue de la dette, la rationalisation des investissements publics, seront repris dans la LFR (Loi de finances rectificative) 2018. Sous ajustement avec le FMI comme le Tchad, le Centrafrique et le Cameroun, le Gabon se serre la ceinture, comme on le remarque, pour en sortir, au plus tard, courant 2020. Le pays ne vivra plus au-dessus de ses moyens. Autre bonne nouvelle : cette cure d'amaigrissement n'est pas une mauvaise chose au moment où le baril est, à nouveau, à la hausse.
 

Le 16 mai prochain, cela fera trois mois que le Gabon a mis fin, de façon unilatérale, au partenariat qui le liait à Véolia pour la distribution d'eau et d'électricité sur l'ensemble du territoire. Une décision, totalement, assumée par le président, Ali Bongo Ondimba. Certains Gabonais prévoyaient l'apocalypse. Mais, trois mois après cette rupture, le secteur de l'eau et de l'électricité ne se porte pas plus mal qu'avant cette rupture. Cerise sur le gâteau : il est, maintenant,entièrement, contrôlé par l'Etat et les pouvoirs publics. Soixante-huit ans après l'indépendance, n'était-il pas temps ? Cela rappelle, d'ailleurs, une autre décision prise par Ali Bongo Ondimba au lendemain de son arrivée au pouvoir en 2009 : l'arrêt de l'exportation du bois à l'état brut. Ce fut un coup de tonnerre dans le ciel chaud de Libreville. Mais, là aussi, après avoir fait couler beaucoup d'encre, cette décision s'avère, aujourd'hui, porteuse pour l'économie du pays. Elle commence, même, à faire école dans la sous-région. Conclusion : Ali Bongo Ondimba n'est pas mauvais dans ses décisions. Les Gabonais ne gagneraient-ils pas à mieux le connaître ?

Le gouvernement du 4 mai 2018 d'Emmanuel Issoze Ngondet est un petit record de rapidité au regard de la complexité de la situation politique actuelle au Gabon. Après avoir remis sa démission, mercredi, 2 mai, et reconduit le lendemain à ce même poste, il a mis à peine 24 heures pour sortir la liste de ses 40 ministres. Premier enseignement : les branches mortes n'en font plus partie. Ils se reconnaîtront... Deuxième enseignement : aisément et facilement, on entrevoit la future majorité présidentielle, et les alliances qui pourront se nouer, afin de permettre au président, Ali Bongo Ondimba, de consolider ses positions au Palais du Bord de Mer.