Gabon

Le dictateur est (vraiment) à la manœuvre. Son fort, en général, c'est de savoir anticiper, c'est de sentir des opportunités et agir en conséquence avant tout le monde. Profite-t-il de l'état de santé précaire de son jeune homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, pour tenter de lui régler (définitivement) son compte ? Toujours est-il que le bal des opposants et ennemis du président gabonais qu'il a organisé, ces derniers jours, à Paris, en marge de son séjour pour le Centenaire de l'Armistice, montre qu'il a un (odieux) plan dans la tête, lui qui ne fait rien pour rien.

Le gouvernement français qui compte plus de 20.000 ressortissants français au Gabon a prévu, par le biais de son consulat local, des mesures spéciales au cas où le Gabon sombrerait dans les troubles dus à la santé du président, Ali Bongo Ondimba. Cela dit, l'hypothèse d'une instabilité s'éloigne de plus en plus. Le pays tend - plutôt - vers la normalisation.

Ike Ngouoni, le porte-parole de la présidence de la République gabonaise s'est, déjà, exprimé le 28 octobre sur l'absence du président, Ali Bongo Ondimba. Il a ajouté que seul le Palais du Bord de Mer était habilité à rendre publiques des informations sur la santé de la première institution du pays. Les médecins, à Riyad où est interné le président, ont diagnostiqué une « fatigue sévère » et prescrit un repos prolongé. Les propos du collaborateur du chef de l'Etat sont, suffisamment, limpides pour que l'on n'en rajoute pas sauf si on est un ennemi du Gabon, qui s'ignore.

Une grosse et inattendue fatigue vient de contraindre le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba (ABO), à s'absenter à deux importantes rencontres internationales. Il s'agit du « Davos du désert », en Arabie Saoudite, et au Sommet de la CEMAC, à N'Djamena, au Tchad.

Finalement, Ali Bongo Ondimba (ABO) n'est pas si mal que cela en politique. On peut même oser une (certaine) comparaison : Tel père tel fils ! Car le patriarche Ondimba, son feu père, en effet, était un expert hors pair en matière politique. Personne ne rivalisait avec lui au Gabon, ni même dans la sous-région. ABO, c'est vrai, a mis un peu de temps à apprendre les leçons (toutes les leçons du célèbre professeur), mais, à force de forger, il est devenu, maintenant, forgeron. Après la calamiteuse présidentielle d'août 2016 où son parti, le PDG, était descendu dans les abîmes au point qu'on avait craint qu'il y découvre du pétrole, tellement il était allé bas, personne ne pouvait lui prédire une victoire aussi écrasante deux années, après, pendant les législatives. Nous y voilà pourtant ! Maître ABO (appellation désormais contrôlée) a, donc, sévi, détruisant au passage ceux qui lui cherchaient « noise », à commencer par ses ex-alliés du PDG, aujourd'hui, complètement, laminés. Certains vont même arrêter la politique. Jean Ping, lui, doit rire jaune en se disant : « Je leur avais bien dit de ne pas y aller. On aurait pu conserver une certaine crédibilité ». En fait, c'est lui Ping qui est fini. Il le sait. Même ses proches lieutenants ont été défaits. Afriqueeducation.com lui conseille, vivement, de se mettre, sans tarder, dans l'écriture de ses mémoires, ce que le patriarche n'avait pu faire (alors qu'il y pensait fortement) son départ éternel n'ayant jamais jamais été programmé. De cette façon, il aura fait bonne œuvre pour la postérité. Car il est (tout compte fait) un homme de (grande) valeur.

Alain-Claude Bilie-By-Nze, ministre des Sports, et Pierre Alain Mounguengui, président de la Fédération gabonaise de football, ont, enfin, compris qu'ils avaient tout intérêt de faire confiance à un Gabonais pour s'occuper de l'équipe nationale de football. Ils ont (enfin) intégré le fait que c'est avec des Gabonais qu'ils réussiront à construire, durablement, le football de leur pays et non avec des mercenaires étrangers, sinon, ce serait, déjà, fait depuis longtemps. Maintenant qu'ils ont pris la bonne option, il serait intéressant que le Gabon organise des Assises nationales de son football pour en sortir une feuille de route, que mettront en œuvre ses entraîneurs nationaux et ceux à divers niveaux de ses différents championnats. Mention « Très Honorable » aux autorités du football gabonais. Par leur geste, elles administrent, en même temps, une belle leçon à leurs homologues du Cameroun et du Congo-Brazzaville encore affectés par le syndrome de « la mentalité du colonisé ».

Le défilé du 58e anniversaire de l'indépendance sur le Front de Mer aura été l'un des plus courts de l'histoire du Gabon : 1h30, et le boulevard s'est vidé de son monde. La veille, devant 1,5 million de Gabonais, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a essayé de remobiliser ses compatriotes en les assurant du bienfondé de ses réformes dont le but est d'équilibrer les comptes publics et créer les emplois. Le président a égrainé la liste de ce qu'il y a à faire : une tâche tout simplement titanesque à commencer par le secteur de l'Education nationale où on n'a compté aucune Mention Très Bien ni Bien au Bac 2018. Mais qu'on compte sur le chef de l'Etat : il n'y a pas là motif à découragement. Au contraire, il faut se retrousser les manches.

Plusieurs fois reportées pour diverses raisons, depuis deux ans, les élections législatives auront, finalement, lieu les 6 et 27 octobre, sur l'ensemble du territoire national. Ces élections sont les premières depuis la présidentielle d'août 2016. On espère qu'elles se dérouleront dans un climat apaisé, un dialogue pour apaiser les cœurs ayant entre-temps été organisé avec l'adoption d'une feuille de route qui est actuellement mise en œuvre. Signe tangible de ce dialogue : la vice-présidence de la République et le Conseil économique et social, sont deux institutions, actuellement, occupées par des membres de l'opposition. Le gouvernement, lui aussi, a été élargi à l'opposition qui y occupe, notamment, les ministères d'Etat de l'Enseignement supérieur et du Logement. Bref, les deux ans ont fait leur œuvre et la passion de septembre 2016 n'est vraiment plus de mise.

A l'occasion d'une conférence de presse, le Ministre d’Etat en charge des Comptes publics et du Budget, Jean-Fidèle Otandault, a détaillé les mesures qui seront contenues dans La Loi de finances rectificatives pour 2018. Cette loi aura pour but d’assurer le redressement des finances publiques en prenant acte des évolutions du budget sur la période 2013-2018 et des préconisations issues d’un séminaire sur la revue du Plan de relance de l’économie (PRE), organisé en avril 2018 à la demande du chef de l’Eta, Ali Bongo Ondimba. L'accroissement des recettes budgétaires, la réduction de la masse salariale (10% par an de réduction prévue), la revue de la dette, la rationalisation des investissements publics, seront repris dans la LFR (Loi de finances rectificative) 2018. Sous ajustement avec le FMI comme le Tchad, le Centrafrique et le Cameroun, le Gabon se serre la ceinture, comme on le remarque, pour en sortir, au plus tard, courant 2020. Le pays ne vivra plus au-dessus de ses moyens. Autre bonne nouvelle : cette cure d'amaigrissement n'est pas une mauvaise chose au moment où le baril est, à nouveau, à la hausse.
 

Le 16 mai prochain, cela fera trois mois que le Gabon a mis fin, de façon unilatérale, au partenariat qui le liait à Véolia pour la distribution d'eau et d'électricité sur l'ensemble du territoire. Une décision, totalement, assumée par le président, Ali Bongo Ondimba. Certains Gabonais prévoyaient l'apocalypse. Mais, trois mois après cette rupture, le secteur de l'eau et de l'électricité ne se porte pas plus mal qu'avant cette rupture. Cerise sur le gâteau : il est, maintenant,entièrement, contrôlé par l'Etat et les pouvoirs publics. Soixante-huit ans après l'indépendance, n'était-il pas temps ? Cela rappelle, d'ailleurs, une autre décision prise par Ali Bongo Ondimba au lendemain de son arrivée au pouvoir en 2009 : l'arrêt de l'exportation du bois à l'état brut. Ce fut un coup de tonnerre dans le ciel chaud de Libreville. Mais, là aussi, après avoir fait couler beaucoup d'encre, cette décision s'avère, aujourd'hui, porteuse pour l'économie du pays. Elle commence, même, à faire école dans la sous-région. Conclusion : Ali Bongo Ondimba n'est pas mauvais dans ses décisions. Les Gabonais ne gagneraient-ils pas à mieux le connaître ?

Le gouvernement du 4 mai 2018 d'Emmanuel Issoze Ngondet est un petit record de rapidité au regard de la complexité de la situation politique actuelle au Gabon. Après avoir remis sa démission, mercredi, 2 mai, et reconduit le lendemain à ce même poste, il a mis à peine 24 heures pour sortir la liste de ses 40 ministres. Premier enseignement : les branches mortes n'en font plus partie. Ils se reconnaîtront... Deuxième enseignement : aisément et facilement, on entrevoit la future majorité présidentielle, et les alliances qui pourront se nouer, afin de permettre au président, Ali Bongo Ondimba, de consolider ses positions au Palais du Bord de Mer.

Quarante huit heures après la démission du premier ministre chef du gouvernement, Franck Emmanuel Issoze Ngondet, suite à la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre l'Assemblée nationale et de démissionner le gouvernement, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a reconduit Franck Emmanuel Issoze Ngondet au même poste. A charge pour lui de mettre sur pied, rapidement, sans perdre de temps, une équipe gouvernementale opérationnelle qui permettra l'organisation, dans de brefs délais, et dans de bonnes conditions, des élections législatives, qu'il a pour mission de gagner.

Le coup de tonnerre opéré par la Cour constitutionnelle, le 30 avril, est, sans doute, une mauvaise affaire pour le gouvernement et son chef, et non pour le PDG (Parti démocratique gabonais), dans son ensemble. Prenant acte de cette décision, le secrétaire général du parti présidentiel, Eric Dodo Bounguendza, veut tirer le meilleur de cette situation afin que son parti conserve son avance (même si elle n'est plus pléthorique) dans la future Assemblée nationale. Le secrétaire général du PDG se dit : quand on a la majorité, on fait tout pour la garder, surtout, quand celle-ci permet de consolider le pouvoir, à la tête de l'Etat, du président du parti, Ali Bongo Ondimba.

Coup de tonnerre dans le ciel chaud de Libreville, en cette soirée de lundi, 30 avril 2018. Constatant les retards pris par le gouvernement pour organiser les élections législatives, ce qui avait entraîné plusieurs reports successifs, la Cour constitutionnelle a dissout l'Assemblée nationale et demandé la démission du premier ministre et de tout le gouvernement. Un autre gouvernement devrait être nommé, responsable devant le seul président de la République. Lui aussi disparaîtra avec la désignation d'un nouveau premier ministre issu de la nouvelle configuration à venir de l'Assemblée nationale.

Décentralisation, déconcentration, régionalisation, que de mots ? Peut-être pas seulement ! C'est vrai que dans leurs discours, les chefs d'Etat de la sous-région les prônent. Tous sans exception. Mais, dans les faits, peu d'entre eux les mettent en pratique. Ali Bongo Ondimba vient de joindre sa parole du 31 décembre 2017 à l'acte, en allouant, ce samedi, 21 avril, à Franceville, sa capitale provinciale natale, la somme de 1 milliard de F CFA (1,5 million d'euros) à la province du Haut Ogooué, afin de permettre à ses autorités de financer et d'accompagner les projets qui créent l'emploi et réduisent le mal-vivre et la pauvreté.

L'Afrique est active face aux manoeuvres des djihadistes du Sahel et du Lac Tchad. Si on dit, souvent, que le bandit a une longueur d'avance sur le gendarme, le radicalisme et l'extrémisme sont très loin d'avoir gagné. Les Etats africains concernés s'organisent, individuellement et collectivement, pour faire échec à cette violence aveugle qui s'est invitée, sans s'annoncer, dans la vie quotidienne des Africains. Après Yaoundé, en juin 2013, les pays africains de l'Ouest et du Centre, ainsi que, leurs partenaires extérieurs, se donneront rendez-vous, à Lomé, en juillet 2018, pour actualiser leur logiciel de lutte contre ce phénomène des temps modernes. L'union faisant la force, et sous les auspices des Nations-Unies et de leurs partenaires occidentaux et des pays émergents, les pays membres de la CEDEAO et de la CEEAC pourront, ainsi, faire le bilan, depuis la conférence de Yaoundé, de leur partenariat dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et définir de nouveaux axes de collaboration afin que les djihadistes se sentent traqués, pourchassés, où qu'ils se trouvent.

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

"Gabon-Véolia : Le torchon brûle". C'est la grande Une du numéro 462 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, à partir de mardi, 13 mars. Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, fait, par ailleurs, la pleine page de couverture dudit numéro. En rompant, unilatéralement, la convention qui le liait à la société française, Véolia, le Gabon n'invente pas le fil à couper le beurre. Dans tous les pays du monde, y compris, sous la France socialiste, en 1981 et 1982, les investisseurs privés n'avaient que leurs yeux pour pleurer quand François Mitterrand et Pierre Mauroy, avec Jacques Delors à l'Economie et aux Finances, lancèrent un vaste programme de nationalisations. Au nom de l'intérêt général. Ce qui est arrivé en France, pendant le premier septennat socialiste (et qui arrive de temps en temps ailleurs), n'est-il pas susceptible d'arriver, aussi, en Afrique, et en l'occurrence, au Gabon ? L'Afrique est en train de suivre, à la loupe, avec une attention particulière, le bras de fer qui s'est engagé entre l'Etat du Gabon et la société française, Véolia.

Le Gabon a rompu, unilatéralement, le contrat qui le liait à la multinationale française, Véolia, en ce qui concerne la fourniture d'eau et d'électricité sur toute l'étendue du territoire. Cette rupture est due à une très longue exaspération de l'Etat et des consommateurs gabonais, qui étaient, tout le temps, en colère à cause des coupures intempestives d'eau et d'électricité de la SEEG, filiale locale de Véolia. En 21 ans de collaboration, Véolia n'a pas pu mettre le niveau de son service au Gabon aux normes en vigueur en la matière : jamais d'eau 24h/24 ; jamais d'électricité 24h/24. Le Gabon étant un pays souverain, il a fini, après tant de mécontentement de sa population, à tirer les conséquences en prenant la décision qui s'imposait : la rupture. Sur ce, Véolia a couru se plaindre à la Banque mondiale où un organe de conciliation existe pour régler ce genre de différend. En attendant d'y voir clair dans les griefs qui sont faits à l'endroit de l'Etat du Gabon, on peut se demander si c'est la Banque mondiale qui avait demandé à Véolia de ne pas respecter son cahier de charges ?

L'Etat gabonais ne se laisse plus faire. Loin de se faire intimider par quelques menaces verbales des dirigeants du groupe français, Véolia, le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain Claude Bilie By Nze, n'a pas manqué d'accuser, ce mardi, 27 février, l'entreprise française de pollution sur son sol, sur plusieurs sites d'exploitation qui étaient mis à sa disposition. Un vrai complot contre l'environnement qui aurait pu faire pâlir de colère Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique et solidaire, si de telles pratiques anti-écologiques étaient effectuées sur le sol français. C'est donc l'ensemble de ces griefs, y compris, le ras le bol des usagers face aux interminables coupures d'eau et d'électricité, qui ont contraint l'Etat à résilier, de façon unilatérale, le 16 février, sa convention avec cette multinationale dont les prestations ne souffrent d'aucun manquement dans d'autres pays où elle officie dont la France. Les Gabonais voulaient, juste, le même traitement, mais, celui-ci n'a, jamais, été à la hauteur depuis 21 ans. Malgré 1.000 milliards de F CFA (1,5 milliard d'euros) d'investissements. L'Etat a mis du temps avant de taper du poing sur la table. Un temps, anormalement, long qui a fait croire aux dirigeants de Véolia que le Gabon était, rigoureusement, incapable de prendre le moindre acte de souveraineté les concernant. Bien que son indépendance en tant qu'Etat ayant son destin en main fut mise en cause. Une erreur plus que fatale !