Gabon

A l'occasion d'une conférence de presse, le Ministre d’Etat en charge des Comptes publics et du Budget, Jean-Fidèle Otandault, a détaillé les mesures qui seront contenues dans La Loi de finances rectificatives pour 2018. Cette loi aura pour but d’assurer le redressement des finances publiques en prenant acte des évolutions du budget sur la période 2013-2018 et des préconisations issues d’un séminaire sur la revue du Plan de relance de l’économie (PRE), organisé en avril 2018 à la demande du chef de l’Eta, Ali Bongo Ondimba. L'accroissement des recettes budgétaires, la réduction de la masse salariale (10% par an de réduction prévue), la revue de la dette, la rationalisation des investissements publics, seront repris dans la LFR (Loi de finances rectificative) 2018. Sous ajustement avec le FMI comme le Tchad, le Centrafrique et le Cameroun, le Gabon se serre la ceinture, comme on le remarque, pour en sortir, au plus tard, courant 2020. Le pays ne vivra plus au-dessus de ses moyens. Autre bonne nouvelle : cette cure d'amaigrissement n'est pas une mauvaise chose au moment où le baril est, à nouveau, à la hausse.
 

Le 16 mai prochain, cela fera trois mois que le Gabon a mis fin, de façon unilatérale, au partenariat qui le liait à Véolia pour la distribution d'eau et d'électricité sur l'ensemble du territoire. Une décision, totalement, assumée par le président, Ali Bongo Ondimba. Certains Gabonais prévoyaient l'apocalypse. Mais, trois mois après cette rupture, le secteur de l'eau et de l'électricité ne se porte pas plus mal qu'avant cette rupture. Cerise sur le gâteau : il est, maintenant,entièrement, contrôlé par l'Etat et les pouvoirs publics. Soixante-huit ans après l'indépendance, n'était-il pas temps ? Cela rappelle, d'ailleurs, une autre décision prise par Ali Bongo Ondimba au lendemain de son arrivée au pouvoir en 2009 : l'arrêt de l'exportation du bois à l'état brut. Ce fut un coup de tonnerre dans le ciel chaud de Libreville. Mais, là aussi, après avoir fait couler beaucoup d'encre, cette décision s'avère, aujourd'hui, porteuse pour l'économie du pays. Elle commence, même, à faire école dans la sous-région. Conclusion : Ali Bongo Ondimba n'est pas mauvais dans ses décisions. Les Gabonais ne gagneraient-ils pas à mieux le connaître ?

Le gouvernement du 4 mai 2018 d'Emmanuel Issoze Ngondet est un petit record de rapidité au regard de la complexité de la situation politique actuelle au Gabon. Après avoir remis sa démission, mercredi, 2 mai, et reconduit le lendemain à ce même poste, il a mis à peine 24 heures pour sortir la liste de ses 40 ministres. Premier enseignement : les branches mortes n'en font plus partie. Ils se reconnaîtront... Deuxième enseignement : aisément et facilement, on entrevoit la future majorité présidentielle, et les alliances qui pourront se nouer, afin de permettre au président, Ali Bongo Ondimba, de consolider ses positions au Palais du Bord de Mer.

Quarante huit heures après la démission du premier ministre chef du gouvernement, Franck Emmanuel Issoze Ngondet, suite à la décision de la Cour constitutionnelle de dissoudre l'Assemblée nationale et de démissionner le gouvernement, le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a reconduit Franck Emmanuel Issoze Ngondet au même poste. A charge pour lui de mettre sur pied, rapidement, sans perdre de temps, une équipe gouvernementale opérationnelle qui permettra l'organisation, dans de brefs délais, et dans de bonnes conditions, des élections législatives, qu'il a pour mission de gagner.

Le coup de tonnerre opéré par la Cour constitutionnelle, le 30 avril, est, sans doute, une mauvaise affaire pour le gouvernement et son chef, et non pour le PDG (Parti démocratique gabonais), dans son ensemble. Prenant acte de cette décision, le secrétaire général du parti présidentiel, Eric Dodo Bounguendza, veut tirer le meilleur de cette situation afin que son parti conserve son avance (même si elle n'est plus pléthorique) dans la future Assemblée nationale. Le secrétaire général du PDG se dit : quand on a la majorité, on fait tout pour la garder, surtout, quand celle-ci permet de consolider le pouvoir, à la tête de l'Etat, du président du parti, Ali Bongo Ondimba.

Coup de tonnerre dans le ciel chaud de Libreville, en cette soirée de lundi, 30 avril 2018. Constatant les retards pris par le gouvernement pour organiser les élections législatives, ce qui avait entraîné plusieurs reports successifs, la Cour constitutionnelle a dissout l'Assemblée nationale et demandé la démission du premier ministre et de tout le gouvernement. Un autre gouvernement devrait être nommé, responsable devant le seul président de la République. Lui aussi disparaîtra avec la désignation d'un nouveau premier ministre issu de la nouvelle configuration à venir de l'Assemblée nationale.

Décentralisation, déconcentration, régionalisation, que de mots ? Peut-être pas seulement ! C'est vrai que dans leurs discours, les chefs d'Etat de la sous-région les prônent. Tous sans exception. Mais, dans les faits, peu d'entre eux les mettent en pratique. Ali Bongo Ondimba vient de joindre sa parole du 31 décembre 2017 à l'acte, en allouant, ce samedi, 21 avril, à Franceville, sa capitale provinciale natale, la somme de 1 milliard de F CFA (1,5 million d'euros) à la province du Haut Ogooué, afin de permettre à ses autorités de financer et d'accompagner les projets qui créent l'emploi et réduisent le mal-vivre et la pauvreté.

L'Afrique est active face aux manoeuvres des djihadistes du Sahel et du Lac Tchad. Si on dit, souvent, que le bandit a une longueur d'avance sur le gendarme, le radicalisme et l'extrémisme sont très loin d'avoir gagné. Les Etats africains concernés s'organisent, individuellement et collectivement, pour faire échec à cette violence aveugle qui s'est invitée, sans s'annoncer, dans la vie quotidienne des Africains. Après Yaoundé, en juin 2013, les pays africains de l'Ouest et du Centre, ainsi que, leurs partenaires extérieurs, se donneront rendez-vous, à Lomé, en juillet 2018, pour actualiser leur logiciel de lutte contre ce phénomène des temps modernes. L'union faisant la force, et sous les auspices des Nations-Unies et de leurs partenaires occidentaux et des pays émergents, les pays membres de la CEDEAO et de la CEEAC pourront, ainsi, faire le bilan, depuis la conférence de Yaoundé, de leur partenariat dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et définir de nouveaux axes de collaboration afin que les djihadistes se sentent traqués, pourchassés, où qu'ils se trouvent.

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

"Gabon-Véolia : Le torchon brûle". C'est la grande Une du numéro 462 d'Afrique Education en vente, chez les marchands de journaux, à partir de mardi, 13 mars. Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, fait, par ailleurs, la pleine page de couverture dudit numéro. En rompant, unilatéralement, la convention qui le liait à la société française, Véolia, le Gabon n'invente pas le fil à couper le beurre. Dans tous les pays du monde, y compris, sous la France socialiste, en 1981 et 1982, les investisseurs privés n'avaient que leurs yeux pour pleurer quand François Mitterrand et Pierre Mauroy, avec Jacques Delors à l'Economie et aux Finances, lancèrent un vaste programme de nationalisations. Au nom de l'intérêt général. Ce qui est arrivé en France, pendant le premier septennat socialiste (et qui arrive de temps en temps ailleurs), n'est-il pas susceptible d'arriver, aussi, en Afrique, et en l'occurrence, au Gabon ? L'Afrique est en train de suivre, à la loupe, avec une attention particulière, le bras de fer qui s'est engagé entre l'Etat du Gabon et la société française, Véolia.

Le Gabon a rompu, unilatéralement, le contrat qui le liait à la multinationale française, Véolia, en ce qui concerne la fourniture d'eau et d'électricité sur toute l'étendue du territoire. Cette rupture est due à une très longue exaspération de l'Etat et des consommateurs gabonais, qui étaient, tout le temps, en colère à cause des coupures intempestives d'eau et d'électricité de la SEEG, filiale locale de Véolia. En 21 ans de collaboration, Véolia n'a pas pu mettre le niveau de son service au Gabon aux normes en vigueur en la matière : jamais d'eau 24h/24 ; jamais d'électricité 24h/24. Le Gabon étant un pays souverain, il a fini, après tant de mécontentement de sa population, à tirer les conséquences en prenant la décision qui s'imposait : la rupture. Sur ce, Véolia a couru se plaindre à la Banque mondiale où un organe de conciliation existe pour régler ce genre de différend. En attendant d'y voir clair dans les griefs qui sont faits à l'endroit de l'Etat du Gabon, on peut se demander si c'est la Banque mondiale qui avait demandé à Véolia de ne pas respecter son cahier de charges ?

L'Etat gabonais ne se laisse plus faire. Loin de se faire intimider par quelques menaces verbales des dirigeants du groupe français, Véolia, le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain Claude Bilie By Nze, n'a pas manqué d'accuser, ce mardi, 27 février, l'entreprise française de pollution sur son sol, sur plusieurs sites d'exploitation qui étaient mis à sa disposition. Un vrai complot contre l'environnement qui aurait pu faire pâlir de colère Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique et solidaire, si de telles pratiques anti-écologiques étaient effectuées sur le sol français. C'est donc l'ensemble de ces griefs, y compris, le ras le bol des usagers face aux interminables coupures d'eau et d'électricité, qui ont contraint l'Etat à résilier, de façon unilatérale, le 16 février, sa convention avec cette multinationale dont les prestations ne souffrent d'aucun manquement dans d'autres pays où elle officie dont la France. Les Gabonais voulaient, juste, le même traitement, mais, celui-ci n'a, jamais, été à la hauteur depuis 21 ans. Malgré 1.000 milliards de F CFA (1,5 milliard d'euros) d'investissements. L'Etat a mis du temps avant de taper du poing sur la table. Un temps, anormalement, long qui a fait croire aux dirigeants de Véolia que le Gabon était, rigoureusement, incapable de prendre le moindre acte de souveraineté les concernant. Bien que son indépendance en tant qu'Etat ayant son destin en main fut mise en cause. Une erreur plus que fatale !

Le premier ministre, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, ne pouvait pas rester inerte. Mais, personne ne s'attendait à ce qu'il remanie son équipe gouvernementale. En effet, une récente photo de son ministre de l'Agriculture, Yves-Fernand Manfoumbi, dans un état d'ébriété avancé, roulant par terre, un micro dans la main, l'aurait-il convaincu, ainsi que, le président, Ali Bongo Ondimba, de la nécessité d'un remaniement qui permettrait de couper court aux commentaires malveillants, qu'on peut lire dans les réseaux sociaux ? Toujours est-il qu'ivre ou pas ivre (les avis divergent), la photo de l'ancien directeur général du Budget fait désordre. Occasion a, ainsi, été donnée au chef du gouvernement de faire d'autres ajustements qui lui permettront de conduire la bataille des législatives avec une équipe gouvernementale plus homogène et plus conquérante.

Le président, Ali Bongo Ondimba, et son gouvernement, ont fait acte de courage en mettant fin au contrat léonin qui liait le Gabon à Véolia. Alors que certains ténors de l'opposition cherchent, au contraire, à soumettre, encore plus, le Gabon à l'ancienne puissance colonisatrice, le président, Ali Bongo Ondimba, lui, privilégie le mieux-disant économique et financier pour son pays. C'est le sens que les Gabonais doivent donner à la rupture de la Convention avec Véolia que vient d'opérer le ministre de l'Eau et de l'Energie, Patrick Eyogo Edzang. C'est une posture (pas de facilité) qui permet au Gabon de mieux s'assumer. Personne ne peut le lui reprocher d'autant plus que les consommateurs d'eau et d'électricité du Gabon, souffrent, dans leur chair, depuis 21 ans de l'inapplication du cahier des charges confié à Véolia (ex-Générale des eaux). Les Gabonais doivent soutenir leur gouvernement qui vient de poser un acte de rupture avec la Françafrique. La direction générale de la SEEG a été confiée, le 19 février, à Marcelin Massila Akendengué, pour une durée d'un an. Le chien aboie la caravane passe.

La SEEG (Société d'eau et d'énergie du Gabon), filiale du groupe français Véolia, ne semble pas vivre sur la même terre que les consommateurs d'eau et d'électricité du Gabon. Sinon, elle aurait pris, sans demander son reste, la poudre d'escampette à cause de son incapacité à respecter son cahier des charges. Que de coupures d'eau, que de délestages électriques avec sa cohorte de matériels électro-ménagers abîmés et que personne à la SEEG n'a, jamais, voulu indemniser. Ca fait exactement 21 ans que les Gabonais souffrent. N'y a-t-il pas une fin pour chaque chose ? Même quand on est colonisés comme les usagers d'eau et d'électricité du Gabon ? Au lieu que Véolia rase les murs, son service au Gabon étant indigne de celui d'une grande entreprise française du CAC 40, elle ose dénoncer, parce que c'est le Gabon, un champ où on a l'habitude de récolter même ce qu'on n'a pas semé. On préfère regretter « une action brutale menée en dehors de toute règle de droit » alors que la dégradation de la qualité des services de Véolia devenait inacceptable. Au final, la prorogation du contrat de 5 ans de Véolia, à la demande de l'ancien président, François Hollande, n'a, absolument, pas influencé la qualité de service de cette société dont on avait souhaité que ses performances au Gabon soient à la hauteur de sa réputation en France où elle donne pleine satisfaction à ses nombreux clients. Mais, on l'aura compris : le Gabon n'est pas la France.

Pour le gouvernement, cette rupture est plus que souhaitable, le groupe français n'ayant, vraiment, pas été à la hauteur. Le problème, ici, est technique, et non politique. Il n'est pas question d'aimer ou de haïr la France ou une de ses entreprises. La réalité est simple : l'eau est une denrée rare à Libreville. Quant aux coupures électriques, elles sont monnaie courante. La question mérite, alors, d'être posée : A quoi a servi la concession de 20 ans accordée à la SEEG (Société d'énergie et d'eau du Gabon), filiale du groupe français Véolia ? Rien qu'à pomper les bénéfices, répondent en choeur les Librevillois, pour qui ce problème n'est ni celui de l'opposition, ni de la majorité, mais, des Gabonais tout court. Pourtant, la concession allouée à Véolia (Générale des eaux avant) avait pour but de faire du Gabon un eldorado en Afrique centrale où les pays limitrophes pouvaient se ravitailler pour combler leur déficit. Le patriarche, comme toujours, en visionnaire, avait vu les choses en grand. Mais ses partenaires français, mais aussi, ses collaborateurs, l'ont roulé dans la farine. A qui la faute ? C'est plutôt à un spectacle ahurissant des mamans librevilloises portant des bonbonnes d'eau sur la tête, les robinets des maisons étant à sec, auquel le Gabon se livre, de temps en temps. Un triste spectacle quand le pays s'appelle « Gabon ». Mieux vaut tard que jamais ! Cette rupture engage les Gabonais à prendre (enfin) leur destin, dans ce domaine, en main. En attendant d'autres domaines. Un mal pour un bien.

L'entreprise Bouygues Energies & Services, présente depuis près de 70 ans au Gabon avec plus de 200 employés, a annoncé la fin de ses activités en milieu de semaine, suscitant l’incompréhension de ses salariés. Une véritable honte de quitter ce beau pays où elle a gagné beaucoup beaucoup d'argent juste parce qu'il traverse quelques difficultés passagères dues à la chute du cours de pétrole. Une logique très multinationale capitaliste vivement condamnable. Quant aux employés de Bouygues, ils ont, via leur syndicat, dénoncé, auprès du PDG, Martin Bouygues, dans un courrier à lui adressé, le caractère « inhumain de (sa) décision ». Pas de réponse du PDG qui reste silencieux.

Si chacun de nous était à la place d'Ali Bongo Ondimba, qu'aurait-il fait de mieux ? C'est la question qu'on doit se poser au lendemain de la formation du nouveau gouvernement de Franck Emmanuel Issoze Ngondet, qui fait l'objet de toutes sortes de commentaires. Si c'est la meilleure équipe possible pour le président de la République et le premier ministre afin de livrer la bataille du redressement économique et financier du Gabon, le gouvernement Issoze Ngondet II n'aura que huit (petits) mois pour démontrer son savoir-faire, les élections législatives d'avril 2018 devant entraîner la composition d'une autre équipe gouvernementale. Au moment où les passations de service se font dans les ministères, que chaque ministre sache, donc, dès maintenant, à quoi s'en tenir.

On commence à se demander (à Paris et dans d'autres capitales occidentales) si c'est le Jean Ping qui fut le très fidèle et efficace chef de la diplomatie de feu le patriarche Ondimba ? Si c'est ce Jean Ping qui présida, admirablement, la 59e Assemblée Générale des Nations-Unies en 2004-2005 avec un savoir-faire indéniable ? Si c'est le même Jean Ping qui officia à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) pendant quatre ans, prêchant, partout, la tolérance, la paix, la modération, oeuvrant, sans cesse, pour le dialogue entre frères et sœurs d'Afrique, comme moyen (unique) de règlement des conflits ? Est-ce le même Jean Ping qui veut, aujourd'hui, mettre le feu dans son pays, le Gabon ?

Candidat malheureux à l'élection présidentielle d'août 2016, Jean Ping a-t-il décidé de mettre le feu au Gabon à son retour, ce mardi, 25 juillet, soir, à Libreville ? Cette question mérite d'être posée car les faits parlent d'eux-mêmes avec la rumeur selon laquelle Jean Ping sera installé par la foule, ce soir, au Palais du Bord de Mer. Mais, il n'aura pas carte blanche pour créer le désordre. Car d'ores et déjà se dresse devant lui, Lambert-Noël Matha, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, qui invite, le plus tranquillement du monde, les Gabonais à ne pas suivre de tels mots d'ordre et à rester chez eux.