Gambie

Yahya Jammeh a fini par quitter le pouvoir après l'avoir exercé pendant 22 ans. Une longue présidence émaillée de beaucoup de violences et de tueries. En dehors des détournements de fonds, c'est le dossier qui le suit avec les accusations, actuellement, montées en épingle par Human Rights Watch (HRW) et Trial International. Après avoir contesté le vote qui le déclarait perdant, à la dernière élection présidentielle, de décembre 2016, Yahya Jammeh, après une courte résistance, a eu la sagesse, de prendre la route de l'exil sans avoir provoqué une effusion de sang, comme d'aucuns le craignaient. Il est parti, tranquillement, s'installer, à Malabo, en Guinée équatoriale, où il s'adonne à des activités champêtres. N'est-il pas contreproductif de l'y déloger pour le traduire en justice alors que la Gambie est en train de réussir son virage démocratique sans lui ? Quel message donnerait-on aux autres dictateurs africains à qui il est, aussi, demandé de quitter le pouvoir et qui peuvent être effrayés par le sort qu'on ferait subir à Yahya Jammeh ?

Les ennemis de la paix et de la sérénité au Togo salueront la sortie médiatique du ministre gambien des Affaires étrangères, Ousainou Darboe, sur les questions intérieures du Togo. Ne cherchons pas les mots : sa sortie chez Reuters, ce lundi, 23 octobre, est très malheureuse et très mal venue, dans le contexte actuel. Alors que les négociations vont bon train, dans les coulisses, pour conduire les deux parties à se mettre autour de la même table, Ousainou Darboe vient d'appeler, ni plus ni moins, à la démission du président du Togo, Faure Gnassingbé. Exactement comme le font les opposants radicaux du G14. Mais, à peine l'encre de sa déclaration avait-elle séchée qu'il était remis à sa place par le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey. « De quoi je me mêle », se demande-t-on quand on sait d'où vient la Gambie et à quel point son fonctionnement continue de nécessiter le soutien actif de la CEDEAO. Souhaite-t-il une deuxième Gambie au sein de la CEDEAO ? Ce Darboe, un ministre, visiblement, aux idées courtes !

C'est le genre de nouvelle qui jette de l'huile sur le feu, qui montre que les relations se dégradent entre Yahya Jammeh, ses proches, et l'actuel pouvoir, au lieu de s'améliorer. Qui a intérêt à ce que subsiste un climat de guerre entre Jammeh et Barrow et pour quel intérêt ? Désormais, l'ancien président gambien, en exil en Guinée équatoriale, devra-t-il voyager avec un passeport diplomatique offert par Teodoro Obiang Nguema puisqu'on l'a délesté du sien ? En attendant les explications de Banjul, on peut dire que cette décision ne favorise nullement la paix en Gambie.

L'ancien président gambien, Yahya Jammeh, a une imagination féconde. En quittant la Gambie, il avait réussi à brouiller les cartes en emportant, dans un avion cargo affrété par le président, Idriss Déby Itno, deux ou trois véhicules de luxe pour ses besoins en Guinée équatoriale. Le reste de son parc (composé de plusieurs dizaines de véhicules) n'a été cédé à personne ni vendu. Il a pris le soin de le dissimuler, ni vu ni connu, en pleine forêt, près de Kanilaï, à un endroit qui était, totalement, insoupçonnable. Sacré Yahya ! Pour son malheur, Adama Barrow a mis le grappin dessus.

Depuis son lieu d'exil en Guinée équatoriale, l'ancien président de Gambie, Yahya Jammeh, a perdu le sommeil. Ses partisans laissés au pays sont sous le coup des procédures de justice, certains de leurs biens sont confisqués. L'ancien président, lui-même, n'est pas si protégé que cela alors qu'il croyait avoir signé un accord sous l'égide de la CEDEAO qui lui garantissait la paix et la sécurité totales, lors de son départ du pouvoir. Et puis, son épouse, Zeinab Suma, exilée aux Etats-Unis, songerait, de plus en plus, à demander le divorce.

La justice gambienne a gelé, ce lundi, 22 mai, les biens de l'ex-président, Yahya Jammeh, soupçonné d'avoir détourné plus de 50 millions de dollars (plus de 44 millions d'euros) avant son départ en exil, a annoncé le ministre de la Justice. C'est un bras de fer qui ne fait que commencer entre l'ancien dictateur et la nouvelle équipe au pouvoir à Banjul.

Son histoire ressemble à celle d'un autre dictateur : le Tchadien, Hissène Habré, avant de fuir le Tchad, en décembre 1990, pour se réfugier au Cameroun, puis, au Sénégal, avait pris le soin de délester la Banque centrale de toutes ses liquidités. Yahya Jammeh a fait de même : avant de poser ses valises à Malabo, son lieu d'exil final, il a, auparavant, vidé les coffres-forts de la Banque centrale. Son successeur n'a eu que les yeux pour pleurer.

Près d'un mois après son départ de la présidence, son successeur, Adama Barrow, n'a, toujours, pas pris possession des lieux. Même en exil, Yahya Jammeh continue d'inspirer l'effroi en Gambie, après 22 ans d'un pouvoir, aussi, implacable qu'imprévisible.

Avec l'arrivée d'Adama Barrow au pouvoir où on a vu Macky Sall, président du Sénégal, fervent partisan de la CPI (Cour pénale internationale), à l'oeuvre, le nouveau président de Gambie prend une décision que d'aucuns pressentaient : l'annulation du retrait de la Gambie de la CPI, qu'avait, inopportunément, décidé son prédécesseur, Yahya Jammeh.

Le chien qui avait tué en le mordant un jeune fils du président gambien, Adama Barrow, a subi une injection mortelle. Il a été euthanasié.

Le doyen des chefs d'Etat d'Afrique, le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a le vent en poupe, en ce moment. Alors que le président gambien sortant, Yahya Jammeh, avait le choix entre le Maroc, le Qatar, la Mauritanie et la Guinée Conakry, pour s'exiler, il a, finalement, préféré poser ses valises à Malabo, en Guinée équatoriale, qui va, désormais, être sa terre d'accueil. Au moins, dans un premier temps.

Les présidents mauritanien et guinéen ont obtenu, vendredi, 20 janvier, à Banjul, l'accord de principe de Yahya Jammeh pour quitter la Gambie, mais, les discussions se poursuivaient sur les conditions de son départ, prolongeant, de facto, la suspension d'une opération militaire ouest-africaine. D'autre part, il serait, aussi, question de se mettre d'accord sur le traitement que les proches de Yahya Jammeh feraient l'objet, après son départ du pouvoir, et de son éventuelle immunité judiciaire afin qu'il ne soit pas pourchassé par les juridictions gambiennes ou internationales. Les négociations ne sont pas simples.

A cause du refus du président sortant, Yahya Jammeh, de quitter le pouvoir, le président élu, Adama Barrow, a dû, avec le soutien des autorités du Sénégal, « prêter serment », à l'ambassade de Gambie, à Dakar. Ce serment est pour la forme, un autre devant être organisé, à Banjul, devant les chefs d'Etat invités et les autorités gambiennes compétentes (Cour suprême, autorités politiques, militaires, religieuses et civiles), après le départ (d'une façon ou d'une autre) de Yahya Jammeh du pouvoir.

L'investiture d'Adama Barrow n'aura pas lieu ce 19 janvier, comme prévu. Le président sortant, Yahya Jammeh, a mis ses menaces à exécution en s'octroyant une prorogation de son mandat de trois mois. Cette investiture n'aura pas lieu, non plus, à Dakar. Après l'échec des négociations de la dernière chance menées par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, place à la force militaire. L'armée de l'air nigériane a, déjà, envoyé 200 hommes et des avions au Sénégal, dans le cadre du mandat régional ouest-africain conféré à Abuja, pour faire appliquer, en Gambie, la victoire du président élu, Adama Barrow, face au sortant Yahya Jammeh. L'épreuve de force se met en place.

Le président de la Cour suprême gambienne, Emmanuel Fagbenle, s'est récusé, lundi, 16 janvier, de l'examen du recours porté devant cette juridiction par le chef de l'Etat, Yahya Jammeh, contre l'investiture de son successeur élu Adama Barrow, prévue le 19 janvier. Par ailleurs, alors qu'il se trouve au Sénégal où il a élu domicile jusqu'à son investiture, Adama Barrow a perdu un de ses cinq fils, hier, à Banjul, décédé de morsures de chiens. Il était âgé de 8 ans.

Les chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont entrepris un bras de fer avec leur homologue de Gambie, Yahya Jammeh, battu, logiquement, à l'élection présidentielle de décembre dernier. Alors que, malgré sa défaite, il a décidé de rester en place tant que la Cour suprême qu'il a saisie ne confirme pas la victoire d'Adama Barrow, la CEDEAO, elle, annonce l'investiture de ce dernier, le 19 janvier. Et par mesure de sécurité, la présidente en exercice de la CEDEAO, Ellen Johnson Sirleaf, a annoncé que Barrow résidera, désormais, à Dakar, jusqu'à son investiture, sous la bienveillante protection du Sénégalais, Macky Sall.

Le Sommet France-Afrique de Bamako a permis aux chefs d'Etat et de gouvernement présents d'examiner la situation qui prévaut, actuellement, en Gambie. Invité à participer à cette rencontre, Adama Barrow a pu être présenté à l'Afrique comme chef d'Etat élu de Gambie. Il en sera, de même, fin janvier, à Addis Abeba, au Sommet de l'Union africaine, si d'ici là, Yahya Jammeh n'a pas quitté le pouvoir. Pour le déloger du Palais, les chefs d'Etat réunis à Bamako pensent qu'il ne sera pas nécessaire de recourir à un « bain de sang ». C'est du moins ce que pense le Malien, Ibrahim Boubacar Keita.

De nombreuses incertitudes planent, toujours, sur l'audience de la Cour suprême gambienne du 10 janvier pour statuer sur le recours du parti du président, Yahya Jammeh, contre sa défaite électorale.

Le président élu de Gambie, Adama Barrow, qui se prépare à exercer le pouvoir, a annoncé, lundi, 26 décembre, la formation d'un groupe d'experts pour formuler un plan de développement national, après sa victoire à la présidentielle du 1er décembre que conteste le président sortant, Yahya Jammeh.

L'opposition revancharde n'est pas une bonne chose pour l'Afrique où beaucoup de pays sont à la recherche de l'alternance. Il faut être logique avec soi-même : quel est ce chef d'Etat qui va accepter son éjection du pouvoir se sachant menacé par des poursuites judiciaires après la perte de son immunité ? Le fait que certains proches d'Adama Barrow aient commencé à proférer des menaces à l'endroit de Yahya Jammey, qui avait félicité le vainqueur et proposé ses services pour son succès à la tête de la Gambie, n'est pas une faute. C'est une bêtise politique. Il appartient, maintenant, à la même opposition de donner toutes les garanties au président sortant qu'il vivrait tranquille, après son départ du pouvoir. C'est le prix à payer pour la tranquillité de la Gambie.