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Guillaume Soro

Le Ministre burkinabè de la Défense, Chérif Sy, a incriminé l'ex-président de l'Assemblée ivoirienne, Guillaume Soro, dans son témoignage, mercredi, 13 mars, au procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso.

Ce n'est plus un événement (comme cela aurait pu l'être) car tous les Ivoiriens attendaient cette démission de Guillaume Soro de la présidence de l'Assemblée nationale. L'intéressé l'avait confié à ses proches et le président de la République, Alassane Ouattara, lui-même, avait annoncé ce départ, le mois dernier, alors qu'ils recevaient des journalistes. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et on ne s'empêchera pas de poser, au moins, deux questions : première question : après avoir, grâce à sa rébellion armée, installé Alassane Ouattara au pouvoir, Soro a-t-il été bien payé en retour ? Deuxième question : Si Blaise Compaoré, l'ancien mentor de Guillaume Soro, n'avait pas perdu le pouvoir au Burkina Faso, les choses se seraient-elles passées ainsi ?

Il veut la réconciliation mais considère toujours le 19 septembre 2002 comme la naissance d’un nouvel espoir. Un Forum de réconciliation nationale, où la parole ne fut jamais autant libérée, fut organisé pendant 2 mois (du 9 octobre au 18 décembre 2001). Il s’agissait, pour la Côte d'Ivoire, de “porter, sans complaisance, un regard critique sur son passé pour se projeter dans l’avenir” (discours de Laurent Gbagbo à l’ouverture du Forum).

Le chef du protocole du président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, écroué en début de semaine dans une affaire sensible de découverte d'une cache d'armes pendant une mutinerie de soldats, accuse, ce mercredi, 11 octobre, dans une lettre ouverte le président, Alassane Ouattara, de viser "son patron" (Soro) à travers lui.

Qui a tué par l'épée périra par l'épée, disent les saintes écritures. Après avoir, outrageusement, contribué à la déstabilisation de la Côte d'Ivoire, pour le compte d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro ne sait plus, aujourd'hui, à quel saint se vouer. Maintenant qu'il est pris dans la nasse, il chercherait, activement, des moyens pour se sortir de cet étau. Mais n'est-il pas (un peu) tard ?

Guillaume Soro n'a même pas attendu la tenue du Congrès du RDR, en septembre, qui devrait permettre à Alassane Ouattara d'en briguer la présidence, pour créer son propre mouvement politique. L'appétit le dévore. De plus en plus à l'étroit pour ne pas dire marginalisé du dispositif du président de la République, qui aurait, déjà, fait ses choix pour 2020, Soro n'a fait que tirer les conséquences avant d'autoriser la création, pour son propre compte, de l'AFN (Amicale des Forces Nouvelles). Appellation qui est tout un programme.

Alassane Ouattara est en train de mener la Côte d'Ivoire vers l'abîme. C'est une certitude. Il tient le volant d'une voiture qu'il ne maîtrise plus. Loin de là. A cause de son absence de vision, la réconciliation nationale a foutu le camp. Ses principaux lieutenants d'hier et d'aujourd'hui, vont bientôt se tirer dessus. Aujourd'hui, c'est déjà la guerre froide entre eux. Aujourd'hui, Guillaume Soro est celui qui est le plus en perte de vitesse, celui qui crie sur tous les toits pour réclamer la réconciliation. Est-il sincère avec lui-même ou le fait-il pour dénoncer à sa manière les choix actuels de Ouattara ? Le pardon et la réconciliation seront (résolument) en panne en Côte d'Ivoire aussi longtemps que la vérité et la justice seront mises de côté ; ils resteront une illusion tant que certains (on les connaît) se serviront de cette noble cause pour atteindre des objectifs personnels.

La réconciliation est un sujet, hautement, sensible en Côte d'Ivoire. Surtout, depuis l'échec de sa mise en œuvre par le président, Alassane Ouattara. En fait d'échec, il s'agit, en réalité, d'une situation (tardivement) explosive que le président risque de laisser à son successeur, dans la mesure où même au sein de sa propre famille politique, le RHDP, il a été (rigoureusement) incapable de garder unis les partis membres qui le composaient. Le RHDP a presque volé en éclats. Soucieux des dégâts qu'on voit venir, Guillaume Soro (qui sait marcher lui-même sur les œufs) demande, activement, au chef de l'Etat de réaliser, absolument, une réconciliation inclusive, avant de quitter le pouvoir. Il le dit par le canal d'un groupe parlementaire qui lui est (très) proche.

Après avoir échoué dans sa tentative de manipulation des soldats qui réclament 7 millions de F CFA (10.500 euros), après un acompte de 5 millions de F CFA payé en janvier, les 8.500 soldats grévistes sont à nouveau sortis des casernes ce matin. De Bouaké à Abidjan en passant par Daloa, Korhogo, etc., ça tire en l'air. Une seule demande au président de la République : Le respect de la promesse de payer la prime faite par le président. Sinon, la mutinerie pourrait se transformer en un coup d'état. Ce que personne ne souhaite.

"On nous dit que c'est fini mais combien de temps avant que ça ne recommence ?": Sita Soro, commerçante au marché de Bouaké, résume les craintes de beaucoup d’Ivoiriens après une nouvelle mutinerie de militaires, qui pèse sur l'avenir d'un pays redevenu une locomotive régionale. La rébellion conduite par Guillaume Soro, en 2002, n'a pas, encore, livré tous ses secrets. Loin s'en faut.

Les bonnes relations entre le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire ont pris le dessus sur le devoir de vérité que chaque justice doit à son peuple. Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire et candidat à la succession d'Alassane Ouattara, va-t-il être jugé par un tribunal ivoirien, comme l'indique la justice burkinabé ? L'histoire fait, déjà, marrer à Ouagadougou.

Une petite erreur judiciaire (d'inattention et de précipitation) d'un juge (un peu zélé) ne va pas priver le peuple burkinabé, sinon, le continent africain, tout entier, d'un palpitant procès sur une des affaires les plus cruciales de l'histoire de l'Afrique : l'assassinat de Thomas Sankara et, par extension, la tentative de coup d'état de septembre 2015 pour faire capoter la transition.

Le président de l'Assemblée nationale du Niger, Amadou Salifou, sera-t-il le « go between » idéal entre Guillaume Soro et le président de l'Assemblée nationale du Faso, Salif Diallo ? Par les temps qui courent pour Soro, tout ce qui peut l'aider à se sortir de ses problèmes est bon à prendre.

Même pas peur de la justice française ! Dans un long réquisitoire prononcé, ce vendredi, devant les députés de l'Assemblée nationale, en fin de deuxième session parlementaire, Guillaume Soro n'a épargné personne, montrant qu'il en avait gros sur le cœur.

La juge d'instruction parisienne, Sabine Khéris, a levé, dans la soirée, le mandat d'amener à l’encontre du président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro.

Ce n'est pas encore le conflit diplomatique ni la crise entre Paris et Abidjan, mais ce serait faux de ne pas admettre que le pouvoir ivoirien n'est pas en colère, par la façon dont est traité le deuxième personnage de l'Etat.

La sortie du, désormais, général de division et non moins premier ministre du Burkina Faso, Isaac Zida, sur le caractère authentique de la conversation téléphonique entre Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, et le général, Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères du Faso, actuellement, en prison, fait couleur beaucoup d'encre.

Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, est convoqué par une juge d'instruction, à Paris, pour le 24 novembre prochain. L'intéressé jure ne pas avoir reçu de convocation.