IBK

La température est en train de changer à la vitesse V au Mali où dix-huit des 24 candidats à la présidentielle du 29 juillet ont "exigé", ce lundi, 6 août, "la démission" du ministre chargé des élections et appelé à manifester mardi, dénonçant un "hold-up électoral" par le camp du chef d'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour du scrutin. La situation politique se dégrade à vue d'oeil et du coup se pose la question de la tenue dans la sérénité du deuxième tour en date du 12 août prochain.

Qui a dit qu'Ibrahim Boubacar Keita (IBK) était terminé ? Il a, certes, eu un mandat très très difficile. Le fait qu'il ait nommé 5 premiers ministres en 5 ans, le prouve aisément. Mais, il n'entend pas abdiquer, pour autant, et la multiplicité de candidatures, au premier tour, joue, forcément, en sa faveur. C'est pourquoi la position du parti ADEMA, parti qui compte dans l'échiquier politique malien, et qui a, déjà, eu à gérer le pouvoir, était à suivre : ce parti allait-il désigner un candidat en son sein ou pas ? Sans demander son avis, le choix de ses hiérarques semblait se porter sur l'ancien président de transition, Dioncounda Traoré, jusqu'à ce qu'il décline l'offre. Résultat, l'ADEMA, orpheline de candidat, offre, maintenant, un spectacle de division avec trois tendances en son sein : une première tendance qui va soutenir IBK (qui ne demande pas mieux), une deuxième tendance qui apportera son appui au candidat de l'opposition, Soumaïla Cissé, et une troisième tendance, qui choisit de ne pas choisir. Du moins, pour le moment.

En quatre ans de pouvoir, IBK (Ibrahim Boubacar Keita) en est à son quatrième premier ministre. A un an de la fin de son premier mandat, il n'a pas, encore, pu dénicher l'oiseau rare pour conduire à bien ses réformes. Quatre ans de pouvoir, quatre premiers ministres. Les Maliens vivent ces changements comme un éternel recommencement ! Leurs besoins, eux, sont énormes et constants. Le nouveau (et dernier ?) premier ministre du premier quinquennat d'IBK sera-t-il le dernier de la liste ?

Les hôpitaux maliens sont construits pour qui si le premier des Maliens, refuse ou a peur de s'y soigner ? Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, a été admis, dans un hôpital parisien, pour un traitement qui aurait pu être assuré par les plateaux techniques de Bamako.

L'attaque des djihadistes de Al-Mourabitoun est terminée. Place maintenant au bilan et au deuil. Mais aussi aux questions qui pour le moment restent sans réponse : pourquoi cette attaque ? Pourquoi ne l'a-t-on pas évitée ?

Ibrahim Boubacar Keita effectue une visite d'Etat de 4 jours à l'invitation de son homologue français. François Hollande ne sera pas gêné de s'afficher aux côtés d'un chef d'Etat démocratiquement élu.