Ibrahim Boubacar Keita

Les événements qui mettent le Mali, aujourd'hui, en avant, ne nous étonnent pas. Afrique Education les avait prévus. Et pour qu'ils ne surviennent pas, un article avait été posté, mardi, 28 juillet, à 12h54, et envoyé aux dirigeants de la CEDEAO, à Abuja, afin que les dispositions soient prises pour éviter le pire qu'on sentait venir.

Lors d'un sommet virtuel de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les chefs d'Etat des pays d'Afrique de l'Ouest ont exigé, lundi, 27 juillet, la "mise en place rapide d'un gouvernement d'union nationale avec la participation de l'opposition". Une recommandation rapidement mise en oeuvre par le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), qui a, immédiatement, constitué, une équipe ministérielle restreinte composée de ministres de souveraineté (Défense, Affaires étrangères, Intérieur, Finances, Justice), dans l'esprit des recommandations de la CEDEAO, en attendant son élargissement aux contestataires. C'est une fuite en avant car ce fameux gouvernement d'union nationale (à venir), n'est pas le remède qui pourra guérir le mal malien. Il en faudra beaucoup (beaucoup) plus.

Un sommet extraordinaire entre dirigeants de pays ouest-africains se tiendra par visioconférence, lundi, 27 juillet, pour proposer des mesures pour mettre fin à la crise politique qui ébranle le Mali, a affirmé le président du Niger, Mahamadou Issoufou, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce que les présidents des pays de la CEDEAO ne veulent pas, publiquement, admettre, c'est la perte du pouvoir par leur homologue malien au profit des djihadistes au travers de l'imam, Mahmoud Dicko, qui est proche de leurs idées.

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.

Président du Mali et président en exercice de la Force du G5 Sahel, Ibrahim Boubacar Keïta a réussi son tour dans les capitales des pays membres destiné à convaincre ses homologues à se rendre à l'Assemblée Générale des Nations-Unies, à New York. Résultat, tous vont faire le lobbying, à New York, où ils pourront, aussi, tenir une réunion avec le président français, Emmanuel Macron.

Ce n'est un secret pour personne que le quinquennat du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBM), est un véritable calvaire. Un exemple pour illustrer ce propos : en quatre ans de pouvoir, il en est à son quatrième premier ministre. Autrement dit, un chef du gouvernement tous les ans. L'efficacité et la cohésion des ministres s'en ressentent fortement. Et puis, il y a cette guerre contre les djihadistes qui gagne peu à peu le Centre et le Sud du pays, après avoir presque paralysé tout le Nord Mali, malgré la présence, sur place de la Minusma et de la force française Barkhane. Elle contribue, elle aussi, à plomber l'action gouvernementale. Les choses sont donc loin d'être simples pour IBK qui est, néanmoins, candidat à un deuxième mandat. C'est dans ce contexte politique difficile qu'il a initié une modification de la constitution, qui divise l'opinion publique et que dénonce l'opposition, à un an de l'élection présidentielle. Le président veut-il s'attribuer beaucoup trop de pouvoirs pour devenir roi comme l'accuse l'opposition ?

Le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, est bien arrivé à Gao, dans le Nord-Mali, ce vendredi, 19 mai 2017, où il mettra quelques sept heures, avant de retourner à Paris. Venu saluer les 1.600 soldats français de l'Opération Barkhane, dans le Nord-Mali, (selon une promesse de campagne), il a eu l'occasion de, longuement, s'entretenir avec le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Fini le temps où le Sommet France-Afrique (aujourd'hui Afrique-France) se tenait pendant deux jours et, était, couru, car symbolisant de grandes retrouvailles entre Paris et les capitales francophones d'Afrique. Comme la grenouille qui cherchait à ressembler à l'éléphant, la France s'est mise, sans concertation, à élargir ce Sommet aux pays anglophones et lusophones, lui enlevant, du coup, toute sa substance. Son originalité. Il y eut même des remous à ce changement de cap venant, notamment, de Libreville. Le virage a été effectué. Mais pour quelle utilité ? Ce samedi, 14 janvier, jour d'ouverture de la CAN au Gabon, plus de vingt chefs d'Etat et de gouvernement vont se retrouver, pour quelques heures de travaux. A part la sécurité qui est devenue un thème de société, ce sera du déjà vu et entendu.

Le ministre malien de la Défense, Tiéman Hubert Coulibaly, a été limogé, samedi, 3 septembre, après la prise la veille d’une ville du centre du pays par des djihadistes. Une situation que le président, Ibrahim Boubacar Keita (IBK), juge intolérable.

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keira (IBK) a-t-il, enfin, trouvé la bonne formule dans son dernier remaniement ? A deux ans de la prochaine élection présidentielle, il prend le risque d'intégrer le MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) dans le gouvernement de la République. On jugera le maçon au pied du mur.

Cela lui changera des manifestations des agriculteurs et des incessantes critiques de la droite, de la gauche du parti socialiste, et de l'extrême gauche. Au Mali et au Burkina, le premier ministre sera au chaud au propre comme au figuré. Une chaleur qui transparaîtra, aussi, dans les coeurs des dirigeants qui vont le recevoir.

Trois gendarmes maliens ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi, près de Mopti (Centre), par des djihadistes présumés. Les djihadistes font tout pour qu'on continue à parler d'eux.