Idriss Déby Itno

Après 2003 et 2013, le sultan du Tchad, Idriss Déby Itno, est en train de se lancer dans une troisième aventure militaire en Centrafrique. Comme les deux précédentes qui entraînèrent le départ d'Ange-Félix Patassé (2003) et de François Bozizé (2013), celle de 2019 aura pour but d'évincer le président, Faustin-Archange Touadéra, du pouvoir. Comme les deux autres qui furent soutenues par Jacques Chirac et le "silence" de François Hollande, l'actuelle opération militaire est parrainée par le jeune président français.

La question mérite d'être posée car la Guinée équatoriale revient de très loin : le 24 décembre 2017, le président, la première dame et leur fils aîné, vice-président de la République et successeur constitutionnel, avaient échappé à un sanglant coup d'état dont, officiellement, on ne sait pas grand-chose, Malabo se refusant, malgré ses fortes certitudes, de communiquer sur une question hyper sensible qui met en accusation un chef d'Etat voisin de la sous-région, en l'occurrence, celui du Tchad, et l'ancienne puissance colonisatrice de ce dernier. Idriss Déby Itno est-il un faux frère du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ? En août 2016, le couple présidentiel équato-guinéen avait assisté, dans la joie et la gaieté, à l'investiture du président, Idriss Déby Itno, au Palais rose, à N'Djamena (notre photo). Dix-huit mois après, oubliant cet heureux épisode, Déby organisait, avec une puissance extérieure, un coup d'état contre le pouvoir de Malabo. Cela dit, il nie cette accusation de toutes ses forces sans apporter aucune preuve qui l'accable. Mais avant la survenance de ce coup d'état dont Malabo a pu se relever, les réseaux sociaux étaient, déjà, sous surveillance depuis quelques semaines, ce qui montre que les services de renseignement appréhendaient la situation. Le coup d'état raté du 24 décembre leur a donné raison.

Le jeune président français vient de passer deux jours au Tchad pour parler entre autres sujets d'importance de la présence russe (de plus en plus inquiétante pour les intérêts français) en Centrafrique et dans la sous-région. Parlant des questions ayant trait à la vie des Tchadiens et des Tchadiennes, après avoir soigneusement évité les questions qui fâchent comme la catastrophique gestion de la démocratie et des droits de l'homme d'Idriss Déby Itno surnommé le sultan, et la très mauvaise gouvernance des fonds publics qui a mis le pays à genoux, il a égrainé quelques mesurettes pendant la rencontre avec 400 Tchadiennes sur les problèmes du genre.

Chacun voit midi devant sa porte. Pour que le jeune président français quitte la France, en pleine crise des « Gilets Jaunes », un samedi, où on risque d'avoir de la casse lors des manifestations, pour se rendre, dans les tropiques, plus précisément, au Tchad, montre que le dossier pour lequel il se déplace, ne peut attendre. C'est vrai que celui que ses détracteurs appellent « l'ancien banquier de l'Elysée » n'a rien d'un barbouzard, on n'a qu'à regarder son beau visage pour s'en convaincre (encore que...), mais, n'est-il pas au pouvoir pour défendre les intérêts de son pays ? Le voilà donc chez Idriss Déby Itno (surnommé le sultan pour sa manie à considérer le Tchad comme une propriété privée, un vrai sultanat), le faiseur de basses besognes dans la sous-région, le bras armé de Paris dans la zone sahélo-sahelienne. De quoi vont-ils parler ? Si j'étais Faustin-Archange Touadera, je commencerais par déménager pour faire chambre commune avec le conseiller russe chargé de sa sécurité. Car le président centrafricain (ou ce qu'il en reste son pays étant envahi à plus de 80% par les milices), forcément, sera au centre des discussions à N'Djamena.

Question à 10.000 F CFA (15 euros). Que veut la France en Centrafrique, pays où elle a retiré son armée, il y a deux ans, malgré les supplications de son nouveau président, Faustin Archange Touadera, alors que les rébellions battaient, encore, leur plein à l'intérieur du pays jusqu'aux faubourgs de Bangui ? La question étant peut-être mal posée, faudrait-il sans doute dire les choses autrement : en réalité que ne veut pas la France en Centrafrique, bien qu'elle ait pris la poudre d'escampette laissant ce pays se démerder dans ses graves difficultés ? Réponse, également, à 10.000 F CFA (15 euros) : que la Russie de Poutine s'y implante pour aucun prétexte, elle qui a commencé, grâce à un feu vert du Conseil de sécurité, à y fournir des armes avant de s'y installer : aujourd'hui, c'est la Russie qui (chose incroyable il y a un an) s'occupe de la sécurité personnelle du président, Faustin Archange Touadera. C'est une très mauvaise affaire pour Paris et on comprend qu'Emmanuel Macron ait mis en route sa cheffe des armées, Florence Parly, pour contrecarrer les plans de Moscou. Car la stratégie de la Russie ne se limite pas au seul Centrafrique. Elle s'inscrit dans un vaste plan où elle va marcher main dans la main (comme tous bons partenaires des BRICS) avec la Chine du camarade Xi Jinping.

La politique a ses raisons que la raison ignore : Idriss Déby Itno regretterait-il d'avoir placé son compatriote, Moussa Faki Mahamat, à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il le marque à la culotte comme s'il redoutait que ce poste ne lui donne une certaine épaisseur politique au point de représenter une alternance à la tête du Tchad dans quelques années. Mais attention au mauvais calcul dont Ali Bongo Ondimba a été victime au Gabon. Au lieu de favoriser un deuxième mandat pour Jean Ping à la présidence de la Commission de l'UA, les « émergents » gabonais avaient, plutôt, détruit la carrière de Ping au sein de cette organisation, faisant profiter au passage la transmission de témoin à la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini-Zuma. Résultat, le Gabon est entré, quelques mois plus tard, dans une zone de turbulence, Jean Ping qu'on disait amorphe et incapable de toute réaction, s'étant, viscéralement, rebellé au point de déstabiliser le fonctionnement de l'Etat. Alors que s'il avait eu son deuxième mandat, qui lui tendait les mains à l'UA, Ali Bongo Ondimba aurait eu une présidentielle tranquille en août 2016.

La sortie du gouvernement tchadien après la publication du rapport d'Amnesty International, est un des plus grands moments de la dictature d'Idriss Déby Itno. Car elle n'est en rien différente des réactions des pires régimes dictatoriaux d'Europe de l'Est ou d'Amérique latine du temps. Alors que l'ONG internationale se borne à rappeler les faits sur le régime tchadien qui, eux, ne sont pas contestés, le pouvoir de Déby, lui, s'en prend au rédacteur des dits commentaires en lui donnant une connotation réactionnaire. C'est comme si le régime de Déby s'attendait à ce qu'on lui adresse un satisfecit alors que sa calamiteuse gestion du pays, a entraîné la faillite de l'Etat.

Les députés tchadiens ont adopté, lundi, 30 avril, une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel et renforçant les pouvoirs du président, Idriss Déby Itno, lors d'un scrutin boycotté par l'opposition qui a tenté de manifester devant le parlement entouré d'un important dispositif de sécurité. En adoptant une constitution qui lui donne les pouvoirs d'un véritable monarque, il donne, amplement, raison à Afrique Education qui le considère comme un sultan et non comme un simple président de la République.

Selon certains observateurs politiques du Gabon, le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra, doit démissionner son ministre des Finances et du Budget pour agression indigne et inexpliquée sur la personne du professeur, Daniel Ona Ondo, président en exercice de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale).

Le prochain passage à un "régime présidentiel intégral", pilier d'une nouvelle 4e république, va renforcer les pouvoirs du président du Tchad dirigé, depuis 1990, par Idriss Déby Itno, une perspective dénoncée par l'opposition. Le Tchad n'aura plus de président de la République mais un véritable Sultan à la tête d'une République.

Des rebelles tchadiens basés dans le Sud de la Libye ont été bombardés par des avions du maréchal, Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

A Malabo, on refuse de répondre à cette question par Oui ou par Non, mais, on continue de s'interroger activement à mesure que les enquêtes menées en Guinée équatoriale et au Cameroun, avancent. Certains « mercenaires » comme on les appelle, à Malabo, actuellement, « exploités » en Guinée équatoriale et au Cameroun, commencent à se mettre à table. Ce qui permet d'avancer. Actuellement, le doyen des chefs d'Etat africains, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a plusieurs cartes en main. Il sait qui est qui parmi ses proches voisins chefs d'Etat de l'Afrique centrale, et, surtout, qui ne lui veut pas du bien. Au Tchad et en Centrafrique, les oppositions s'interrogent sur le degré d'implication des pouvoirs en place dans cette opération qui a foiré grâce à la performante vigilance des autorités de Malabo. Pour avoir su déjouer ce coup d'état, le président équato-guinéen mérite bien ses galons de général d'armée. Il confirme que ses 38 ans passés au pouvoir font de lui un dirigeant très expérimenté.

Franchement, on ne boudera pas son plaisir à l'idée que Mahamat Saleh Haroun, cet excellent cinéaste, retrouve de l'air pur hors du très puant gouvernement d'Idriss Déby Itno. On a même besoin de lui demander : « Quelle mouche l'avait piqué pour qu'il accepte une responsabilité de ministre de la Culture auprès du tyran » ? Avait-il faim ? En tout cas, il en aura eu pour son grade. A peine un an, et il est mis dehors. Ca apprendra aux autres comme lui qui tentent l'aventure auprès des dictateurs. La bonne nouvelle, cependant, c'est qu'il va s'adonner, à nouveau, à la culture à plein temps. En toute liberté cette fois.

Idriss Déby Itno, général 5 étoiles de son état, ne sait plus à quel saint se vouer, depuis qu'il a constaté que chaque « chèvre broute où elle est attachée ». Autrement dit, chaque Tchadien mange là où il peut. Alors que les revenus pétroliers (mauvaise gestion habituelle aidant) ont fondu comme neige au soleil, le sultan ne sachant plus où donner de la tête (alors que le coercitif programme signé avec le FMI suit son cours), a, tout simplement, créé un numéro vert pour encourager la délation. Ce qui fait courir le risque de la multiplication de cas de dénonciations sans preuve. Le sultan serait-il aux abois ?

Le président du Tchad, Idriss Déby Itno, est comme une grenouille qui voulait ressembler à l'éléphant. Mécontente de sa petite corpulence, et sans tenir compte des données du créateur suprême, elle s'était mise à boire, boire, boire, jusqu'à l'éclatement de son ventre, parce qu'elle ambitionnait de grossir comme l'éléphant. Le sultan du Tchad, heureusement, n'en est, pas encore, à l'éclatement de son pouvoir (que tôt ou tard Paris n'arrivera plus à sécuriser), mais, il doit, sérieusement, remettre en question sa catastrophique gouvernance. Après avoir contenu, pendant quelques années, les multiples rébellions qui l'assaillaient de toutes parts, il a voulu, grâce à l'argent du pétrole, faire aussi bien, sinon, mieux, que certains de ses voisins de la CEMAC : investissements dans tous les secteurs à grands frais et parfois sans études préalables de marché, enrichissement illicite immédiat et sans cause du clan présidentiel et de sa famille, corruption généralisée, exportation de façon démesurée de son armée sur plusieurs terrains militaires étrangers, parfois, aux frais du (seul) trésor public tchadien, etc. Bref, le pétrole peut faire des miracles, comme on le voit, parfois, dans les pays comme la Guinée équatoriale, mais, au Tchad, le pétrole, mauvaise gestion à l'appui, ne pouvait pas tout faire. La baisse des cours est venue ébranler le fragile édifice. Voilà le sultan (grenouille) qui risque d'éclater pour avoir voulu ressembler à l'éléphant.

Les puissances occidentales comme la France ou les Etats-Unis, qui s'appuient sur le Tchad pour lutter contre le djihadisme en Afrique, risquent "d’encourager l'instabilité politique et la violence" en soutenant le régime tchadien, estime un rapport d'un centre de recherches américain. En effet, le président, Idriss Déby Itno, piétine la démocratie et n'a aucune considération pour ses opposants. Après son passage en force, dès le premier tour, à la présidentielle de l'année dernière, après avoir pris le soin d'éliminer de la course le grand opposant, Ngarlejy Yorongar, Déby entreprend, actuellement, une réforme de la constitution qui fera de lui un président à vie. Toujours prêt à offrir les services de son armée en cas de besoin aux Français ou aux Américains, il croit, en retour, avoir le droit de vie et de mort sur son opposition, sa société civile et ses concitoyens. Il était temps de tirer la sonnette d'alarme pour que cette dictature à la tchadienne soit mise à la face du monde, surtout, de ses protecteurs de Paris et du Pentagone.

C'est quand même invraisemblable que le président du Tchad, Idriss Déby Itno, que ses détracteurs ont surnommé « le sultan », pour justifier le fait que tout le pays et ses ressources lui appartiennent, se fasse corrompre pour la modique somme de 2 millions de dollars (1 milliard de F CFA). C'est une somme modeste. Il y a, donc, anguille sous roche dans cette affaire. Qui cherche à faire vaciller Idriss Déby Itno, depuis qu'il distille des vérités qui n'épargnent personne, pas même, ses grands amis français ? Ce temps où il suffisait qu'un média occidental diffuse une (fausse) nouvelle pour qu'elle soit relayée comme une vérité biblique en Afrique, est, désormais, révolu.
Les Occidentaux doivent cesser de salir, gratuitement, nos dirigeants. Le président tchadien n'est pas un ami du site quotidien afriqueeducation.com. Il a même interdit la vente du bimensuel Afrique Education au Tchad depuis 2008. Il n'a jamais levé cette interdiction. Nous ne demandons même pas qu'il la lève. Il est, donc, tout sauf l'ami de notre groupe de presse. Cela dit, on refuse de croire, comme disent, aujourd'hui, les Américains, qu'il s'est fait corrompre pour 2 (petits) millions de dollars. Nous répétons : Que l'Occident cesse d'insulter nos dirigeants et de les infantiliser (même si certains d'entre eux prêtent le flanc). Qu'il regarde un peu plus près ses propres dirigeants dont les noms se retrouvent en grand nombre dans les Panama Papers et autres dossiers de ce genre, qui montrent qu'ils sont les rois de la corruption (mondiale).

Quatre chefs d'Etat sur six se sont retrouvés au Tchad pour le Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). Seuls le Congolais, Denis Sassou-Nguesso et le Gabonais, Ali Bongo Ondimba, n'ont pas effectué le déplacement. Dans l'ensemble, les pays de la CEMAC ont évité la dévaluation du F CFA ; l'heure est, désormais, aux réformes avec le FMI (Fonds monétaire international).

La guerre religieuse affecterait les Centrafricains en ce sens que le conflit entre les Séléka et les Antibalakas serait un conflit confessionnel. Cette théorie a été (faussement) soutenue par l'ancien président français, François Hollande, qui, contre toute attente, avait pesé de tout son poids politique de président français dans un pré-carré africain, pour débarquer, Michel Djotodia de la présidence de la République, alors que ce dernier ne demandait qu'à être aidé pour organiser une élection présidentielle à laquelle il n'aurait pas pris part, et quitter le pouvoir. François Hollande, au nom des considérations chrétiennes, semble-t-il, a fait partir ce président musulman. Une chrétienne bon teint, Catherine Samba Panza, a remplacé le musulman, Michel Djotodia, au pied levé, avec un premier ministre musulman, Mahamat Kamoun. Excellent tandem mais le mal était, déjà, fait. Le conflit religieux récemment créé de toutes pièces commençait à faire ses effets. Lors de son interview radio-télévisée, à N'Djamena, avec les médias français, il y a quelques mois, le président tchadien, Idriss Déby Itno, leur a envoyé cette triste vérité, en pleine figure, créant, par la même occasion, un gros émoi au sein de l'assistance qui participait à cet enregistrement. Les trois journalistes français, eux, étaient très étonnés d'écouter cette vérité (coranique) qui sortait de la bouche (très autorisée) d'Idriss Déby Itno. Aujourd'hui, François Hollande jouit d'une retraite paisible aux côtés de sa nouvelle fiancée, l'artiste, Julie Gayet, mais, en Centrafrique où il a concouru à accroître le désordre, le séjour du patron des Nations-Unies, Antonio Guterres, montre qu'on est (très) loin d'être sorti de la crise ...religieuse (version Hollande).

Il y a du gaz dans les relations entre le Qatar et le Tchad. Depuis qu'il a goûté aux délices de la paix et de l'utilisation de l'argent du pétrole à construire les infrastructures économiques et sociales, Idriss Déby Itno ne veut pas que le Tchad connaisse, à nouveau, ses travers passés, qui faisaient que l'essentiel de ses ressources, finançait la guerre au lieu de développer le pays. Après avoir sécurisé sa frontière avec le Soudan, il surveille celle avec la Libye comme du lait au feu, où les rebelles tchadiens sont en train de s'organiser avec le soutien financier et matériel du Qatar, pays du Golfe, récemment, accusé par le président américain de soutenir le djihadisme dans le monde. Espérant couper court cette manoeuvre, le président tchadien a, immédiatement, fermé l'ambassade du Qatar au Tchad et expulsé son personnel sous dix jours. Voilà qui montre qu'il n'est pas content de Doha, et surtout, qu'il ne veut pas finir comme son ami Kadhafi.