Idriss Déby Itno.

« Nous condamnons cette sanction arbitraire et disproportionnée et demandons à l’organe de régulation des médias de lever cette suspension. La Hama (Haute autorité des médias et de l'audiovisuel) a pour rôle de veiller à la déontologie et à l’éthique et non de s’ériger en tribunal des opinions, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF (Reporters sans Frontières). L’analyse politique fait partie du champ applicable de plein droit à l’exercice du journalisme. Si des personnes ou des Etats s’estiment mis en cause, il existe des recours légaux comme la possibilité de faire publier un droit de réponse” . Transmis au Palais rose (présidence de la République du Tchad) où cette fâcheuse décision de suspendre l'hebdomadaire indocile, Al-Chahed, a été prise, par le dictateur, Idriss Déby Itno, himself.

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays. Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.

Que se passe-t-il au Tchad ? On savait que les pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) traversaient une grave crise de liquidités due à la baisse des cours du pétrole et du gaz. Mais, au Tchad, cette mauvaise passe financière prend une tournure particulière, avec deux limogeages spectaculaires des ministres des Finances en moins d'un an. C'est suffisamment inhabituel pour qu'afriqueeducation.com puisse en parler.

Le Premier ministre tchadien, Pahimi Padacké Albert, a été reconduit dans ses fonctions de chef du gouvernement, après l'investiture pour un cinquième mandat du chef de l'Etat, Idriss Deby Itno, selon un décret présidentiel publié, lundi, 8 août, soir.