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Jacob Zuma.

Le président, Cyril Ramaphosa, a beau promettre le grand ménage, rien n'y fait. A moins d'un mois des élections générales en Afrique du Sud, les scandales de corruption n'en finissent pas de pourrir la campagne de son parti, le Congrès national africain (ANC). Cette fois, c'est au tour du secrétaire général du parti, Ace Magashule, d'être éclaboussé.

Depuis le départ de la présidence sud-africaine de Nelson Mandela et de l'idéologue et pragmatique (froid), Thabo Mbeki, leurs successeurs ne seraient-ils que des affairistes ? Cyril Ramaphosa s'est fait élire sur son programme de lutte contre la corruption et a promis que Jacob Zuma, le corrompu, ne serait pas protégé pour échapper à la justice. Mais, voilà qu'à peine élu, lui, la douzième fortune du pays, milliardaire de son état, a vite fait d'augmenter son salaire annuel de 50.000 euros par rapport à celui que touchait Jacob Zuma et qui faisait, déjà, hurler les Sud-Africains. Le pays de l'Arc en Ciel est-il maudit ?

Le pouvoir pour le pouvoir. On y est en Afrique du Sud avec les Zuma. En 2012, l'ex-épouse de l'actuel chef de l'Etat sud-africain, Nkosazana Dlamini-Zuma, avait remué ciel et terre, pour se faire élire présidente de la Commission de l'Union africaine (UA). Le Gabonais, Jean Ping, qui voulait un deuxième et dernier mandat à la tête de l'organisation continentale, en avait fait les frais. Jacob Zuma et son ex-épouse avaient activé leurs réseaux (jusqu'en Afrique centrale dont le candidat était Ping) pour obtenir des suffrages, qui ont, finalement, permis à Nkosazana de se faire élire. Au très grand mécontentement du Gabonais et de ses soutiens en Afrique francophone. L'ex-épouse de Zuma y avait fait un premier mandat, qu'elle avait terminé avec grande peine. Et pour cause, l'UA ne l'intéressait plus. C'est la succession de son ex-époux, comme président de l'Afrique du Sud, qui faisait, désormais, partie de ses plans. Jacob Zuma dont Cyril Ramaphosa était le candidat naturel à la succession en tant que son vice-président, a compté pour du beurre dans cette stratégie de pouvoir du clan Zuma. Mais surprise, c'est Ramaphosa qui, contre toute attente, fait la course en tête et risque d'être, dans quelques jours, le président de l'ANC, c'est-à-dire, le futur successeur de Jacob Zuma, à la tête de l'Afrique du Sud. Qui a dit que Dieu n'est pas juste ?

Jamais la rupture n'aura semblé aussi proche. A deux mois de son verdict, le duel pour la succession du président sud-africain, Jacob Zuma, n'en finit plus de déchirer le Congrès national africain (ANC), au point d'avoir fait émerger un "troisième homme". Un troisième prétendant se propose aux militants du parti, c'est leur trésorier, Zweli Mkhize, qui dit proposer sa candidature pour éviter l'éclatement de l'ANC.

Ce n'est qu'un début en attendant la chute totale. L'ANC a à faire un choix clair : changer, radicalement, de cap ou bien continuer avec Jacob Zuma, l'homme par qui les malheurs ne font qu'arriver, et qui est en train de mettre, par terre, à cause de ses instincts bestiaux (argent, sexe, frivolité, etc), des décennies de lutte, d'abord, dans le maquis, et puis, au pouvoir.